« J’ai fait de toi la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles » (Is 42,6-7)

Lectio Divina - Aveugle-né

A partir des lectures bibliques de ce dimanche (Jn 9, 1 – 41 ; 1 Sm 16 ; Ps 22 ; Ep 5), nous vous proposons d’entrer dans la méditation de cette Parole de Dieu, à l’aide des références complémentaires qui sont proposées.

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Carême année A, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-Haut. Et révèle-nous celui du Fils; Et toi l'Esprit commun qui les rassemble; Viens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi ».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 30 MARS

Lecture biblique : Jn 9, 1 – 41   « Je suis la lumière du monde »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 42, 6 – 18)

"Moi, le Seigneur, je t'ai appelé dans la justice, je t'ai saisi par la main, et je t'ai modelé, j'ai fait de toi l'alliance du peuple, la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, pour extraire du cachot le prisonnier, et de la prison ceux qui habitent les ténèbres." Je suis le Seigneur, tel est mon nom! Ma gloire, je ne la donnerai pas à un autre, ni mon honneur aux idoles. Les premières choses, voici qu'elles sont arrivées, et je vous en annonce de nouvelles, avant qu'elles ne paraissent, je vais vous les faire connaître. Chantez au Seigneur un chant nouveau, que chantent sa louange, des extrémités de la terre, ceux qui vont sur la mer, et tout ce qui la peuple, les îles et ceux qui les habitent ( …). "Je vais changer les torrents en terre ferme et dessécher les marécages. Je conduirai les aveugles par un chemin qu'ils ne connaissent pas, par des sentiers qu'ils ne connaissent pas je les ferai cheminer, devant eux je changerai l'obscurité en lumière et les fondrières en surface unie. Cela, je le ferai, je n'y manquerai pas. Ils reculeront, ils rougiront de honte, ceux qui se fient aux idoles, qui disent à des statues: Vous êtes nos dieux." Sourds, entendez ! Aveugles, regardez et voyez !"

 


LUNDI 31 MARS

Lecture biblique : Jn 9, 1 – 41   « Je suis la lumière du monde »

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Comm. Jn)

Obéissons maintenant, suivons le Seigneur ; brisons les entraves qui nous empêchent de le suivre. Et qui est capable de défaire de tels nœuds sans être aidé par Celui dont il est dit : Tu as brisé mes chaînes ? Celui dont un autre psaume dit : Le Seigneur délie les enchaînés, le Seigneur redresse les accablés. Ces hommes délivrés et redressés, que vont-ils suivre, sinon cette lumière qui leur dit : Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres. Car le Seigneur éclaire les aveugles. Soyons donc éclairés, mes frères, en recevant un remède pour les yeux, celui de la foi. Car Jésus a commencé par oindre l'aveugle de naissance avec de la terre et sa salive. Nous-mêmes, du fait d'Adam, nous sommes des aveugles de naissance et nous avons besoin du Christ pour voir clair. Il a mélangé de la salive et de la terre : Le Verbe s'est fait chair, et il a établi sa demeure parmi nous. Il a mélangé la salive et la terre, de là cette prophétie : La vérité germera de la terre ; et lui-même a dit : Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. On ne te dit pas : "Donne-toi du mal, cherche le chemin pour parvenir à la vérité et à la vie." On ne te dit pas cela. Lève-toi, paresseux ; le Chemin en personne vient vers toi, et il t'a éveillé de ton sommeil, si du moins il t'a éveillé : Lève-toi et marche !

 


MARDI 1er AVRIL

Lecture suivie : Ep 5, 8 – 14   « vous êtes devenus lumière ; vivez en fils de la lumière »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean  (Jn 12, 35 – 50) 

Jésus disait : "Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent: celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière." Ainsi parla Jésus, et s'en allant il se déroba à leur vue. Bien qu'il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, afin que s'accomplît la parole dite par Isaïe le prophète: Seigneur, qui a cru à notre parole? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé? Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore: Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur coeur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur coeur ne comprenne pas, qu'ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. Isaïe a dit cela, parce qu'il eut la vision de sa gloire et qu'il parla de lui. Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d'être exclus de la synagogue, car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. Jésus a dit, il l'a clamé: "Qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit, mais en celui qui m'a envoyé, et qui me voit voit celui qui m'a envoyé. Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. Qui me rejette et n'accueille pas mes paroles a son juge: la parole que j'ai fait entendre, c'est elle qui le jugera au dernier jour; car ce n'est pas de moi-même que j'ai parlé, mais le Père qui m'a envoyé m'a lui-même commandé ce que j'avais à dire et à faire connaître; et je sais que son commandement est vie éternelle. Ainsi donc ce que je dis, tel que le Père me l'a dit je le dis."

 


MERCREDI 2 AVRIL

Lecture biblique : Ep 5, 8-14   « vous êtes devenus lumière; vivez en fils de lumière »

Texte de méditation : CLÉMENT D’ALEXANDRIE (Pédagogue)

Aussitôt régénérés, nous avons reçu la perfection vers laquelle tendaient nos efforts. Car nous avons été illuminés, ce qui consiste à connaître Dieu. Or, il n'est pas imparfait, celui qui connaît l'Être parfait. Dans le baptême, nous sommes illuminés ; illuminés, nous sommes adoptés comme fils ; devenus fils, nous sommes parfaits ; parfaits, nous sommes immortels. Cette œuvre reçoit divers noms : grâce, illumination, perfection, bain. Bain, parce que nous y sommes purifiés de nos péchés ; grâce, parce que la peine due à nos fautes nous y est remise ; illumination, parce qu'elle nous permet de contempler la sainte et salutaire lumière. En d'autres termes, par le baptême, nous discernons le divin. « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui entend ma parole et croit en Celui qui m'a envoyé, celui-là a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; il est passé de la mort à la vie » (Jn 5,24). Donc, il suffit d'avoir cru et d'avoir été régénéré pour posséder la vie en perfection. Car Dieu n'est pas impuissant : de même que sa volonté est une œuvre qui s'appelle l'univers, son dessein est le salut des hommes et s'appelle l'Église. Il sait qui il a appelé ; et ceux qu'il a appelés, il les a sauvés ; appeler et sauver furent une même chose. « Car, dit l'Apôtre, c'est Dieu lui-même qui vous enseigne » (1 Th 4,9). Il ne convient donc pas de tenir pour imparfait ce qu'il enseigne, mais sa doctrine est le salut éternel d'un Sauveur éternel. À lui grâces dans l'éternité, Amen. Et celui qui vient seulement d'être régénéré et illuminé est, comme le mot l'indique, aussitôt libéré des ténèbres. À partir de ce moment, il a reçu la lumière. Mais, dit-on, il n'a pas encore reçu le don parfait – J'en conviens, mais il est dans la lumière et les ténèbres n'ont pas de prise sur lui.

 


JEUDI 3 AVRIL

Lecture biblique :1 Sm 16, 1 à 13     « Le Seigneur regarde le cœur »

Référence complémentaire : Livre des Psaumes (Ps 23 (22))

Le Seigneur est mon berger, rien ne me manque.

Sur des prés d'herbe fraîche il me fait reposer.

Vers les eaux du repos il me mène,

 il y refait mon âme;

il me guide aux sentiers de justice à cause de son nom.

Passerais-je un ravin de ténèbres,

je ne crains aucun mal car tu es près de moi;

ton bâton, ta houlette sont là qui me consolent.

Devant moi tu apprêtes une table face à mes adversaires;

d'une onction tu me parfumes la tête, ma coupe déborde.

Oui, grâce et bonheur me pressent tous les jours de ma vie;

ma demeure est la maison du Seigneur en la longueur des jours.

 


VENDREDI 4 AVRIL

Lecture biblique : 1 Sm 16, 1 à 13     « Le Seigneur regarde le cœur » 

Texte de méditation : BENOIT XVI (Angelus

L'itinéraire de carême que nous sommes en train de vivre est un temps de grâce particulier au cours duquel nous pouvons faire l'expérience du don de la bienveillance du Seigneur à notre égard. La liturgie de ce dimanche, appelé Laetare, nous invite à nous réjouir, à être joyeux, comme le proclame l'antienne d'entrée de la célébration eucharistique: «Réjouis-toi, Jérusalem, et vous tous qui m'aimez, rassemblez-vous. Exultez et réjouissez-vous, vous qui étiez dans la tristesse: rassasiez-vous de l'abondance de votre consolation» (cf. Is 66, 10-11). Quelle est la raison profonde de cette joie? L'Evangile d'aujourd'hui dans lequel Jésus guérit un homme aveugle de naissance nous le dit. La question que le Seigneur Jésus adresse à celui qui a été aveugle constitue le sommet du récit: «Crois-tu au Fils de l'homme?» (Jn 9, 35). Cet homme reconnaît le signe accompli par Jésus et passe de la lumière des yeux à la lumière de la foi: «Je crois, Seigneur!» (Jn 9, 38). Il faut souligner comment une personne simple et sincère, accomplit, de façon progressive, un chemin de foi: dans un premier moment, il rencontre Jésus comme un «homme» parmi d'autres, puis il le considère comme un «prophète», et enfin, ses yeux s'ouvrent et il le proclame «Seigneur». En opposition avec la foi de l'aveugle guéri, il y a l'endurcissement du cœur des Pharisiens qui ne veulent pas accepter le miracle, parce qu'ils refusent d'accueillir Jésus comme le Messie. La foule, au contraire, s'arrête pour discuter sur l'événement et reste à distance et indifférente. Les parents de l'aveugle eux-mêmes sont vaincus par la peur du jugement des autres. Et nous, quelle attitude assumons-nous devant Jésus? Nous aussi, à cause du péché d'Adam, nous sommes nés «aveugles», mais dans la source baptismale, nous avons été illuminés par la grâce du Christ. Le péché avait blessé l'humanité en la destinant à l'obscurité de la mort, mais dans le Christ, resplendit la nouveauté de la vie, et l’objectif auquel nous sommes appelés. En Lui, revigorés par l'Esprit Saint, nous recevons la force pour vaincre le mal et pour faire le bien.

 


SAMEDI 5 AVRIL

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).