« Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce » (Ps 42,6)

Lectio Divina - Psaumes

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Psaumes 42-57, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Réponds à notre prière, Dieu tout-puissant, et comme au jour de la Pentecôte, que le Christ, lumière de lumière, envoie sur nous l’Esprit de feu : qu’il éclaire nos cœurs, nous que tu as fait renaître et que tu confirmes dans ta grâce. Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen."

 


DIMANCHE 14 DÉCEMBRE

Lecture suivie: Ps 42 (41), 1 – 12  « Mon âme a soif du Dieu vivant »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 4, 5 – 15) 

Jésus à une ville de Samarie appelée Sychar, près de la terre que Jacob avait donnée à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la marche, se tenait donc assis près du puits. C'était environ la sixième heure. Une femme de Samarie vient pour puiser de l'eau. Jésus lui dit: "Donne-moi à boire." Ses disciples en effet s'en étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. La femme samaritaine lui dit: "Comment! toi qui es Juif, tu me demandes à boire à moi qui suis une femme samaritaine?" Les Juifs en effet n'ont pas de relations avec les Samaritains. Jésus lui répondit: "Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire, c'est toi qui l'aurais prié et il t'aurait donné de l'eau vive." Elle lui dit: "Seigneur, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond. D'où l'as-tu donc, l'eau vive? Serais-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits et y a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses bêtes?" Jésus lui répondit: "Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau; mais qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie éternelle." La femme lui dit: "Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif et ne vienne plus ici pour puiser."

 


LUNDI 15 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ps 42 (41), 1 – 12  « Mon âme a soif du Dieu vivant » 

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Sur les Psaumes)

Aimons ensemble, brulons ensemble de cette soif, courons ensemble à la source de l’intelligence. Désirons la source comme le cerf. Un passage de l’Ecriture dit : « car auprès de toi est la source de vie » car lui-même est fontaine et lumière. Et le psaume poursuit : « En ta lumière, nous verrons la lumière » (Ps 36,10). S’il est fontaine et lumière, il est donc aussi intelligence, car il rassasie l’âme avide de savoir ; et quiconque a l’intelligence est illuminé d’une clarté qui n’est pas corporelle ni charnelle, ni extérieur, mais intérieure. Cours aux fontaines ! Désire les fontaines d’eaux ! « Auprès de Dieu sont la source de vie » et les fontaines intarissables ; « en sa lumière » est la clarté qui ne peut s’enténébrer. Désirer cette lumière : c’est-à-dire une certaine fontaine, une certaine lumière que ne connaissent pas tes yeux. Pour voir cette lumière, l’œil intérieur se prépare ; pour puiser à cette fontaine, une soif intérieure s’enflamme. Cours à la fontaine, désire la fontaine ; mais ne cours pas n’importe comment, comme n’importe quel animal : cours comme le cerf. Qu’est-ce à dire « comme le cerf » ? N’attends pas pour prendre ta course : cours sans relâche ; infatigablement, désire la fontaine. Car nous avons dans le cerf le signe de la rapidité. Cherchant mon Dieu dans les choses visibles et corporelles et ne le trouvant pas, je sens que mon Dieu est quelque chose au-dessus de l’âme. Donc, pour arriver à le toucher, « j’ai médité ces choses et j’ai répandu sur moi mon âme » Quand donc mon âme pourra-t-elle toucher ce que je cherche au-dessus de mon âme ? Si elle reste en elle-même, elle ne verra rien d’autre que soi ; et, en se voyant, elle ne verra certainement pas Dieu. Avide de comprendre l’invisibilité de mon Dieu (Rm 1,18), j’ai essayé de le voir à travers ce qu’il a créé : « J’ai répandu sur moi mon âme », et je n’ai plus qu’à toucher mon Dieu, car la maison de mon Dieu, elle est là, au-dessus de mon âme. C’est là qu’il habite, de là qu’il me regarde, de là qu’il m’a créé, de là qu’il me gouverne, de là qu’il prend soin de moi, de là qu’il m’éveille, de là qu’il m’appelle, de là qu’il me dirige, qu’il me conduit, qu’il me conduit jusqu’au bout.

 


MARDI 16 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ps 43 (42), 1 - 5  « espère en Dieu, il est mon sauveur et mon Dieu »

Référence complémentaire : Livre du Prophète Isaïe (Is 2, 1 – 5)

Vision d'Isaïe, fils d'Amoç, au sujet de Juda et de Jérusalem. Il arrivera dans la suite des temps que la montagne de la maison du Seigneur sera établie en tête des montagnes et s'élèvera au-dessus des collines. Alors toutes les nations afflueront vers elle, alors viendront des peuples nombreux qui diront: "Venez, montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob, qu'il nous enseigne ses voies et que nous suivions ses sentiers." Car de Sion vient la Loi et de Jérusalem la parole du Seigneur. Il jugera entre les nations, il sera l'arbitre de peuples nombreux. Ils briseront leurs épées pour en faire des socs et leurs lances pour en faire des serpes. On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on n'apprendra plus à faire la guerre. Maison de Jacob, allons, marchons à la lumière du Seigneur.

 


MERCREDI 17 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ps 43 (42), 1 - 5  « espère en Dieu, il est mon sauveur et mon Dieu »

Texte de méditation : Bx GUERRIC D’IGNY (Sermons Avent) – XIe – XIIe siècles

« Voici le Roi qui vient : accourons au-devant de notre Sauveur » (liturgie de l'Avent). Salomon a fort bien dit : « Le messager d'une bonne nouvelle venant d'un pays lointain, c'est de l'eau fraîche pour l'âme assoiffée » (Pr 25,25). Oui, c'est un bon messager celui qui annonce l'avènement du Sauveur, la réconciliation du monde, les biens du monde à venir. « Qu'ils sont beaux, les pas de ceux qui annoncent la paix, qui annoncent la bonne nouvelle ! » (Is 52,7). De tels messagers sont une eau rafraîchissante et une boisson salutaire pour l'âme assoiffée de Dieu ; en vérité, celui qui annonce l'arrivée du Seigneur ou ses autres mystères nous donne à boire « les eaux puisées dans la joie aux sources du Sauveur » (Is 12,3). C'est pourquoi il me semble qu'à celui qui porte cette annonce l'âme répond avec les paroles d'Élisabeth, parce qu'elle était abreuvée du même Esprit : « Comment m'est-il accordé que mon Seigneur vienne à moi ? Car dès l'instant où le son de ton message a frappé mes oreilles, mon esprit a tressailli de joie en mon cœur, impatient d'aller à la rencontre de Dieu son Sauveur ». En vérité, mes frères, c'est dans l'exultation de l'esprit qu'il faut aller à la rencontre du Christ qui vient « Mon sauveur et mon Dieu ! (Ps 42,5) Avec quelle condescendance tu salues tes serviteurs, et encore plus, tu les sauves ! Tu nous as donné le salut non seulement par des paroles de paix, mais par le baiser de paix : c'est-à-dire en t'unissant à notre chair ; tu nous sauves par ta mort sur la croix. » Que notre esprit exulte donc dans un transport de joie, qu'il coure au-devant de son Sauveur qui vient de si loin, en l'acclamant par ces paroles : « Seigneur, sauve-moi ; Seigneur, donne la victoire ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Ps 117,25-26).    

 


JEUDI 18 DÉCEMBRE

Lecture suivie: Ps 44 (43), 1 – 27 « Debout, rachète-nous au nom de ton amour »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 8, 31 – 39)

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur? Qui se fera l'accusateur de ceux que Dieu a élus? C'est Dieu qui justifie. Qui donc condamnera? Le Christ Jésus, celui qui est mort, que dis-je? Ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous? Qui nous séparera de l'amour du Christ? La tribulation, l'angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive? Selon le mot de l'Ecriture: A cause de toi, l'on nous met à mort tout le long du jour; nous avons passé pour des brebis d'abattoir. Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur.

 


VENDREDI 19 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ps 44 (43), 1 – 27 « Debout, rachète-nous au nom de ton amour? »

Texte de méditation : BENOIT XVI (Discours 28 mai 2006)

Ce cri d'angoisse que, dans la souffrance, Israël élève à Dieu dans des périodes d'extrême difficulté, est en même temps le cri d'appel à l'aide de tous ceux qui, au cours de l'histoire - hier, aujourd'hui et demain - souffrent pour l'amour de Dieu, pour l'amour de la vérité et du bien; et ils sont nombreux, aujourd'hui encore. Nous ne sommes pas en mesure de scruter  le secret de Dieu - nous ne voyons que des fragments, et ce serait une erreur que de vouloir juger Dieu et l'histoire. Nous ne défendrions pas l'homme dans ce cas, mais nous ne contribuerions qu'à sa destruction. Non - en définitive, nous devons continuer à élever vers Dieu ce cri humble mais persistant: Réveille-toi! N'oublie pas ta créature, l'homme! Et notre cri vers Dieu doit être en même temps un cri qui pénètre notre cœur lui-même, afin que s'éveille en nous la présence cachée de Dieu - afin que la force qu'il a déposée dans nos cœurs ne soit pas recouverte et étouffée en nous par la boue de l'égoïsme, de la peur des hommes, de l'indifférence et de l'opportunisme. Elevons ce cri vers Dieu, adressons-le à notre cœur lui-même, précisément en cette heure sur laquelle pèsent de nouveaux dangers, dans laquelle semblent naître à nouveau du cœur des hommes toutes les forces obscures: d’une part, l'abus du nom de Dieu pour justifier la violence aveugle contre des personnes innocentes; de l'autre, le cynisme qui ne connaît pas Dieu et qui bafoue la foi en Lui. Nous élevons un cri vers Dieu, afin qu'il pousse les hommes à se repentir, en sorte qu'ils reconnaissent que la violence n'engendre pas la paix, mais ne fait que susciter une autre violence - une spirale de destructions, dans laquelle tous, en fin de compte, ne peuvent être que  perdants. Le Dieu auquel nous croyons est un Dieu de la raison - d'une raison, cependant, qui n'est certainement pas une mathématique neutre de l'univers, mais qui ne fait qu'un avec l'amour, avec le bien. Nous prions Dieu et nous élevons un cri vers les hommes afin que cette raison, la raison de l'amour et de la reconnaissance de la force de la réconciliation et de la paix, prévale sur les menaces qui nous entourent de l'irrationalité ou d'une fausse raison, détachée de Dieu.

 


SAMEDI 20 DÉCEMBRE

 

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).