« Montrez par une vie exemplaire

que la douceur de la sagesse inspire vos actes » (Jc 3,13)

Lectio Divina - Saint Jacques

 

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Lettre de saint Jacques, semaine 5

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Nous t'en prions, Seigneur, que ta grâce nous devance et qu'elle nous accompagne toujours, pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche. Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen »

 


DIMANCHE 9 NOVEMBRE           

Lecture suivie : Jc 3, 1 – 12 « qui ne commet pas d’écart de langage est parfait »

Référence complémentaire : Livre de l’Ecclésiastique (Si 28,13 – 26) 

Fi du bavard et du fourbe: ils ont perdu beaucoup de gens qui vivaient en paix. La troisième langue a ébranlé bien des gens, les a dispersés d'une nation à l'autre; elle a détruit de puissantes cités et renversé des maisons de grands. La troisième langue a fait répudier des femmes parfaites, les dépouillant du fruit de leurs travaux. Qui lui prête l'oreille ne trouve plus le repos, ne peut plus demeurer dans la paix. Un coup de fouet laisse une marque, mais un coup de langue brise les os. Bien des gens sont tombés par l'épée, mais beaucoup plus ont péri par la langue. Heureux qui est à l'abri de ses atteintes, qui n'est pas exposé à sa fureur, qui n'a pas porté son joug, qui n'a pas été lié de ses chaînes. Car son joug est un joug de fer et ses chaînes des chaînes d'airain. Une mort terrible, la mort qu'elle inflige, et le shéol lui est préférable. Elle n'a pas d'emprise sur les hommes pieux, ils ne sont pas brûlés à sa flamme. Ceux qui abandonnent le Seigneur sont ses victimes, en eux elle brûlera sans s'éteindre, elle sera lancée contre eux comme un lion, elle les déchirera comme une panthère. Vois, entoure d'épines ta propriété, serre ton argent et ton or. Dans ton langage use de balances et de poids, à ta bouche mets porte et verrou. Garde-toi de faire par elle des faux pas, tu tomberais au pouvoir de celui qui te guette.

 


LUNDI 10 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 3, 1 – 12 « qui ne commet pas d’écart de langage est parfait » 

Texte de méditation : PAPE FRANÇOIS (Joie de l’Evangile)

Jésus s’irritait devant ces supposés maîtres, très exigeants pour les autres, qui enseignaient la Parole de Dieu, mais ne se laissaient pas éclairer par elle : « Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt » (Mt 23, 4). L’Apôtre Jacques exhortait : « Ne soyez pas nombreux, mes frères, à devenir docteurs. Vous le savez, nous n’en recevrons qu’un jugement plus sévère » (Jc 3, 1). Quiconque veut prêcher, doit d’abord être disposé à se laisser toucher par la Parole et à la faire devenir chair dans son existence concrète. De cette façon, la prédication consistera dans cette activité si intense et féconde qui est de « transmettre aux autres ce qu’on a contemplé ». Pour tout cela, avant de préparer concrètement ce que l’on dira dans la prédication, on doit accepter d’être blessé d’abord par cette Parole qui blessera les autres, parce que c’est une Parole vivante et efficace, qui, comme un glaive « pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles, et peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12). Cela revêt une importance pastorale. À notre époque aussi, les gens préfèrent écouter les témoins : « ils ont soif d’authenticité […] Le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qu’ils connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible ». Il existe une modalité concrète pour écouter ce que le Seigneur veut nous dire dans sa Parole et pour nous laisser transformer par son Esprit. Et c’est ce que nous appelons ‘lectio divina’. Elle consiste dans la lecture de la Parole de Dieu à l’intérieur d’un moment de prière pour lui permettre de nous illuminer et de nous renouveler.

 


MARDI 11 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 3, 13 – 18   « la Sagesse d’en haut est pure, pacifique, bienveillante »

Référence complémentaire : Livre de la Sagesse (Sg 7, 22 – 30)

Dans la Sagesse est un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, mobile, pénétrant, sans souillure, clair, impassible, ami du bien, prompt, irrésistible, bienfaisant, ami des hommes, ferme, sûr, sans souci, qui peut tout, surveille tout, pénètre à travers tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils. Car plus que tout mouvement la Sagesse est mobile; elle traverse et pénètre tout à cause de sa pureté. Elle est en effet un effluve de la puissance de Dieu, une émanation toute pure de la gloire du Tout-Puissant; aussi rien de souillé ne s'introduit en elle. Car elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l'activité de Dieu, une image de sa bonté. Bien qu'étant seule, elle peut tout, demeurant en elle-même, elle renouvelle l'univers et, d'âge en âge passant en des âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes; car Dieu n'aime que celui qui habite avec la Sagesse. Elle est, en effet, plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations, comparée à la lumière, elle l'emporte; car celle-ci fait place à la nuit, mais contre la Sagesse le mal ne prévaut pas.

 


MERCREDI 12 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 3, 13 – 18   « la Sagesse d’en haut est pure, pacifique, bienveillante »

Texte de méditation : BENOÎT XVI (Angelus du 20 septembre 2009)

Je prends appui sur un passage de la lettre de Jacques (Jc 3, 16 - 4, 3), et je m'arrête, en particulier, sur une expression qui frappe par sa beauté et par son actualité. Il s'agit de la description de la sagesse véritable, que l'apôtre oppose à la fausse sagesse. Une liste de sept qualités, selon l'usage biblique, d'où ressortent la perfection de la sagesse authentique et les effets positifs qu'elle produit. Comme sa qualité première et principale, en quelque sorte placée comme une prémisse des autres, saint Jacques cite la "pureté", c'est-à-dire la sainteté, le reflet transparent, pour ainsi dire, de Dieu dans l'âme humaine. Et comme Dieu dont elle vient, la sagesse n'a pas besoin de s'imposer par la force, parce qu'elle possède la vigueur invincible de la vérité et de l'amour, qui s'affirme d'elle-même. C'est pour cela qu'elle est pacifique, douce et conciliante; elle n'use pas de partialité, et ne recourt pas à des mensonges; elle est indulgente et généreuse, elle se reconnaît à ses fruits de bien qu'elle suscite en abondance. Pourquoi ne pas s'arrêter pour contempler de temps à autre la beauté de cette sagesse? Pourquoi ne pas puiser à la source non polluée de l'amour de Dieu, la sagesse du cœur, qui nous désintoxique des résidus du mensonge et de l'égoïsme? Cela vaut pour tous, mais en premier lieu pour qui est appelé à être promoteur et "tisserand" de paix dans les communautés religieuses et civiles, dans les rapports sociaux et politiques, et dans les relations internationales. Chers amis, encore une fois, l'Ecriture Sainte nous a conduits à réfléchir aux aspects moraux de l'existence humaine, mais, à partir d'une réalité qui précède la morale même, c'est-à-dire la vraie sagesse. Demandons à Dieu avec confiance la sagesse du cœur, par l'intercession de Celle qui a accueilli dans son sein et enfanté la Sagesse incarnée, Jésus Christ, notre Seigneur. Marie, Siège de la Sagesse, prie pour nous !

 


JEUDI 13 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 4, 1 – 12 « Dieu résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles »

Référence complémentaire : Livre des Proverbes (Pr 3, 27 – 35)

Ne refuse pas un bienfait à qui y a droit quand il est en ton pouvoir de le faire. Ne dis pas à ton prochain: "Va-t'en! repasse! demain je te donnerai!" quand la chose est en ton pouvoir. Ne machine pas le mal contre ton prochain, alors qu'il demeure en confiance avec toi. Ne te querelle pas sans motif avec un homme, s'il ne t'a fait aucun mal. N'envie pas l'homme violent, ne choisis jamais ses chemins, car les pervers sont l'abomination du Seigneur, lui qui fait des hommes droits ses familiers. Malédiction du Seigneur sur la maison du méchant! mais il bénit la demeure des justes. Il raille les railleurs, mais aux pauvres il donne sa faveur. La gloire est la part des sages, mais les sots héritent le mépris.

 


VENDREDI 14 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 4, 1 – 12 « Dieu résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles »

Texte de méditation : SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE (Homélie)  – IVe siècle

 « Heureux les miséricordieux, dit le Seigneur, ils obtiendront miséricorde. » (Mt 5,7) La miséricorde n'est pas la moindre des béatitudes : « Heureux qui comprend le pauvre et le faible », et aussi : « L'homme bon compatit et partage », ailleurs encore : « Tout le jour, le juste a pitié, il prête » (Ps 71,13;111,5;36,26). Faisons nôtre donc cette béatitude : sachons comprendre, soyons bons. Même la nuit ne doit pas arrêter ta miséricorde ; « ne dis pas : Reviens demain matin et je te donnerai » (Pr 3,28). Qu'il n'y ait pas d'hésitation entre ta première réaction et ta générosité... « Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri » (Is 58,7) et fais-le de bon cœur. « Celui qui exerce la miséricorde, dit saint Paul, qu'il le fasse avec joie » (Rm 12,8). Ton mérite est doublé par ton empressement ; un don fait avec chagrin et par contrainte n'a ni grâce ni éclat. C'est avec un cœur en fête, non en se lamentant, qu'il faut faire le bien. « Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement » (Is 58,8). Y a-t-il quelqu'un qui ne désire pas la lumière et la guérison ?  C'est pourquoi, serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers (Ga 4,7), tant que nous en avons l'occasion, visitons le Christ, nourrissons le Christ, habillons le Christ, recueillons le Christ, honorons le Christ (cf Mt 25,31s). Non seulement en l'invitant à table, comme quelques-uns l'ont fait, ou en le couvrant de parfums, comme Marie Madeleine, ou en participant à sa sépulture, comme Nicodème. Ni avec l'or, l'encens et la myrrhe, comme les mages. Le Seigneur de l'univers « veut la miséricorde et non le sacrifice » (Mt 9,13), notre compassion plutôt que « des milliers d'agneaux engraissés » (Mi 6,7). Présentons-lui donc notre miséricorde par les mains de ces malheureux gisant aujourd'hui sur le sol, afin que, le jour où nous partirons d'ici, ils nous « introduisent aux demeures éternelles » (Lc 16,9), dans le Christ lui-même, notre Seigneur.

 


SAMEDI 15 NOVEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).