« Ce n’est pas la chair et le sang qui te l’ont révélé,

mais mon Père » (Mt 16,17)

Lectio Divina - Saint Matthieu

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Matthieu 14-17, semaine 5

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu qui as confié à saint Matthieu la mission de proclamer la Bonne Nouvelle, 
accorde-nous de si bien profiter de son enseignement 
que nous marchions sur les traces du Christ. 
Lui qui règne avec toi et le Saint Esprit, 
maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 

 


DIMANCHE 23 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 15, 32 à 16, 4 « j’ai pitié de la foule, ils pourraient défaillir en route »

Référence complémentaire : Premier Livre des Rois (1 R 19, 2 – 8) 

Jézabel envoya un messager à Elie avec ces paroles: "Que les dieux me fassent tel mal et y ajoutent tel autre, si demain à cette heure je ne fais pas de ta vie comme de la vie de l'un d'entre eux!" Il eut peur; il se leva et partit pour sauver sa vie. Il arriva à Bersabée qui est à Juda, et il laissa là son serviteur. Pour lui, il marcha dans le désert un jour de chemin et il alla s'asseoir sous un genêt. Il souhaita de mourir et dit: "C'en est assez maintenant, Seigneur ! Prends ma vie, car je suis pas meilleur que mes pères." Il se coucha et s'endormit. Mais voici qu'un ange le toucha et lui dit: "Lève-toi et mange." Il regarda et voici qu'il y avait à son chevet une galette cuite sur les pierres chauffées et une gourde d'eau. Il mangea et but, puis il se recoucha. Mais l'ange du Seigneur revint une seconde fois, le toucha et dit: "Lève-toi et mange, autrement le chemin sera trop long pour toi." Il se leva, mangea et but, puis soutenu par cette nourriture il marcha 40 jours et 40 nuits jusqu'à la montagne de Dieu, l'Horeb.

 


LUNDI 24 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 15, 32 à 16, 4 « j’ai pitié de la foule, ils pourraient défaillir en route » 

Texte de méditation : SAINT AMBROISE (Comm. sur Lc) – IVe siècle

Seigneur Jésus, je sais bien que tu ne veux pas laisser à jeun ces gens ici avec moi, mais les nourrir des aliments que tu distribues ; ainsi, fortifiés par ta nourriture, ils n'auront pas à redouter de défaillir de faim. Je sais bien que nous aussi tu ne veux pas nous renvoyer à jeun. Tu l'as dit : tu ne veux pas qu'ils défaillent en chemin, c'est-à-dire qu'ils défaillent dans le parcours de cette vie, avant de parvenir au terme de la route, avant de parvenir au Père et de comprendre que tu viens du Père. Le Seigneur a donc pitié, pour que nul ne défaille en chemin. Comme il fait pleuvoir sur les justes autant que sur les injustes (Mt 5,45), il nourrit aussi bien les justes que les injustes. N'est-ce pas grâce à la force de la nourriture que le saint prophète Élie, défaillant en chemin, a pu marcher quarante jours ? (1R 19,8) Cette nourriture, c'est un ange qui la lui a donnée ; mais vous, c'est le Christ lui-même qui vous nourrit. Si vous conservez la nourriture ainsi reçue, vous marcherez non pas quarante jours et quarante nuits, mais pendant quarante ans, depuis votre sortie des confins de l'Égypte jusqu'à votre arrivée dans la terre d'abondance, dans la terre où coulent le lait et le miel (Ex 3,8). Le Christ partage donc les vivres, et il veut, sans aucun doute, donner à tous. Il ne refuse à personne, car il fournit tous. Cependant, quant il rompt les pains et qu'il les donne aux disciples, si vous ne tendez pas les mains pour recevoir votre nourriture, vous défaillirez en chemin. Ce pain que rompt Jésus, c'est le mystère de la parole de Dieu : lorsqu'elle est distribuée, elle augmente. A partir de quelques paroles seulement, Jésus a fourni à tous les peuples un aliment surabondant. Il nous a donné ses discours comme des pains, et tandis que nous les goûtons, ils se multiplient encore dans notre bouche. Alors que les foules mangent, les morceaux augmentent encore, en se multipliant, si bien que les restes, à la fin, sont encore plus abondants que les quelques pains partagés.  

 


MARDI 25 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 16, 5 – 20  « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 10, 4 – 15)

La fin de la Loi, c'est le Christ pour la justification de tout croyant. Moïse écrit en effet de la justice née de la Loi qu'en l'accomplissant l'homme vivra par elle, tandis que la justice née de la foi, elle, parle ainsi: Ne dis pas dans ton cœur: Qui montrera au ciel? Entends: pour en faire descendre le Christ; ou bien: Qui descendra dans l'abîme? Entends: pour faire remonter le Christ de chez les morts. Que dit-elle donc? La parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur, entends: la parole de la foi que nous prêchons. En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car la foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut. L'Ecriture ne dit-elle pas: Quiconque croit en lui ne sera pas confondu? Aussi bien n'y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec: tous ont le même Seigneur, riche envers tous ceux qui l'invoquent. En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Mais comment l'invoquer sans d'abord croire en lui? Et comment croire sans d'abord l'entendre? Et comment entendre sans prédicateur? Et comment prêcher sans être d'abord envoyé? Selon le mot de l'Ecriture: Qu'ils sont beaux les pieds des messagers de bonnes nouvelles!

 


MERCREDI 26 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 16, 5 – 20  « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant »

Texte de méditation : Pape FRANÇOIS (Audience du 2 octobre 2013)

Comment une Église faite d’êtres humains, de pécheurs, peut-elle être sainte ? Pour répondre à cette question, je voudrais me laisser guider par un passage de la Lettre de saint Paul aux chrétiens d’Éphèse. L’apôtre, en prenant comme exemple les relations familiales, affirme que « le Christ a aimé l’Église : il s’est livré pour elle, afin de la sanctifier » (5, 25-26). Le Christ a aimé l’Église, en se donnant tout entier sur la croix. Et cela signifie que l’Église est sainte parce qu’elle procède de Dieu qui est saint, lui est fidèle et il ne l’abandonne pas au pouvoir de la mort et du mal (cf. Mt 16, 18). Elle est sainte parce que Jésus Christ, le Saint de Dieu (cf. Mc 1, 24), est uni de façon indissoluble à elle (cf. Mt 28, 20) ; elle est sainte parce qu’elle est guidée par l’Esprit Saint qui purifie, transforme, renouvelle. Elle n’est pas sainte en vertu de nos mérites, mais parce que Dieu la rend sainte, elle est le fruit de l’Esprit Saint et de ses dons. Ce n’est pas nous qui la rendons sainte. C’est Dieu, l’Esprit Saint, qui dans son amour rend l’Église sainte. Vous pourriez me dire : mais l’Église est formée de pécheurs, nous le voyons chaque jour. Et cela est vrai, nous sommes une Église de pécheurs ; et nous pécheurs sommes appelés à nous laisser transformer, renouveler, sanctifier par Dieu. L’Église, qui est sainte, ne refuse pas les pécheurs ; nous tous, elle ne nous refuse pas. Le Seigneur veut que nous fassions partie d’une Église qui sait ouvrir ses bras pour accueillir tous, qui n’est pas la maison de quelques-uns, mais la maison de tous, où tous puissent être renouvelés, transformés, sanctifiés par son amour, les plus forts et les plus faibles, les pécheurs, les indifférents, ceux qui se sentent découragés et perdus. Il y a une phrase célèbre de l’écrivain français Léon Bloy ; dans les derniers moments de sa vie, il disait : « Il n’y a qu’une seule tristesse dans la vie, celle de ne pas être saints ».

 


JEUDI 27 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 16, 21 – 28 « celui qui veut venir à ma suite qu’il prenne sa croix »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Philippiens (Ph 3, 7 – 14)

Tous les avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, et d'être trouvé en lui, n'ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi ; le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts. Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus. Non, frères, je ne me flatte point d'avoir déjà saisi; je dis seulement ceci: oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l'avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus.

 


VENDREDI 28 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 16, 21 – 28 « celui qui veut venir à ma suite qu’il prenne sa croix »

Texte de méditation : SAINT CESAIRE d’ARLES (Sermon 159) – VIe siècle

Quand le Seigneur nous dit dans l'évangile : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même », nous trouvons qu'il nous commande une chose difficile et nous considérons qu'il nous impose un lourd fardeau. Mais si celui qui commande nous aide à accomplir ce qu'il commande, cela n'est pas difficile. Où devons-nous suivre le Christ, sinon là où il est allé ? Or, nous savons qu'il est ressuscité et monté aux cieux : c'est là que nous avons à le suivre. Il ne faut certainement pas nous laisser envahir par le désespoir, car, si nous ne pouvons rien par nous-mêmes, nous avons la promesse du Christ. Le ciel était loin de nous avant que notre Tête y soit montée. Désormais, si nous sommes les membres du corps de cette Tête (Col 1,18), pourquoi désespérer de parvenir au ciel ? S'il est vrai que sur cette terre tant d'inquiétudes et de souffrances nous accablent, suivons le Christ en qui se trouvent le bonheur parfait, la paix suprême et la tranquillité éternelle.

  Mais l'homme désireux de suivre le Christ écoutera cette parole de l'apôtre Jean : « Celui qui déclare demeurer dans le Christ doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché » (1Jn 2,6). Tu veux suivre le Christ ? Sois humble, comme il l'a été. Tu veux le rejoindre dans les hauteurs ? Ne méprise pas son abaissement. En péchant, l'homme avait couvert sa route d'obstacles, mais celle-ci fut aplanie lorsque le Christ l'eut foulée à sa résurrection et qu'il eut fait d'un étroit sentier, une avenue digne d'un roi. L'humilité et la charité sont les deux pieds qui permettent de la parcourir rapidement. Tous sont attirés par les hauteurs de la charité, mais l'humilité est le premier degré qu'il faut monter. Pourquoi lèves-tu le pied plus haut que toi? Tu veux donc tomber et non monter? Commence par la première marche, c'est-à-dire l'humilité, et déjà elle te fait monter. Voilà pourquoi notre Seigneur et Sauveur ne s'est pas borné à dire: Qu'il renonce à lui-même, mais il a ajouté: Qu'il prenne sa croix et qu'il me suive.

 


SAMEDI 1er MARS

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).