« La supplication fervente du juste a

beaucoup de puissance » (Jc 5,16)

Lectio Divina - Saint Jacques

 

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Lettre de saint Jacques, semaine 6

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Nous t'en prions, Seigneur, que ta grâce nous devance et qu'elle nous accompagne toujours, pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche. Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen »

 


DIMANCHE 16 NOVEMBRE

Lecture suivie: Jc 4, 13 à 5, 6 « vous ne savez pas ce que sera votre vie demain »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Luc (Lc 12, 15 – 23) 

Jésus disait : "Attention! gardez-vous de toute cupidité, car, au sein même de l'abondance, la vie d'un homme n'est pas assurée par ses biens." Il leur dit alors une parabole: "Il y avait un homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté. Et il se demandait en lui-même: Que vais-je faire? Car je n'ai pas où recueillir ma récolte. Puis il se dit: Voici ce que je vais faire: j'abattrai mes greniers, j'en construirai de plus grands, j'y recueillerai tout mon blé et mes biens, et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années; repose-toi, mange, bois, fais la fête. Mais Dieu lui dit: Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. Et ce que tu as amassé, qui l'aura? Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s'enrichir en vue de Dieu." Puis il dit à ses disciples: "Voilà pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement.

 


LUNDI 17 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 4, 13 à 5, 6 « vous ne savez pas ce que sera votre vie demain » 

Texte de méditation : ST JEAN-MARIE VIANNEY (Catéchèse sur la prière)

Voyez, mes enfants : le trésor d'un chrétien n'est pas sur la terre, il est dans le ciel. Eh bien! notre pensée doit aller où est notre trésor. 

L'homme a une belle fonction, celle de prier et d'aimer. Vous priez, vous aimez : voilà le bonheur de l'homme sur la terre!

 La prière n'est autre chose qu'une union avec Dieu. Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. Dans cette union intime, Dieu et l'âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble; on ne peut plus les séparer. C'est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C'est un bonheur qu'on ne peut comprendre. 

Nous avions mérité de ne pas prier; mais Dieu, dans sa bonté, nous a permis de lui parler. Notre prière est un encens qu'il reçoit avec un extrême plaisir. 

Mes enfants, vous avez un petit cœur, mais la prière l'élargit et le rend capable d'aimer Dieu. La prière est un miel qui descend dans l'âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil. Oh! que j'aime ces âmes généreuses! Saint François d'Assise et sainte Colette voyaient notre Seigneur et lui parlaient comme nous nous parlions. Tandis que nous, que de fois nous venons à l'église sans savoir ce que nous venons faire et ce que nous voulons demander! Et pourtant, quand on va chez quelqu'un, on sait bien pourquoi on y va. Il y en a qui ont l'air de dire au bon Dieu « Je m'en vais vous dire deux mots pour me débarrasser de vous...» Je pense souvent que, lorsque nous venons adorer notre Seigneur, nous obtiendrions tout ce que nous voudrions, si nous le lui demandions avec une foi bien vive et un cœur bien pur.

 


MARDI 18 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 5, 7 – 11 « nous proclamons bienheureux ceux qui ont de la constance »

Référence complémentaire : Livre de Job (Jb 42, 10 – 17)

Le Seigneur restaura la situation de Job, tandis qu'il intercédait pour ses amis; et même le Seigneur accrut au double tous les biens de Job. Celui-ci vit venir vers lui tous ses frères et toutes ses sœurs ainsi que tous ceux qui le fréquentaient autrefois. Partageant le pain avec lui dans sa maison, ils s'apitoyaient sur lui et le consolaient de tous les maux que le Seigneur lui avait infligés. Chacun lui fit cadeau d'une pièce d'argent, chacun lui laissa un anneau d'or. Le Seigneur bénit la condition dernière de Job plus encore que l'ancienne. Il posséda 14.000 brebis, 6.000 chameaux, mille paires de bœufs et mille ânesses. Il eut sept fils et trois filles. La première, il la nomma "Tourterelle", la seconde "Cinnamome" et la troisième "Corne à fard." Dans tout le pays on ne trouvait pas d'aussi belles femmes que les filles de Job. Et leur père leur donna une part d'héritage en compagnie de leurs frères. Après cela Job vécut encore 140 ans, et il vit ses fils et les fils de ses fils jusqu'à la quatrième génération. Puis Job mourut chargé d'ans et rassasié de jours.

 


MERCREDI 19 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 5, 7 – 11 « nous proclamons bienheureux ceux qui ont de la constance »

Texte de méditation : SAINT JEAN DE LA CROIX (Vive flamme) – XVIe siècle

Ô âmes qui désirez marcher en assurance et consolées dans les choses de l'esprit ! si vous saviez combien il vous convient de pâtir en supportant pour parvenir à cette sécurité et consolation, et comment sans cela l'âme ne peut parvenir à ce qu'elle désire, mais plutôt retourner en arrière, en aucune façon vous ne chercheriez à recevoir consolation ni de Dieu ni des créatures, mais au contraire vous porteriez votre croix et, placées sur elle, vous voudriez boire là le fiel et le vinaigre pur, et estimeriez cela un grand bonheur, voyant comment, mourant ainsi au monde et à vous-mêmes, vous vivriez avec Dieu en délices d'esprit et, si vous enduriez avec patience et fidélité un peu de peine extérieure, vous mériteriez que Dieu jetât les yeux sur vous pour vous purifier et nettoyer plus intérieurement par des épreuves spirituelles plus intérieures, afin de vous donner des biens plus intérieurs. Car il faut qu'ils aient rendu beaucoup de services à Dieu, et pour Lui enduré avec beaucoup de patience et de constance, et qu'ils aient été fort agréables devant Lui en leur vie et leurs actions ceux à qui Dieu fait une si singulière grâce de les tenter plus avant à l'intérieur, pour les privilégier en grâces et mérites ; comme nous lisons de saint Tobie, à qui saint Raphaël dit que, parce qu'il avait été agréable à Dieu, Dieu lui avait fait cette grâce de lui envoyer la tentation qui l'éprouve davantage, afin de lui donner davantage (Tb 12,13); et ainsi tout ce qui lui resta de vie après cette tentation, il le passa en joie, ainsi que dit l'Écriture divine (Tb 14,4). Nous voyons ni plus ni moins dans le saint Job : acceptant que Dieu reçoive ses œuvres en présence des bons et des mauvais esprits, Il lui fit ensuite cette faveur de lui envoyer cette dure affliction, afin de l'enrichir ensuite beaucoup plus, comme Il le fit en multipliant ses biens dans le spirituel et dans le temporel (Jb 1-2 Jb 42,12).

 


JEUDI 20 NOVEMBRE

Lecture suivie: Jc 5, 12 – 20 « que votre oui soit oui, que votre non soit non »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Matthieu (Mt 5, 37 – 48)

Que votre langage soit: Oui? Oui, Non? Non: ce qu'on dit de plus vient du Mauvais. "Vous avez entendu qu'il a été dit: œil pour œil et dent pour dent. Eh bien! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant: au contraire, quelqu'un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l'autre; veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau; te requiert-il pour une course d'un mille, fais-en deux avec lui. A qui te demande, donne; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos. "Vous avez entendu qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien! moi je vous dis: Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant? Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

 


VENDREDI 21 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 5, 12 – 20 « que votre oui soit oui, que votre non soit non »

Texte de méditation : BIENHEUREUX PAUL VI (Catéchèse)

Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour conserver à la vie chrétienne le sens de liberté et de joie qui lui est propre. Nous ne devons pas l’appesantir par des lois graves et superflues (cf. Mt 23,4). Nous devons infuser en nous et chez les autres le goût des choses vraies, pures, justes, saintes, aimables, honnêtes, droites, comme nous l’enseigne saint Paul (cf. Ph 4,8) ; et si nous en avons le goût, il nous sera facile d’y adapter notre conduite. Mais c’est précisément pour cela que nous devons avoir le sens de l’absolu qui imprègne sans réticence la conception religieuse catholique : absolu pour la vérité, oui-oui : non-non dit l’Evangile (Mt 5,37 cf. Jc 5,12 2Co 1,17), sans se livrer volontairement aux flatteries du doute ou aux illusoires, commodités d’un pluralisme capricieux ; absolu pour la morale, qui ne peut faire abstraction des exigences des lois de la vie que Dieu a imprimées dans le cœur de l’homme (cf. Mt 5,17 et tout le discours de la montagne ; Rm 2,14) ; absolu pour l’œuvre de rédemption, qui réclame de nous l’application de la loi souveraine de l’amour, avec ce qu’elle comporte de conséquences ; l’obéissance, le dévouement, l’expiation, le sacrifice (cf. Mt 22,36 Jn 12,24 Jn 13,34 etc.). Cette fidélité essentielle au Christ et à sa Croix donne le sceau de l’authenticité à la vie chrétienne qui assume parfois un style d’aventure imprévue et risquée (cf. 2Co 11,26), et même d’héroïsme, ce dont l’histoire de l’Eglise nous offre des exemples magnifiques, innombrables, avec les martyrs, les saints, les vrais fidèles. Oui, la vie chrétienne est difficile, parce qu’elle est logique, parce qu’elle est fidèle, parce qu’elle est forte, parce qu’elle est militante, parce qu’elle est grande. Que le Seigneur daigne nous concéder de la comprendre et de la vivre ainsi !

 


SAMEDI 22 NOVEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).