« Jésus les toucha et leur dit :

Relevez-vous et soyez sans crainte » (Mt 17,7)

Lectio Divina - Saint Matthieu

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Matthieu 14-17, semaine 6

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu qui as confié à saint Matthieu la mission de proclamer la Bonne Nouvelle, 
accorde-nous de si bien profiter de son enseignement 
que nous marchions sur les traces du Christ. 
Lui qui règne avec toi et le Saint Esprit, 
maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »
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DIMANCHE 2 MARS

Lecture suivie: Mt 17, 1 – 13 « celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur »

Référence complémentaire : 2e Epître de saint Pierre (2 P 1, 16 – 21) 

Ce n'est pas en suivant des fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la puissance et l'Avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais après avoir été témoins oculaires de sa majesté. Il reçut en effet de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque la Gloire pleine de majesté lui transmit une telle parole : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur." Cette voix, nous, nous l'avons entendue ; elle venait du Ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte. Ainsi nous tenons plus ferme la parole prophétique: vous faites bien de la regarder, comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à poindre et que l'astre du matin se lève dans vos cœurs. Avant tout, sachez-le: aucune prophétie d'Ecriture n'est objet d'explication personnelle ; ce n'est pas d'une volonté humaine qu'est jamais venue une prophétie, c'est poussés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu.

 


LUNDI 3 MARS

Lecture suivie : Mt 17, 1 – 13 « celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur » 

Texte de méditation : ST JEAN DE LA CROIX (Montée du Carmel) – XVIe siècle

Dieu pourrait nous dire : « Puisque j’ai dit toutes choses dans ma Parole, mon Fils, il ne me reste plus rien à te répondre ni à te révéler. ‘Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour, écoutez-le’ (Mt 17,5). Ecoutez-le, car je n'ai plus rien à révéler, plus rien à manifester. « Si donc tu désires entendre de ma bouche une parole de consolation, regarde mon Fils qui m'est soumis et qui, par amour, s'est livré à l'humiliation et à l'affliction, et tu verras tout ce qu’il te répondra. Si tu souhaites que je te découvre des choses cachées ou quelque événement, jette seulement les yeux sur lui et tu trouveras renfermés en lui de très profonds mystères, une sagesse et des merveilles de Dieu, suivant cette parole de mon apôtre : ‘En lui, qui est le Fils de Dieu, sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu’ (Col 2,3). Ces trésors de sagesse seront pour toi plus sublimes, plus savoureux et plus utiles que tout ce que tu pourrais apprendre par ailleurs. Aussi le même apôtre se glorifiait-il ‘de ne pas savoir autre chose que Jésus Christ et Jésus Christ crucifié’ (1Co 2,2). Si tu veux des visions ou des révélations, soit divines, soit corporelles, regarde-le, ce Dieu fait homme, et tu trouveras là ce qui surpassera toutes tes pensées, car l'apôtre Paul dit encore : ‘Dans le Christ habite corporellement toute la plénitude de la divinité’ (Col 2,9). » Il n'y a donc plus lieu d'interroger Dieu comme autrefois, et il n'est plus nécessaire qu'il parle, puisque toute la foi au Christ a été promulguée. Il n'y a plus de foi à révéler et il n'y en aura jamais.

 


MARDI 4 MARS

Lecture suivie : Mt 17, 14 – 21  « avec la foi, rien ne vous sera impossible »

Référence complémentaire : Epître aux Hébreux (He 11, 27 – 40)

Par la foi, Moïse quitta l'Egypte sans craindre la fureur du roi: comme s'il voyait l'Invisible, il tint ferme. Par la foi, il célébra la Pâque et fit l'aspersion du sang, afin que l'Exterminateur ne touchât point les premiers-nés d'Israël. Par la foi, ils traversèrent la mer Rouge comme une terre sèche, tandis que les Egyptiens, ayant essayé le passage, furent engloutis. Par la foi, les murs de Jéricho tombèrent, quand on en eut fait le tour pendant sept jours. Par la foi, Rahab la prostituée ne périt pas avec les incrédules, parce qu'elle avait accueilli pacifiquement les éclaireurs. Et que dirai-je encore? Car le temps me manquerait si je racontais ce qui concerne Gédéon, Baraq, Samson, Jephté, David, ainsi que Samuel et les Prophètes, eux qui, grâce à la foi, soumirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent l'accomplissement des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la violence du feu, échappèrent au tranchant du glaive, furent rendus vigoureux, de malades qu'ils étaient, montrèrent de la vaillance à la guerre, refoulèrent les invasions étrangères. Des femmes ont recouvré leurs morts par la résurrection. Les uns se sont laissé torturer, refusant leur délivrance afin d'obtenir une meilleure résurrection. D'autres subirent l'épreuve des dérisions et des fouets, et même celle des chaînes et de la prison. Ils ont été lapidés, sciés, ils ont péri par le glaive, ils sont allés çà et là, sous des peaux de moutons et des toisons de chèvres, dénués, opprimés, maltraités, eux dont le monde était indigne, errant dans les déserts, les montagnes, les cavernes, les antres de la terre. Et tous ceux-là, bien qu'ils aient reçu un bon témoignage à cause de leur foi, ne bénéficièrent pas de la promesse: c'est que Dieu prévoyait pour nous un sort meilleur, et ils ne devaient pas parvenir sans nous à la perfection.

 


MERCREDI 5 MARS – CENDRES

Lecture suivie : Mt 17, 14 – 21  « avec la foi, rien ne vous sera impossible »

Texte de méditation : CHARLES DE FOUCAULD (Méditations sur l’Evangile)

« Si vous aviez de la foi gros comme un grain de sénevé..., rien ne vous serait impossible » (Mt 17,20). Nous pouvons tout par la prière : si nous ne recevons pas, c'est que nous avons manqué de foi, ou que nous avons trop peu prié, ou qu'il serait mauvais pour nous que notre demande nous soit accordée, ou que Dieu nous donne quelque chose de meilleur que ce que nous demandons. Mais jamais nous ne recevons pas ce que nous demandons parce que la chose est trop difficile à obtenir : « Rien ne nous est impossible ». N'hésitons pas à demander à Dieu les choses même les plus difficiles, telles que la conversion de grands pécheurs, de peuples entiers. Demandons-les lui, même d'autant plus qu'elles sont plus difficiles, avec la foi que Dieu nous aime passionnément et que plus un don est grand plus celui qui aime passionnément aime à le faire ; mais demandons avec foi, avec insistance, constance, avec amour, avec bonne volonté. Et soyons sûrs que si nous demandons ainsi et avec assez de constance, nous serons exaucés, en recevant la grâce demandée ou une meilleure. Demandons donc hardiment à notre Seigneur les choses les plus impossibles à obtenir, quand elles sont pour sa gloire, et soyons sûrs que son Cœur nous les accordera d'autant plus qu'elles semblent humainement plus impossibles : car donner l'impossible à ce qu'il aime est doux à son Cœur, et combien ne nous aime-t-il pas ?

 


JEUDI 6 MARS

Lecture suivie : Mt 17, 22 – 27 « le Fils de l’homme sera livré aux mains des hommes »

Référence complémentaire : 1ère Epître de st Paul aux Corinthiens (1Co 15, 1 – 11)

Je vous rappelle, frères, l'Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes, par lequel aussi vous vous sauvez, si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé; sinon, vous auriez cru en vain. Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de 500 frères à la fois - la plupart d'entre eux demeurent jusqu'à présent et quelques-uns se sont endormis -- ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton. Car je suis le moindre des apôtres; je ne mérite pas d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu. C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n'a pas été stérile. Loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous: oh! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. Bref, eux ou moi, voilà ce que nous prêchons. Et voilà ce que vous avez cru.

 


VENDREDI 7 MARS

Lecture suivie : Mt 17, 22 – 27 « le Fils de l’homme sera livré aux mains des hommes »

Texte de méditation : BENOIT XVI (Homélie du 3 nov. 2011)

A la lumière de la parole d’Os 6, le Seigneur Jésus est allé à la rencontre de la passion, a emprunté avec résolution le chemin de la croix ; Il parlait ouvertement à ses disciples de ce qui devait lui arriver à Jérusalem, et l’oracle du prophète Osée retentissait dans ses propres paroles : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes et ils le tueront, et quand il aura été tué, après trois jours il ressuscitera ». L’évangéliste souligne que les disciples « ne comprenaient pas cette parole. Nous aussi, face à la mort, ne pouvons manquer d’éprouver les sentiments et les pensées dictées par notre condition humaine. Et nous sommes toujours surpris et dépassés par un Dieu qui se fait proche de nous au point de ne pas s’arrêter devant l’abîme de la mort, qu’il traverse même, restant deux jours au sépulcre. Mais c’est précisément ici que se réalise le mystère du « troisième jour ». Le Christ assume jusqu’au bout notre chair mortelle afin qu’elle soit investie de la puissance glorieuse de Dieu, du vent de l’Esprit vivifiant, qui la transforme et la régénère. C’est le baptême de la passion (cf. Lc 12, 50), que Jésus a reçu pour nous et dont saint Paul parle dans la Lettre aux Romains. L’expression que l’apôtre utilise — « c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés » (Rm 6, 3) — ne cesse de nous étonner, tant elle résume avec concision le mystère vertigineux. La mort du Christ est source de vie, car en elle, Dieu a déversé tout son amour, comme dans une immense cascade, qui fait penser à l’image contenue dans le Psaume 41 : « L'abîme appelant l'abîme/au bruit de tes écluses, la masse de tes flots et de tes vagues/a passé sur moi » (v. 8). L’abîme de la mort est rempli par un autre abîme, encore plus grand, qui est celui de l’amour de Dieu, de sorte que la mort n’a plus aucun pouvoir sur Jésus Christ (cf. Rm 8, 9), ni sur ceux qui, grâce à la foi et au Baptême, sont associés à Lui: «Mais si nous sommes morts avec le Christ — dit saint Paul —, nous croyons que nous vivons aussi avec lui» (Rm 6, 8). Ce « vivre avec Jésus » est l’accomplissement de l’espérance prophétisée par Osée : « ... et nous vivrons en sa présence » (6, 2).

 


 

SAMEDI 8 MARS

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).