Parcours sur 3 semaines

Semaine 1   1ère Épître de saint Jean

« En celui qui garde sa Parole, l’amour de Dieu est accompli » (1 Jn 2,5)

Références de lecture :

DIMANCHE 1 :
LUNDI 1 :
MARDI 1 :
MERCREDI 1 :
JEUDI 1 :
VENDREDI 1 :
SAMEDI 1 :

1 Jn 1, 1 à 2, 11
1 Jn 2, 12 – 28
1 Jn 2, 29 à 3, 10
1 Jn 3, 11 à 4, 6
1 Jn 4, 7 à 5, 4
1 Jn 5, 5 – 21
Reprise

La 1ère Épître de saint Jean

  • Cette lettre est adressée à ceux qui croient au nom du Fils de Dieu, pour les fortifier dans leur foi et les conduire jusqu’au cœur de la révélation chrétienne : « pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle » précise l’auteur (1 Jn 5,13).
  • Elle déploie une belle méditation du Quatrième Évangile (Jn) et constitue un « éloge de la charité » (saint Augustin). Elle médite sur l’amour fraternel, la foi au Verbe incarné, la communion des croyants avec Dieu, qui passe par l’unique médiateur, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.
  • Cette épître nous invite à méditer sur le mystère de l’incarnation, sur la plénitude du don que le Christ est venu apporter aux hommes et dont les croyants vivent dès maintenant.

Première étape de la lectio divina : la lecture

  • Pendant trois semaines, nous vous proposons, selon la pédagogie propre de la lectio divina, de lire, de méditer, de prier, de contempler, la Parole de Dieu dans la 1ère épître de saint Jean.
  • Durant la première semaine, à l’aide des références données par cette feuille, nous vous invitons d’abord à prendre le temps de la LECTURE priante du texte, en lecture continue. Ce n’est qu’ensuite, les semaines suivantes, que vous seront proposées de nouvelles lectures de ces passages. Cette première étape permet aussi de recevoir la Parole de Dieu dans la cohérence d’un texte entier, sans que l’on cherche à éviter ce qui est a priori moins facile à comprendre ou à accepter. C’est toute l’Écriture qui est Parole de Dieu. Rendez-vous disponibles pour cette lecture priante vécue sous la lumière de l’Esprit Saint. N’oubliez pas qu’elle est d’abord une nourriture spirituelle, c’est-à-dire qu’il faut le temps de l’assimiler avant de chercher à enrichir notre connaissance intellectuelle.

Proposition pour la journée du samedi :

Reprise d’une semaine de lectio divina

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Écriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit-Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).

Semaine 2   1ère Épître de saint Jean

« La Parole de Dieu demeure en nous » (1 Jn 2,14)

Dimanche 2° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 1, 1 à 2, 11 « Dieu est lumière, en lui point de ténèbres »

Référence complémentaire : Épître de saint Jacques (Jc 1,16-25)

Ne vous égarez pas, mes frères bien-aimés : tout don excellent, toute donation parfaite vient d’en haut et descend du Père des lumières, chez qui n’existe aucun changement, ni l’ombre d’une variation. Il a voulu nous enfanter par une parole de vérité, pour que nous soyons comme les prémices de ses créatures. Sachez-le, mes frères bien-aimés : que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère ; car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. Rejetez donc toute malpropreté, tout reste de malice, et recevez avec docilité la Parole qui a été implantée en vous et qui peut sauver vos âmes. Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s’abusent eux-mêmes ! Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. Il s’observe, part, et oublie comment il était.
Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s’y tient attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant.

Lundi 2° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 1, 1 à 2, 11 « Dieu est lumière, en lui point de ténèbres »

Texte de méditation : Jean LAPLACE

Les êtres dispersés que nous sommes sont invités par Jean à dépasser les oppositions dans lesquelles nous enfermons souvent notre vie spirituelle : action ou contemplation, présence au monde ou fuite du monde, spiritualité horizontale ou verticale. Ces catégories sont emportées dans le mouvement de l’épître vers le terme où s’accomplit l’unité en nous et avec nos frères. Tout s’y résume dans l’amour : « Nous connaissons, pour y avoir cru, l’amour que Dieu a manifesté en son Fils » (1 Jn 4,16). C’est à ce terme que tout conduit : l’amour fraternel.
Saint Jérôme raconte que Jean, à la fin de sa vie, prié de prendre la parole dans l’assemblée eucharistique, ne cessait de redire : « Mes petites enfants, aimez-vous les uns les autres ». Et comme on lui demandait de varier un peu l’objet de ses exhortations : « C’est le commandement du Seigneur, disait-il. Il n’en est pas d’autre et il suffit ». Ceci peut paraître trop simple à qui ne mesure pas le chemin qui conduit à ce sommet. Il n’est rien d’autre que le chemin de l’unité.
Celui qui se laisse mener par Jean n’accède à ce terme qu’en descendant d’abord au plus profond de lui-même. Là où, se reconnaissant ténèbres, il s’ouvre à la lumière et est introduit par elle dans l’amour dont il découvre peu à peu qu’il est Dieu même. La simplicité de Jean, comme celle du Seigneur, donne aux êtres leur éclat et les établit dans l’unité créatrice de toute vie, celle du Père manifestée par le Fils et communiquée dans l’Esprit.

Mardi 2° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 2, 12 – 28 « Vous avez vaincu le Mauvais »

Référence complémentaire : Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 17,13-23)

Prière de Jésus à son Père : Maintenant je viens vers toi, Père, et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète. Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as  aimés comme tu m’as aimé.

Mercredi 2° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 2, 12 – 28 « Vous avez vaincu le Mauvais »

Texte de méditation : Saint AUGUSTIN (Sur 1 Jn)

Pourquoi n’aimerais-je pas ce que Dieu a fait ? Que veux-tu ? Aimer les choses du temps et passer avec lui, ou ne pas aimer le monde et vivre éternellement avec Dieu ? Il y a danger à se laisser entraîner par le courant des choses de ce temps ; mais l’on a vu apparaître comme un arbre, sur le bord de ce fleuve rapide : c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il a pris un corps, il est mort, ressuscité et monté au ciel, il a voulu se planter en quelque sorte sur les rives du fleuve des choses terrestres. Les eaux de ce fleuve te poussent vers l’abîme ? Accroche-toi aux branches de cet arbre. L’amour du monde t’entraîne ? Tiens-toi fermement au Christ ; il est devenu temporel pour toi, afin de te rendre éternel ; car il est devenu temporel, de manière à demeurer lui-même éternel. Il a pris quelque chose du temps, sans rien perdre de son éternité. Pour toi, tu es né dans le temps, le péché t’a rendu temporel ; tu es devenu temporel par l’effet de tes fautes ; et lui s’est fait tel en raison de sa miséricorde, afin de te les pardonner. Lorsque deux personnes se trouvent dans la même prison, l’une en qualité de coupable, l’autre pour la visiter, quelle différence y a-t-il entre elles ? Il arrive parfois, en effet, qu’un homme entre dans une prison pour y rendre visite à son ami : on les y voit donc tous les deux en même temps ; mais quelle distance les sépare, et qu’ils sont différents l’un de l’autre ! Celui-ci s’y trouve retenu par sa faute, celui-là y a été amené par un sentiment d’humanité. Ainsi en est-il de notre condition ici-bas ; nous y étions captifs en punition de nos crimes ; la miséricorde y a fait descendre le Christ ; il s’est approché de nous pour briser nos chaînes, et non pour les river. Il a donc répandu son sang, il nous a rachetés, il a complètement changé notre avenir. Nous portons encore le fardeau de notre chair mortelle, mais nous espérons l’immortalité future ; les flots de la mer nous ballottent, mais l’ancre de l’espérance nous tient déjà fixés au port.

Jeudi 2° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 2, 29 à 3, 10 « Nous sommes appelés enfants de Dieu »

Référence complémentaire : Épître de saint Paul aux Romains (Rm 8, 14 – 21)

Frères, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Aussi bien n’avez-vous pas reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte ; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba ! Père ! L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui. J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu : si elle fut assujettie à la vanité, — non qu’elle l’eût voulu, mais à cause de celui qui l’y a soumise, — c’est avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu.

Vendredi 2° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 2, 29 à 3, 10 « Nous sommes appelés enfants de Dieu »

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Sur Jn)

« Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres » (Jn 8,12). En effet le Seigneur éclaire ceux qui sont aveugles. Nous, mes frères, sommes éclairés dès cette vie, par le collyre de la foi. Le Seigneur a commencé par mêler sa salive avec de la terre pour l’étendre sur les yeux de l’aveugle-né (Jn 9,6). Nous aussi, enfants d’Adam, nous sommes des aveugles-nés et nous avons besoin que le Sauveur nous éclaire. Il mêle sa salive avec de la terre : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1,14). Nous le verrons face à face. « Maintenant, dit l’apôtre Paul, je ne le connais qu’imparfaitement, comme dans un miroir et sous des images obscures, mais alors je le connaîtrai face à face » (1Co 13,12). Saint Jean aussi dit dans son épître : « Mes bien-aimés, nous sommes maintenant les enfants de Dieu, mais ce que nous serons un jour ne paraît pas encore. Nous savons que quand il viendra dans sa gloire, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1Jn 3,2). Voilà la grande promesse qui t’est faite ; si tu aimes, suis-le donc. Je l’aime, me diras-tu, mais par quelle voie le suivre ?… Tu demandes le chemin qu’il faut prendre ? Écoute le Sauveur te dire tout d’abord : « Je suis la voie ». Et où aboutit cette voie ? « Je suis la vérité et la vie » (Jn 14,6)… On ne te dit pas : efforce-toi de chercher la voie qui conduit à la vérité et à la vie, non, on ne te dit pas cela. Lève-toi, paresseux, le chemin en personne est venu te trouver. Il te réveille de ton sommeil, si toutefois tu entends sa voix quand il te dit : « Lève-toi et marche » (Mt 9,5).

Samedi 2° semaine

Reprise

Semaine 3   1ère Épître de saint Jean

« Le Fils de Dieu nous a donné l’intelligence » (1 Jn 5,20)

Dimanche 3° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 3, 11 à 4, 6 « Aimons en actes et en vérité »

Référence complémentaire : Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14,23-31)

Au moment de passer de ce monde à son Père, Jésus prit la parole et dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles ; et la parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé. Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous. Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie. Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m’en vais et je reviendrai vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi. Je vous le dis maintenant avant que cela n’arrive, pour qu’au moment où cela arrivera, vous croyiez. Je ne m’entretiendrai plus beaucoup avec vous, car il vient, le Prince de ce monde ; sur moi il n’a aucun pouvoir, mais il faut que le monde reconnaisse que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé. Levez-vous ! Partons d’ici ! »

Lundi 3° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 3, 11 à 4, 6 « Aimons en actes et en vérité »

Texte de méditation : Saint AUGUSTIN (Sur 1 Jn)

« Si le monde nous déteste, nous savons ». Que savons-nous ? « Que nous avons passé de « la mort à la vie ». Pourquoi le savons-nous ? « Parce que nous aimons nos frères ». Que personne ne questionne son voisin ; que chacun de nous rentre en lui-même ; et s’il trouve en son cœur la charité fraternelle, qu’il soit tranquille, parce qu’il a passé de la mort à la vie. Il est déjà placé à la droite; si maintenant sa gloire est cachée, qu’il n’y fasse pas attention ; lorsque aura lieu l’avènement du Seigneur, alors il apparaîtra dans la gloire. Il n’est pas mort, mais il en est encore au temps de l’hiver ; sa racine est vivace, mais ses branches semblent desséchées ; au dedans se trouvent et se cachent la sève, les feuilles et les fruits, en attendant la saison d’été. « Nous savons » donc « que nous avons passé de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères : Celui qui n’aime point, demeure dans la mort ». Jean continue en ces termes : « Un homme qui a les biens de ce monde et qui, voyant. son frère dans la détresse, lui ferme son cœur et ses entrailles, comment aurait-il en soi l’amour de Dieu ? » Voilà où commence la charité. Si tu n’es pas encore capable de mourir pour le prochain, sois déjà au moins disposé à partager ton bien avec lui. Que la charité émeuve tes entrailles ; et, en voyant ton frère dans le besoin, aide-le, non par ostentation, mais par l’effet du plus pur sentiment de compassion miséricordieuse. Car si tu n’es pas assez généreux pour donner au prochain ton superflu, le seras-tu assez pour sacrifier ta vie en sa faveur ?

Mardi 3° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 4, 7 à 5, 4 « Dieu est amour »

Référence complémentaire : Épître de saint Paul, Apôtre aux Romains (Rm 8,31-39)

Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ? Qui se fera l’accusateur de ceux que Dieu a élus ? C’est Dieu qui justifie. Qui donc condamnera ? Le Christ Jésus, celui qui est mort, que dis-je ? Ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous ? Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? Selon le mot de l’Écriture : À cause de toi, l’on nous met à mort tout le long du jour ; nous avons passé pour des brebis d’abattoir. Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Mercredi 3° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 4, 7 à 5, 4 « Dieu est amour »

Texte de méditation : ELISABETH DE LA TRINITÉ (Le Ciel dans la Foi)

Jésus-Christ, parlant à la Samaritaine, désignait la foi lorsqu’Il promit à tous ceux qui croiraient en Lui de leur donner « une source d’eau vive qui rejaillirait jusqu’à la vie éternelle » (Jn 4,14). Ainsi donc la foi nous donne Dieu dès cette vie, revêtu, il est vrai, du voile dont elle le couvre, mais pourtant Dieu Lui-même.
« Nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru » (1 Jn 4,16). C’est là le grand acte de notre foi ; c’est le moyen de rendre à notre Dieu amour pour amour ; c’est « le secret caché » (Col 1,26) au cœur du Père, dont parle saint Paul, que nous pénétrons enfin, et toute notre âme tressaille. Lorsqu’elle sait croire à ce « trop grand amour » (Ep 2,4) qui est sur elle, on peut dire comme il est dit de Moïse : « Il était inébranlable dans sa foi comme s’il avait vu l’Invisible » (He 11,27). Elle ne s’arrête plus aux goûts, aux sentiments ; peu lui importe de sentir Dieu ou de ne pas le sentir ; peu lui importe s’Il lui donne la joie ou la souffrance : elle croit à son amour. Plus elle est éprouvée, plus sa foi grandit, parce qu’elle traverse pour ainsi dire tous les obstacles pour aller se reposer au sein de l’Amour infini, qui ne peut faire qu’œuvres d’amour. Aussi à cette âme tout éveillée en sa foi la voix du Maître peut dire dans le secret intime cette parole qu’Il adressait un jour à Marie-Madeleine : « Va dans la paix, ta foi t’a sauvée » (Lc 7,50)

Jeudi 3° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 5, 5 – 21 « L’Esprit rend témoignage »

Référence complémentaire : Livre du Prophète Ézéchiel (Ez 3,16-21)

Au bout de sept jours, la parole de Yahvé me fut adressée en ces termes : « Fils d’homme, je t’ai fait guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : Tu vas mourir, et que tu ne l’avertis pas, si tu ne parles pas pour avertir le méchant d’abandonner sa conduite mauvaise afin qu’il vive, le méchant, lui, mourra de sa faute, mais c’est à toi que je demanderai compte de son sang. Si au contraire tu as averti le méchant et qu’il ne s’est pas converti de sa méchanceté et de sa mauvaise conduite, il mourra, lui, de sa faute, mais toi, tu auras sauvé ta vie. Lorsque le juste se détournera de sa justice pour commettre le mal et que je mettrai un piège devant lui, c’est lui qui mourra ; parce que tu ne l’auras pas averti, il mourra de son péché et on ne se souviendra plus de la justice qu’il a pratiquée, mais je te demanderai compte de son sang. Si au contraire tu as averti le juste de ne pas pécher et qu’il n’a pas péché, il vivra parce qu’il aura été averti, et toi, tu auras sauvé ta vie. »

Vendredi 3° semaine

Lecture suivie : 1 Jn 5, 5 – 21 « L’Esprit rend témoignage »

Texte de méditation : HOMÉLIE DU IVe SIÈCLE (sur la diversité des actions de l’Esprit)

Ceux qui ont été dignes de devenir fils de Dieu et de renaître de l’Esprit Saint, qui ont eux mêmes le Christ pour les éclairer et les réconforter, sont guidés par l’Esprit Saint selon des voies diverses et variées ; invisiblement dans leur cœur, ils sont animés par la grâce en demeurant dans le repos spirituel. Parfois ils sont comme plongés dans le deuil et l’affliction pour le genre humain, ils répandent des prières pour toute l’humanité, ils sont livrés à la tristesse et aux larmes, parce que l’Esprit les embrase d’amour pour tous les hommes.
D’autres fois, l’Esprit fait brûler en eux tant d’exaltation et d’amour que, si c’était possible, ils enfermeraient dans leur cœur tous les hommes, sans distinction de bien ou de mal. D’autres fois, ils s’abaissent plus bas que tous les autres dans l’humilité de l’Esprit, au point de s’estimer les derniers et les moindres de tous. D’autres fois, ils demeurent dans une joie inexprimable sous l’action de l’Esprit. D’autres fois, ils sont comme un vaillant héros qui revêt l’armure royale, se porte au combat, lutte courageusement contre les ennemis et remporte la victoire. C’est ainsi que l’homme spirituel prend les armes célestes de l’Esprit, assaille les ennemis, leur livre combat et les met sous ses pieds. Parfois, l’âme se repose dans un profond silence, dans le calme et la paix, ne connaît que la jouissance spirituelle, un repos et une plénitude inexprimables. Parfois, la grâce l’établit dans une compréhension et une sagesse sans pareille, dans une profonde connaissance, par l’Esprit, sur les mystères que ni la langue ni la bouche ne peuvent déclarer. Parfois, il devient comme un homme quelconque.
C’est ainsi que, chez de tels hommes, la grâce produit des effets variés et conduit l’âme par des chemins divers, la réconforte selon la volonté de Dieu, l’exerce de toutes sortes de manières, pour la ramener parfaite, irréprochable et pure, devant le Père du ciel. Prions Dieu, nous aussi, prions avec amour et beaucoup d’espérance, qu’il nous accorde la grâce céleste du don de l’Esprit, qu’il nous guide afin que nous accomplissions la volonté de Dieu ; qu’il nous ranime par toute la richesse de son réconfort. Ainsi mus par la grâce de cette direction, de cet exercice et de ce progrès spirituel, nous deviendrons dignes de parvenir à la perfection de la plénitude du Christ, selon la parole de l’Apôtre : Vous serez comblés et vous entrerez dans toute sa plénitude.

Samedi 3° semaine

Reprise