« Homme de peu de foi,

pourquoi as-tu douté ? » (Mt 14,31)

Lectio Divina - Saint Matthieu

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Matthieu 14-17, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu qui as confié à saint Matthieu la mission de proclamer la Bonne Nouvelle, 
accorde-nous de si bien profiter de son enseignement 
que nous marchions sur les traces du Christ. 
Lui qui règne avec toi et le Saint Esprit, 
maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 16 FÉVRIER

Lecture suivie: Mt 14, 22 – 36 « Ayez confiance, c’est moi, soyez sans crainte »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 7, 1 – 9) 

Au temps d'Achaz, fils de Yotam, fils d'Ozias, roi de Juda, Raçôn, roi d'Aram, monta avec Péqah, fils de Remalyahu, roi d'Israël, vers Jérusalem pour porter l'attaque contre elle, mais il ne put l'attaquer. On annonça à la maison de David: "Aram a fait halte sur le territoire d'Ephraïm." Alors son cœur et le cœur de son peuple se mirent à chanceler comme chancellent les arbres de la forêt sous le vent. Et le Seigneur dit à Isaïe: Sors au-devant d'Achaz, toi et Shéar-Yashub ton fils, vers l'extrémité du canal de la piscine supérieure, vers le chemin du champ du Foulon. Tu lui diras: Prends garde et calme-toi. Ne crains pas et que ton cœur ne défaille pas devant ces deux bouts de tisons fumants, à cause de l'ardente colère de Raçôn, d'Aram et du fils de Remalyahu, parce qu'Aram, Ephraïm et le fils de Remalyahu ont tramé contre toi un mauvais coup en disant: "Montons contre Juda, détruisons-le, brisons-le pour le ramener vers nous, et nous y établirons comme roi le fils de Tabeel." Ainsi parle le Seigneur Dieu: Cela ne tiendra pas, cela ne sera pas; car la tête d'Aram c'est Damas, et la tête de Damas c'est Raçôn; encore 65 ans, et Ephraïm cessera d'être un peuple. La tête d'Ephraïm c'est Samarie, et la tête de Samarie c'est le fils de Remalyahu. Si vous ne croyez pas, vous ne vous maintiendrez pas.

 


LUNDI 17 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 14, 22 – 36 « Ayez confiance, c’est moi, soyez sans crainte » 

Texte de méditation : SAINT FRANÇOIS DE SALES (Lettres) – XVIe-XVIIe siècles

Les navires ont tous une boussole, laquelle étant touchée de l'aimant regarde toujours l'étoile polaire, et encore que la barque s'en aille du côté du midi, La boussole ne laisse pourtant pas de regarder toujours à son nord. Ainsi, que la fine pointe de l'esprit regarde toujours à son Dieu, qui est son nord. Vous allez prendre la haute mer du monde ; ne changez pas pour cela de patron [cadran], ni de mât, ni de voile, ni d'ancre, ni de vent. Ayez toujours Jésus Christ pour patron, sa croix pour arbre, sur lequel vous étendez vos résolutions en guise de voile ; que votre ancre soit une profonde confiance en lui, et allez à la bonne heure. Veuille à jamais le vent propice des inspirations célestes enfler de plus en plus les voiles de votre vaisseau et vous faire heureusement surgir au port de la sainte éternité. Que tout se renverse sens dessus dessous, je ne dis pas seulement autour de nous, mais je dis en nous, c'est-à-dire que notre âme soit triste, joyeuse, en douceur, en amertume, en paix, en trouble, en clarté, en ténèbres, en tentations, en repos, en goût, en dégoût, en sécheresse, en tendreté, que le soleil la brûle ou que la rosée la rafraîchisse, ah, il faut pourtant qu'à jamais et toujours la pointe de notre cœur, notre esprit, notre volonté supérieure, qui est notre boussole, regarde incessamment et tende perpétuellement à l'amour de Dieu.   

 


MARDI 18 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 15, 1 – 20  « ils m’honorent des lèvres, mais leur cœur est loin de moi »

Référence complémentaire : Epître de saint Jacques (Jc 1, 16 – 27)

Ne vous égarez pas, mes frères bien-aimés: tout don excellent, toute donation parfaite vient d'en haut et descend du Père des lumières, chez qui n'existe aucun changement, ni l'ombre d'une variation. Il a voulu nous enfanter par une parole de vérité, pour que nous soyons comme les prémices de ses créatures. Sachez-le, mes frères bien-aimés: que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère; car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu. Rejetez donc toute malpropreté, tout reste de malice, et recevez avec docilité la Parole qui a été implantée en vous et qui peut sauver vos âmes. Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s'abusent eux-mêmes! Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. Il s'observe, part, et oublie comment il était. Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s'y tient attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant. Si quelqu'un s'imagine être religieux sans mettre un frein à sa langue et trompe son propre cœur, sa religion est vaine. La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père consiste en ceci: visiter les orphelins et les veuves dans leurs épreuves, se garder de toute souillure du monde.

 


MERCREDI 19 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 15, 1 – 20  « ils m’honorent des lèvres, mais leur cœur est loin de moi »

Texte de méditation : ST CLÉMENT DE ROME (Ep. aux Corinthiens) – Ier siècle

Il est juste et saint, frères, d'obéir à Dieu plutôt que de suivre les agitateurs orgueilleux... Attachons-nous à ceux qui avec piété mettent la paix en pratique, non à ceux qui feignent de vouloir la paix. Il est dit quelque part en effet : « Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi » (Is 29, 13; Mt 15). Et encore : « de bouche ils bénissaient, mais de cœur ils maudissaient » (Ps 61,5). Et encore : « Ils l'ont aimé de bouche, et de langue ils lui ont menti ; leur cœur n'a pas été droit avec lui et ils ne sont pas restés fidèles à son alliance » (Ps 77,36). Le Christ appartient en effet à ceux qui sont humbles de cœur, non à ceux qui s'élèvent au-dessus de son troupeau. Le sceptre de la majesté de Dieu (cf. He 1,8), le Seigneur Jésus Christ, n'est pas venu accompagné de la fierté et de l'orgueil -- et pourtant il le pouvait -- mais avec l'humilité du cœur, comme l'Esprit Saint l'avait dit de lui : « Qui a cru à notre parole ? et le bras du Seigneur à qui a-t-il été révélé ? Nous l'avons annoncé comme un petit enfant, comme une racine en terre aride. Il n'avait ni beauté, ni éclat ; nous l'avons vu... mais son aspect était méprisable » (Is 53,1-3). Vous voyez, bien-aimés, quel est le modèle qui vous a été donné. Si le Seigneur s'est ainsi humilié, que devons-nous faire, nous à qui il donne de marcher sous le joug de sa grâce ?

 


JEUDI 20 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 15, 21–31 « femme grande est ta foi qu’il se fasse selon ton désir »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Luc (Lc 7, 1 – 10)

Un centurion avait, malade et sur le point de mourir, un esclave qui lui était cher. Ayant entendu parler de Jésus, il envoya vers lui quelques-uns des anciens des Juifs, pour le prier de venir sauver son esclave. Arrivés auprès de Jésus, ils le suppliaient instamment: "Il est digne, disaient-ils, que tu lui accordes cela; il aime en effet notre nation, et c'est lui qui nous a bâti la synagogue." Jésus faisait route avec eux, et déjà il n'était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis pour lui dire: "Seigneur, ne te dérange pas davantage, car je ne mérite pas que tu entres sous mon toit; aussi bien ne me suis-je pas jugé digne de venir te trouver. Mais dis un mot et que mon enfant soit guéri. Car moi, qui n'ai rang que de subalterne, j'ai sous moi des soldats, et je dis à l'un: Va! et il va, et à un autre: Viens! et il vient, et à mon esclave: Fais ceci! et il le fait." En entendant ces paroles, Jésus l'admira et, se retournant, il dit à la foule qui le suivait: "Je vous le dis: pas même en Israël je n'ai trouvé une telle foi." Et, de retour à la maison, les envoyés trouvèrent l'esclave en parfaite santé.

 


VENDREDI 21 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 15, 21 – 31 « femme grande est ta foi qu’il se fasse selon ton désir »

Texte de méditation : JEAN CHRYSOSTOME (Hom. sur Mt) – IVe-Ve siècles

En s'approchant de Jésus, la Cananéenne ne dit que ces mots : « Aie pitié de moi » (Mt 15,22), et ses cris redoublés attirent un grand nombre de gens. C'était un spectacle touchant que de voir une femme crier avec tant d'émotion, une mère implorer pour sa fille, une enfant si durement malmenée. Elle ne dit pas « Aie pitié de ma fille », mais : « Aie pitié de moi ». « Ma fille ne se rend pas compte de son mal ; moi au contraire, j'éprouve mille souffrances, je suis malade de la sentir dans cet état, je suis presque folle de la voir ainsi ». Jésus lui répond : « Je n'ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d'Israël » (Mt 15,24). Que fait la Cananéenne après avoir entendu ces paroles ? Est-ce qu'elle s'en va en gardant le silence ? Perd-elle courage ? Pas du tout ! Elle insiste davantage. Ce n'est pas ce que nous faisons : quand nous ne sommes pas exaucés, nous nous retirons découragés, alors qu'il faudrait insister avec plus d'ardeur. Qui donc, il est vrai, n'aurait pas été découragé par la réponse de Jésus ? Son silence aurait suffi à ôter tout espoir. Mais cette femme ne perd pas courage, au contraire elle s'approche de plus près et se prosterne en disant : « Seigneur, viens à mon aide (v. 25). Si je suis un petit chien dans cette maison, alors je ne suis plus une étrangère. Je sais bien que la nourriture est nécessaire aux enfants, mais il ne faut pas interdire de donner les miettes. On ne doit pas me les refuser, parce que je suis le petit chien qu'on ne peut pas repousser ». C'est parce qu'il prévoyait sa réponse que le Christ différait d'exaucer sa prière. Il refusait sa demande pour souligner sa piété. S'il n'avait pas voulu l'exaucer, il ne lui aurait pas accordé sa demande à la fin. Ses réponses n'étaient pas destinées à lui faire de la peine, mais plutôt à l'attirer et à révéler ce trésor caché.


SAMEDI 22 FÉVRIER

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).