« Imitez ceux qui par la foi et la persévérance

héritent des promesses » (He 6,12)

Lectio Divina - Lettre aux Hébreux

 

Vous pouvez télécharger la feuille hebdomadaire au format pdf : Lettre aux Hébreux, chap. 1 à 9, semaine 8

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu qui as des disciples pleins de foi et de l’Esprit Saint, pour qu’ils portent aux païens le message du salut ; fais que l’Évangile du Christ, dont ils furent les Apôtres courageux, soit encore annoncé fidèlement en paroles et en actes. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 29 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 6, 9 – 20 : « l’espérance est comme une ancre de l’âme »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 5, 1 – 11) 

Ayant reçu notre justification de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné d'avoir accès par la foi à cette grâce en laquelle nous sommes établis et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu. Que dis-je? Nous nous glorifions encore des tribulations, sachant bien que la tribulation produit la constance, la constance une vertu éprouvée, la vertu éprouvée l'espérance. Et l'espérance ne déçoit point, parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné. C'est en effet alors que nous étions sans force, c'est alors, au temps fixé, que le Christ est mort pour des impies; -- à peine en effet voudrait-on mourir pour un homme juste; pour un homme de bien, oui, peut-être osera-t-on mourir; -- mais la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous. Combien plus, maintenant justifiés dans son sang, serons-nous par lui sauvés de la colère. Si, étant ennemis, nous fûmes réconciliés à Dieu par la mort de son Fils, combien plus, une fois réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie, et pas seulement cela, mais nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ par qui dès à présent nous avons obtenu la réconciliation

 


LUNDI 30 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 6, 9 – 20 : « l’espérance est comme une ancre de l’âme » 

Texte de méditation : BENOIT XVI (Regina caeli du 4 mai 2008)

Dans ses discours d'adieu à ses disciples, Jésus a beaucoup insisté sur l'importance de son "retour au Père", couronnement de toute sa mission: en effet, il est venu dans le monde pour ramener l'homme à Dieu, pas idéalement - comme un philosophe ou un maître de sagesse - mais réellement, en tant que pasteur qui veut ramener les brebis au bercail. Cet "exode" vers la patrie céleste, que Jésus a vécu personnellement, il l'a entièrement affronté pour nous. C'est pour nous qu'il est descendu du ciel et c'est pour nous qu'il y est monté, après s'être fait en tout semblable aux hommes, humilié jusqu'à la mort sur la croix, et après avoir touché le fond de l'abîme du plus grand éloignement de Dieu. C'est justement pour cela que le Père s'est complu en lui et l'a "exalté" (Ph 2,9), en lui restituant la plénitude de sa gloire, mais cette fois avec notre humanité. Dieu dans l'homme - l'homme en Dieu: c'est désormais une vérité non théorique mais réelle. C'est pourquoi l'espérance chrétienne, fondée dans le Christ, n'est pas une illusion, mais, comme le dit la lettre aux Hébreux, "en elle, nous avons comme une ancre de notre âme" (He 6,19), une ancre qui pénètre dans le Ciel où le Christ nous a précédés. Et de quoi l'homme d'aujourd'hui a-t-il le plus besoin, sinon de cela: d'un ancrage solide pour son existence? Voilà alors de nouveau le sens merveilleux de la présence de Marie au milieu de nous. En tournant vers elle notre regard, comme les premiers disciples, nous sommes immédiatement renvoyés à la réalité de Jésus: la mère renvoie au Fils, qui n'est plus physiquement au milieu de nous, mais qui nous attend dans la maison du Père. Jésus nous invite à ne pas rester à regarder vers le haut, mais à être unis dans la prière, pour invoquer le don de l'Esprit Saint. En effet, c'est seulement à celui qui "renaît d'en haut", c'est-à-dire de l'Esprit de Dieu, qu'est ouverte l'entrée dans le Royaume des Cieux (cf. Jn Jn 3,3-5), et la première à "renaître d'en haut" est justement la Vierge Marie. Nous nous adressons donc à elle dans la plénitude de la joie pascale.

 


MARDI 1er OCTOBRE

Lecture suivie : He 7, 1 – 14  « ce Melchisédech demeure prêtre pour toujours »

Référence complémentaire : Livre de la Genèse (Gn 14, 17 – 20)

Quand Abram revint après avoir battu Kedor-Laomer et les rois qui étaient avec lui, le roi de Sodome alla à sa rencontre dans la vallée de Shavé, c'est la vallée du Roi. Melchisédech, roi de Shalem, apporta du pain et du vin; il était prêtre du Dieu Très-Haut. Il prononça cette bénédiction: 

"Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut

qui créa ciel et terre, et béni soit le Dieu Très-Haut

qui a livré tes ennemis entre tes mains."

Et Abram lui donna la dîme de tout.

 


MERCREDI 2 OCTOBRE

Lecture suivie : He 7, 1 – 14  « ce Melchisédech demeure prêtre pour toujours »

Texte de méditation : JEAN CHRYSOSTOME (Hom. sur He) – IVe - Ve siècles

L’épître aux Hébreux veut montrer la supériorité de la Nouvelle Alliance sur l'Ancienne. Nous avons déjà dit qu’elle utilise le type comme un élément de crédibilité en faveur de la vérité, le passé confirmant le présent pour aider la foi des auditeurs. Le plus admirable est que le type lui-même, la simple figure de ce qui devait venir, l'emporte déjà sur les faits du premier Testament. L'apôtre écrit donc : "Ce Melchisédech, Roi de Shalem, prêtre du Dieu Très-Haut, qui vint au-devant d'Abraham et le bénit, Abraham lui offrit la dîme de tout". Ayant ainsi résumé l'historique, saint Paul contemple le mystère, et commence par scruter le nom même de Melchisédech. D'abord ce nom veut dire "Roi de Justice". Mais qui est le Roi de Justice, sinon Jésus-Christ notre Seigneur? Melchisédech est aussi roi de Shalem, le nom de sa ville : donc Roi de la Paix, puisque Shalem signifie "Paix". Ceci s'applique encore au Christ, car c'est lui qui nous a justifiés et qui a pacifié le ciel et la terre. Y en a-t-il un autre, que l'on puisse appeler "Roi de justice et de paix". Ensuite, l'apôtre signale différentes caractéristiques : Sans Père, sans mère, sans généalogie, n'ayant ni commencement de jours, ni fin de sa vie, assimilé au Fils de Dieu, il demeure prêtre pour l'éternité. De Melchisédech, nous ignorons le commencement de ses jours et la fin de sa vie, parce qu'ils ne sont pas mentionnés dans l'Écriture. Nous ignorons aussi le commencement et la fin du Christ, mais pas pour la même raison : Melchisédech est la figure, son commencement et sa fin ne sont pas écrits dans le Livre; Jésus est la Vérité, et simplement il n'a pas de commencement, ni de fin. De même les noms : Pour Melchisédech, Roi de Justice et Roi de Paix ne sont que des appellations; en Jésus au contraire, nous avons la Vérité des choses.

 


JEUDI 3 OCTOBRE

Lecture suivie : He 7, 15 – 28  « notre grand prêtre est saint, innocent, immaculé »

Référence complémentaire : Livre du Psautier (Ps 110 (109), 1 – 7)

Oracle du Seigneur à mon Seigneur : « Siège à ma droite,

et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône.»

De Sion, le Seigneur te présente le sceptre de ta force:

« Domine jusqu'au cœur de l'ennemi.»

Le jour où paraît ta puissance, tu es prince, éblouissant de sainteté:

« Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré.»

Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable :

« Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisédek.»

A ta droite se tient le Seigneur: il brise les rois au jour de sa colère.

Au torrent il s'abreuve en chemin, c'est pourquoi il redresse la tête.

 


VENDREDI 4 OCTOBRE

Lecture suivie : He 7, 15 – 28  « notre grand prêtre est saint, innocent, immaculé »

Texte de méditation : BENOIT XVI (Lectio divina du 18 février 2010)

L'auteur de la Lettre aux Hébreux a ouvert une nouvelle voie pour comprendre l'Ancien Testament comme livre qui parle du Christ. La tradition précédente avait considéré le Christ surtout, et essentiellement, sous l'angle de la promesse davidique, du véritable David, du véritable Salomon, du véritable Roi d'Israël, véritable Roi car homme et Dieu. Et l'inscription sur la Croix avait réellement annoncé au monde cette réalité: à présent, il y a le véritable Roi d'Israël, qui est le Roi du monde, le Roi des juifs est sur la Croix. Il s'agit d'une proclamation de la royauté de Jésus, de l'accomplissement de l'attente messianique de l'Ancien Testament qui, au fond du cœur, est une attente de tous les hommes, qui attendent le vrai Roi, qui apporte justice, amour et fraternité. Mais l'Auteur de la Lettre aux Hébreux a découvert une citation que, jusqu'alors, personne n'avait notée: Psaume 110, 4 – « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre de Melchisédech ». Cela signifie que Jésus non seulement accomplit la promesse davidique, l'attente du véritable roi d'Israël et du monde, mais qu'il réalise également la promesse du véritable Prêtre. Dans une partie de l'Ancien Testament, en particulier également dans les manuscrits de Qumrân, il existe deux lignes distinctes d'attente: le Roi et le Prêtre. L'Auteur de la Lettre aux Hébreux, en découvrant ce verset, a compris que deux promesses sont unies dans le Christ: le Christ est le véritable Roi, le Fils de Dieu – selon le Psaume 2, 7 qu'il cite – mais il est également le véritable Prêtre. Ainsi, tout le monde cultuel, toute la réalité des sacrifices, du sacerdoce, qui est à la recherche du véritable sacerdoce, du véritable sacrifice, trouve dans le Christ sa clé, son accomplissement et, avec cette clé, peut relire l'Ancien Testament et montrer que précisément la loi cultuelle également, qui est abolie après la destruction du Temple, en réalité allait vers le Christ; et donc, elle n'est pas simplement abolie, mais renouvelée, transformée, car tout trouve son sens dans le Christ. Le sacerdoce apparaît alors dans sa pureté et dans sa vérité profonde.

 


SAMEDI 5 OCTOBRE

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).