« Tandis qu’il était encore loin,

son Père l’aperçut et fut pris de pitié » (Lc 15,20)

 

Lectio Divina - Saint Luc

Vous pouvez télécharger la feuille hebdomadaire au format pdf : Luc, chap. 15-19, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu qui as des disciples pleins de foi et de l’Esprit Saint, pour qu’ils portent aux païens le message du salut ; fais que l’Évangile du Christ, dont ils furent les Apôtres courageux, soit encore annoncé fidèlement en paroles et en actes. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 

 


DIMANCHE 30 JUIN

Lecture suivie : Lc 15, 1 – 10 :  " quand il a retrouvé la brebis il la met tout joyeux sur ses épaules "

Référence complémentaire : Livre du prophète Ezéchiel (Ez 34, 11 – 16) 

Maintenant, j'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d'obscurité. Je les ferai sortir des pays étrangers, je les rassemblerai, et je les ramènerai chez elles ; je les mènerai paître sur les montagnes d'Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs. Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leurs prairies seront sur les hauteurs d'Israël. Là, elles se reposeront dans de belles prairies, elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d'Israël. C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice.

 


LUNDI 1er JUILLET

Lecture suivie : Lc 15, 1 – 10 : « quand il a retrouvé la brebis il la met tout joyeux sur ses épaules » 

Texte de méditation : SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE (Com. sur le Cantique) – IVe siècle

« Où mènes-tu paître ton troupeau », ô bon pasteur qui le portes tout entier sur tes épaules ? Car la race humaine tout entière est une brebis unique que tu as prise sur tes épaules. Montre-moi le lieu de ton pâturage, fais-moi connaître les eaux du repos, mène-moi vers l'herbe grasse, appelle-moi de mon nom, afin que j'entende ta voix, moi qui suis ta brebis, et que ta voix soit pour moi la vie éternelle. Oui, « dis-le-moi, toi que mon cœur aime ». C’est ainsi que je te nomme, car ton Nom est au-dessus de tout nom, inexprimable et inaccessible à toute créature douée de raison. Mais ce nom-ci, témoin de mes sentiments pour toi, exprime ta bonté. Comment ne t'aimerai-je pas, toi qui m'as aimée, alors que j'étais toute noire, au point de donner ta vie pour les brebis dont tu es pasteur ? Il n'est pas possible d'imaginer de plus grand amour que d'avoir donné ta vie pour mon salut. Enseigne-moi donc « où tu mènes paître le troupeau », que je puisse trouver le pâturage du salut, me rassasier de la nourriture céleste dont tout homme doit manger s'il veut entrer dans la vie, courir vers toi, qui es la source, et boire à longs traits l'eau divine, que tu fais jaillir pour ceux qui ont soif. Cette eau se répand de ton flanc depuis que la lance y a ouvert une plaie, et quiconque en goûte devient une source d'eau jaillissant en vie éternelle.

 


MARDI 2 JUILLET

Lecture suivie : Lc 15, 11 – 32   « Je vais retourner chez mon Père »

Référence complémentaire : Livre du prophète Osée (Os 14, 2 – 9)

Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu, car c'est ta faute qui t'a fait trébucher. Munissez-vous de paroles et revenez au Seigneur. Dites-lui: "Enlève toute faute et prends ce qui est bon. Au lieu de taureaux nous te vouerons nos lèvres. Assur ne nous sauvera pas, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus Notre Dieu! à l'œuvre de nos mains, car c'est auprès de toi que l'orphelin trouve compassion"  -- Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai de bon cœur; puisque ma colère s'est détournée de lui, je serai comme la rosée pour Israël, il fleurira comme le lis, il enfoncera ses racines comme le chêne du Liban; ses rejetons s'étendront, il aura la splendeur de l'olivier et le parfum du Liban. Ils reviendront s'asseoir à mon ombre; ils feront revivre le froment, ils feront fleurir la vigne qui aura la renommée du vin du Liban. Ephraïm, qu'a-t-il encore à faire avec les idoles? Moi, je l'exauce et le regarde. Je suis comme un cyprès verdoyant, c'est de moi que vient ton fruit.

 


MERCREDI 3 JUILLET

Lecture suivie : Lc 15, 11 – 32   « Je vais retourner chez mon Père »

Texte de méditation : ST AUGUSTIN (Homélies sur les Psaumes) – IVe-Ve siècles

De loin tu as compris mes pensées, tu as découvert mon sentier, tu as prévu tous mes chemins (cf. Ps 138,3-4). Que signifie de loin? Pendant que je suis encore voyageur, avant mon arrivée dans la patrie, tu as compris ma pensée. Songez au plus jeune fils (Lc 15,11-32), car lui aussi est devenu le Corps du Christ, l'Église venue des nations païennes. Le plus jeune était parti au loin. En effet, un père avait deux fils. L'aîné n'était pas parti au loin, il travaillait aux champs et il symbolisait les saints qui, sous la Loi, observaient les pratiques et les préceptes de la Loi. Mais le genre humain, qui s'était égaré dans le culte des idoles, était parti au loin. Rien, en effet, n'est aussi loin de celui qui t'a créé que cette image modelée par toi-même, pour toi. Le fils cadet partit donc dans une région lointaine. Après tant de malheurs et d'accablement, d'épreuves et de dénuement, il se rappela son père et voulut revenir vers lui. Il se dit: Je me lèverai, et j'irai vers mon père. Reconnaissez donc sa voix dans cette parole du psaume: Tu sais quand je m'assois et quand je me lève (Ps 138,2). Je me suis assis dans la misère, je me suis levé dans le désir de ton pain. De loin tu as compris mes pensées. Je confesse ma faute devant toi: j'ai suivi mon propre sentier, je me suis éloigné de toi; je t'ai quitté, toi auprès de qui j'étais bien; et pour mon bien, il a été mauvais pour moi d'avoir été sans toi. Car, si je m'étais trouvé bien sans toi, je n'aurais peut-être pas voulu revenir à toi. Donc le psalmiste qui confesse ainsi ses péchés déclare qu'il est le Corps du Christ, maintenant qu'il est justifié, non par lui-même, mais par la grâce.

 


JEUDI 4 JUILLET

Lecture suivie : Lc 16, 1 – 8  « il loua cet intendant malhonnête de son habileté »

Référence complémentaire : Livre de l’Ecclésiastique (Si 31, 1 – 11)

Les insomnies que cause la richesse sont épuisantes, les soucis qu'elle apporte ôtent le sommeil. Les soucis de la journée empêchent de dormir, une grave maladie éloigne le sommeil. Le riche travaille à amasser des biens et lorsqu'il s'arrête, c'est pour se rassasier de plaisirs; le pauvre travaille n'ayant pas de quoi vivre et dès qu'il s'arrête il tombe dans la misère. Celui qui aime l'argent n'échappe guère au péché, celui qui poursuit le gain en sera la dupe. Beaucoup ont été victimes de l'or, leur ruine était inévitable. Car c'est un piège pour ceux qui lui sacrifient et tous les insensés s'y laissent prendre. Bienheureux le riche qui se garde sans tache et qui ne court pas après l'or. Qui est-il, que nous le félicitions? Car il fait des miracles dans son peuple. Qui a subi cette épreuve et s'est révélé parfait? Ce lui sera un sujet de gloire. Qui a pu pécher et n'a pas péché, faire le mal et ne l'a pas fait? Ses biens seront consolidés et l'assemblée publiera ses bienfaits.

 


VENDREDI 5 JUILLET

Lecture suivie : Lc 16, 1 – 8  « il loua cet intendant malhonnête de son habileté »

Texte de méditation : BENOIT XVI (Angelus du 23 sept. 2007)

En racontant la parabole d'un intendant malhonnête, mais très astucieux, le Christ enseigne à ses disciples quelle est la meilleure façon d'utiliser l'argent et les richesses matérielles, c'est-à-dire les partager avec les pauvres en se procurant ainsi leur amitié, en vue du Royaume des Cieux. "Faites-vous des amis avec l'Argent trompeur - dit Jésus -, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles" (Lc 16, 9). L'argent n'est pas "trompeur" en soi, mais plus que tout autre chose, il peut enfermer l'homme dans un égoïsme aveugle. Il s'agit donc d'opérer une sorte de "conversion" des biens économiques: au lieu de les utiliser seulement pour l'intérêt personnel, il convient de penser aux besoins des pauvres, en imitant le Christ lui-même, lui qui, écrit saint Paul, "pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin de vous enrichir par sa pauvreté" (2 Co 8, 9). Cela semble un paradoxe: le Christ ne nous a pas enrichis par sa richesse, mais par sa pauvreté, c'est-à-dire par son amour qui l'a poussé à se donner à nous totalement. Que la Très Sainte Vierge Marie qui proclame dans le Magnificat que le Seigneur "comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides" (Lc 1, 53), aide les chrétiens à user des biens terrestres avec une sagesse évangélique - c'est-à-dire avec une solidarité généreuse -, et qu'elle inspire aux gouvernants et aux économistes des stratégies clairvoyantes qui favorisent le progrès authentique de tous les peuples.

 


SAMEDI 6 JUILLET

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).