« Voici mon Fils bien-aimé, écoutez-le » (Mt 17,5)

Lectio Divina - La Transfiguration du Christ

A partir des lectures bibliques de ce dimanche (Mt 17, 1 – 9 ; Gn 12 ; 2 Tm 1 et Ps 32), nous vous proposons d’entrer dans la méditation de cette Parole de Dieu, à l’aide des références complémentaires qui sont proposées.

 

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Carême année A, semaine 2

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-Haut. Et révèle-nous celui du Fils; Et toi l'Esprit commun qui les rassemble; Viens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi ».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 16 MARS

Lecture biblique : Mt 17, 1 – 9 « Celui-ci est mon Fils bien-aimé »

Référence complémentaire : 2e Epître de saint Pierre (2 P 1, 16 – 21)

Ce n'est pas en suivant des fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la puissance et l'Avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais après avoir été témoins oculaires de sa majesté. Il reçut en effet de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque la Gloire pleine de majesté lui transmit une telle parole : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur." Cette voix, nous, nous l'avons entendue ; elle venait du Ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte. Ainsi nous tenons plus ferme la parole prophétique: vous faites bien de la regarder, comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à poindre et que l'astre du matin se lève dans vos coeurs. Avant tout, sachez-le: aucune prophétie d'Ecriture n'est objet d'explication personnelle ; ce n'est pas d'une volonté humaine qu'est jamais venue une prophétie, c'est poussés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu.

 


 

LUNDI 17 MARS

Lecture biblique : Mt 17, 1 – 9 « Celui-ci est mon Fils bien-aimé »

Texte de méditation : SAINT EPHREM

Au moment de la Transfiguration, le témoignage rendu au Fils a été scellé à la fois par la voix du Père et par Moïse et Élie, qui apparaissent auprès de Jésus comme ses serviteurs. Les prophètes regardent les apôtres Pierre, Jacques et Jean ; les apôtres contemplent les prophètes. En un même lieu se retrouvent les princes de l'ancienne alliance et ceux de la nouvelle. Le saint Moïse a vu Pierre le sanctifié, le passeur choisi par le Père a vu le pasteur choisi par le Fils. Le premier avait autrefois fendu la mer pour que le peuple de Dieu puisse passer au milieu des flots, le second a proposé de dresser une tente pour abriter l'Église. L'homme vierge de l'Ancien Testament a vu l'homme vierge du Nouveau : Élie a pu voir Jean. Celui qui a été enlevé dans un char de feu a vu celui qui a reposé sur la poitrine du Feu (Jn 13,23). Et la montagne est devenue alors le symbole de l'Église : à son sommet Jésus unifie les deux Testaments que cette Église recueille. Il a fait connaître qu'il est le Maître de l'un comme de l'autre, de l'Ancien qui a reçu ses mystères, du Nouveau qui a révélé la gloire de ses actions.

 


 

MARDI 18 MARS

Lecture suivie : Gn 12, 1 – 4 « Abraham partit, sur la Parole du Seigneur »

Référence complémentaire : Epître aux Hébreux (He 11, 8 – 19)

Par la foi, Abraham obéit à l'appel de partir vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. C'est qu'il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l'architecte et le constructeur. Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu'elle estima fidèle celui qui avait promis. C'est bien pour cela que d'un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables... C'est dans la foi qu'ils moururent tous sans avoir reçu l'objet des promesses, mais ils l'ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu'ils sont à la recherche d'une patrie. Et s'ils avaient pensé à celle d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner. Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste. C'est pourquoi, Dieu n'a pas honte de s'appeler leur Dieu; il leur a préparé, en effet, une ville... Par la foi, Abraham, mis à l'épreuve, a offert Isaac, et c'est son fils unique qu'il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, lui à qui il avait été dit: C'est par Isaac que tu auras une postérité. Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts; c'est pour cela qu'il recouvra son fils, et ce fut un symbole.

 


 

MERCREDI 19 MARS

Lecture biblique : Gn 12, 1 – 4 « Abraham partit, sur la Parole du Seigneur »

Texte de méditation : CARDINAL NEWMAN

Nous ne sommes pas appelés une fois seulement, mais bien des fois; tout le long de notre vie, Christ nous appelle. Il nous a appelés d'abord par le baptême, mais plus tard aussi ; que nous obéissions ou non à sa voix, il nous appelle encore en sa miséricorde. Si nous manquons à nos promesses baptismales, il nous appelle à nous repentir. Si nous nous efforçons de répondre à notre vocation, il nous appelle toujours plus avant, de grâce en grâce, de sainteté en sainteté, tant que la vie nous est laissée pour cela. Abraham a été appelé à quitter sa maison et son pays (Gn 12,1), Pierre ses filets (Mt 4,18), Matthieu son emploi (Mt 9,9), Elisée sa ferme (1R 19,19), Nathanaël sa retraite (Jn 1,47). Sans cesse, tous nous sommes appelés, d'une chose à l'autre, toujours plus loin, n'ayant pas de lieu de repos, mais montant vers notre repos éternel, et n'obéissant à un appel intérieur que pour être prêts à en entendre un autre. Christ nous appelle sans cesse, pour nous justifier sans cesse ; sans cesse, de plus en plus, il veut nous sanctifier et nous glorifier. Nous devons le comprendre, mais nous sommes lents à nous rendre compte de cette grande vérité, que Christ marche en quelque sorte parmi nous, et que de sa main, de ses yeux, de sa voix, il nous fait signe de le suivre. Nous ne saisissons pas que son appel est quelque chose qui a lieu en ce moment même. Nous pensons qu'elle a eu lieu au temps des apôtres ; mais nous n'y croyons pas, nous ne l'attendons pas vraiment pour nous-mêmes.

 


 

JEUDI 20 MARS

Lecture biblique : 2 Tm 1, 8 – 10 il nous a donné une vocation sainte

Référence complémentaire : 1ère Epître de saint Pierre (1 P 3, 8 – 18)

Vous tous, en esprit d'union, dans la compassion, l'amour fraternel, la miséricorde, l'esprit d'humilité, ne rendez pas mal pour mal, insulte pour insulte. Bénissez, au contraire, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter la bénédiction. Qui veut, en effet, aimer la vie et voir des jours heureux doit garder sa langue du mal et ses lèvres des paroles fourbes, s'éloigner du mal et faire le bien, chercher la paix et la poursuivre. Car le Seigneur a les yeux sur les justes et tend l'oreille à leur prière, mais le Seigneur tourne sa face contre ceux qui font le mal. Et qui vous ferait du mal, si vous devenez zélés pour le bien? Heureux d'ailleurs quand vous souffririez pour la justice ! N'ayez d'eux aucune crainte et ne soyez pas troublés. Au contraire, sanctifiez dans vos coeurs le Seigneur Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous. Mais que ce soit avec douceur et respect, en possession d'une bonne conscience, afin que, sur le point même où l'on vous calomnie, soient confondus ceux qui décrient votre bonne conduite dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si telle était la volonté de Dieu, qu'en faisant le mal. Le Christ lui-même est mort une fois pour les péchés, juste pour des injustes, afin de nous mener à Dieu. Mis à mort selon la chair, il a été vivifié selon l'esprit.

 


 

VENDREDI 21 MARS

Lecture biblique : 2 Tm 1, 8 – 10 il nous a donné une vocation sainte

Texte de méditation : SAINT BERNARD (Louanges de la Vierge Marie)

Tu as appris, Marie, et l'événement et la manière dont il doit s'accomplir, l'un et l'autre merveilleux. Réjouis-toi, fille de Sion, tressaille de joie, fille de Jérusalem. Puisque tu as entendu cette parole de joie, nous souhaitons entendre de ta bouche l'heureuse réponse qu'appellent nos désirs, afin que tressaillent d'allégresse nos os humiliés; Tu as appris l'événement et tu y as cru; ajoute foi également à la façon dont il s'accomplira. Tu l'asentendu, ô Vierge : tu concevras un fils, non d'un homme, mais de l'Esprit-Saint. L'ange lui attend ta réponse : il va être temps pour lui de retourner auprès de Dieu qui l'a envoyé. Nous aussi, ô Souveraine, nous malheureux sur qui pèse la sentence de damnation, nous attendons une parole de compassion. Voici qu'elle t'est offerte la rançon de notre salut : Consens, nous serons aussitôt délivrés. Nous avons tous été créés dans le Verbe éternel de Dieu, mais voici que nous mourons; de ta brève réponse dépend que nous soyons recréés. Ta réponse, ô douce Vierge, Adam l'implore tout en larmes, exilé qu'il est du paradis avec sa malheureuse descendance. Il l'implore, Abraham, il l'implore, David, ils la réclament tous instamment, les autres Patriarches, tes propres ancêtres, qui eux aussi habitent le pays de l'ombre de la mort. Cette réponse, le monde entier l'attend, prosterné à tes genoux. Et ce n'est pas sans raison, puisque de ta parole dépendent le soulagement des malheureux, le rachat des captifs, la délivrance des condamnés, le salut enfin de tous les fils d'Adam, de ta race entière. Ne tarde plus, Vierge Marie. Vite, réponds à l'ange, ou plutôt, par l'ange, réponds au Seigneur. Réponds une parole et accueille la Parole; prononce la tienne et conçois celle de Dieu; profère une parole passagère et étreins la Parole éternelle. « Voici, dit-elle, la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole ».

 


 

SAMEDI 22 MARS

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).