« Ne mêlez pas des considérations de personnes

à la foi en Jésus Christ » (Jc 2,1)

Lectio Divina - Saint Jacques

 

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Lettre de saint Jacques, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Nous t'en prions, Seigneur, que ta grâce nous devance et qu'elle nous accompagne toujours, pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche. Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen »

 


DIMANCHE 2 NOVEMBRE

Lecture suivie: Jc 2, 1 – 9 « tu aimeras ton prochain comme toi-même »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Luc (Lc 10, 25 – 37) 

Un légiste se leva, et dit à Jésus pour l'éprouver: Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle?" Il lui dit: "Dans la Loi, qu'y-a-t-il d'écrit? Comment lis-tu?" Celui-ci répondit: "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit; et ton prochain comme toi-même"  -- "Tu as bien répondu, lui dit Jésus; fais cela et tu vivras." Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: "Et qui est mon prochain?" Jésus reprit: "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort. Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là; il le vit et passa outre. Pareillement un lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier, en disant: Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour. Lequel de ces trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands?" Il dit: "Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui." Et Jésus lui dit: "Va, et toi aussi, fais de même."

 


LUNDI 3 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 2, 1 – 9 « tu aimeras ton prochain comme toi-même » 

Texte de méditation : BENOÎT XVI (Homélie du 10 septembre 2006)

Jacques s'adresse à une communauté dans laquelle commence à apparaître l'orgueil, car dans celle-ci se trouvent également des personnes aisées et distinguées, tandis que l'on court le danger que l'attention au droit des pauvres disparaisse. Dans ses paroles, Jacques laisse entrevoir l'image de Jésus, de ce Dieu qui se fit homme et, tout en étant d'origine davidique, c'est-à-dire royale, devint un homme simple parmi les hommes simples; il ne siégea pas sur un trône, mais à la fin, mourut dans la pauvreté extrême de la Croix. L'amour du prochain, qui est en premier lieu sollicitude pour la justice, est la pierre de touche de la foi et de l'amour de Dieu. Jacques l'appelle "la loi royale" (cf. 2, 8) laissant entrevoir la parole préférée de Jésus: la royauté de Dieu, la domination de Dieu. Cela n'indique pas un royaume quelconque qui arrivera un jour ou l'autre, mais cela signifie que Dieu doit devenir à présent la force déterminante de notre vie et de nos actions.  C'est  ce que nous demandons lorsque nous prions: “Que ton Règne vienne". Nous ne demandons pas quelque chose d'éloigné, dont nous-mêmes ne voulons pas même, au fond, faire l'expérience. Nous prions au contraire pour que la volonté de Dieu détermine à présent notre volonté et qu'ainsi, Dieu règne dans le monde; nous prions donc afin que la justice et l'amour deviennent des forces décisives dans l'ordre du monde. Une telle prière s'adresse naturellement en premier lieu à Dieu, mais ébranle également notre cœur lui-même. Au fond, le voulons-nous vraiment? Sommes-nous en train d'orienter notre vie dans cette direction? Jacques appelle la "loi royale", la loi de la royauté de Dieu, également "loi de la liberté": si tous pensent et vivent selon Dieu, alors, nous devenons tous  égaux,  nous  devenons libres et ainsi naît la véritable fraternité. Isaïe, dans la première lecture, en parlant de Dieu - "Voici votre Dieu!" - parle dans le même temps du salut pour les personnes qui souffrent, et Jacques, en parlant de l'ordre social comme expression indispensable de notre foi, parle logiquement également de Dieu, dont nous sommes les fils.

 


MARDI 4 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 2, 10 – 13   « agissez comme ceux qui seront jugés par une loi de liberté »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 6, 8 – 14)

Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui, sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n'exerce plus de pouvoir sur lui. Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes; mais sa vie est une vie à Dieu. Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus. Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel de manière à vous plier à ses convoitises. Ne faites plus de vos membres des armes d'injustice au service du péché; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu. Car le péché ne dominera pas sur vous: vous n'êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce.

 


MERCREDI 5 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 2, 10 – 13 « agissez comme ceux qui seront jugés par une loi de liberté »

Texte de méditation : SAINT CÉSAIRE D’ARLES (Sermon) – VIe siècle

« Si quelqu’un observe toute la Loi mais s’il est en faute sur un seul point, le voilà en infraction par rapport à l’ensemble de la Loi » (Jc 2,10). Quel est cet unique précepte, sinon le vrai amour, la charité parfaite ? C’est d’elle que l’apôtre Paul a dit aussi : « Une seule formule contient toute la Loi en sa plénitude : tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Ga 5,14). Car la vraie charité est patiente dans l’adversité et modérée dans la prospérité. Elle est forte dans les souffrances pénibles, joyeuse dans les bonnes œuvres, parfaitement en sûreté dans la tentation. Elle est très douce entre vrais frères, très patiente parmi les faux. Elle est innocente au milieu des embûches ; elle gémit au milieu des malfaisances ; elle respire dans la vérité. Elle est chaste en Suzanne mariée, en Anne veuve, en Marie vierge (Dn 13,1s; Lc 2,36). Elle est humble dans l’obéissance de Pierre et libre dans l’argumentation de Paul. Elle est humaine dans le témoignage des chrétiens, divine dans le pardon du Christ. Car la vraie charité, frères très chers, est l’âme de toutes les Écritures, la force de la prophétie, la charpente de la connaissance, le fruit de la foi, la richesse des pauvres, la vie des mourants. Gardez-la donc fidèlement ; chérissez-la de tout votre cœur et de toute la force de votre esprit (cf Mc 12,30)

 


JEUDI 6 NOVEMBRE

Lecture suivie: Jc 2, 14 – 26  « la foi sans les œuvres est morte »

Référence complémentaire : Epître aux Hébreux (He 11, 8 – 19)

Par la foi, Abraham obéit à l'appel de partir vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. C'est qu'il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l'architecte et le constructeur. Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu'elle estima fidèle celui qui avait promis. C'est bien pour cela que d'un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables... C'est dans la foi qu'ils moururent tous sans avoir reçu l'objet des promesses, mais ils l'ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu'ils sont à la recherche d'une patrie. Et s'ils avaient pensé à celle d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner. Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste. C'est pourquoi, Dieu n'a pas honte de s'appeler leur Dieu; il leur a préparé, en effet, une ville... Par la foi, Abraham, mis à l'épreuve, a offert Isaac, et c'est son fils unique qu'il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, lui à qui il avait été dit: C'est par Isaac que tu auras une postérité. Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts; c'est pour cela qu'il recouvra son fils, et ce fut un symbole.

 


VENDREDI 7 NOVEMBRE

Lecture suivie : Jc 2, 14 – 26  « la foi sans les œuvres est morte »

Texte de méditation : SAINT IRÉNÉE DE LYON (Adv. Haer.)  IIe siècle

Pour avoir suivi la Parole de Dieu, son appel, spontanément et librement dans la générosité de sa foi, Abraham était devenu « l'ami de Dieu » (Jc 2,23). Ce n'était pas à cause d'une indigence que le Verbe de Dieu s'est acquis cette amitié d'Abraham, lui qui est parfait dès l'origine ; « Avant qu'Abraham ait été, dit-il, je suis » (Jn 8,58). Mais c'était pour pouvoir, lui qui est bon, donner à Abraham la vie éternelle. Au commencement non plus, ce n'était pas parce qu'il avait besoin de l'homme que Dieu a modelé Adam, mais pour avoir quelqu'un en qui déposer ses bienfaits.

 Ce n'était pas davantage parce qu'il avait besoin de notre service qu'il nous a commandé de le suivre, mais pour nous procurer le salut. Car suivre le Sauveur c'est avoir part au salut, comme suivre la lumière c'est avoir part à la lumière. Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle. Dieu accorde ses bienfaits à ceux qui le servent parce qu'ils le servent, et à ceux qui le suivent parce qu'ils le suivent ; mais il ne reçoit d'eux nul bienfait, car il est parfait et sans besoin.

 Si Dieu sollicite le service des hommes, c'est pour pouvoir, lui qui est bon et miséricordieux, accorder ses bienfaits à ceux qui persévèrent dans son service. Car, si Dieu n'a besoin de rien, l'homme a besoin de la communion de Dieu. La gloire de l'homme, c'est de persévérer dans le service de Dieu. C'est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais moi qui vous ai choisis » (Jn 15,16), indiquant par là que pour avoir suivi le Fils de Dieu, ils étaient glorifiés par lui : « Père, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu'ils contemplent ma gloire » (Jn 17,24).

 


SAMEDI 8 NOVEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).