« J’avais été fidèle à mon Dieu de tout mon cœur » (Tb 1,12)

Tobie, Quentin Denoyelle - Lectio Divina

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Tobie, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

 


DIMANCHE 31 AOÛT

Lecture suivie : Tb 1, 1 – 14 « J’ai marché dans les voies de la vérité et du bien »

Référence complémentaire : Livre du Deutéronome (Dt 5, 32 à 6, 9) 

Gardez et mettez en pratique! Ainsi vous l'a ordonné le Seigneur votre Dieu. Ne vous écartez ni à droite ni à gauche. Vous suivrez tout le chemin que le Seigneur votre Dieu vous a tracé, alors vous vivrez, vous aurez bonheur et longue vie dans le pays dont vous allez prendre possession. Tels sont les commandements, les lois et les coutumes que le Seigneur votre Dieu a ordonné de vous enseigner, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession. Ainsi, si tu crains le Seigneur ton Dieu tous les jours de ta vie, si tu observes toutes ses lois et ses commandements que je t'ordonne aujourd'hui, tu auras longue vie, toi, ton fils et le fils de ton fils. Puisses-tu écouter, Israël, garder et pratiquer ce qui te rendra heureux et te multipliera, ainsi que te l'a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères, en te donnant une terre qui ruisselle de lait et de miel! Ecoute, Israël: Yahvé notre Dieu est le seul Yahvé. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Que ces paroles que je te dicte aujourd'hui restent dans ton coeur! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout; tu les attacheras à ta main comme un signe, sur ton front comme un bandeau; tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.

 


LUNDI 1ER SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 1, 1 – 14 « Moi Tobit j’ai marché dans les voies de la vérité et du bien » 

Texte de méditation : DIVO BARSOTTI (Tobie)

Dès le premier chapitre se dessinent les deux voies de la vie, ou plutôt l'unique voie de la vie dans la double charité : l'amour de Dieu, qui implique une absolue fidélité, l'éloignement de tout idolâtrie, même sous forme larvée. Tobith, bien qu'étant de la tribu du Nord, adore pas Iahwé sous l'image du veau moulé de Jéroboam. Tandis qu'Israël a fait passer la volonté de Jéroboam avant la loi divine, l'obéissance à Dieu reste pour Tobith le premier devoir, la première loi de l'homme. Pour obéir à Dieu et le servir, il passe sur toutes les lois qui peuvent être un obstacle sur son chemin : pas d'empêchement qui tiennent, ni les liens de la famille ni ceux de la patrie. Dieu doit être le premier servi. Voilà ce que nous enseigne Tobith. D'autres part, le culte de Dieu est inséparable pour lui du devoir de partager ce qu'il a avec tous : les prêtres, les lévites, les orphelins, les pauvres. Tout ce qu’il a, il le partage. Tobith est comme l’administrateur des biens de Dieu, pour tous ceux qui en ont besoin. Donc, l’adoration de Dieu n’arrache pas l’homme à ses frères, au contraire, elle l’attache à eux plus étroitement, le rend toujours plus conscient de sa responsabilité, de sa solidarité avec son peuple. Le livre ne parle pas seulement du peuple élu : il va plus loin, il dit que Tobith donne aux étrangers. La charité dans le Livre de Tobie est déjà universelle, quasi évangélique.

 


MARDI 2 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 1, 15 – 22   « je donnais mon pain à aux affamés »

Référence complémentaire : Livre de l’Ecclésiastique (Si 3, 30 à 4, 10)

L'eau éteint les flammes, l'aumône remet les péchés.

Qui répond par des bienfaits prépare l'avenir, au jour de sa chute il trouvera un soutien.

Mon fils, ne refuse pas au pauvre sa subsistance et ne fais pas languir le miséreux.

Ne fais pas souffrir celui qui a faim, n'exaspère pas l'indigent.

Ne t'acharne pas sur un cœur exaspéré, ne fais pas languir après ton aumône le nécessiteux.

Ne repousse pas le suppliant durement éprouvé, ne détourne pas du pauvre ton regard.

Ne détourne pas tes yeux du nécessiteux, ne donne à personne l'occasion de te maudire.

Si quelqu'un te maudit dans sa détresse, son Créateur exaucera son imprécation.

Fais-toi aimer de la communauté, devant un grand baisse la tête.

Prête l'oreille au pauvre et rends-lui son salut avec douceur.

Délivre l'opprimé des mains de l'oppresseur et ne sois pas lâche en rendant la justice.

Sois pour les orphelins un père et comme un mari pour leurs mères. Et tu seras comme un fils du Très-Haut qui t'aimera plus que ne fait ta mère.

 


MERCREDI 3 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 1, 15 – 22   « je donnais mon pain à aux affamés »

Texte de méditation : JEAN CHRYSOSTOME (Sur He) – IVe – Ve siècles

Loin de punir, le Seigneur nous a apporté un remède à nos maux, la pénitence qui suffit pour détruire et effacer tous nos péchés, pourvu que nous connaissions bien la nature de ce remède et la manière dont il faut l'appliquer. Il faut d'abord nous condamner nous-mêmes et confesser tous nos péchés. Il faut, en second lieu, nous humilier profondément; car il y a là comme une chaîne d'or dont le premier anneau amène tous les autres. Une bonne. confession amène l'humilité ; car, lorsqu'on réfléchit sérieusement à ses, fautes, on ne peut s’empêcher d'être humilié. Mais l'humilité ne suffit pas ; il faut ressentir ce qu'éprouvait le saint roi David, quand il disait: « Purifiez mon cœur, ô mon Dieu »; et lorsqu'il (495) disait encore : « Dieu ne dédaignera pas la prière d‘un cœur contrit et humilié » (Ps 50,12 Ps 50,19), car le pécheur contrit ne s'élève pas lui-même. Après s'être humilié, il faut prier avec ardeur. A la prière, il faut joindre l'aumône. C'est l'aumône qui fait produire au remède de la pénitence son plein et entier effet. Les remèdes ordonnés par les médecins se composent souvent de certaines plantes, parmi lesquelles il y en a une qui est plus salutaire que toutes les autres. Il en est ainsi du remède de la pénitence. Parmi les ingrédients qui le composent, il se trouve une plante plus efficace que toutes les autres et qui est tout. Cette plante s'appelle l'aumône. Voici les paroles de l'Ecriture sainte : « Faites l'aumône et vous serez purifiés». (Lc 11,41) « L'aumône et la foi sont, les deux grands moyens de purification ». (Tb 4,11) L'eau éteint le feu et la flamme; l'aumône étouffe le péché. (Qo 28,33).

 


JEUDI 4 SEPTEMBRE

Lecture suivie: Tb 2, 1 – 14 « Qu’en est-il de tes aumônes et de tes bonnes œuvres ? »

Référence complémentaire : Livre de Job (Jb 2, 1 – 10)

Un autre jour où les Fils de Dieu venaient se présenter devant le Seigneur, le Satan aussi s'avançait parmi eux. Le Seigneur dit alors au Satan: "D'où viens-tu"  --  "De rôder sur la terre, répondit-il, et d'y flâner." Et le Seigneur reprit: "As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n'a point son pareil sur la terre: un homme intègre et droit, qui craint Dieu et se garde du mal! Il persévère dans son intégrité et c'est en vain que tu m'as excité contre lui pour le perdre." Et le Satan de répliquer: "Peau après peau. Tout ce que l'homme possède, il l'abandonne pour sauver sa vie! Mais étends la main, touche à ses os et à sa chair; je te jure qu'il te maudira en face"  -- "Soit! dit le Seigneur au Satan, dispose de lui, mais respecte pourtant sa vie." Et le Satan sortit de l'audience du Seigneur. Il affligea Job d'un ulcère malin, depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête. Job prit un tesson pour se gratter et il s'installa parmi les cendres. Alors sa femme lui dit: "Pourquoi persévérer dans ton intégrité? Maudis donc Dieu et meurs!" Job lui répondit: "Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur!" En toute cette infortune, Job ne pécha point en paroles.

 


VENDREDI 5 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Tb 2, 1 – 14 « Qu’en est-il de tes aumônes et de tes bonnes œuvres ? »

Texte de méditation : PAUL CLAUDEL (Le poëte et la Bible – Livre de Tobie)

Le vieux Tobie, c'est un de ses ancêtres de Jésus-Christ selon la chair dont la généalogie inaugure l'Évangile de Saint Mathieu, un de ces pères qui nous rattachent au Père éternel. Un de ces vrais israélites comme celui que le Seigneur plus tard reconnaître un sous le figuier. Un pieux vieillard, comme saint Joseph, de toute son âme et de tout son esprit adhérant aux lèvres de Moïse. Ce que le rédacteur par-dessus tout prend soin de nous inculquer, le trait essentiel de la figure vénérable qu'il dessine, c'est la piété envers les morts. Il est en contact continuel avec eux. Il honore leurs dépouilles. Et s'il conserve les corps, comment ne conserverait-ils pas de même les paroles et les enseignements ? Il ménage un abri à tout cela dans la terre pure et dans le roc inaltérable. Sa mémoire est pleine de noms. Il met les ancêtres et cette chair qui au créateur rattache la créature à l'abri des oiseaux, il soustrait Israël mort à l'oubli et à la dispersion. Et la bêche du fossoyeur ne pourvoit pas moins à cette tâche que le calame du scribe. Qui ne songerait en lisant ces lignes à la Cène, au Calvaire, à Joseph d'Arimathie, et à cette lamentation qui se lève sur la mort du premier-né ? Tout cela confusément réunis comme par la distance. L'ensevelissement des morts est une besogne harassante. C'est un petit peu de nous-mêmes que nous mettons avec eux dans la terre, à tel point que l'Évangile (Mt 8,22) nous recommande de ne pas nous laisser envahir tout entier par le protocole cadavérique. La suite du récit nous montre Tobie qui, sans avoir eu la force de se purifier, se jette exténué au pied d'un mur. On songe à tous ces envoyés qui n'en peuvent plus, Jonas sous le ricin, Elie sous le genévrier, et Notre Seigneur lui-même à la troisième chute sous la longue poutre de cèdre. 

 


SAMEDI 6 SEPTEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).«  sois vigilant, fais preuve de sagesse dans toutes tes actions et paroles » (Tb 4,14)