« Tu es béni de m’avoir réjoui,

ce que je redoutais n’est pas arrivé » (Tb 8,16)

Tobie, Quentin Denoyelle - Lectio Divina

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Tobie, semaine 8

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

 


DIMANCHE 28 SEPTEMBRE

Lecture suivie: Tb 8, 1 – 21   « daigne avoir pitié d’elle et de moi »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Ephésiens (Ep 5, 21 – 33) 

Mettez-vous au service les uns aux autres dans la crainte du Christ. Que les femmes le le fassent envers leurs maris comme au Seigneur: en effet, le mari est chef de sa femme, comme le Christ est chef de l'Eglise, lui le sauveur du Corps; or l'Eglise se soumet au Christ; les femmes doivent donc, et de la même manière, se mettre en tout au service de leurs maris. Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Eglise: il s'est livré pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d'eau qu'une parole accompagne; car il voulait se la présenter à lui-même toute resplendissante, sans tache ni ride ni rien de tel, mais sainte et immaculée. De la même façon les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Aimer sa femme, c'est s'aimer soi-même. Car nul n'a jamais haï sa propre chair; on la nourrit au contraire et on en prend bien soin. C'est justement ce que le Christ fait pour l'Eglise: ne sommes-nous pas les membres de son Corps? Voici donc que l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair: ce mystère est de grande portée; je veux dire qu'il s'applique au Christ et à l'Eglise. Bref, en ce qui vous concerne, que chacun aime sa femme comme soi-même, et que la femme révère son mari.

 


LUNDI 29 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 8, 1 – 21   « daigne avoir pitié d’elle et de moi » 

Texte de méditation : SAINT JEAN-PAUL II (Homélie du 14 octobre 1989)

Celui qui écoute les paroles du Christ et construit sa propre vie en les mettant en pratique, celui-là bâtit sa maison sur le roc. Cela se rapporte en particulier à la construction délicate et vitale qu’est le mariage: sanctifié par l’amour du Christ, c’est un grand sacrement dans l’Eglise. Déjà les jeunes époux du Livre de Tobie nous donnent un exemple de construction sur le roc, sur la fondation solide de la Parole de Dieu. La prière de Tobie et de Sara est une admirable introduction à leur vie de couple. Tobie et Sara savent qu’ils ont reçu leur vie de Dieu en même temps que de leurs pères. Par leur union, ils continuent l’œuvre de vie. Le projet de leur foyer s’accorde avec la volonté du Créateur: il a créé l’homme et la femme pour qu’ils ne soient plus qu’un. La grâcedu mariage, pour la solidité du foyer, c’est le don admirable de l’amour qui vient du plus profond de la vie même de Dieu: la capacité d’aimer, de se donner l’un à l’autre, de rester fidèle à une alliance librement consentie. Il y a la fragilité humaine, c’est vrai, mais la fidélité de Dieu y répond. Souvenez-vous de la parole de saint Paul: «Si nous sommes infidèles, le Seigneur restera fidèle, car il ne peut se renier lui-même». Vous les époux qui m’écoutez, vous êtes nombreux à connaître la joie toujours plus belle que donne la fidélité dans l’amour. Et vous qui avez été blessés par le silence de l’amour, par l’éloignement de votre conjoint, sachez que vous n’êtes pas délaissés par le Seigneur, vous pouvez compter sur sa fidélité, et aussi sur le soutien amical de vos frères et sœurs. Quand on bâtitsur le roc d’un amour fidèle, la personnalité de chacun s’épanouit grâce à la générosité quotidienne du don de soi et du respect de l’autre. Et la mise en commun de tous les dons reçus conduit le couple à donner la vie à son tour. Il assume de manière responsable la paternité et la maternité, soucieux d’abord de la vie de l’enfant, respecté et aimé pour lui-même dès sa conception, avec les espérances et les promesses qu’il porte.

 


MARDI 30 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 9, 1 à 10, 14 « puissions-nous tous vivre heureux pareillement »

Référence complémentaire : Livre de la Sagesse (Sg 9, 1 à 12)

"Dieu des Pères et Seigneur de miséricorde, toi qui, par ta parole, as fait l'univers, toi qui, par ta Sagesse, as formé l'homme pour dominer sur les créatures que tu as faites, pour régir le monde en sainteté et justice et exercer le jugement en droiture d'âme, donne-moi celle qui partage ton trône, la Sagesse, et ne me rejette pas du nombre de tes enfants. Car je suis ton serviteur et le fils de ta servante, un homme faible et de vie éphémère, peu apte à comprendre la justice et les lois. Quelqu'un, en effet, serait-il parfait parmi les fils des hommes, s'il lui manque la sagesse qui vient de toi, on le comptera pour rien (…) Avec toi est la Sagesse, qui connaît tes œuvres et qui était présente quand tu faisais le monde; elle sait ce qui est agréable à tes yeux et ce qui est conforme à tes commandements. Mande-la des cieux saints, de ton trône de gloire envoie-la, pour qu'elle me seconde et peine avec moi, et que je sache ce qui te plaît; car elle sait et comprend tout. Elle me guidera prudemment dans mes actions et me protégera par sa gloire. Alors mes œuvres seront agréées, je jugerai ton peuple avec justice et je serai digne du trône de mon père ».

 


MERCREDI 1ER OCTOBRE

Lecture suivie : Tb 9, 1 à 10, 14 « puissions-nous tous vivre heureux pareillement »

Texte de méditation : ST JEAN DE LA CROIX (La montée du Carmel) – XVIe siècle

Toutes les richesses et toute la gloire de tout le créé, comparées avec la richesse qui est Dieu, sont une très grande pauvreté et une extrême misère; et ainsi, l'âme qui l'aime et le possède est extrêmement pauvre et misérable devant Dieu et, pour ce sujet, ne pourra arriver à l'état heureux des richesses et de la gloire qui n'est autre chose que la transformation en lui, pour autant que ce qui est pauvre et misérable est extrêmement éloigné de ce qui est souverainement riche et glorieux. C'est pourquoi la Sagesse divine, se plaignant de personnes semblables qui se rendent laides, viles, misérables et pauvres, en aimant ce qui est beau et riche selon l'opinion du monde, s'écrie dans les Proverbes disant: Ô hommes, je vous crie, et ma voix s'adresse aux enfants des hommes ! Entendez, petits, l'astuce et la sagacité, et vous qui êtes fous, prenez garde, écoutez, parce que je dois parler de grandes choses. Avec moi sont les richesses de la gloire et les hautes richesses et la justice. Car mon fruit est meilleur que l'or et la pierre précieuse; et mes générations, c'est-à-dire ce que vous engendrez de moi en vos âmes, est meilleur que l'argent choisi. Je marche dans les voies de la justice, au milieu des sentiers du jugement, pour enrichir ceux qui m'aiment et remplir parfaitement leurs trésors (Sg 8,4-6 ; Sg 8,18-21).

 


JEUDI 2 OCTOBRE

Lecture suivie: Tb 11, 1 – 18 « je te revois mon enfant, toi la lumière de mes yeux »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Luc (Lc 15, 11 – 24)

Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père: Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l'inconduite. "Quand il eut tout dépensé, une famine sévère survint en cette contrée et il commença à sentir la privation. Il alla se mettre au service d'un des habitants de cette contrée, qui l'envoya dans ses champs garder les cochons. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, et personne ne lui en donnait. Rentrant alors en lui-même, il se dit: Combien de mercenaires de mon père ont du pain en surabondance, et moi je suis ici à périr de faim! Je veux partir, aller vers mon père et lui dire: Père, j'ai péché contre le Ciel et envers toi; je ne mérite plus d'être appelé ton fils, traite-moi comme l'un de tes mercenaires. Il partit donc et s'en alla vers son père. "Tandis qu'il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié; il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement. Le fils alors lui dit: Père, j'ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Mais le père dit à ses serviteurs: Vite, apportez la plus belle robe et l'en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé! Et ils se mirent à festoyer.

 


VENDREDI 3 OCTOBRE

Lecture suivie : Tb 11, 1 – 18 « je te revois mon enfant, toi la lumière de mes yeux »

Texte de méditation : SAINT JEAN-PAUL II (Audience du 25 juillet 2001)

Le message du Livre de Tobie est clair: celui qui fait le bien, en particulier en ouvrant son cœur aux besoins du prochain, est apprécié du Seigneur et, même s'il connaît l'épreuve, il fera finalement l'expérience de sa bonté. On peut donc se fier de manière absolue à Dieu, qui n'abandonne jamais sa créature. Notre méditation peut s'étendre à la considération du sens mystérieusement positif que prend la condition de la souffrance lorsqu'elle est vécue dans l'abandon au dessein de Dieu. Dans l'Ancien Testament, divers passages traitent déjà ce thème. Il suffit de penser à l'histoire rapportée par le Livre de la Genèse sur Joseph vendu par ses frères (cf. Gn 37, 2-36) et destiné à être plus tard leur sauveur. Et comment oublier le Livre de Job? Dans ce cas, c'est un homme innocent qui souffre et qui ne réussit pas à s'expliquer son drame, si ce n'est en se remettant à la grandeur et à la sagesse de Dieu (cf. Jb 42, 1-6). Pour nous, qui effectuons une lecture chrétienne de ces passages de l'Ancien Testament, le point de référence ne peut être que la Croix du Christ, dans laquelle le mystère de la douleur du monde trouve une réponse profonde. C'est vers le visage de Dieu, considéré comme Père, que Tb 13 dirige notre regard, en nous invitant à le louer et à le remercier:  "C'est Lui notre Dieu et c'est lui notre Père" (v. 4). On ressent ici le sens de la "filiation" particulière dont Israël fait l'expérience comme don d'alliance et qui prépare le mystère de l'incarnation du Fils de Dieu. En Jésus resplendira alors ce visage du Père et sa miséricorde sans limite sera révélée. Il suffirait de penser à la parabole du Père miséricordieux rapportée par l'évangéliste Luc. A la conversion du fils prodigue ne correspond pas seulement le pardon du Père, mais un baiser d'une infinie tendresse, accompagné de la joie et de la fête: ”Tandis qu'il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié; il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement" (Lc 15, 20). Les expressions de notre Cantique se situent dans la ligne de cette image évangélique émouvante. Elle suscite le besoin de louer et de rendre grâce à Dieu: ”Regardez donc comme il vous a traités, rendez-lui grâce à haute voix. Bénissez le Seigneur de justice, et exaltez le Roi des siècles" (v. 6).

 


SAMEDI 4 OCTOBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).«  sois vigilant, fais preuve de sagesse dans toutes tes actions et paroles » (Tb 4,14)