« Dieu de miséricorde, j’élève vers toi mon visage et mes yeux » (Tb 3,12)

Tobie, Quentin Denoyelle - Lectio Divina

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Tobie, semaine 5

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

 


DIMANCHE 7 SEPTEMBRE

Lecture suivie: Tb 3, 1 – 6   « Seigneur, agis avec moi comme il te plaira »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 26, 4 – 13) 

Confiez-vous dans le Seigneur à jamais ! Car le Seigneur est un rocher, éternellement. C'est lui qui a précipité les habitants des hauteurs, la cité élevée ; il l'abaisse, il l'abaisse jusqu'à terre, il lui fait mordre la poussière. Elle sera foulée aux pieds, par les pieds du malheureux, par les pas du faible. Le sentier du juste, c'est la droiture, tu aplanis la droite trace du juste. Oui, dans le sentier de tes jugements, nous t'attendions, Seigneur, à ton nom et à ta mémoire va le désir de l'âme. Mon âme t'a désiré pendant la nuit, oui, au plus profond de moi, mon esprit te cherche, car lorsque tu rends tes jugements pour la terre, les habitants du monde apprennent la justice. Si l'on fait grâce au méchant sans qu'il apprenne la justice, au pays de la droiture il fait le mal, sans voir la majesté du Seigneur. Seigneur, ta main est levée et ils ne voient pas ! Ils verront, pleins de confusion, ton amour jaloux pour ce peuple, oui, le feu préparé pour tes ennemis les dévorera. Seigneur, tu nous assures la paix, et même toutes nos œuvres, tu les accomplis pour nous. Seigneur notre Dieu, d'autres maîtres que toi ont dominé sur nous, mais, attachés à toi seul, nous invoquons ton nom.

 


LUNDI 8 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 3, 1 – 6   « Seigneur, agis avec moi comme il te plaira » 

Texte de méditation : JEAN CHRYSOSTOME (Sur l’incompréhensibilité de Dieu) – IVe-Ve s.

C'est une consolation pour un malheureux de raconter ses infortunes à des hommes, de leur confier ses chagrins, comme si la parole les faisait disparaître ; à plus forte raison, serez-vous ranimés et consolés, si vous découvrez à Dieu les misères de votre âme. Souvent les hommes sont importunés par les plaintes et les larmes d'un malheureux; ils le dédaignent et le repoussent. Il n'en est pas ainsi de Dieu ; il invite, il presse, vous lui exposez longuement vos misères, il vous en aime davantage, il exauce vos prières. C'est ce que nous déclare Jésus-Christ par ces paroles : Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et accablés, et je vous soulagerai (Mt 11,28). Il nous invite pour vaincre notre négligence ; il nous presse pour triompher de notre opposition. Quand nos fautes seraient innombrables, allons à lui avec confiance. Car voilà ceux qu'il appelle. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs à la pénitence (Mt 9,13). Par ces mots « fatigués », « accablés », il entend ceux qui gémissent sous le poids de leurs péchés. Car c'est un Dieu de consolation, un Dieu de miséricorde (2 Co 1,3), et sans cesse il console, il encourage les malheureux et les affligés, quels que soient leurs péchés. Allons, courons à lui, ne craignons pas ; l'expérience nous prouvera la vérité de ces paroles ; rien ne pourra plus nous troubler, si notre prière est fervente et continuelle. Quoi qu'il arrive, la prière nous aidera à tout supporter. Et quoi d'étonnant, qu'elle puisse dissiper nos tristesses, lorsqu'elle efface et détruit si facilement les péchés ?

 


MARDI 9 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 3, 7 – 17   « leur prière fut portée en présence de la gloire de Dieu »

Référence complémentaire : Livre du Psautier (Ps 88, 2 – 10)

Seigneur, mon Dieu et mon salut, dans cette nuit où je crie en ta présence,

que ma prière parvienne jusqu'à toi, ouvre l'oreille à ma plainte.

Car mon âme est rassasiée de malheur, ma vie est au bord de l'abîme;

on me voit déjà descendre à la fosse, je suis comme un homme fini.

Ma place est parmi les morts, avec ceux que l'on a tués, enterrés,

ceux dont tu n'as plus souvenir, qui sont exclus, et loin de ta main.

Tu m'as mis au plus profond de la fosse, en des lieux engloutis, ténébreux;

le poids de ta colère m'écrase, tu déverses tes flots contre moi.

Tu éloignes de moi mes amis, tu m'as rendu abominable pour eux;

enfermé, je n'ai pas d'issue: à force de souffrir, mes yeux s'éteignent.

Je t'appelle, Seigneur, tout le jour, je tends les mains vers toi.

 


MERCREDI 10 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 3, 7 – 17   « leur prière fut portée en présence de la gloire de Dieu »

Texte de méditation : PAPE FRANÇOIS (Méditation matinale)

Le Pape a identifié dans les expériences de Tobie et de Sarra (Tb 3) les histoires de deux personnes qui souffrent, à la limite du désespoir, en équilibre entre la vie et la mort. Tous deux sont la recherche d’une « issue », qu’ils trouvent en se lamentant. « Ils ne blasphèment pas, mais ils se lamentent » a précisé le Saint-Père. « Se lamenter devant Dieu n’est pas un péché », a-t-il affirmé. Et immédiatement après, il a raconté : « Un prêtre, que je connais, a dit un jour à une femme qui se lamentait devant Dieu à cause de ses malheurs : mais Madame, cela est une forme de prière, continuez. Le Seigneur entend, il écoute nos lamentations ». Le Pape a ensuite rappelé l’exemple de Job et de Jérémie qui, a-t-il remarqué, « se lamentent aussi avec une malédiction: non contre le Seigneur, mais contre cette situation ». Du reste, a-t-il ajouté, se lamenter « est humain », également parce qu’il y a « tant de personnes dans cet état de souffrance existentielle ». Et en faisant référenceà la photographie d’un enfant victime de malnutrition publiée la veille sur la première page de l’édition italienne de L’Osservatore Romano, il a demandé : « Combien y en a-t-il ainsi ? Pensons à la Syrie, aux réfugiés, à tous ces gens ? ». Et « pensons aux hôpitaux : combien, avec des maladies en phase terminale, qui souffrent ainsi ? ». Enfin le Pape a mis en lumière comment dans le Livre de Tobie, on trouve un « petit mot qui ouvre la porte à l’espérance » et qui peut aider dans la prière. C’est l’expression « au même moment » : Quand Tobie priait, « au même moment » Sarra priait ; et « au même moment » la prière de tout deux fut accueillie devant la gloire de Dieu. « La prière — a dit le Pape — arrive toujours à la gloire de Dieu. Toujours, quand elle est prière dans le cœur ».

 


JEUDI 11 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 4, 1 – 13 « ne détourne jamais ton visage d’un pauvre »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Matthieu (Mt 6, 19 à 33)

Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs percent et cambriolent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel: là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent. Car où est ton trésor, là sera aussi ton coeur. "La lampe du corps, c'est l'œil. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera lumineux. Mais si ton œil est malade, ton corps tout entier sera ténébreux. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres! "Nul ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. "Voilà pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit! Ne valez-vous pas plus qu'eux? (…) Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.

 


VENDREDI 12 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 4, 1 – 13 « ne détourne jamais ton visage d’un pauvre »

Texte de méditation : SAINT JEAN-PAUL II (Homélie du 13 août 1985)

Chers parents chrétiens, mesurez-vous assez le grand don de Dieu qui fait de vous ses coopérateurs, non seulement pour transmettre la vie à vos enfants, mais pour les élever? C’est un talent qu’il vous confie, pour le faire fructifier. J’aimerais que vous relisiez dans la Bible, au chapitre quatre du Livre de Tobie, les recommandations admirables que le père, Tobit, si éprouvé par la vie, donnait à son fils qui partait au loin chercher de l’argent et une épouse (Cf. Tb 4, 3-20). Le Juif qui parlait ainsi, exilé dans un pays païen, n’avait cessé de joindre l’exemple à la parole: il risquait sa vie par fidélité à ses compatriotes décédés qu’il ensevelissait, il gagnait sa vie dans l’honnêteté scrupuleuse, faisait l’aumône et priait chaque jour. Il a vraiment réussi l’éducation de son fils. Et le Livre biblique montre comment Dieu l’a récompensé. Oui, chers parents, je comprends que votre responsabilité soit souvent difficile à exercer. Et pourtant, je vous en supplie, n’abdiquez jamais! Vos enfants, même vos grands enfants, ont plus que jamais besoin de vous. Les liens tissés avec vous sont d’un prix inestimable pour leur éducation, parce qu’ils sont marqués par votre autorité naturelle et par l’amour. Cette affection des parents prend appui sur la qualité de leur amour conjugal, comme le veut une authentique conception du mariage. Quand un foyer est désuni, même si les enfants sont toujours pris en charge, l’amour conjoint de leurs père et mère naturels leur manque. Des enfants naissent en dehors du mariage; les jeunes gens devraient être conscients des responsabilités graves qu’ils prennent! Quand, au contraire, un foyer donne l’exemple d’une vie conjugale unie, dans une atmosphère de foi et de prière, les enfants sont heureux et confiants, ouverts au dialogue. Il appartient à la société de vous aider à tenir votre rôle; l’Eglise vous soutient et prie pour vous.

 


SAMEDI 13 SEPTEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).«  sois vigilant, fais preuve de sagesse dans toutes tes actions et paroles » (Tb 4,14)