« Ravi de joie, il vend tout ce qu’il possède

et achète ce champ » (Mt 13,46)

Lectio Divina - Saint Matthieu

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Matthieu 13, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Accorde-nous, Dieu tout-puissant, de conformer à ta volonté nos paroles et nos actes dans une inlassable recherche des biens spirituels. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


 

DIMANCHE 3 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 13, 36 – 43    " le champ c’est le monde, le bon grain, les sujets du Royaume "

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn  17, 6 – 18) 

Jésus priait ainsi : Père, j'ai manifesté ton nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi et tu me les as donnés et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi; car les paroles que tu m'as données, je les leur ai données, et ils les ont accueillies et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d'auprès de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. C'est pour eux que je prie; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, car ils sont à toi, et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton nom que tu m'as donné, pour qu'ils soient un comme nous. Quand j'étais avec eux, je les gardais dans ton nom que tu m'as donné. J'ai veillé et aucun d'eux ne s'est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l'Ecriture fût accomplie. Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu'ils aient en eux-mêmes ma joie complète. Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les dans la vérité: ta parole est vérité. Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.



 

LUNDI 4 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 13, 36 – 43   " le champ c’est le monde, le bon grain, les sujets du Royaume "

Texte de méditation : BENOÎT XVI (Sacramentum Caritatis)

Si le sacrifice eucharistique nourrit et fait grandir en nous ce qui est déjà donné dans le baptême, par lequel nous sommes tous appelés à la sainteté, alors cela doit apparaître et se manifester précisément dans les situations ou dans les états de vie dans lesquels chaque chrétien se trouve. On devient jour après jour un culte agréable à Dieu en vivant sa vie comme une vocation. Partant de la convocation liturgique, c'est le sacrement de l'eucharistie lui-même qui nous engage dans la réalité quotidienne pour que tout soit fait à la gloire de Dieu. Et puisque le monde est « le champ » dans lequel Dieu met ses enfants comme du bon grain, les chrétiens laïcs, en vertu de leur baptême et de leur confirmation, et fortifiés par l'eucharistie, sont appelés à vivre la nouveauté radicale apportée par le Christ précisément au cœur des conditions communes de l'existence. Ils doivent nourrir le désir que l'eucharistie marque toujours plus profondément leur vie quotidienne, les amenant à être des témoins identifiables dans leur milieu de travail et dans la société tout entière. J'adresse un encouragement particulier aux familles, pour qu'elles puisent inspiration et force dans ce sacrement. L'amour entre l'homme et la femme, l'accueil de la vie, la tâche éducative, se révèlent être des lieux privilégiés où l'eucharistie peut manifester sa capacité de transformer et de porter l'existence à sa plénitude de sens.



 

MARDI 5 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 13, 44-46  " Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor caché dans un champ "

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Philippiens (Ph 3, 4 – 14)

J'aurais pourtant sujet, moi, d'avoir confiance même dans la chair; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j'en ai bien davantage: circoncis dès le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux; quant à la Loi, un Pharisien; quant au zèle, un persécuteur de l'Eglise; quant à la justice que peut donner la Loi, un homme irréprochable. Mais tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, et d'être trouvé en lui, n'ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi; le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts. Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus. Non, frères, je ne me flatte point d'avoir déjà saisi; je dis seulement ceci: oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l'avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ



 

MERCREDI 6 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 13,44-46   " Le Royaume est semblable à un trésor caché dans un champ "

Texte de méditation : SAINT IRÉNÉE (Contre les Hérésies)

C'est le Christ qui était présent à tous ceux à qui, depuis le commencement, Dieu communiquait sa Parole, son Verbe. Et si quelqu'un lit l'Écriture dans cette perspective, il y trouvera une expression concernant le Christ, et une préfiguration de l'appel nouveau. Car c'est lui, « le trésor caché dans le champ », c'est à dire dans le monde (Mt 13,38). Trésor caché dans les Écritures, car il était signifié par des symboles et des paraboles, qui, humainement parlant, ne pouvaient pas être comprises avant l'accomplissement des prophéties, c'est-à-dire avant la venue du Seigneur. C'est pourquoi il a été dit au prophète Daniel : « Cache ces paroles et scelle ce livre jusqu'au temps de l'accomplissement » (12,4). Jérémie aussi dit : « Aux derniers jours, ils comprendront ces choses » (23,20). Lue par les chrétiens, la Loi est un trésor caché autrefois dans un champ, mais que la croix du Christ révèle et explique : elle manifeste la sagesse de Dieu, elle fait connaître ses desseins en vue du salut de l'homme, elle préfigure le Royaume du Christ, elle annonce par avance la Bonne Nouvelle de l'héritage de la Jérusalem sainte, elle prédit que l'homme qui aime Dieu progressera jusqu'à le voir et entendre sa parole, et qu'il sera glorifié par cette parole. C'est de cette manière que le Seigneur a expliqué les Écritures à ses disciples après sa résurrection, leur prouvant par elles « qu'il fallait que le Christ souffre et entre dans sa gloire » (Lc 24,26). Si donc quelqu'un lit les Écritures de cette manière, il sera un disciple parfait, « pareil au maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes » (Mt 13,52).



 

JEUDI 7 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 13, 47 – 51 « le Royaume est semblable à un filet qu’on jette en mer »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 21, 3 – 11)

Simon-Pierre dit à ses compagnons : "Je m'en vais pêcher." Ils lui dirent : "Nous venons nous aussi avec toi." Ils sortirent, montèrent dans le bateau et, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Or, le matin déjà venu, Jésus se tint sur le rivage; pourtant les disciples ne savaient pas que c'était Jésus. Jésus leur dit : "Les enfants, vous n'avez pas du poisson?" Ils lui répondirent : "Non ! " Il leur dit : "Jetez le filet à droite du bateau et vous trouverez." Ils le jetèrent donc et ils n'avaient plus la force de le tirer, tant il était plein de poissons. Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : "C'est le Seigneur ! " A ces mots : "C'est le Seigneur !" Simon-Pierre mit son vêtement - car il était nu - et il se jeta à l'eau. Les autres disciples, qui n'étaient pas loin de la terre, mais à environ 200 coudées, vinrent avec la barque, traînant le filet de poissons. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise, avec du poisson dessus, et du pain. Jésus leur dit : "Apportez de ces poissons que vous venez de prendre." Alors Simon-Pierre monta dans le bateau et tira à terre le filet, plein de gros poissons : 153 ; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se déchira pas.



 

VENDREDI 8 FÉVRIER

Lecture suivie : Mt 13, 47 – 51 « le Royaume est semblable à un filet qu’on jette en mer »

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Sur la foi et les œuvres)

Notre Seigneur a été un modèle incomparable de patience : il a supporté un « démon » parmi ses disciples (Jn 6,70) jusqu'à sa passion ; il a dit : « Laissez croître l'un et l'autre jusqu'à la moisson, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez le bon grain » (Mt 13,29) ; pour figurer l’Eglise, il a prédit que le filet ramènerait toujours sur le rivage, c'est-à-dire jusqu'à la fin du monde, toutes sortes de poissons, bons et mauvais. Il a fait connaître de plusieurs autres manières, soit ouvertement, soit par paraboles, qu'il y aurait le mélange des bons et des méchants. Et pourtant il affirme qu’il faut veiller sur la discipline de l'Eglise quand il dit : « Prenez-y bien garde ; si votre frère a péché contre vous, allez et reprenez-le entre vous et lui seul ; s’il vous écoute, vous aurez gagné votre frère » (Mt 18,15). Mais aujourd’hui, nous voyons des hommes qui ne considèrent que les préceptes rigoureux, qui commandent de réprimer les perturbateurs, de « ne pas donner aux chiens les choses saintes » (Mt 7,6), de traiter comme un publicain celui qui méprise l'Eglise (Mt 18,17), de retrancher du corps le membre scandaleux (Mt 5,30). Leur zèle intempestif trouble tellement l'Eglise qu'ils voudraient arracher l'ivraie avant le temps, et leur aveuglement les rend eux-mêmes ennemis de l'unité de Jésus Christ. Prenons garde de ne pas laisser entrer dans notre cœur ces pensées présomptueuses, de chercher à nous séparer des pécheurs pour ne pas nous souiller à leur contact, de vouloir former comme un troupeau de disciples purs et saints ; nous ne ferions que rompre l'unité, sous le prétexte de ne pas fréquenter des méchants. Au contraire rappelons nous les paraboles de l'Ecriture, ses paroles inspirées, ses exemples frappants, où il nous est montré que, dans l'Eglise, les méchants seront toujours mêlés aux bons, jusqu'à la fin du monde et au jour du jugement, sans que leur participation aux sacrements soit nuisible aux bons, du moment que ceux-ci n'auront pas participé à leurs péchés.



 

SAMEDI 9 FÉVRIER

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).