« Vous avez savouré la Parole excellente de Dieu » (He 6,5)

Lectio Divina - Lettre aux Hébreux

 

Vous pouvez télécharger la feuille hebdomadaire au format pdf : Lettre aux Hébreux, chap 1 à 9, semaine 7

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu qui as des disciples pleins de foi et de l’Esprit Saint, pour qu’ils portent aux païens le message du salut ; fais que l’Évangile du Christ, dont ils furent les Apôtres courageux, soit encore annoncé fidèlement en paroles et en actes. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 22 SEPTEMBRE           

Lecture suivie : He 4, 14 – 16 : « Jésus a été éprouvé en tout sans pécher »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 8, 1 – 11) 

Il n'y a plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus. La loi de l'Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t'a affranchi de la loi du péché et de la mort. De fait, chose impossible à la Loi, impuissante du fait de la chair, Dieu, en envoyant son propre Fils avec une chair semblable à celle du péché et en vue du péché, a condamné le péché dans la chair, afin que le précepte de la Loi fût accompli en nous dont la conduite n'obéit pas à la chair mais à l'esprit. En effet, ceux qui vivent selon la chair désirent ce qui est charnel; ceux qui vivent selon l'esprit, ce qui est spirituel. Car le désir de la chair, c'est la mort, tandis que le désir de l'esprit, c'est la vie et la paix, puisque le désir de la chair est inimitié contre Dieu: il ne se soumet pas à la loi de Dieu, il ne le peut même pas, et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu. Vous, vous n'êtes pas dans la chair mais dans l'esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas, mais si le Christ est en vous, bien que le corps soit mort déjà en raison du péché, l'Esprit est vie en raison de la justice. Et si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

 


LUNDI 23 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 4, 14 – 16 : « Jésus a été éprouvé en tout sans pécher » 

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Sur les Psaumes) – IVe-Ve siècles

Le Christ nous a symbolisés en sa personne quand il a voulu être tenté par Satan. On lit dans l'Évangile que notre Seigneur, le Christ Jésus, a été tenté au désert par le diable. Dans le Christ, c'est toi qui étais tenté, car le Christ avait pris de toi sa chair pour te donner son salut, de toi il prenait sa mort pour te donner sa vie, de toi il subissait ses outrages pour te donner son honneur. C'est donc de toi qu'il prenait aussi les tentations, pour te donner sa victoire. Si nous sommes tentés en lui, en lui aussi nous triomphons du diable. Tu remarques bien que le Christ a été tenté, et tu ne remarques pas qu'il a remporté la victoire ? Reconnais-toi comme tenté en lui, reconnais-toi comme vainqueur en lui. Il aurait pu empêcher le diable de s'approcher de lui ; mais s'il n'avait pas été tenté, comment t'aurait-il enseigné la manière de vaincre dans la tentation ? C'est pourquoi ce n'est pas étonnant si, harcelé de tentations, il crie des confins de la terre selon ce psaume. Mais pourquoi n'est-il pas vaincu ? Le psaume continue : « Tu m'as établi sur le roc ». Souvenons-nous de l'Évangile : « Sur ce roc je bâtirai mon Église » (Mt 16,18). C'est donc l'Église, qu'il a voulue bâtir sur le roc, qui crie des confins de la terre. Mais qui est devenu rocher pour que l'Église puisse être bâtie sur le roc ? Écoutons saint Paul nous le dire : « Le rocher c'était le Christ » (1Co 10,4). C'est donc sur lui que nous sommes bâtis. Et voilà pourquoi ce roc sur lequel nous sommes bâtis a été le premier à être battu par les vents, les torrents et les pluies lorsque le Christ a été tenté par le diable (Mt 7,25). Voilà la fondation inébranlable sur laquelle il a voulu t'établir.

 


MARDI 24 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 5, 1 – 10  « Jésus apprit par ses souffrances, l’obéissance »

Référence complémentaire : Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 26, 36 – 45)

Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani, et il dit aux disciples: "Restez ici, tandis que je m'en irai prier là-bas." Et prenant avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à ressentir tristesse et angoisse. Alors il leur dit: "Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi." Etant allé un peu plus loin, il tomba face contre terre en faisant cette prière: "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux." Il vient vers les disciples et les trouve en train de dormir; et il dit à Pierre: "Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation: l'esprit est ardent, mais la chair est faible." A nouveau, pour la deuxième fois, il s'en alla prier: "Mon Père, dit-il, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite!" Puis il vint et les trouva à nouveau en train de dormir; car leurs yeux étaient appesantis. Il les laissa et s'en alla de nouveau prier une troisième fois, répétant les mêmes paroles. Alors il vient vers les disciples et leur dit: "Désormais vous pouvez dormir et vous reposer: voici toute proche l'heure où le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs.

 


MERCREDI 25 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 5, 1 – 10  « Jésus apprit par ses souffrances, l’obéissance »

Texte de méditation : BENOIT XVI (Lectio divina du 18 février 2010)

Pour la Lettre aux Hébreux, l'élément essentiel de notre humanité est la compassion, le fait de souffrir avec les autres: il s'agit de la véritable humanité. Ce n'est pas le péché, car le péché n'est jamais solidarité, mais il est toujours une désolidarisation, il est une manière de prendre la vie pour soi-même, au lieu de la donner. La véritable humanité est de participer réellement à la souffrance de l'être humain, cela veut dire être un homme de compassion – metriopathèin, dit le texte grec – c'est-à-dire se trouver au centre de la passion humaine, porter réellement avec les autres leurs souffrances, les tentations de notre temps: « Dieu, où es-tu en ce monde? ». C'est ainsi que le Christ a montré le véritable humanisme. Son cœur est bien sûr toujours ferme en Dieu, il voit toujours Dieu, il est toujours intimement en conversation avec Lui, mais Il porte, dans le même temps, tout l'être, toute la souffrance humaine entre dans la Passion. En parlant, en voyant les hommes qui sont petits, sans pasteur, Il souffre avec eux et nous, les prêtres, nous ne pouvons pas nous retirer dans un Elysium, mais nous sommes plongés dans la passion de ce monde et nous devons, avec l'aide du Christ et en communion avec Lui, chercher à le transformer, à le conduire vers Dieu. Il faut précisément dire cela, à travers le texte suivant qui est réellement stimulant: « ayant présenté avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications » (He 5, 7). Il ne s'agit pas seulement d'une mention de l'heure de l'angoisse sur le Mont des Oliviers, mais c'est un résumé de toute l'histoire de la passion, qui embrasse toute la vie de Jésus.

 


JEUDI 26 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 5, 11 à 6, 8  « ils crucifient le Fils de Dieu et le bafouent »

Référence complémentaire : 1er Livre des Rois (1 R 8, 46 – 51)

Quand ils pécheront contre toi --  car il n'y a aucun homme qui ne pèche -- , quand tu seras irrité contre eux, que tu les livreras à l'ennemi et que leurs conquérants les emmèneront captifs dans un pays ennemi, lointain ou proche, s'ils rentrent en eux-mêmes dans le pays où ils auront été déportés, s'ils se repentent et te supplient dans le pays de leurs conquérants en disant: Nous avons péché, nous avons mal agi, nous nous sommes pervertis, s'ils reviennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme dans le pays des ennemis qui les auront déportés, et s'ils te prient tournés vers le pays que tu as donné à leurs pères, vers la ville que tu as choisie et le Temple que j'ai bâti pour ton Nom, écoute au ciel où tu résides, pardonne à ton peuple les péchés qu'il a commis envers toi et toutes les rébellions dont ils furent coupables, fais-leur trouver grâce devant leurs conquérants, que ceux-ci aient pitié d'eux; car ils sont ton peuple et ton héritage, ceux que tu as fait sortir d'Egypte, cette fournaise pour le fer. Que tes yeux soient ouverts sur la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël, pour écouter tous les appels qu'ils lanceront vers toi.

 


VENDREDI 27 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 5, 11 à 6, 8  « ils crucifient le Fils de Dieu et le bafouent »

Texte de méditation : SAINT CÉSAIRE D’ARLES (Sermon) – VIe siècle

Le Christ notre Seigneur t’a créé, alors que tu n’étais pas ; il t’a racheté, alors que tu t’étais vendu cruellement. Aussi, frères très chers, nous qui avons été cherchés et trouvés, cherchons celui qui nous a aimés à ce point qu’il est allé jusqu’à vouloir accepter, pour nous, la mort de la Croix. Mais que dis-je, le chercher ? Si seulement, puisque nous savons que nous sommes recherchés par lui chaque jour, nous voulions de même être trouvés par lui ! D’où cette exclamation : Chaque jour le Christ daigne s’offrir au genre humain ; mais le comble est que tous ne veulent pas ouvrir la porte de leur cœur ! Car c’est lui-même qui a dit : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10). Chaque jour le Christ daigne s’offrir au genre humain ; mais le comble est que tous ne veulent pas ouvrir la porte de leur cœur. Pourquoi cela. C’est sans doute parce qu’ils font des œuvres de ténèbres qu’ils ne veulent pas recevoir la lumière, comme le Seigneur l’a dit lui-même dans l’Evangile : « Tout homme qui fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière » (Jn 3,20). Tous les bons, les humbles, les doux qui font le bien, accueillent de bon cœur la lumière du Christ. Tous les mauvais, les orgueilleux, les cupides chassent chaque jour le Christ de leur cœur et même en l’insultant ; et non seulement ils le chassent, mais ce qui est pire, ils vont jusqu’à le crucifier. Car l’Apôtre parle de leur pareils en ces termes : « Crucifiant de nouveau en eux-mêmes le Christ » (He 6,6). Et c’est pourquoi je vous exhorte, frères, je vous demande et vous supplie : que chacun examine sa conscience. Parce que les mauvaises œuvres chassent le Christ de l’homme, tout ce que chacun découvre en soi de sale, qu’il le purifie avec l’aide de Dieu ; tout ce qu’il découvre de ténébreux, qu’il l’éclaire ; de gâté, qu’il le restaure ; de mort, qu’il le ressuscite par la pénitence, avec l’aide du Christ lui-même, afin que lors de sa venue le Christ trouve où se reposer ; un lieu où, comme il est écrit, il daigne même souper et demeurer (Ap 3,20). Quand à ceux qui savent que leur conscience est bonne et pure, qu’ils gardent en eux, autant qu’ils le peuvent avec l’aide de Dieu, les dons et les bienfaits divins, et qu’ils soient partout sur leurs gardes, de peur que le diable ne trouve quelques accès par où surprendre leur âme par sa subtile malignité.

 


SAMEDI 28 SEPTEMBRE

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).