« Appuyé sur la promesse de Dieu,

il rendit gloire à Dieu » (Rm 4,20)

 

Lectio Divina - Saint Paul aux Romains

 

Vous pouvez télécharger la feuille de Lectio Divina au format pdf : Lettre de saint Paul aux Romains, chap. 1 à 8, semaine 5

 
 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 5 MAI

Lecture suivie : Rm 3, 1 – 26 : « justice de Dieu par la foi en Jésus Christ » 

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 53, 5 – 12) 

Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison. Tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin, et le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous. Maltraité, il s'humiliait, il n'ouvrait pas la bouche, comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n'ouvrait pas la bouche. Par contrainte et jugement il a été saisi. Parmi ses contemporains, qui s'est inquiété qu'il ait été retranché de la terre des vivants, qu'il ait été frappé pour le crime de son peuple? On lui a donné un sépulcre avec les impies et sa tombe est avec le riche, bien qu'il n'ait pas commis de violence et qu'il n'y ait pas eu de tromperie dans sa bouche. Le Seigneur a voulu l'écraser par la souffrance; s'il offre sa vie en sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, et par lui la volonté du Seigneur s'accomplira. A la suite de l'épreuve endurée par son âme, il verra la lumière et sera comblé. Par sa connaissance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes en s'accablant lui-même de leurs fautes. C'est pourquoi il aura sa part parmi les multitudes, et avec les puissants il partagera le butin, parce qu'il s'est livré lui-même à la mort et qu'il a été compté parmi les criminels, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les criminels.

 


LUNDI 6 MAI

Lecture suivie : Rm 3, 1 – 26 : « justice de Dieu par la foi en Jésus Christ » 

Texte de méditation : ORIGÈNE (Comm. sur le Cantique) – IIe-IIIe siècles

Parce que l'ennemi avait tendu partout ses filets, et qu'il y avait pris à peu près tous les hommes, il a été nécessaire que paraisse quelqu'un qui soit plus fort pour les dominer, les rompre, et frayer ainsi la voie à ceux qui le suivaient. C'est pourquoi, avant de venir s'unir l'Église comme son épouse, le Sauveur aussi est tenté par le diable. Il enseignait ainsi à l'Église que ce n'est pas par l'oisiveté et les plaisirs, mais par bien des épreuves et tentations, qu'elle devrait venir au Christ. Il n'y avait en effet personne d'autre qui aurait pu triompher de ces filets. « Car tous ont péché », comme il est écrit (Rm 3,23). Notre Seigneur et Sauveur Jésus est le seul qui « n'a jamais commis de péché » (1P 2,22). Mais le Père « l'a identifié au péché pour nous » (2Co 5,21) afin que « dans notre condition humaine de pécheurs, à cause du péché, il détruise le péché » (Rm 8,3). Jésus est donc entré dans ces filets, mais lui seul n'a pas pu être enlacé par eux. Bien plus, les ayant rompus et déchirés, il a donné confiance à l'Église, si bien qu'elle ose désormais fouler aux pieds les pièges, franchir les filets, et dire en toute allégresse : « Notre âme comme un oiseau s'est échappée du filet des chasseurs. Le filet a été rompu, et nous avons été libérés » (Ps 123,7). Lui aussi cependant a succombé à la mort, mais volontairement, et non, comme nous, sous la contrainte du péché. Car il est le seul à avoir été « libre entre les morts » (Ps 87,6). Et parce qu'il était libre entre les morts, il a vaincu « celui qui possédait le pouvoir de la mort » (He 2,14) et lui a « arraché  les captifs » (Ep 4,8) qui étaient détenus dans la mort. Il ne s'est pas seulement ressuscité lui-même des morts, mais il a en même temps « ressuscité ceux qui étaient prisonniers de la mort, et il les a fait asseoir dans les cieux » (Ep 2,5s) ; « montant dans les hauteurs, il a emmené captive la foule des captifs » (Ep 4,8).

 


MARDI 7 MAI

Lecture suivie : Rm 3,27 à 4,8   « Abraham crut à Dieu, et ce lui fut compté comme justice »

Référence complémentaire : Livre de la Genèse (Gn 15, 1 – 7)

La parole du Seigneur fut adressée à Abram, dans une vision: "Ne crains pas, Abram! Je suis ton bouclier, ta  récompense sera très grande." Abram répondit: "Mon Seigneur Dieu, que me donnerais-tu? Je m'en vais sans enfant..." Abram dit: "Voici que tu ne m'as pas donné de descendance et qu'un des gens de ma maison héritera de moi."4 Alors cette parole du Seigneur lui fut adressée: "Celui-là ne sera pas ton héritier, mais bien quelqu'un issu de ton sang." Il le conduisit dehors et dit: "Lève les yeux au ciel et dénombre les étoiles si tu peux les dénombrer" et il lui dit: "Telle sera ta postérité." Abram crut dans le Seigneur, qui le lui compta comme justice. Il lui dit: "Je suis le Seigneur qui t'ai fait sortir d'Ur des Chaldéens, pour te donner ce pays en possession."

 


MERCREDI 8 MAI

Lecture suivie : Rm 3,27 à 4,8    " Abraham crut à Dieu, et ce lui fut compté comme justice "

Texte de méditation : GRÉGOIRE DE NYSSE (Contre Eunome) – IVe siècle

Abraham sortit, ne sachant où il irait ; et il ne lui fut même pas permis d'apprendre le Nom de Celui qu'il aimait : Or il ne conçut ni rancœur, ni honte de cette ignorance. Parce que ce qu'il cherchait, c'était précisément une conduite certaine et sûre, pour être mené comme par la main à la science de Dieu, sans passer par aucun de ces objets qui tombent les premiers sous la connaissance, et sans que nul de ces objets saisissables n'émût son intelligence, arrêtant sa marche vers ce qui surpasse tous les objets connus. Il avait dépassé la sagesse de ses pères, je veux dire la philosophie chaldéenne qui s'arrête aux choses visibles, pour s’élever au-dessus du sensible par la beauté des choses que l'on perçoit dans la contemplation, et ayant fait l'expérience de l'harmonie des merveilles célestes, il désirait voir la beauté qui n'est ni produite ni exprimée par des formes. Ainsi devient « loi de la foi » cette histoire, enseignant que le seul moyen d'approcher de Dieu c'est que la foi intervienne, et soit le lien qui unit entre elles l'intelligence en quête de Dieu et la nature divine insaisissable. Car, écartant de la connaissance tout ce qui serait curiosité, l'Écriture dit : Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté comme justice. L'Écriture affirme donc — non pas à l'adresse d'Abraham, mais à notre adresse, dit l'Apôtre — que Dieu compte aux hommes comme justice la foi, et non la connaissance. Ce qui échappe à notre connaissance, la foi le fait nôtre, en garantissant par sa propre solidité ce qui ne se voit pas. Et l'Apôtre dit bien d'Abraham, l'homme de foi, qu'« il porta l'invisible comme s'il le voyait ».

 

 


JEUDI 9 MAI

Lecture suivie : Rm 4, 9 – 25    " Espérant contre toute espérance, Abraham crut et devint père "

Référence complémentaire : Epître aux Hébreux (He 11, 8 – 16)

Par la foi, Abraham obéit à l'appel de partir vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. C'est qu'il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l'architecte et le constructeur. Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu'elle estima fidèle celui qui avait promis. C'est bien pour cela que d'un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables. C'est dans la foi qu'ils moururent tous sans avoir reçu l'objet des promesses, mais ils l'ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu'ils sont à la recherche d'une patrie. Et s'ils avaient pensé à celle d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner. Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste. C'est pourquoi, Dieu n'a pas honte de s'appeler leur Dieu.

 


VENDREDI 10 MAI

Lecture suivie : Rm 4, 9 – 25    " Espérant contre toute espérance, Abraham crut et devint père "

Texte de méditation : BIENHEUREUX JEAN-PAUL II (Homélie)

Un jour le Christ affirma: "En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham existât, Je Suis" (Jn 8,58), et ces paroles provoquèrent l'émerveillement des auditeurs qui objectèrent: "Tu n'as pas cinquante ans et tu as vu Abraham?" (Jn 8, 57). Ceux qui réagissaient ainsi, raisonnaient de façon purement humaine, et c'est pourquoi ils n'acceptèrent pas ce que le Christ disait: "Es-tu donc plus grand qu'Abraham, notre Père, qui est mort? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être?" (Jn 8, 53). Jésus leur répliqua: “Abraham, votre père exulta à la pensée qu'il verrait mon Jour. Il l'a vu et fut dans la joie" (Jn 8, 56). La vocation d'Abraham apparaît complètement orientée vers le jour dont parle le Christ. Là, les calculs humains ne sont pas valables; il faut appliquer la mesure de Dieu. Ce n'est qu'alors que nous pouvons comprendre la juste signification de l'obéissance d'Abraham, qui "en espérant contre tout espérance, crut" (Rm 4, 18). Il espéra devenir le père de nombreuses nations, et aujourd'hui il se réjouit certainement avec nous, car la promesse de Dieu s'accomplit au cours des siècles, de génération en génération. Avoir cru, en espérant contre toute espérance, "lui fut compté comme justice" (Rm 4, 22), non seulement pour lui, mais également pour nous tous, ses descendants dans la foi.  Nous "qui croyons en celui qui ressuscita d'entre les morts Jésus notre Seigneur" (Rm 4, 24), mis à mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification (cf. Rm 4, 25). Cela, Abraham ne le savait pas; toutefois grâce à l'obéissance de la foi, Abraham se dirige vers l'accomplissement de toutes les promesses divines, animé par l'espérance qu'elles se seraient réalisées. Et existe-t-il plus grande promesse que celle qui s'est accomplie dans le mystère pascal du Christ? Dans la foi d'Abraham, Dieu tout-puissant a véritablement établi une alliance éternelle avec le genre humain, et l'accomplissement définitif de celle-ci est Jésus-Christ. Le Fils unique du Père, de sa même substance, s'est fait Homme pour nous introduire, à travers l'humiliation de la Croix et la gloire de la résurrection, dans la terre de salut que Dieu, riche de miséricorde, a promis à l'humanité dès le début.

 


SAMEDI 11 MAI

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).