« de Jérusalem vient la Parole du Seigneur » (Mi 4,2)

 

Lectio Divina - Prophète Michée

 

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Michée, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»


 

DIMANCHE 3 MARS

Lecture suivie : Mi 4, 1 – 5 : « montons à la Montagne du Seigneur » 

Référence complémentaire : Livre du Prophète Isaïe (Is 59,21 à 60,6) 

Voici mon alliance avec eux, dit le Seigneur : mon esprit qui est sur toi et mes paroles que j'ai mises dans ta bouche ne s'éloigneront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta descendance, ni de la bouche de la descendance de ta descendance, dit le Seigneur, dès maintenant et à jamais. Debout ! Resplendis ! car voici ta lumière, et sur toi se lève la gloire du Seigneur. Tandis que les ténèbres s'étendent sur la terre et l'obscurité sur les peuples, sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire sur toi paraît. Les nations marcheront à ta lumière et les rois à ta clarté naissante. Lève les yeux aux alentours et regarde: tous sont rassemblés, ils viennent à toi. Tes fils viennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche. Alors, tu verras et seras radieuse, ton cœur tressaillira et se dilatera, car les richesses de la mer afflueront vers toi, et les trésors des nations viendront chez toi. Des multitudes de chameaux te couvriront, des jeunes bêtes de Madiân et d'Epha ; tous viendront de Saba, apportant l'or et l'encens et proclamant les louanges du Seigneur.

 


LUNDI 4 MARS

Lecture suivie : Mi 4, 1 – 5 : « montons à la Montagne du Seigneur » 

Texte de méditation : JEAN-PAUL II (Audience du 4.09.2002)

Cette "vision" aux résonances messianiques, sera reprise au chapitre 60 du Livre d’Isaïe, dans un cadre plus large, signe d'une méditation approfondie des paroles essentielles et incisives du prophète. Au centre de la "vision" se dresse la montagne de Sion, qui dépassera, en idée, toutes les autres montagnes, puisqu'elle est habitée par Dieu et qu'elle est donc le lieu du contact avec le ciel. De celle-ci, selon l'oracle d'Isaïe 60 1-6, se diffusera une lumière qui déchirera et dissipera les ténèbres, et vers celle-ci se mettront en marche des processions de peuples venus de tous les endroits de la terre. Ce pouvoir d'attraction de Sion est fondé sur deux réalités qui émanent de la sainte montagne de Jérusalem : la Loi et la Parole du Seigneur. Celles-ci constituent, en vérité, une unique réalité, qui est source de vie, de lumière et de paix, expression du mystère du Seigneur et de sa volonté. Quand les nations arrivent au sommet du mont Sion, où s'élève le temple de Dieu, voilà que s'accomplit ce miracle que l'humanité attend depuis toujours et auquel elle aspire. Les peuples laissent tomber les armes de leurs mains, qui sont ensuite fondues pour être forgées en de pacifiques instruments de travail : les épées sont transformées en socs, les lances en serpes. Ainsi se lève un horizon de paix, de shalôm (cf. Is 60, 17), comme l'on dit en hébreux, un terme qui est en particulier cher à la théologie messianique. Le rideau tombe finalement et pour toujours sur la guerre et la haine.

 


MARDI 5 MARS

Lecture suivie : Mi 4, 6 – 13   « le Seigneur règnera sur eux, à la montagne de Sion »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 52, 1 – 10)

Eveille-toi, éveille-toi, revêts ta force, Sion! revêts tes habits les plus magnifiques, Jérusalem, ville sainte, car ils ne viendront plus jamais chez toi, l'incirconcis et l'impur. Secoue ta poussière, lève-toi, Jérusalem captive! les chaînes sont tombées de ton cou, fille de Sion captive! Car ainsi parle le Seigneur : Vous avez été vendus pour rien, vous serez rachetés sans argent. Car ainsi parle le Seigneur Dieu: C'est en Egypte qu'autrefois mon peuple est descendu pour y séjourner, c'est Assur qui à la fin l'a opprimé. Mais maintenant, qu'ai-je à faire ici? --  oracle du Seigneur --  car mon peuple a été enlevé pour rien, ses maîtres poussent des cris de triomphe -- oracle du Seigneur --  sans cesse, tout le jour, mon nom est bafoué. C'est pourquoi mon peuple connaîtra mon nom, c'est pourquoi il saura, en ce jour-là, que c'est moi qui dis: "Me voici." Qu'ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut, qui dit à Sion: "Ton Dieu règne." C'est la voix de tes guetteurs: ils élèvent la voix, ensemble ils poussent des cris de joie, car ils ont vu de leurs propres yeux le Seigneur qui revient à Sion. Ensemble poussez des cris, des cris de joie, ruines de Jérusalem! car le Seigneur a consolé son peuple, il a racheté Jérusalem. Le Seigneur a découvert son bras de sainteté aux yeux de toutes les nations, et tous les confins de la terre ont vu le salut de notre Dieu.

 


MERCREDI 6 MARS

Lecture suivie : Mi 4, 6 – 13   « le Seigneur règnera sur eux, à la montagne de Sion »

Texte de méditation : RUPERT DE DEUTZ (De la Trinité)

« Lève-toi, debout, Jérusalem » (Is 51, 17). C’est certainement à l’immense foule des saints qu’est adressée cette parole de consolation – à cette multitude qui est l’unique cité du Roi unique, l’unique et véritable Jérusalem. Celle-ci gisait abattue sous le poids de ses fautes depuis le premier péché, et le mur du refus l’empêchait de voir Dieu, sa lumière – jusqu’à ce que vienne le Christ, soleil de justice, lumière née de la lumière, Dieu né de Dieu, le Fils du Père. C’est à cette Jérusalem qu’Isaïe recommande : « Debout, resplendis ! » Excellente invitation de l’esprit prophétique, certaine et indubitable annonce du bien à venir. « Lève-toi et resplendis, Jérusalem », lui dit-il, signifiant par là : tu vas maintenant réellement te lever et être illuminé. Comment cela ? Le prophète ajoute : « car voici ta lumière et sur toi se lève la gloire du Seigneur ». Vers toi qui fus trompée par la ruse du serpent qui avait dit aux premiers parents : « Mangez, et vos yeux s’ouvriront » (Gn 3,5), voici que vient ta lumière, voici qu’elle descend dans le sein de la Vierge, la voici déposée dans le vase d’argile de la chair pour être la lampe dont tu as besoin et qui t’illuminera. Oui, « voici ta lumière », et par la naissance du Fils, « sur toi se lève la gloire du Seigneur », qui dissipera les ténèbres où t’avait plongée la première faute.

 


JEUDI 7 MARS

Lecture suivie : Mi 4, 14 à 5, 3   « il se dressera, il fera paître son troupeau »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Matthieu (Mt 2, 1 – 12)

Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem en disant: "Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage." L'ayant appris, le roi Hérode s'émut, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s'enquérait auprès d'eux du lieu où devait naître le Christ. "A Bethléem de Judée, lui dirent-ils; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète: Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël." Alors Hérode manda secrètement les mages, se fit préciser par eux le temps de l'apparition de l'astre, et les envoya à Bethléem en disant: "Allez vous renseigner exactement sur l'enfant; et quand vous l'aurez trouvé, avisez-moi, afin que j'aille, moi aussi, lui rendre hommage." Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route; et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à son lever, les précédait jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter au-dessus de l'endroit où était l'enfant. A la vue de l'astre ils se réjouirent d'une très grande joie. Entrant alors dans le logis, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Après quoi, avertis en songe de ne point retourner chez Hérode, ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays.

 


VENDREDI 8 MARS

Lecture suivie : Mi 4, 14 à 5, 3   « il se dressera, il fera paître son troupeau »

Texte de méditation : J. RATZINGER (Benoît XVI) (L’enfance de Jésus)

Alors que la majeure partie de la tradition du texte < de Mi 5,1> dit : « <tu es> le plus petit parmi les clans de Juda », Matthieu écrit : « Tu n’es nullement le moindre des clans de Juda ». Les deux versions du texte font comprendre – l’une de façon différente de l’autre – le paradoxe de l’action de Dieu, qui envahit tout l’Ancien Testament : ce qui est grand naît de ce qui semble petit et insignifiant selon les critères du monde, alors que ce qui est grand, aux yeux du monde, se brise et disparaît. Il en a été ainsi par exemple dans l’histoire de l’appel de David. Le plus jeune des fils de Jessé, qui en ce moment paît les brebis, doit être appelé et oint roi : ce n’est pas l’aspect et la haute stature qui comptent, mais le cœur (cf. 1S 16,7). Une parole de Marie dans le Magnificat résume ce paradoxe persistant de l’action de Dieu : « Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles » (Lc 1,52). La version vétérotestamentaire du texte, dans laquelle Bethléem est qualifiée de petit parmi les clans de Juda, met clairement en lumière cette manière de l’agir divin. En revanche, quand Matthieu écrit : « Tu n’es nullement le moindre des clans de Juda », il n’a éliminé qu’apparemment ce paradoxe. La petite ville, considérée en soi insignifiante, se rend maintenant reconnaissable dans sa vraie grandeur. Le vrai pasteur d’Israël sortira d’elle : dans cette version du texte apparaissent ensemble l’évaluation humaine et la réponse de Dieu. Avec la naissance de Jésus dans la grotte en dehors de la ville, le paradoxe se confirme ultérieurement.

 


SAMEDI 9 MARS

 

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).