« quand Jésus fut glorifié, ils se rappelèrent que l’Ecriture le disait » (Jn 12,16)

Lectio Divina - Saint Jean l'Evangéliste

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Jean 9-12, semaine 8

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

 


DIMANCHE 15 MARS                                                                     

Lect. suivie : Jn 12, 12 – 19 « Hosanna Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »

Référence complémentaire : Evangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14,10 – 23) 

Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même: mais le Père demeurant en moi fait ses oeuvres. Croyez-m'en! je suis dans le Père et le Père est en moi. Croyez du moins à cause des œuvres mêmes. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père. Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu'il soit avec vous à jamais, l'Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il ne le voit pas ni ne le reconnaît. Vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous. Je ne vous laisserai pas orphelins. Je viendrai vers vous. Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus. Mais vous, vous verrez que je vis et vous aussi, vous vivrez. Ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime; or celui qui m'aime sera aimé de mon Père; et je l'aimerai et je me manifesterai à lui." Judas - pas l'Iscariote - lui dit: "Seigneur, et qu'est-il advenu, que tu doives te manifester à nous et non pas au monde?" Jésus lui répondit: "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui.

 


LUNDI 16 MARS

Lecture suivie : Jn 12, 12 – 19 « Hosanna Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » 

Texte de méditation : SAINT ANDRÉ DE CRÈTE (Homélie) – VIIe – VIIIe siècles

Venez, gravissons ensemble le mont des Oliviers ; allons à la rencontre du Christ. Il revient aujourd'hui de Béthanie et il s'avance de son plein gré vers sa sainte et bienheureuse passion, afin de mener à son terme le mystère de notre salut. Il vient donc, en faisant route vers Jérusalem, lui qui est venu du ciel pour nous, alors que nous étions gisants au plus bas, afin de nous élever avec lui, comme l'explique l'Écriture, au-dessus de toutes les puissances et de toutes les forces qui nous dominent, quel que soit leur nom.
 Et il vient sans ostentation et sans faste. Car, dit le prophète, il ne protestera pas, il ne criera pas, on n'entendra pas sa voix. Il sera doux et humble, il fera modestement son entrée. ~ Alors, courons avec lui qui se hâte vers sa passion ; imitons ceux qui allèrent au-devant de lui. Non pas pour répandre sur son chemin, comme ils l'ont fait, des rameaux d'olivier, des vêtements ou des palmes. C'est nous-mêmes qu'il faut abaisser devant lui, autant que nous le pouvons, l'humilité du cœur et la droiture de l'esprit, afin d'accueillir le Verbe qui vient, afin que Dieu trouve place en nous, lui que rien ne peut contenir. Car il se réjouit de s'être ainsi montré à nous dans toute sa douceur, lui qui est doux, lui qui monte au dessus du couchant, c'est-à-dire au-dessus de notre condition dégradée. Il est venu pour devenir notre compagnon, nous élever et nous ramener vers lui par la parole qui nous unit à Dieu.

 


MARDI 17 MARS

Lecture suivie :Jn 12, 20 – 26  « si le grain tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit »

Référence complémentaire : 2ème épître de saint Paul aux Corinthiens (2Co 9, 6 – 15)

Frères, rappelez-vous le proverbe : à semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement. Chacun doit donner comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte ; car Dieu aime celui qui donne joyeusement. Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en surabondance, afin que vous ayez en toute chose et toujours tout ce qu'il vous faut, et que vous ayez encore du superflu pour faire toute sorte de bien. L'Écriture dit en effet : L'homme qui donne aux pauvres à pleines mains demeure juste pour toujours. Dieu, qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira la graine ; il la multipliera, il donnera toujours plus de fruit à ce que vous accomplirez dans la justice. Enrichis de toutes manières, vous pourrez pratiquer toutes les générosités, lesquelles, par notre entremise, feront monter vers Dieu l'action de grâces. Car le service de cette offrande ne pourvoit pas seulement aux besoins des saints; il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâces envers Dieu. Ce service leur prouvant ce que vous êtes, ils glorifient Dieu pour votre obéissance dans la profession de l'Evangile du Christ et pour la générosité de votre communion avec eux et avec tous. Et leur prière pour vous manifeste la tendresse qu'ils vous portent, en raison de la grâce surabondante que Dieu a répandue sur vous. Grâces soient à Dieu pour son ineffable don!

 


MERCREDI 18 MARS

Lecture suivie : Jn 12, 20 – 26  « si le grain tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit »

Texte de méditation : SAINT JEAN-PAUL II (Angelus du 4 mars 2001)

Le Maître divin dit: "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive" (Mt 16, 24), et encore: "Où je suis, là aussi sera mon serviteur" (Jn 12, 26). Il s'adresse non seulement aux disciples, mais à tous, lorsqu'il affirme: "Qui aime sa vie la perd, et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle" (Jn 12, 25). Que signifie "se renier", "haïr sa vie"? Ces expressions, mal comprises, ont parfois donné du christianisme l'image d'une religion qui afflige l'être humain, alors que Jésus est venu afin que l'homme ait la vie et qu'il l'ait en abondance (cf. Jn 10, 10). Le fait est que le Christ, contrairement aux faux maîtres d'hier et d'aujourd'hui, ne trompe pas. Il connaît intimement la créature humaine, et sait que celle-ci, pour atteindre la vie, doit accomplir un "passage" une "pâque" précisément, de l'esclavage du péché à la liberté des fils de Dieu, en reniant l'"homme vieux" pour laisser la place au nouveau, racheté par le Christ. "Qui aime sa vie la perd". Ces paroles n'expriment pas le mépris pour la vie, mais au contraire, un authentique amour pour celle-ci. Un amour qui ne désire pas ce bien fondamental uniquement pour soi et immédiatement, mais pour tous et pour toujours, en claire opposition avec la mentalité du "monde". En réalité, c'est en suivant Dieu sur la "voie étroite" que l'on trouve la vie; qui choisit au contraire la voie "large" et commode, échange sa vie contre d'éphémères satisfactions, méprisant sa dignité et celle des autres. Parcourons donc avec joie l'itinéraire quadragésimal exigeant, en cherchant à traduire le renouveau intérieur en choix concrets, personnels, ecclésiaux et sociaux. Sur ce chemin, la Très Sainte Vierge Marie est proche de nous, nous précède toujours à la suite de son Fils Jésus, et nous soutient lorsque le combat contre l'Esprit du mal se fait plus dur et difficile.

 


JEUDI 19 MARS

Lect. suivie:Jn 12, 27 – 33 « une fois élevé de terre j’attirerai à moi tous les hommes »

Référence complémentaire : Evangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 3, 13 – 21)

Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu."

 


VENDREDI 20 MARS

Lecture suivie : Jn 12, 27 – 33 « une fois élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes »

Texte de méditation : Saint Léon le grand (Homélie sur la Passion) – Ve siècle

« Une fois élevé de terre, j'attirerai tout à moi » (Jn 12,32). Puissance admirable de la croix ! Gloire inexprimable de la Passion ! Là se trouve le tribunal du Seigneur, le jugement du monde et la victoire du Crucifié. Oui, tu as tout attiré à toi, Seigneur, et lorsque « tu étendais tes mains tout le jour vers un peuple incroyant et rebelle » (Is 65,2; Rm 10,21), le monde entier a compris qu'il devait rendre gloire à ta majesté. Tu as tout attiré à toi, Seigneur, car, quand le voile du Temple s'est déchiré (Mt 27,51), le symbole du Saint des Saints s'est manifesté en vérité, la prophétie trouve son accomplissement, et la Loi ancienne devient l'Évangile. Tu as tout attiré à toi, Seigneur, afin que le culte de toutes les nations soit célébré en plénitude par le mystère qui, jusqu'alors voilé sous des symboles dans un seul temple en Judée, est enfin manifesté ouvertement. Car ta croix est la source de toutes les bénédictions, la cause de toute grâce. De la faiblesse de la croix les croyants reçoivent la force ; de son opprobre, la gloire ; de ta mort, la vie. Maintenant, en effet, les sacrifices multiples prennent fin : l'offrande unique de ton corps et de ton sang mène à leur achèvement tous les différents sacrifices offerts de par le monde, car tu es le véritable Agneau de Dieu, toi qui enlèves le péché du monde (Jn 1,29). Tu achèves en toi toutes les religions de tous les hommes afin que tous les peuples ne fassent plus qu'un seul Royaume.

 


SAMEDI 21 MARS

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).