« La foi est la garantie des biens que l’on espère » (He 11,1)

Lectio Divina - Lettre aux Hébreux

 

Vous pouvez télécharger la feuille hebdomadaire au format pdf : Lettre aux Hébreux, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu qui as des disciples pleins de foi et de l’Esprit Saint, pour qu’ils portent aux païens le message du salut ; fais que l’Évangile du Christ, dont ils furent les Apôtres courageux, soit encore annoncé fidèlement en paroles et en actes. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 3 NOVEMBRE 

Lecture suivie : He 10, 26 – 35: « rappelez-vous ces jours où vous avez été illuminés »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Galates (Ga 2, 20 à 3,7) 

Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi. Je n'annule pas le don de Dieu: car si la justice vient de la loi, c'est donc que le Christ est mort pour rien." O Galates sans intelligence, qui vous a ensorcelés? A vos yeux pourtant ont été dépeints les traits de Jésus Christ en croix. Je ne veux savoir de vous qu'une chose: est-ce pour avoir pratiqué la Loi que vous avez reçu l'Esprit, ou pour avoir cru à la prédication? Etes-vous à ce point dépourvus d'intelligence, que de commencer par l'esprit pour finir maintenant dans la chair? Est-ce en vain que vous avez éprouvé tant de faveurs? Et ce serait bel et bien en vain. Celui donc qui vous prodigue l'Esprit et opère parmi vous des miracles, le fait-il parce que vous pratiquez la loi ou parce que vous croyez à la prédication? Ainsi Abraham crut-il en Dieu, et ce lui fut compté comme justice. Comprenez-le donc: ceux qui se réclament de la foi, ce sont eux les fils d'Abraham.

 


LUNDI 4 NOVEMBRE

Lecture suivie : He 10, 26 – 35 « rappelez-vous ces premiers jours où vous avez été illuminés » 

Texte de méditation : SAINT GRÉGOIRE LE GRAND (Hom. Ev.) – VIe siècle

« Le Seigneur Jésus après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu » (Mc 16,19). Il repartait ainsi vers le lieu d'où il était, il revenait d'un lieu où il continuait de séjourner ; en effet, au moment où il montait au ciel avec son humanité, il unissait par sa divinité le ciel et la terre. Ce que nous avons à remarquer dans la solennité d'aujourd'hui, frères très aimés, c'est la suppression du décret qui nous condamnait et du jugement qui nous vouait à la corruption. En effet, la nature humaine à qui s’adressaient ces mots : « Tu es terre, et tu retourneras à la terre » (Gn 3,19), cette nature est aujourd'hui montée au ciel avec le Christ. Voilà pourquoi, frères très aimés, il nous faut le suivre de tout notre cœur, là où nous savons par la foi qu'il est monté avec son corps. Fuyons les désirs de la terre : qu'aucun des liens d’ici-bas ne nous entrave, à nous qui avons un Père dans les cieux. Pensons aussi au fait que celui qui est monté au ciel plein de douceur reviendra avec exigence. Voilà, mes frères, ce qui doit guider votre action ; pensez-y continuellement. Même si vous êtes ballottés dans le remous des affaires de ce monde, jetez pourtant dès aujourd'hui l'ancre de l'espérance dans la patrie éternelle (He 6,19). Que votre âme ne recherche que la vraie lumière. Nous venons d'entendre que le Seigneur est monté au ciel ; pensons sérieusement à ce que nous croyons. Malgré la faiblesse de la nature humaine qui nous retient encore ici-bas, que l'amour nous attire à sa suite, car nous sommes sûrs que celui qui nous a inspiré ce désir, Jésus Christ, ne nous décevra pas dans notre espérance.

 


MARDI 5 NOVEMBRE

Lecture suivie : He 10, 36 à 11, 7   « mon juste vivra par la foi »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 1, 8 – 17)

Je remercie mon Dieu par Jésus Christ à votre sujet à tous, de ce qu'on publie votre foi dans le monde entier. Car Dieu m'est témoin, à qui je rends un culte spirituel en annonçant l'Evangile de son Fils, avec quelle continuité je fais mémoire de vous et demande constamment dans mes prières d'avoir enfin une occasion favorable, si Dieu le veut, d'aller jusqu'à vous. Car j'ai un vif désir de vous voir, afin de vous communiquer quelque don spirituel, pour vous affermir, ou plutôt éprouver le réconfort parmi vous de notre foi commune à vous et à moi. Je ne veux pas vous laisser ignorer, frères, que j'ai souvent projeté de me rendre chez vous --  mais j'en fus empêché jusqu'ici --  afin de recueillir aussi quelque fruit parmi vous comme parmi les autres païens. Je me dois aux Grecs comme aux barbares, aux savants comme aux ignorants: de là mon empressement à vous porter l'Evangile à vous aussi, habitants de Rome. Car je ne rougis pas de l'Evangile: il est une force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit, du Juif d'abord, puis du Grec. Car en lui la justice de Dieu se révèle de la foi à la foi, comme il est écrit: Le juste vivra de la foi.

 


MERCREDI 6 NOVEMBRE

Lecture suivie : He 10, 36 à 11, 7   « mon juste vivra par la foi »

Texte de méditation : PAPE FRANÇOIS (Lumière de la Foi)

La lumière de la foi en Jésus éclaire aussi le chemin de tous ceux qui cherchent Dieu, et offre la contribution spécifique du christianisme dans le dialogue avec les adeptes des diverses religions. La Lettre aux Hébreux nous parle du témoignage des justes qui, avant l’Alliance avec Abraham, cherchaient déjà Dieu avec foi. D’Hénoch, on dit qu’ « il lui est rendu témoignage qu’il avait plu à Dieu » (He 11, 5), chose impossible sans la foi, parce que « celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (He 11, 6). Nous pouvons ainsi comprendre que le chemin de l’homme religieux passe par la confession d’un Dieu qui prend soin de lui et qui n’est pas impossible à trouver. Quelle autre récompense Dieu pourrait-il offrir à ceux qui le cherchent, sinon de se laisser rencontrer ? Bien auparavant, nous trouvons la figure d’Abel, dont on loue aussi la foi à cause de laquelle Dieu a accepté ses dons, l’offrande des premiers-nés de son troupeau (cf. He 11, 4). L’homme religieux cherche à reconnaître les signes de Dieu dans les expériences quotidiennes de sa vie, dans le cycle des saisons, dans la fécondité de la terre et dans tout le mouvement du cosmos. Dieu est lumineux, et il peut être trouvé aussi par ceux qui le cherchent avec un cœur sincère. L’image de cette recherche se trouve dans les Mages, guidés par l’étoile jusqu’à Bethléem (cf. Mt 2, 1-12). Pour eux, la lumière de Dieu s’est montrée comme chemin, comme étoile qui guide le long d’une route de découvertes. L’étoile évoque ainsi de la patience de Dieu envers nos yeux, qui doivent s’habituer à sa splendeur. L’homme religieux est en chemin et doit être prêt à se laisser guider, à sortir de soi pour trouver le Dieu qui surprend toujours.

 


JEUDI 7 NOVEMBRE

Lecture suivie : He 11, 8 – 19  « Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir »

Référence complémentaire : Livre de la Genèse (Gn 12, 1 – 7)

Le Seigneur dit à Abram : "Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t'indiquerai. Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom; sois une bénédiction ! Je bénirai ceux qui te béniront, je réprouverai ceux qui te maudiront. Par toi se béniront tous les clans de la terre." Abram partit, comme lui avait dit le Seigneur, et Lot partit avec lui. Abram avait 75 ans lorsqu'il quitta Harân. Abram prit sa femme Saraï, son neveu Lot, tout l'avoir qu'ils avaient amassé et le personnel qu'ils avaient acquis à Harân, ils se mirent en route pour le pays de Canaan et ils y arrivèrent. Abram traversa le pays jusqu'au lieu saint de Sichem, au Chêne de Moré. Les Cananéens étaient alors dans le pays. Le Seigneur apparut à Abram et dit : "C'est à ta postérité que je donnerai ce pays." Et là, Abram bâtit un autel au Seigneur qui lui était apparu.

 


VENDREDI 8 NOVEMBRE

Lecture suivie : He 11, 8 – 19  « Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir »

Texte de méditation : GRÉGOIRE DE NYSSE (C. Eunome) – IVe siècle

Abraham sort, par commandement divin, de sa terre et de sa parenté. Cette « sortie » est glorieuse, pour un homme qui est prophète et qui se hâte vers la connaissance de Dieu. Car autrement, je ne crois pas qu'un changement de lieu permette de saisir ces choses que l'on trouve par l'intelligence. Mais Abraham est sorti de lui-même et de sa terre, c'est-à-dire de sa pensée terrestre et basse, pour élever son intelligence au-dessus des limites de la nature, et laisser derrière lui, autant que possible, la parenté de son âme avec ses sens. Il ne veut pas qu'aucun objet sensible l'aveugle ou l'enténèbre, l’empêchant d'accéder à la connaissance de ces réalités qui échappent aux yeux des sens, ni que les bruits qui résonnent autour de lui, ou la vision des apparences, séduisent son intelligence. S'avançant, comme le dit l'Apôtre, par la foi et non par l'apparence, il s'éleva, dans la grandeur et l'excellence de sa connaissance, au point d'être tenu pour le sommet de la perfection humaine ; il parvint à la plus haute connaissance de Dieu qui soit permise à l'homme limité et mortel. C'est pourquoi le Seigneur de toute créature se nomme lui-même « le Dieu d’Abraham », comme s'il était une trouvaille du Patriarche. Mais que dit encore l'Écriture ? Qu'il sortit, ne sachant où il irait ; et il ne lui fut même pas permis d'apprendre le Nom de Celui qu'il aimait : Or il ne conçut ni rancœur, ni honte de cette ignorance. Pour ce qu'il cherchait, c'était précisément une conduite certaine et sûre, que d'être mené comme par la main à la science de Dieu, sans passer par aucun de ces objets qui tombent les premiers sous la connaissance, et sans que nul de ces objets saisissables n'émût son intelligence, arrêtant sa marche vers ce qui surpasse tous les objets connus.

 


SAMEDI 9 NOVEMBRE

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).