Parcours sur 5 semaines

Semaine 1   Livre d’Isaïe (ch. 40 – 48)

« La Parole de notre Dieu subsiste à jamais » (Is 40,8)

Références de lecture :

Saint Hippolyte de Rome (Contre Noet)

Quand il le voulut, comme il le voulut, Dieu manifesta sa Parole au temps fixé par lui même – cette Parole par laquelle il a tout créé. Sa Parole, qu’il tenait en lui-même et qui était invisible au monde créé, il la rend visible. Tout d’abord, il la profère comme une voix, il l’engendre comme la lumière issue de la lumière, il envoie comme Seigneur pour la création sa propre intelligence. Et celle-ci, qui était d’abord visible à lui seul et invisible au monde créé, il la rend visible, afin que le monde, en voyant cette épiphanie, puisse être sauvé. Telle est l’intelligence de Dieu : en entrant dans le monde, elle se montra le serviteur de Dieu. Par lui tout s’est fait, mais lui seul est issu du Père. Dieu a donné la Loi et les Prophètes et, en les donnant, il les a conduits, par l’Esprit Saint, à parler, en sorte qu’ayant reçu l’inspiration de la puissance du Père, ils annoncent la décision et la volonté du Père. La parole de Dieu, son Verbe, s’est donc manifestée, comme dit saint Jean. En effet, il récapitule les paroles des prophètes en montrant que c’est lui, le Verbe, par qui tout a été fait. Il parle ainsi : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Par lui tout s’est fait, et sans lui rien ne s’est fait. Et saint Jean dit plus loin : Le monde a été fait par lui, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu.

PROGRAMME DE LECTURE POUR CETTE SEMAINE

  • Nous entamons la seconde et la troisième lecture des textes d’Is 40 à 45, en y adjoignant alternativement, un autre texte de l’Écriture Sainte (permettant de recevoir la Parole de Dieu dans la diversité et l’harmonie de ses expressions) et un commentaire de la tradition chrétienne (éclairant ce texte ou prolongeant son message). C’est davantage donc le temps de la MÉDITATION. Nous sommes invités à nous laisser enseigner par le prophète qui, de loin, a entrevu le mystère de la Bonne Nouvelle du Salut, qui en a ouvert l’espérance.

La parole prophétique s’accomplit en Jésus Christ

Lorsque Jésus inaugure son ministère dans la synagogue de Nazareth, tel que le rapporte saint Luc dans son Évangile, il proclame un texte du Livre d’Isaïe puis donne ce bref et décisif commentaire : « Cette parole de l’Écriture, aujourd’hui, elle s’accomplit à vos oreilles » (Lc 4,21). L’accomplissement : désormais, c’est la lumière neuve de Jésus Christ qui est projetée sur les textes de l’Écriture et qui leur donne toute leur signification, leur sens ultime et définitif. Telle est la colonne vertébrale du Nouveau Testament et le type de liens qui l’unit à l’Ancien Testament. Il ne faut donc pas trop les séparer ou les opposer, ni les voir dans une simple continuité l’un de l’autre, mais dans une relation plus dynamique et surtout plus féconde. Pour un chrétien, l’Ancien Testament a besoin du témoignage du Nouveau Testament pour déployer toutes ses virtualités ; inversement, l’Ancien Testament porte un témoignage précieux sur Jésus, dont il avait annoncé la venue. Appuyés sur ce témoignage, les Apôtres reconnaîtront en Jésus, le Messie, celui qui, par sa venue, conduit le monde à son accomplissement : « Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme » confessera saint Paul (Ga 4,4). Les chapitres que nous recevons ces jours-ci annoncent un salut qui ne se réduit pas au retour de l’exil à Babylone, mais s’étend à la libération de la véritable servitude : le péché au cœur de l’homme.

Proposition pour la journée du samedi : reprise

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine.
  • Pour la lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Écriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter. Ceci est particulièrement important concernant les textes si denses qui sont proposés ces jours-ci.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit-Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51

Semaine 2   Livre d’Isaïe (ch. 40 – 45)

« La Parole de notre Dieu subsiste à jamais » (Is 40, 8)

Dimanche 2° semaine

Lecture suivie : Is 40, 1 – 11 « Voici le Seigneur Dieu qui vient avec puissance » 

Référence complémentaire : Évangile selon saint Marc (Mc 1, 1 – 8)

Commencement de l’Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. Selon qu’il est écrit dans Isaïe le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Jean le Baptiste fut dans le désert, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés. Et s’en allaient vers lui tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem, et ils se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en confessant leurs péchés. Jean était vêtu d’une peau de chameau et mangeait des sauterelles et du miel sauvage. Et il proclamait : « Vient derrière moi celui qui est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne, en me courbant, de délier la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau, mais lui vous baptisera avec l’Esprit Saint. »

Lundi 2° semaine

Lecture suivie : Is 40, 1 – 11 « Voici le Seigneur Dieu qui vient avec puissance »

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Sur la Nativité de Jean Baptiste)

Jean était la voix, mais le Seigneur au commencement était la Parole. Jean, une voix pour un temps ; le Christ, la Parole au commencement, la Parole éternelle. Enlève la parole, qu’est-ce que la voix ? Là où il n’y a rien à comprendre, c’est une sonorité vide. La voix sans la parole frappe l’oreille, elle n’édifie pas le cœur. Cependant, découvrons comment les choses s’enchaînent dans notre propre cœur qu’il s’agit d’édifier. Si je pense à ce que je dis, la parole est déjà dans mon cœur ; mais lorsque je veux te parler, je cherche comment faire passer dans ton cœur ce qui est déjà dans le mien. Si je cherche donc comment la parole qui est déjà dans mon cœur pourra te rejoindre et s’établir dans ton cœur, je me sers de la voix, et c’est avec cette voix que je te parle : le son de la voix conduit jusqu’à toi l’idée contenue dans la parole ; alors, il est vrai que le son s’évanouit ; mais la parole que le son a conduite jusqu’à toi est désormais dans ton cœur sans avoir quitté le mien. Lorsque la parole est passée jusqu’à toi, n’est-ce donc pas le son qui semble dire lui-même : Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue ? Le son de la voix a retenti pour accomplir son service, et il a disparu, comme en disant : Moi, j’ai la joie en plénitude. Retenons la parole, ne laissons pas partir la parole conçue au fond de nous.

Mardi 2° semaine

Lecture suivie : Is 40, 12 – 31 « À qui comparer Dieu ? »

Référence complémentaire : Épître de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 11, 33 – 12, 2)

Ô abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles ! Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ? Ou bien qui l’a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour ? Car tout est de lui et par lui et pour lui. A lui soit la gloire éternellement ! Amen. Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre. Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.

Mercredi 2° semaine

Lecture suivie : Is 40, 12 – 31 « À qui comparer Dieu ? »

Texte de méditation : SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE (Poème dogmatique)

Ô Toi l’au-delà de tout n’est-ce pas là tout ce qu’on peut chanter de Toi ? Quelle hymne Te dira, quel langage Aucun mot ne t’exprime. A quoi l’esprit s’attachera-t-il ? Tu dépasses toute intelligence. Seul, Tu es indicible, car tout ce qui se dit est sorti de Toi.
Seul, Tu es inconnaissable, car tout ce qui se pense est sorti de Toi. Tous les êtres, ceux qui parlent et ceux qui sont muets, Te proclament. Tous les êtres, ceux qui pensent et ceux qui n’ont point la pensée, Te rendent hommage. Le désir universel, l’universel gémissement tend vers Toi. Tout ce qui est Te prie, et vers Toi tout être qui pense ton univers fait monter un hymne de silence. Tout ce qui demeure, demeure par Toi ; par Toi subsiste l’universel mouvement. De tous les êtres Tu es la fin ; Tu es tout être, et Tu n’en es aucun. Tu n’es pas un seul être, Tu n’es pas leur ensemble ; Tu as tous les noms, et comment Te nommerai-je, Toi le seul qu’on ne peut nommer ? Quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées qui couvrent le ciel même Prends pitié, 0 Toi, l’au-delà de tout n’est-ce pas tout ce qu’on peut chanter de Toi.

Jeudi 2° semaine

Lecture suivie : Is 41, 1 – 20 « Je t’ai choisi, je ne t’ai pas rejeté »

Référence complémentaire : Livre du Deutéronome (Dt 7, 6 – 11)

Tu es un peuple consacré à Yahvé ton Dieu ; c’est toi que Yahvé ton Dieu a choisi pour son peuple à lui, parmi toutes les nations qui sont sur la terre. Si Yahvé s’est attaché à vous et vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples : car vous êtes le moins nombreux d’entre tous les peuples. Mais c’est par amour pour vous et pour garder le serment juré à vos pères, que Yahvé vous a fait sortir à main forte et t’a délivré de la maison de servitude, du pouvoir de Pharaon, roi d’Egypte. Tu sauras donc que Yahvé ton Dieu est le vrai Dieu, le Dieu fidèle qui garde son alliance et son amour pour mille générations à ceux qui l’aiment et gardent ses commandements, mais qui punit en leur propre personne ceux qui le haïssent. Il fait périr sans délai celui qui le hait, et c’est en sa propre personne qu’il le punit. Tu garderas donc les commandements, lois et coutumes que je te prescris aujourd’hui de mettre en pratique.

Vendredi 2° semaine

Lecture suivie : Is 41, 1 – 20 « Je t’ai choisi, je ne t’ai pas rejeté »

Texte de méditation : SAINT FRANÇOIS DE SALES (Sur l’Amour de Dieu)

Tout ainsi donc qu’une douce mère menant son petit enfant avec elle, l’aide et suppose selon qu’elle voit la nécessité, lui laissant faire quelques pas de lui-même ès lieux moins dangereux et bien plains ; tantôt le prenant par la main et l’affermissant, tantôt le mettant entre ses bras et le portant : de même notre Seigneur a un soin continuel de la conduite de ses enfants, c’est-à-dire de ceux qui ont la charité ; les faisant marcher devant lui, leur tendant la main ès difficultés, et les portant lui-même ès peines qu’il voit leur être autrement insupportables. Ce qu’il a déclaré en Isaïe, disant : Je suis ton Dieu, prenant ta main et te disant : Ne crains point, je t’ai aidé (Is 41,13). Si que nous devons d’un grand courage avoir une très ferme confiance en Dieu et en son secours. Car, si nous ne manquons à sa grâce, il parachèvera en nous le bon œuvre de notre salut (Ph 1,6), ainsi qu’il l’a commencé, coopérant en nous le vouloir et le parfaire (Ph 1,13).

Samedi 2° semaine

Reprise

Semaine 3   Livre d’Isaïe (ch. 40 – 45)

« Chantez au Seigneur un chant nouveau » (Is 42,10)

Dimanche 3° semaine

Lecture suivie : Is 41, 21 à 42, 9 « J’ai fait de toi l’alliance du peuple »

Référence complémentaire : Épître aux Hébreux (He 12, 22 – 28)

Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, et de myriades d’anges, réunion de fête, et de l’assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, d’un Dieu Juge universel, et des esprits des justes qui ont été rendus parfaits, de Jésus médiateur d’une alliance nouvelle, et d’un sang purificateur plus éloquent que celui d’Abel. Prenez garde de ne pas refuser d’écouter Celui qui parle. Si ceux, en effet, qui ont refusé d’écouter celui qui promulguait des oracles sur cette terre n’ont pas échappé au châtiment, à combien plus forte raison n’y échapperons-nous pas, si nous nous détournons de Celui qui parle des cieux. Celui dont la voix jadis ébranla la terre nous a fait maintenant cette promesse : Encore une fois, moi j’ébranlerai non seulement la terre mais aussi le ciel. Cet encore une fois indique que les choses ébranlées seront changées, puisque ce sont des réalités créées, pour que subsistent celles qui sont inébranlables. Ainsi, puisque nous recevons la possession d’un royaume inébranlable, retenons fermement la grâce, et par elle rendons à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec religion et crainte.

Lundi 3° semaine

Lecture suivie : Is 41, 21 à 42, 9 « J’ai fait de toi l’alliance du peuple »

Texte de méditation : ÉPÎTRE À DIOGNÈTE (texte du IIe siècle)

Lorsque notre perversité fut à son comble et qu’il fut devenu pleinement manifeste que la récompense qu’on en pouvait attendre était le supplice et la mort, alors arriva le temps que Dieu avait marqué pour y manifester désormais sa bonté et sa puissance : quelle surabondance de la bonté pour les hommes et de l’amour divins ! Il ne nous a pas haïs, il ne nous a pas repoussés, ni tenu rancune, mais au contraire il a longtemps patienté, il nous a supportés. Nous prenant en pitié, il a assumé lui-même nos propres péchés ; il a livré lui même son propre Fils en rançon pour nous, livrant le saint pour les criminels, l’innocent pour les méchants, le juste pour les injustes, l’incorruptible pour les corrompus, l’immortel pour les mortels. Quoi d’autre aurait pu couvrir nos péchés, sinon sa justice ? En qui pouvions-nous être justifiés, criminels et impies que nous étions, sinon par le seul Fils de Dieu ? Ô doux échange, opération impénétrable, ô bienfaits inattendus : le crime du grand nombre est enseveli dans la justice d’un seul et la justice d’un seul justifie un grand nombre de criminels. Il a d’abord, au cours du temps passé, convaincu notre nature de son impuissance à obtenir la vie ; maintenant il nous a montré le Sauveur qui a la puissance de sauver même ce qui ne pouvait l’être : par ce double moyen, il a voulu que nous eussions foi en sa bonté et que nous vissions en Lui nourricier, père, maître, conseiller, médecin, intelligence, lumière, honneur, gloire, force, vie – sans plus nous inquiéter du vêtement et de la nourriture.

Mardi 3° semaine

Lecture suivie : Is 42, 10 – 25 « Aveugles, regardez et voyez ! »

Référence complémentaire : Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 9, 30 – 39)

L’Aveugle-né guéri par Jésus répondit aux Juifs qui l’interrogeaient : « C’est bien là l’étonnant : que vous ne sachiez pas d’où il est, et qu’il m’ait ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs, mais si quelqu’un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l’écoute. Jamais on n’a ouï dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils lui répondirent : « De naissance tu n’es que péché et tu nous fais la leçon ! » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Le rencontrant, il lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois; celui qui te parle, c’est lui. » Alors il déclara : « Je crois, Seigneur », et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « C’est pour un discernement que je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. »

Mercredi 3° semaine

Lecture suivie : Is 42, 10 – 25 « Aveugles, regardez et voyez ! »

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Sur saint Jean)

Comme tu ne vois pas encore Dieu, tu mérites de le voir en aimant ton prochain : l’affection que tu portes à ton frère purifie l’œil de ton âme, et le rend capable de contempler Dieu ; car Jean dit en termes formels : « Comment celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » On te dit : Aime Dieu. Si tu me dis à ton tour : Montre-moi celui que je dois aimer, que répondrai-je, sinon ce que Jean lui-même nous enseigne : « Jamais personne n’a vu Dieu ? » Mais ne va pas t’imaginer qu’il te soit complètement impossible de voir Dieu. « Dieu », dit le même Apôtre, « Dieu est charité ; celui qui demeure dans la charité, demeure en Dieu ». Aime donc ton prochain ; puis, examine attentivement pour quel motif tu lui donnes ton affection ; et en lui, tu verras Dieu, autant, du moins, que tu peux le voir. Commence donc par aimer le prochain. « Partage ton pain avec celui qui a faim, et reçois, sous ton toit, celui qui est sans abri. Lorsque tu vois un homme nu, couvre-le, et ne méprise point la chair dont tu es formé ». Quelle sera, pour toi, la conséquence de toutes ces bonnes œuvres ? « Alors, ta lumière brillera comme l’aurore ». Ta lumière, c’est ton Dieu. Il sera pour toi la lumière de l’aurore, parce qu’il succédera, pour toi, aux ténèbres de ce monde ; et comme il demeure éternellement, il ne se lève, ni ne se couche comme le soleil. Il se lèvera pour toi, lorsque tu reviendras à lui.

Jeudi 3° semaine

Lecture suivie : Is 43, 1 – 15 « Tu as du prix et je t’aime »

Référence complémentaire : Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 10, 2 à 18)

Celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors. Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, il faut que je les mène ; elles écouteront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur ; c’est pour cela que le Père m’aime, parce que je donne ma vie, pour la reprendre. Personne ne me l’enlève ; mais je la donne de moi-même. J’ai pouvoir de la donner et j’ai pouvoir de la reprendre ; tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Vendredi 3° semaine

Lecture suivie : Is 43, 1 – 15 « Tu as du prix et je t’aime »

Texte de méditation : SAINT IRÉNÉE DE LYON (Contre les hérésies)

La gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis », indiquant par là que ce n’étaient pas eux qui le glorifiaient en le suivant, mais que, du fait qu’ils suivaient le Fils de Dieu, ils étaient glorifiés par lui. Et encore : « Je veux que, là où je suis, ceux-là soient aussi, afin qu’ils voient ma gloire » : nulle vantardise en cela, mais volonté de faire partager sa gloire à ses disciples. C’est d’eux que disait le prophète Isaïe : « De l’Orient je ramènerai ta postérité, et de l’Occident je te rassemblerai. Je dirai à l’aquilon : Ramène-les ! et au vent du midi : Ne les retiens pas ! Ramène mes fils des pays lointains et mes filles des extrémités de la terre, tous ceux qui ont été appelés en mon nom, car c’est pour ma gloire que je l’ai préparé, que je l’ai modelé et que je l’ai fait. » Ainsi Dieu, au commencement, a modelé l’homme en vue de ses dons ; il a fait choix des patriarches en vue de leur salut ; il formait par avance le peuple, enseignant aux ignorants à suivre Dieu ; il instruisait les prophètes, accoutumant l’homme dès cette terre à porter son Esprit et à posséder la communion avec Dieu.

Samedi 3° semaine

Reprise

Semaine 4   Livre d’Isaïe (ch. 40 – 45)

« Mon peuple publiera mes louanges » (Is 43, 21)

Dimanche 4° semaine

Lecture suivie : Is 43, 16 – 28 « Je vais faire une chose nouvelle »

Référence complémentaire : 2e épître de saint Paul aux Corinthiens (2 Co 5, 17 – 6, 2)

Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là. Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car c’était Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc en ambassade pour le Christ ; c’est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’avait pas connu le péché, Il l’a fait péché pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu. Et puisque nous sommes ses coopérateurs, nous vous exhortons encore à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu. Il dit en effet : Au moment favorable, je t’ai exaucé ; au jour du salut, je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut.

Lundi 4° semaine

Lecture suivie : Is 43, 16 – 28 « Je vais faire une chose nouvelle »

Texte de méditation : ÉPÎTRE À DIOGNÈTE (texte du IIe siècle)

Le Christ nous refaçonne pour une nouveauté de vie. Notre Seigneur Jésus Christ a posé comme fondement de tout bien la loi de la charité, d’une charité non pas légale, mais au-delà de la simple légalité : « Je vous donne un commandement nouveau : Comme moi je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres ». Cherchons maintenant comment le Christ nous a aimés : lui qui était Dieu par nature, il a pris la nature de l’esclave ; lui qui était riche, il s’est fait pauvre. Vois-tu la nouveauté de cet amour ? La Loi prescrit d’aimer son frère comme soi même, mais notre Seigneur Jésus Christ nous a aimés plus que lui-même. Jamais il ne serait descendu jusqu’à notre humble état, jamais il n’aurait supporté les injures, s’il ne nous avait aimé plus que lui-même. Voilà sa manière d’aimer, nouvelle, inouïe. Il nous ordonne donc de n’avoir rien de plus cher que nos frères – ni la gloire, ni les richesses – de nous offrir même à la mort, pour gagner le salut de notre prochain. C’est ce qu’ont fait les disciples de notre Sauveur, et tous ceux qui ont suivi leurs traces.

Mardi 4° semaine

Lecture suivie : Is 44, 1 – 8 « Je répandrai mon Esprit sur ta descendance »

Référence complémentaire : Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 1, 29-22)

Jean (Baptiste) voit Jésus venir vers lui et il dit : « Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. C’est de lui que j’ai dit : Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi parce qu’avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais c’est pour qu’il fût manifesté à Israël que je suis venu baptisant dans l’eau. » Et Jean rendit témoignage en disant : « J’ai vu l’Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel, et demeurer sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, celui-là m’avait dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint. Et moi, j’ai vu et je témoigne que celui-ci est l’Élu de Dieu. »

Mercredi 4° semaine

Lecture suivie : Is 44, 1 – 8 « Je répandrai mon Esprit sur ta descendance »

Texte de méditation : CYRILLE DE JÉRUSALEM (Catéchèses mystagogiques)

Devenus participants du Christ, vous êtes appelés christs, à juste titre ; et de vous Dieu a dit : “ Ne touchez pas à mes christs ” (Ps 105,15). Vous êtes devenus christs en recevant la signature de l’Esprit Saint ; et tout vous est arrivé en image, parce que vous êtes les images du Christ. Lui, quand il se fut baigné dans le fleuve du Jourdain et qu’il eut imprégné les eaux des vertus de sa divinité, il remonta du fleuve et la survenue essentielle de l’Esprit Saint se produisit sur lui, le semblable se reposant sur le semblable. Pour vous semblablement, quand vous remontez de la piscine des flots sacrés, il y a l’onction, la signature qui fait que le Christ est Christ ; et cette signature, c’est l’Esprit Saint, dont le bienheureux Isaïe, parlant en la personne du Seigneur, disait dans une prophétie qui le concerne : “ L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint. Il m’a envoyé évangéliser les pauvres ” (Is 61,1). Comme le Sauveur, en effet, après son baptême et la survenue de l’Esprit Saint, est sorti pour combattre l’Adversaire, de même vous aussi, après le saint baptême et l’onction mystique, étant revêtus de l’armure de l’Esprit Saint, dressez-vous contre les forces adverses et combattez-les, en disant: Je puis tout, en celui qui me rend fort, le Christ.

Jeudi 4° semaine

Lecture suivie : Is 44, 9 – 20 « Les idoles ne servent à rien »

Référence complémentaire : Évangile selon saint Matthieu (Mt 6, 19-26)

« Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs percent et cambriolent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel : là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent. Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. « La lampe du corps, c’est l’œil. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera lumineux. Mais si ton œil est malade, ton corps tout entier sera ténébreux. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ! « Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. « Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ?

Vendredi 4° semaine

Lecture suivie : Is 44, 9 – 20 « Les idoles ne servent à rien »

Texte de méditation : CATÉCHISME DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

L’Écriture rappelle constamment ce rejet des « idoles, or et argent, œuvres de mains d’hommes », elles qui « ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas … ». Ces idoles vaines rendent vain : « Comme elles, seront ceux qui les firent, quiconque met en elles sa foi ». Dieu, au contraire, est le « Dieu vivant », qui fait vivre et intervient dans l’histoire.
L’idolâtrie ne concerne pas seulement les faux cultes du paganisme. Elle reste une tentation constante de la foi. Elle consiste à diviniser ce qui n’est pas Dieu. Il y a idolâtrie dès lors que l’homme honore et révère une créature à la place de Dieu, qu’il s’agisse des dieux ou des démons (par exemple le satanisme), de pouvoir, de plaisir, de la race, des ancêtres, de l’Etat, de l’argent, etc. « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon », dit Jésus (Mt 6,24). De nombreux martyrs sont morts pour ne pas adorer « la Bête » (cf. Ap 13-14), en refusant même d’en simuler le culte. L’idolâtrie récuse l’unique Seigneurie de Dieu ; elle est donc incompatible avec la communion divine (cf. Ga 5,20 Ep 5,5). La vie humaine s’unifie dans l’adoration de l’Unique. Le commandement d’adorer le seul Seigneur simplifie l’homme et le sauve d’une dispersion infinie. L’idolâtrie est une perversion du sens religieux inné de l’homme. L’idolâtre est celui qui « rapporte à n’importe quoi plutôt qu’à Dieu son indestructible notion de Dieu » (Origène).

Samedi 4° semaine

Reprise

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine.
  • Pour la lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Écriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter. Ceci est particulièrement important concernant les textes si denses qui sont proposés ces jours-ci.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit-Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51

Semaine 5   Livre d’Isaïe (ch. 40 – 45)

« C’est moi, le Seigneur, qui confirme la parole de mon Serviteur » (Is 44, 26)

Dimanche 5° semaine

Lecture suivie : Is 44, 21 – 28 « Criez de joie, car le Seigneur a agi »

Référence complémentaire : Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 2, 8 – 16)

Il y avait dans la région (de Bethléem) des bergers qui vivaient aux champs et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. L’Ange du Seigneur se tint près d’eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté; et ils furent saisis d’une grande crainte. Mais l’ange leur dit : « Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. » Et soudain se joignit à l’ange une troupe nombreuse de l’armée céleste, qui louait Dieu, en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance ! » Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche.

Lundi 5° semaine

Lecture suivie : Is 44, 21 – 28 « Criez de joie, car le Seigneur a agi »

Texte de méditation : SAINT CÉSAIRE D’ARLES (Sermon 166)

Quelle est la vraie joie, frères, si ce n’est le Royaume des cieux ? Et quel est le Royaume des cieux, si ce n’est le Christ notre Seigneur ? Je sais que tous les hommes veulent avoir une vraie joie. Mais il s’abuse, celui qui veut être heureux des récoltes sans cultiver son champ ; il se trompe, celui qui veut récolter des fruits sans planter d’arbres. On ne possède pas la vraie joie sans la justice et la paix… A présent, en respectant la justice et en possédant la paix, nous peinons pendant un court délai comme penchés sur un bon travail. Mais ensuite, nous nous réjouirons sans fin du fruit de ce travail. Écoute l’apôtre Paul qui dit du Christ : « Il est notre paix » (Ep 2,14)… Et le Seigneur, parlant à ses disciples, leur dit : « Je vous reverrai et votre cœur se réjouira, et votre joie, personne ne pourra vous la ravir ». Qu’est-ce que cette joie que personne ne pourra vous ravir si ce n’est lui-même, votre Seigneur, que personne ne peut vous ravir ? Examinez donc votre conscience, frères ; s’il y règne la justice, si vous voulez, désirez et souhaitez à tous la même chose qu’à vous-mêmes, si la paix est en vous, non seulement avec vos amis, mais également avec vos ennemis, sachez que le Royaume des cieux, c’est-à-dire le Christ Seigneur, demeure en vous.

Mardi 5° semaine

Lecture suivie : Is 45, 1 – 13 « Que la terre s’ouvre et produise le salut »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 55, 6 – 13)

Cherchez Yahvé pendant qu’il se laisse trouver, invoquez-le pendant qu’il est proche. Que le méchant abandonne sa voie et l’homme criminel ses pensées, qu’il revienne à Yahvé qui aura pitié de lui, à notre Dieu car il est riche en pardon. Car vos pensées ne sont pas mes pensées, et mes voies ne sont pas vos voies, oracle de Yahvé. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sont élevées mes voies au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger, ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu et réalisé l’objet de sa mission.
Oui, vous partirez dans la joie et vous serez ramenés dans la paix. Les montagnes et les collines pousseront devant vous des cris de joie, et tous les arbres de la campagne battront des mains. Au lieu de l’épine croîtra le cyprès, au lieu de l’ortie croîtra le myrte, ce sera pour Yahvé un renom, un signe éternel qui ne périra pas.

Mercredi 5° semaine

Lecture suivie : Is 45, 1 – 13 « Que la terre s’ouvre et produise le salut »

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Sermon)

« Cieux, laissez tomber votre rosée, et que les nuées pleuvent le Juste ; que la terre s’ouvre et germe le Sauveur, et que la justice s’élève en même temps ; c’est moi, le Seigneur, qui l’ai créé ». Nous lisons également : « Voici qu’un petit enfant nous est né, la principauté a été déposée sur ses épaules, et il sera appelé l’Admirable, l’Ange du grand conseil, le Dieu fort, le Père du siècle futur, le prince de la paix » ; et encore : « Voici qu’une Vierge concevra dans son sein, elle enfantera un Fils et il sera appelé Emmanuel ». L’ordre des choses exige qu’en parlant sur l’Évangile je ne passe pas sous silence les Prophètes. Saint Paul lui-même nous en donne l’exemple dans ce début de l’Épître aux Romains : «  Paul, serviteur de Jésus-Christ, appelé à l’apostolat, séparé pour prêcher l’Évangile de Dieu, Évangile qu’il avait promis auparavant par ses Prophètes dans les saintes Écritures, touchant son Fils qui est sorti de la race de David selon la chair ». Saint Paul vient de vous apprendre que, avant d’être publié, l’Évangile avait dû être promis par les Prophètes. L’Apôtre vient de vous dire que le Fils de Dieu, selon la divinité, est devenu le Fils de l’homme « de la race de David, selon la chair ». Le Prophète s’écrie : « Cieux, laissez tomber votre rosée, et que les nuées pleuvent le Juste ». Que l’Ange vienne, qu’il annonce le Verbe ; que la terre s’ouvre, que Marie entende, qu’elle conçoive le Sauveur, qu’elle enfante Jésus.

Jeudi 5° semaine

Lecture suivie : Is 45, 14 – 25 « Israël sera sauvé par le Seigneur, pour toujours »

Référence complémentaire : Livre du prophète Osée (Os 2, 16 – 24)

Je conduirai (mon épouse = mon peuple) au désert et je parlerai à son cœur. Là, je lui rendrai ses vignobles, et je ferai du val d’Akor une porte d’espérance. Là, elle répondra comme aux jours de sa jeunesse, comme au jour où elle montait du pays d’Egypte. Il adviendra en ce jour-là – oracle de Yahvé – que tu m’appelleras « Mon mari », et tu ne m’appelleras plus « Mon Baal. » J’écarterai de sa bouche les noms des Baals, et ils ne seront plus mentionnés par leur nom. Je conclurai pour eux une alliance, en ce jour-là, avec les bêtes des champs, avec les oiseaux du ciel et les reptiles du sol ; l’arc, l’épée, la guerre, je les briserai et les bannirai du pays, et eux, je les ferai reposer en sécurité. Je te fiancerai à moi pour toujours ; je te fiancerai dans la justice et dans le droit, dans la tendresse et la miséricorde ; je te fiancerai à moi dans la fidélité, et tu connaîtras Yahvé.
Il adviendra, en ce jour-là, que je répondrai – oracle de Yahvé – je répondrai aux cieux et eux répondront à la terre ; la terre répondra au froment, au vin nouveau et à l’huile fraîche, et eux répondront à Yizréel.

Vendredi 5° semaine

Lecture suivie : Is 45, 14 – 25 « Israël sera sauvé par le Seigneur, pour toujours »

Texte de méditation : CARDINAL JOHN HENRY NEWMAN

Dieu te regarde, qui que tu sois. Et il « t’appelle par ton nom » (Jn 10,3). Il te voit et te comprend, lui qui t’a fait. Tout ce qu’il y a en toi, il le sait : tous tes sentiments, tes pensées, tes inclinations, tes goûts, ta force et ta faiblesse. Ce n’est pas seulement que tu fais partie de sa création, lui qui a souci même des moineaux (Mt 10,29) ; tu es un homme racheté et sanctifié, son fils adoptif, jouissant d’une part de cette gloire et de cette bénédiction qui découlent éternellement de lui sur le Fils unique. Tu as été choisi pour être sien. Tu es un de ceux pour qui le Christ a offert au Père sa dernière prière et y a mis le sceau de son sang précieux. Quelle pensée que celle-là, pensée presque trop grande pour notre foi ! Quand nous y réfléchissons, comment ne pas réagir comme Sara qui a ri d’émerveillement et de confusion (Gn 18,12). « Qu’est-ce que l’homme », que sommes-nous, que suis-je, pour que le Fils de Dieu « ait de moi un si grand souci ? » (Ps 8,5) Que suis-je pour qu’il m’ait refait à neuf, et pour qu’il ait fait de mon cœur sa demeure ?

Samedi 5

Reprise