Rappel historique

La relation à la Bible, comme à la Parole vivante de Dieu donnée à l’homme, s’enracine dans la tradition juive la plus ancienne, dont témoigne la rédaction même de l’Ancien Testament : la Parole de Dieu est donnée à l’intérieur de l’histoire du peuple d’Israël. Transmise par les prophètes et mise par écrit pour franchir les temps, elle permet au peuple de relire son histoire à la lumière de la révélation.
L’interprétation la plus traditionnelle des Écritures consiste à percevoir comment la Parole donnée s’actualise aujourd’hui dans la vie du croyant. Avec les Évangiles, le rapport aux Écritures s’approfondit. De l’actualisation de la Parole, le chrétien peut passer à l’accomplissement de cette Parole dans la personne du Christ. Jésus ressuscité, ayant accompli notre salut par son mystère pascal, constitue désormais la clef de compréhension de l’ensemble des Écritures.

La tradition chrétienne déploiera inlassablement l’accueil de cette Parole en promouvant la lecture priante des Écritures. D’Origène (IIIè siècle) à Guigues le Chartreux (XIIè siècle), cette pédagogie divine sera explorée, précisée, et abondamment commentée (les  textes de Méditations de la Parole de Dieu, proposés sur ce site, puisent à cette tradition).
Progressivement, cette lectio divina, jusque-là proposée à tous, aux moines évidemment, aux prêtres et aux diacres également, mais aussi aux laïcs (cf. en particulier saint Jean Chrysostome et saint Césaire d’Arles), deviendra le bien propre de la tradition monastique et sera, en grande partie, cantonnée dans les cloîtres.
En complément des études bibliques qui se sont multipliées ces dernières décennies, et sous l’impulsion décisive du document du Concile Vatican II, « Dei Verbum », la lectio divina peut désormais être à nouveau proposée à tous les croyants. Jean-Paul II au début de ce 3e millénaire et Benoît XVI actuellement ont encouragé cette voie spirituelle.
Après le synode sur l’Eucharistie, le synode sur la Parole de Dieu a permis de développer les différents modes de présence du Christ à son Église. Depuis plusieurs siècles, la relation à l’Eucharistie a fait l’objet de belles et riches réflexions. Le XXe siècle, quant à lui, a été décisif dans l’Église catholique, pour ouvrir l’accès à l’étude de la Bible au plus grand nombre de chrétiens. Ce travail doit non seulement se poursuivre, mais encore se déployer. Comme le soulignait déjà Jean-Paul II  à l’issue du Jubilé de l’An 2000, et comme le redit fréquemment Benoît XVI, il nous faut aujourd’hui relever le défi de la qualité de relation des croyants à la Parole de Dieu, comme on a pu le faire pour l’Eucharistie.