« Il faut révéler les œuvres de Dieu

comme elles le méritent » (Tb 12,11)

Tobie, Quentin Denoyelle - Lectio Divina

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Tobie, semaine 9

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

 

DIMANCHE 5 OCTOBRE

Lecture suivie: Tb 12, 1 – 21   « je présentais vos prières devant la gloire de Dieu »

Référence complémentaire : Livre des Actes des Apôtres (Ac 10, 1 à 11, 15) 

Il y avait à Césarée un homme du nom de Corneille, centurion de la cohorte Italique. Pieux et craignant Dieu, ainsi que toute sa maison, il faisait de larges aumônes au peuple juif et priait Dieu sans cesse. Il eut une vision. Vers la neuvième heure du jour, l'Ange de Dieu - il le voyait clairement - entrait chez lui et l'appelait: "Corneille!" Il le regarda et fut pris de frayeur. "Qu'y a-t-il, Seigneur?" Demanda-t-il. - "Tes prières et tes aumônes, lui répondit l'ange, sont montées devant Dieu, et il s'est souvenu de toi. Maintenant donc, envoie des hommes à Joppé et fais venir Simon, surnommé Pierre. Il loge chez un certain Simon, un corroyeur, dont la maison se trouve au bord de la mer." Quand l'ange qui lui parlait fut parti, Corneille appela deux de ses domestiques ainsi qu'un soldat pieux, de ceux qui lui étaient attachés, et après leur avoir tout expliqué, il les envoya à Joppé (…) « Corneille nous raconta comment il avait vu un ange se présenter chez lui et lui dire: Envoie quérir à Joppé Simon, surnommé Pierre. Il te dira des paroles qui t'apporteront le salut, à toi et à toute ta famille'' "Or, à peine avais-je commencé à parler que l'Esprit Saint tomba sur eux, tout comme sur nous au début ».

 


LUNDI 6 OCTOBRE

Lecture suivie : Tb 12, 1 – 21   « je présentais vos prières devant la gloire de Dieu » 

Texte de méditation : SAINT BERNARD (Sur le Ps 90) – XIIe siècle

 « Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins » (Ps 90,11). Quel n'est pas le respect que cette parole doit susciter en toi, la ferveur qu'elle doit faire naître, la confiance qu'elle doit t'inspirer ! Le respect à cause de leur présence, la ferveur à cause de leur bienveillance, la confiance à cause de leur vigilance. Ils sont donc là, à tes côtés, non seulement avec toi, mais pour toi. Ils sont présents pour te protéger, pour te secourir. Que rendrais-tu au Seigneur pour tout ce qu'il t'a donné ? (Ps 115,3). C'est à lui seul qu'on doit rendre gloire et honneur pour ce secours ; c'est lui qui leur en a donné l'ordre. « Tout don parfait » (Jc 1,17) ne peut venir que de lui. Mais on ne peut pour autant manquer de reconnaissance à l'égard des anges, en raison de la si grande charité avec laquelle ils obéissent et du besoin si grand que nous avons de leur aide. Soyons donc pleins de respect et de reconnaissance pour une telle vigilance de leur part ; aimons-les en retour et honorons-les autant que nous le pouvons, autant que nous le devons... En Dieu aimons ses anges, dans la conscience qu'ils seront un jour nos cohéritiers et que d'ici là le Père dispose et ordonne qu'ils soient pour nous des guides et des éducateurs. Car « dès maintenant nous sommes enfants de Dieu » bien que cela ne paraisse pas encore clairement (1Jn 3,2), puisque nous sommes encore des enfants soumis à des intendants et à des éducateurs, et nous semblons pour le moment ne différer en rien de serviteurs. Pourtant si petits que nous soyons et si longue et dangereuse que soit la route qui nous reste à parcourir, qu'aurions-nous à craindre sous une si bonne garde ?

 


MARDI 7 OCTOBRE

Lecture suivie : Tb 13, 1 – 18  « si vous revenez vers lui, il reviendra vers vous »

Référence complémentaire : Livre de la Sagesse (Is 66, 5 – 14)

Ecoutez la parole du Seigneur, vous qui tremblez à sa parole. Ils ont dit, vos frères qui vous haïssent et vous rejettent à cause de mon nom: "Que le Seigneur manifeste sa gloire, et que nous soyons témoins de votre joie", mais c'est eux qui seront confondus! Une voix, une rumeur qui vient de la ville, une voix qui vient du sanctuaire, la voix du Seigneur qui paie leur salaire à ses ennemis. Avant d'être en travail elle a enfanté, avant que viennent les douleurs elle a accouché d'un garçon. Qui a jamais entendu rien de tel? Qui a jamais vu chose pareille? Peut-on mettre au monde un pays en un jour? Enfante-t-on une nation en une fois? A peine était-elle en travail que Sion a enfanté ses fils. Ouvrirais-je le sein pour ne pas faire naître? dit le Seigneur. Si c'est moi qui fais naître, fermerai-je le sein? dit ton Dieu. Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez en elle, vous tous qui l'aimez, soyez avec elle dans l'allégresse, vous tous qui avez pris le deuil sur elle, afin que vous soyez allaités et rassasiés par son sein consolateur, afin que vous suciez avec délices sa mamelle plantureuse. Car ainsi parle le Seigneur: Voici que je fais couler vers elle la paix comme un fleuve, et comme un torrent débordant, la gloire des nations. Vous serez allaités, on vous portera sur la hanche, on vous caressera en vous tenant les genoux. Comme celui que sa mère console, moi aussi, je vous consolerai, à Jérusalem vous serez consolés. A cette vue votre cœur sera dans la joie, et vos membres reprendront vigueur comme l'herbe; la main du Seigneur se fera connaître à ses serviteurs.

 


MERCREDI 8 OCTOBRE

Lecture suivie : Tb 13, 1 – 18  « si vous revenez vers lui, il reviendra vers vous »

Texte de méditation : SAINT JEAN-PAUL II (Audience du 13 août 2003)

Tobit lance un appel chaleureux aux pécheurs afin qu'ils se convertissent et pratiquent la justice: telle est la voie à emprunter pour retrouver l'amour divin qui apporte sérénité et espérance. L'histoire même de Jérusalem est une parabole qui enseigne à tous le choix à effectuer. Dieu a puni la cité car il ne pouvait rester indifférent face au mal perpétré par ses fils. Mais à présent, en voyant qu'un grand nombre d'entre eux s'est converti et transformé en fils justes et fidèles, il manifestera plus encore son amour miséricordieux. Tout au long du Cantique cette conviction est souvent répétée:  le Seigneur "châtie et pardonne... vous châtie pour vos iniquités [mais] il aura pitié de vous tous... il te frappa pour les œuvres de tes mains et il aura encore pitié des fils des justes". Dieu a recours au châtiment comme moyen de ramener dans le droit chemin les pécheurs sourds aux autres mises en garde. La dernière parole du Dieu juste demeure toutefois celle de l'amour et du pardon; son désir profond est celui de pouvoir embrasser à nouveau les fils rebelles qui reviennent à lui avec un cœur repenti. La miséricordedivine se manifestera à l'égard du peuple élu à travers la reconstruction du Temple de Jérusalem, accomplie par Dieu lui-même:  "en toi son  temple [sera] rebâti  dans la joie" (v. 11). C'est ainsi qu'apparaît le second thème, celui de Sion, comme lieu spirituel vers lequel doit converger non seulement le retour des juifs, mais également le pèlerinage des peuples qui cherchent Dieu. Ainsi s'entrouvre un horizon universel: une fois reconstruit, le temple de Jérusalem, signe de la parole et de la présence divine, resplendira d'une lumière planétaire qui déchirera les ténèbres, afin que puissent se mettre en route "les peuples nombreux, de toutes les extrémités de la terre », apportant leurs dons et chantant leur joie de participer au salut que le Seigneur diffuse sur Israël.

 


JEUDI 9 OCTOBRE

Lecture suivie: Tb 14, 1 – 15 « je crois que s’accomplira tout ce que Dieu a dit »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 8, 28 – 39)

Nous savons qu'avec ceux qui l'aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu'il a appelés selon son dessein. Car ceux que d'avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l'image de son Fils, afin qu'il soit l'aîné d'une multitude de frères; et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés; ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés. Que dire après cela? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur? Qui se fera l'accusateur de ceux que Dieu a élus? C'est Dieu qui justifie. Qui donc condamnera? Le Christ Jésus, celui qui est mort, que dis-je? Ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous? Qui nous séparera de l'amour du Christ? La tribulation, l'angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive? Selon le mot de l'Ecriture: A cause de toi, l'on nous met à mort tout le long du jour; nous avons passé pour des brebis d'abattoir. Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur.

 


VENDREDI 10 OCTOBRE

Lecture suivie : Tb 14, 1 – 15 « je crois que s’accomplira tout ce que Dieu a dit »

Texte de méditation : ELISABETH DE LA TRINITÉ (Traité) – XIXe-XXe siècles)

Nous avons été prédestinés par un décret de Celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté, afin que nous soyons la « louange de sa gloire » (Ep 1,6.12.14). Comment réaliser ce grand rêve du Cœur de notre Dieu, ce vouloir immuable sur nos âmes ? Comment, en un mot, répondre à notre vocation et devenir parfaites « louanges de gloire » de la très sainte Trinité ? Au ciel, chaque âme est une louange de gloire au Père, au Verbe, à l'Esprit Saint, parce que chaque âme est fixée dans le pur amour et ne vit plus de sa vie propre, mais de la vie de Dieu. Alors elle le connaît, dit saint Paul, « comme elle est connue de lui » (1Co 13,12) ; en d'autres termes, son entendement est l'entendement de Dieu, sa volonté est la volonté de Dieu, son amour est l'amour même de Dieu. C'est en réalité l'Esprit d'amour et de force qui transforme l'âme, car lui ayant été donné pour suppléer à ce qui lui manquait, comme dit encore saint Paul, il opère en elle cette glorieuse transformation (cf. Rm 8,26). Saint Jean de la Croix affirme que peu s'en faut que l'âme livrée à l'amour, par la vertu de l'Esprit Saint ne s'élève jusqu'au degré dont nous venons de parler, dès ici-bas ! Voilà ce que j'appelle une parfaite louange de gloire ! Une louange de gloire, c'est une âme qui demeure en Dieu, qui l’aime d'un amour pur et désintéressé, sans se rechercher dans la douceur de cet amour ; c'est une âme qui l'aime par dessus tous ses dons et quand même elle n'aurait rien reçu de Lui, et qui désire du bien à l'Objet ainsi aimé ; une louange de gloire, c'est une âme de silence qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l'Esprit Saint afin qu'Il en fasse sortir des harmonies divines. Une louange de gloire est un être toujours dans l'action de grâces. Chacun de ses actes, de ses mouvements, chacune de ses pensées, de ses aspirations, en même temps qu'ils l'enracinent plus profondément dans l'amour, sont comme un écho du Sanctus éternel.

 


SAMEDI 11 OCTOBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).«  sois vigilant, fais preuve de sagesse dans toutes tes actions et paroles » (Tb 4,14)