« l’Esprit vient au secours de notre faiblesse » (Rm 8,26)

Lectio Divina - Saint Paul aux Romains

 

 

Vous pouvez télécharger la feuille de Lectio Divina au format pdf : Saint Paul aux Romains, chap. 1-8, semaine 9

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu qui as instruit le monde entier par la parole de l’Apôtre saint Paul, accorde-nous d’aller vers toi en cherchant à lui ressembler, et d’être, dans le monde, les témoins de ton Évangile. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 2 JUIN – SAINT-SACREMENT

Lecture suivie : Rm 8, 18 – 27 :   « l’Esprit lui-même intercède pour nous »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 16, 7 – 15) 

Je vous dis la vérité: c'est votre intérêt que je parte; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous; mais si je pars, je vous l'enverrai. Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement: de péché, parce qu'ils ne croient pas en moi; de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus; de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé. J'ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. Mais quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu'il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir. Lui me glorifiera, car c'est de mon bien qu'il recevra et il vous le dévoilera. Tout ce qu'a le Père est à moi. Voilà pourquoi j'ai dit que c'est de mon bien qu'il reçoit et qu'il vous le dévoilera.

 


LUNDI 3 JUIN

Lecture suivie : Rm 8, 18 – 27 :   « l’Esprit lui-même intercède pour nous » 

Texte de méditation : ELISABETH DE LA TRINITÉ (Traité) – XIXe-XXe siècles

Nous avons été prédestinés par un décret de Celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté, afin que nous soyons la « louange de sa gloire » (Ep 1,6.12.14). Comment réaliser ce grand rêve du Cœur de notre Dieu, ce vouloir immuable sur nos âmes ? Comment, en un mot, répondre à notre vocation et devenir parfaites « louanges de gloire » de la très sainte Trinité ? Au ciel, chaque âme est une louange de gloire au Père, au Verbe, à l'Esprit Saint, parce que chaque âme est fixée dans le pur amour et ne vit plus de sa vie propre, mais de la vie de Dieu. Alors elle le connaît, dit saint Paul, « comme elle est connue de lui » (1Co 13,12) ; en d'autres termes, son entendement est l'entendement de Dieu, sa volonté est la volonté de Dieu, son amour est l'amour même de Dieu. C'est en réalité l'Esprit d'amour et de force qui transforme l'âme, car lui ayant été donné pour suppléer à ce qui lui manquait, comme dit encore saint Paul, il opère en elle cette glorieuse transformation (cf. Rm 8,26). Saint Jean de la Croix affirme que peu s'en faut que l'âme livrée à l'amour, par la vertu de l'Esprit Saint ne s'élève jusqu'au degré dont nous venons de parler, dès ici-bas ! Voilà ce que j'appelle une parfaite louange de gloire ! Une louange de gloire, c'est une âme qui demeure en Dieu, qui l’aime d'un amour pur et désintéressé, sans se rechercher dans la douceur de cet amour ; c'est une âme qui l'aime par dessus tous ses dons et quand même elle n'aurait rien reçu de Lui, et qui désire du bien à l'Objet ainsi aimé ; une louange de gloire, c'est une âme de silence qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l'Esprit Saint afin qu'Il en fasse sortir des harmonies divines. Une louange de gloire est un être toujours dans l'action de grâces. Chacun de ses actes, de ses mouvements, chacune de ses pensées, de ses aspirations, en même temps qu'ils l'enracinent plus profondément dans l'amour, sont comme un écho du Sanctus éternel.

 


MARDI 4 JUIN

Lecture suivie : Rm 8, 28 – 32     " Dieu n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous "

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 3, 14 – 21)

Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu."

 


MERCREDI 5 JUIN

Lecture suivie : Rm 8, 28 – 32     " Dieu n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous "

Texte de méditation : GUILLAUME DE SAINT-THIERRY (Contemplations) – XIIe siècle

Oui, tu nous as aimés le premier, pour que nous t'aimions. Tu n'as pas besoin de notre amour, mais nous ne pouvions parvenir à la fin que tu nous avais donnée qu'en t'aimant. C'est pourquoi, « ayant jadis parlé à nos pères par les prophètes, bien des fois et de bien des manières, en ces derniers jours tu nous as parlé par le Fils », ton Verbe (He 1,1). C'est par lui « que les cieux ont été faits, et par le souffle de sa bouche toute leur puissance » (Ps 32,6). Pour toi, parler par ton Fils ce n'est pas autre chose que de mettre en plein soleil, de faire voir avec éclat combien et comment tu nous as aimés, puisque tu n'as pas épargné ton propre Fils, mais l'as livré pour nous tous (Rm 8,32). Et lui aussi, il nous a aimés, et il s'est livré lui-même pour nous (Ga 2,20). Telle est la Parole, le Verbe tout-puissant que tu nous adresses, Seigneur. Tandis que tout baignait dans le silence, c'est-à-dire au profond de l'erreur, il est descendu des demeures royales (Sg 18,14), pour abattre durement l'erreur et doucement mettre en valeur l'amour. Et tout ce qu'il a fait, tout ce qu'il a dit sur terre, jusqu'aux opprobres, jusqu'aux crachats et aux gifles, jusqu'à la croix et au sépulcre, ce n'était rien d'autre que ta parole par ton Fils, parole qui nous provoquait à l'amour, parole qui éveillait en nous l'amour pour toi. Tu savais en effet, Dieu, Créateur des âmes, que les âmes des fils des hommes ne peuvent être forcées à cette affection, mais qu'il faut les provoquer. Parce que là où il y a contrainte, il n'y a plus de liberté; là où il n'y a pas de liberté, il n'y a pas de justice. Tu as voulu que nous t'aimions, car en justice nous ne pouvions être sauvés sinon en t'aimant. Et nous ne pouvions t'aimer à moins que cela ne vienne de toi. Donc, Seigneur, comme l'apôtre de ton amour le dit, tu nous as aimés le premier (1Jn 4,10), et le premier tu aimes tous ceux qui t'aiment. Mais nous, nous t'aimons par l'affection de l'amour que tu as mis en nous.

 


JEUDI 6 JUIN

Lecture suivie : Rm 8, 33 – 39  « Rien ne nous séparera de l’amour de Dieu »

Référence complémentaire : 1ere épître de st Paul aux Corinthiens (1 Co 13, 1 – 13)

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. La charité est longanime; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. La charité ne passe jamais. Les prophéties ? Elles disparaîtront. Les langues ? Elles se tairont. La science ? Elle disparaîtra. Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra ( …) Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité Seigneur.

 


VENDREDI 7 JUIN – SACRÉ-CŒUR

Lecture suivie : Rm 8, 33 – 39  « Rien ne nous séparera de l’amour de Dieu »

Texte de méditation : ORIGÈNE (Com. sur le Ct) – IIIe siècle

Il est écrit : « Aimons-nous les uns les autres, car l'amour est de Dieu » (1Jn 4,7) et peu après « Dieu est amour » (v. 8). Par là on montre à la fois que Dieu lui-même est amour et que celui qui est de Dieu est amour. Or, qui est de Dieu sinon celui qui dit : « Je suis sorti de Dieu et je suis venu dans le monde » ? (Jn 16,28) Si Dieu le Père est amour, le Fils aussi est amour...; le Père et le Fils sont un et ne diffèrent en rien. Voilà pourquoi c'est à bon droit que le Christ, au même titre que Sagesse, Puissance, Justice, Verbe, et Vérité est encore appelé Amour. Et parce que Dieu est amour et que le Fils qui est de Dieu est amour, il exige en nous quelque chose de semblable à lui, en sorte que par cet amour, cette charité, qui est dans le Christ Jésus, nous soyons unis à lui par une sorte de lien de parenté grâce à ce nom. Comme le disait Paul, qui lui était uni : « Qui nous séparera de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ? » (Rm 8,39) Or cet amour de charité estime que tout homme est notre prochain. C'est pour cette raison que le Sauveur a repris un homme qui croyait que l'âme juste n'est pas tenue d'observer les lois de la condition de prochain envers tous. Il a composé la parabole qui dit : « Un homme tomba entre les mains de brigands quand il descendait de Jérusalem à Jéricho ». Il blâme le prêtre et le lévite, qui le voyant à demi-mort, sont passés outre, mais il rend hommage au Samaritain qui a pratiqué la miséricorde. Et il fait confirmer que ce dernier a été le prochain de l'homme blessé par la réponse de celui même qui avait posé la question et lui dit : « Va, et fais de même ». Par nature, en effet, nous sommes tous le prochain les uns des autres, mais par les œuvres de charité, celui qui peut faire du bien se fait le prochain de celui qui ne le peut pas. C'est pourquoi notre Sauveur s'est fait notre prochain et n'est pas passé outre devant nous quand nous gisions « à demi-morts » par suite des « blessures dues aux brigands ».

 


SAMEDI 8 JUIN

 

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).