« J'annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai » (He 2,12)

Lectio Divina - Lettre aux Hébreux

 

Vous pouvez télécharger la feuille hebdomadaire au format pdf : Lettre aux hébreux (chap. 1-9), semaine 3

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu qui as des disciples pleins de foi et de l’Esprit Saint, pour qu’ils portent aux païens le message du salut ; fais que l’Évangile du Christ, dont ils furent les Apôtres courageux, soit encore annoncé fidèlement en paroles et en actes. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 8 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 2, 5 – 13 : « c’est au bénéfice de tout homme que Jésus est mort »

Référence complémentaire : Livre du Psautier (Ps 8, 2-10) 

O Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre!

Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits:

rempart que tu opposes à l'adversaire, où l'ennemi se brise en sa révolte.

A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas,

qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,

le fils d'un homme, que tu en prennes souci?

Tu l'as voulu un peu moindre qu'un Dieu, le couronnant de gloire et d'honneur;

tu l'établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds:

les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages,

les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.

O Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre!

 


LUNDI 9 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 2, 5 – 13 : « c’est au bénéfice de tout homme que Jésus est mort » 

Texte de méditation : BIENHEUREUX JEAN-PAUL II (Audience du 26 juin 2002)


La domination de l'homme, affirmée dans le Psaume 8, peut malheureusement être mal comprise et déformée par l'homme égoïste, qui s'est plus souvent révélé un tyran fou qu'un gouverneur sage et intelligent. Le Livre de la Sagesse met en garde contre des déviations de ce genre, lorsqu'il précise que Dieu a "formé l'homme pour dominer sur les créatures... pour régir le monde en sainteté et en justice" (9, 2-3). Bien qu'il s'agisse d'un contexte différent, Job fait lui aussi appel à notre Psaume pour rappeler de façon particulière la faiblesse humaine, qui ne mériterait pas tant d'attention de la part de Dieu: ”Qu'est-ce donc que l'homme pour en faire si grand cas, pour fixer sur lui ton attention, pour l'inspecter chaque matin?" (7, 17-18). L'histoire documente le mal que la liberté humaine fait régner dans le monde avec la dégradation de l'environnement et les injustices sociales les plus criantes.

 A la différence des êtres humains qui humilient leurs semblables et la création, le Christ se présente comme l'homme parfait, "couronné de gloire et d'honneur, parce qu'il a souffert la mort: il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goutât la mort" (He 2, 9). Il règne sur l'univers par la domination de paix et d'amour qui prépare le nouveau monde, les nouveaux cieux et la nouvelle terre (cf. 2 P 3, 13). Son autorité royale s'exerce même - comme le suggère l'auteur de la Lettre aux Hébreux en lui appliquant le Psaume 8 - à travers la donation suprême de soi dans la mort "au bénéfice de tous".

 Le Christ n'est pas un souverain qui se  fait servir, mais qui sert et qui se consacre aux autres: 
 "Aussi bien, le Fils de l'homme lui-même n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour une multitude" (Mc 10, 45). De cette façon, il ramène en lui "toutes choses, les êtres célestes comme les terrestres" (cf. Ep 1, 10). Sous cette lumière christologique, le Psaume 8 révèle toute la force de son message et de son espérance, en nous invitant à exercer notre souveraineté sur la création non par la domination, mais dans l'amour.

 


MARDI 10 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 2, 14 – 18  « pour nous Jésus est devenu un grand Prêtre miséricordieux »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 41, 8 – 14)

Toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j'ai choisi, race d'Abraham, mon ami, toi que j'ai saisi aux extrémités de la terre, que j'ai appelé des contrées lointaines, je t'ai dit: "Tu es mon serviteur, je t'ai choisi, je ne t'ai pas rejeté." Ne crains pas car je suis avec toi, ne te laisse pas émouvoir car je suis ton Dieu; je t'ai fortifié et je t'ai aidé, je t'ai soutenu de ma droite justicière. Voici qu'ils seront honteux et humiliés, tous ceux qui s'enflammaient contre toi. Ils seront réduits à rien et périront, ceux qui te cherchaient querelle. Tu les chercheras et tu ne les trouveras pas, ceux qui te combattaient; ils seront réduits à rien, anéantis, ceux qui te faisaient la guerre. Car moi, le Seigneur, ton Dieu, je te saisis la main droite, je te dis: "Ne crains pas, c'est moi qui te viens en aide." Ne crains pas, vermisseau de Jacob, et vous, pauvres gens d'Israël. C'est moi qui te viens en aide, oracle du Seigneur, celui qui te rachète, c'est le Saint d'Israël.

 


MERCREDI 11 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 2, 14 – 18  " pour nous Jésus est devenu grand Prêtre miséricordieux "

Texte de méditation : CYRILLE D’ALEXANDRIE (Sur l’ép. aux Hébreux) – Ve s.

Le Christ fut fait Prêtre selon son humanité. Et bien qu'il reçût en tant que Dieu les sacrifices de tous, lui-même, selon la chair, est victime ; lui-même, dis-je, qui pardonne nos péchés selon la puissance de sa divinité. Ce n'est pas selon la nature du Verbe qu'il est appelé Prêtre – ou autres vocables analogues –, c'est à cause de l'économie de la chair et de la mesure de notre nature. Mais voyons quel est Celui qui, pouvant prendre la nature des anges s'il l'avait jugé utile, ne l'a pas prise, mais a pris plutôt la lignée d'Abraham ? Prenant de sainte Marie Mère de Dieu un corps animé, doué d'esprit, il s'est assimilé en tout à ses frères, c'est-à-dire à nous. Alors il est devenu pour nous Prêtre miséricordieux et, en outre, fidèle. Comment cela s'est fait, il nous reste à le dire. N'était-il donc pas miséricordieux avant d'assumer notre nature ? N'était-il pas bon, engendré par le Père bon ? Est-ce une fois fait homme qu'il est devenu miséricordieux ? loin de là ! Il fut miséricordieux et il l'est toujours, et c'est pour cela qu'il a pris la descendance d'Abraham, afin de devenir pour nous un Prêtre miséricordieux, c'est-à-dire pour nous soustraire à la vengeance et à la malédiction de la Loi, pour nous justifier dans la foi, nous absoudre de nos crimes, et nous rendre saints, participants de sa nature, et ainsi nous unir par lui à Dieu et son Père. Prêtre fidèle parce qu'il est stable, il demeure, il garde la foi des promesses et il possède un sacerdoce éternel. Ayant été tenté, il peut secourir. Quelle fut la raison de sa tentation et de son sacrifice ? Il subit la tentation et il porta la Croix. Mais le Fils s'offrit lui-même comme victime innocente afin de secourir par sa chair ceux qui peinent et qui sont tentés

 


JEUDI 12 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 3, 1 – 6  « la maison du Christ, c’est nous »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 14, 19 – 27)

Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus. Mais vous, vous verrez que je vis et vous aussi, vous vivrez. Ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime; or celui qui m'aime sera aimé de mon Père; et je l'aimerai et je me manifesterai à lui." Judas - pas l'Iscariote - lui dit: "Seigneur, et qu'est-il advenu, que tu doives te manifester à nous et non pas au monde?" Jésus lui répondit: "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles; et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous. Mais le Paraclet, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix; c'est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne.

 


VENDREDI 13 SEPTEMBRE

Lecture suivie : He 3, 1 – 6  « la maison du Christ, c’est nous »

Texte de méditation : SAINT BERNARD (Sermon pour la dédicace) – XIIe siècle

Si nous cherchons à connaître ce que nous sommes ou plutôt si nous constatons combien nous ne sommes rien et combien nous sommes grands, du fait qu’une telle majesté s’intéresse à nous et incline son cœur vers nous, je pense que nous nous glorifierons avec mesure, ou mieux dans une mesure notablement accrue, mais en toute légitimité, parce que nous nous glorifierons dans le Seigneur et non en nous-mêmes ; de nous-mêmes nous ne pouvons respirer qu’à cette seule pensée : « S’il a décidé de nous sauver, infailliblement nous serons sauvés. » Ceci dit, restons, quelques instants du moins, au sommet de cet observatoire et voyons quelle est la maison de Dieu, voyons quel est son temple, voyons quelle est sa cité, voyons aussi qui est son épouse. Je ne l’ai pas oublié, mais je le redis avec crainte et respect : « Tout cela, c’est nous ». C’est nous, oui, tout cela, mais dans le cœur de Dieu ; tout cela, c’est nous, par sa grâce à lui bien entendu et non par nos mérites personnels. Que l’homme ne vole pas la propriété de Dieu pour en tirer gloire pour lui-même, autrement Dieu fera ce que l’homme aurait dû faire, il plongera le superbe dans l’humiliation. Si, par une audace toute enfantine, nous voulons nous sauver par nous-mêmes, nous ne serons pas sauvés et ce sera justice. On ferme la porte à la miséricorde en dissimulant sa misère et il n’y a plus de place pour la bienveillance quand le cœur est déjà plein de sa propre estime ; au contraire, je provoque la sympathie si j’avoue en toute humilité ce dont je pâtis. Seul, en vérité, cet aveu dispose Dieu à subvenir lui-même à notre faim, comme un riche père de famille, et à nous faire trouver dans sa dépendance du pain abondamment. Nous sommes donc bien sa maison où ne manque jamais la nourriture de vie. Rappelez-vous par ailleurs que sa maison il l’a dénommée une maison de prière.

 


SAMEDI 14 SEPTEMBRE

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).