« Les Paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie » (Jn 6, 63)

 

Lectio Divina - Saint Jean l'Evangéliste

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Evangile selon saint Jean, 5-8, semaine 8

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : " Dieu qui as dévoilé pour nous les mystères de ton Verbe grâce à ton Apôtre saint Jean, rends- nous capables de comprendre et d’aimer les merveilles qu’il nous a fait connaître. Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen. "

 


DIMANCHE 9 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Jn 6, 60 – 71   « Seigneur, tu as les Paroles de la Vie éternelle »

Référence complémentaire : Livre de Josué (Jos 24, 1 à 18) 

Josué réunit toutes les tribus d'Israël à Sichem ; puis il appela les anciens d'Israël, avec les chefs, les juges et les commissaires ; ensemble ils se présentèrent devant Dieu. Josué dit alors à tout le peuple : « Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël : Vos ancêtres habitaient au-delà de l'Euphrate depuis toujours, jusqu'à Térah, père d'Abraham et de Nahor, et ils servaient d'autres dieux. S'il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l'Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. » Le peuple répondit : « Plutôt mourir que d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux ! C'est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d'Égypte, cette maison d'esclavage ; c'est lui qui, sous nos yeux, a opéré tous ces grands prodiges et nous a protégés tout le long du chemin que nous avons parcouru, chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés. Et même le Seigneur a chassé devant nous tous ces peuples, ainsi que les Amorites qui habitaient le pays. Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c'est lui notre Dieu. »

 


LUNDI 10 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Jn 6, 60 – 71   « Seigneur, tu as les Paroles de la Vie éternelle »

Texte de méditation : BENOIT XVI (Homélie 11.09.2011)

«Elle est dure, cette parole ! Qui peut l’écouter ?» (Jn 6, 60). Face au discours de Jésus sur le pain de la vie, dans la synagogue de Capharnaüm, la réaction des disciples, dont un grand nombre abandonnèrent Jésus, n’est pas très éloignée de nos résistances face au don total qu’il fait de lui-même. Parce qu’accueillir vraiment ce don veut dire se perdre soi-même, se laisser impliquer et transformer, jusqu’à vivre de Lui, comme nous l’a rappelé l’apôtre Paul : «Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur» (Rm 14, 8). « Elle est dure, cette parole !», elle est dure parce que souvent nous confondons la liberté avec l’absence de liens, avec la conviction de pouvoir nous suffire à nous-mêmes, sans Dieu, considéré comme une limite à la liberté. C’est une illusion qui ne tarde pas à se transformer en déception, engendrant inquiétude et peur et portant, paradoxalement, à regretter les chaînes du passé : « Que ne sommes-nous morts de la main du Seigneur au pays d’Egypte... » — disaient les juifs dans le désert (Ex 16, 3). En réalité, ce n’est que dans l’ouverture à Dieu, dans l’accueil de son don, que nous devenons vraiment libres, libérés de l’esclavage du péché qui défigure le visage de l’homme et capables de servir le vrai bien de nos frères.  Oui, «ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu» (Mt 4, 4) : nous vivons dans l’obéissance à cette parole, qui est pain vivant, jusqu’à faire don de nous-mêmes, comme Pierre, avec l’intelligence de l’amour : «Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu» (Jn 6, 68-69).

 


MARDI 11 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Jn 7, 1 – 18  «  Ma doctrine n’est pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 14, 21 – 29)

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime ; or celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; et je l'aimerai et je me manifesterai à lui." Judas - pas l'Iscariote - lui dit : "Seigneur, et qu'est-il advenu, que tu doives te manifester à nous et non pas au monde ?" Jésus lui répondit: "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles ; et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous. Mais le Paraclet, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix ; c'est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s'effraie. Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m'en vais et je reviendrai vers vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi. Je vous le dis maintenant avant que cela n'arrive, pour qu'au moment où cela arrivera, vous croyiez.

 


MERCREDI 12 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Jn 7, 1 – 18 « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé »

Texte de méditation : JEAN-PAUL II (Audience 17.03.1999)

Dans les événements de l'histoire du salut se révèle toujours plus l'initiative du Père, qui, à travers son action intérieure, ouvre le cœur des croyants à accueillir le Fils incarné. En connaissant Jésus, ils pourront le connaître Lui aussi, le Père. C'est ce qu'enseigne Jésus lui-même en répondant à Thomas : «Si vous me connaissez vous connaîtrez aussi mon Père » (Jn 14, 7, cf. vv. 7-10). Il faut donc croire en Jésus et le regarder, lui, lumière du monde, pour ne pas demeurer dans les ténèbres de l'ignorance (cf. Jn 12, 44-46) et pour savoir que sa doctrine vient de Dieu (cf. Jn 7, 17sq). C'est à cette condition qu'il est possible de connaître le Père, en devenant capables de l'adorer «en esprit et en vérité» (Jn 4, 23). Cette connaissance vivante est inséparable de l'amour. Elle est communiquée par Jésus, comme il le dit dans sa prière sacerdotale: «Père juste, [...] je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux» (Jn 17, 25-26). L'annonce du Fils reste donc la voie maîtresse pour connaître et faire connaître le Père; en effet, comme le rappelle une expression suggestive de saint Irénée, «la connaissance du Père est le Fils». C'est la possibilité offerte à Israël, mais aussi aux peuples, Dieu est unique, et est le Père de tous, désireux d'offrir à tous le salut apporté au moyen de son Fils: c'est ce que l'Evangile de Jean appelle le don de la vie éternelle.

 


JEUDI 13 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Jn 7, 19 – 30     « Je ne viens pas de moi-même ; j’ai été envoyé »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 12, 44 – 50)

Jésus a dit, il l'a clamé: "Qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit, mais en celui qui m'a envoyé, et qui me voit voit celui qui m'a envoyé. Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. Qui me rejette et n'accueille pas mes paroles a son juge: la parole que j'ai fait entendre, c'est elle qui le jugera au dernier jour; car ce n'est pas de moi-même que j'ai parlé, mais le Père qui m'a envoyé m'a lui-même commandé ce que j'avais à dire et à faire connaître ; et je sais que son commandement est vie éternelle. Ainsi donc ce que je dis, tel que le Père me l'a dit je le dis."

 


VENDREDI 14 SEPTEMBRE

Lecture suivie : Jn 7, 19 – 30     « Je ne viens pas de moi-même ; j’ai été envoyé »

Texte de méditation : JEAN CHRYSOSTOME (Homélie)

Partout nous voyons le Fils préférant et voulant les mêmes choses que son Père. En effet, lorsqu'il dit: Fais-leur cette grâce que, comme toi et moi nous sommes uns, ils soient aussi une seule chose en nous (Jn 17,11), il fait entendre clairement que le Père et le Fils n'ont qu'un même vouloir. Et dans cet autre passage: Les paroles que je vous dis, ce n'est pas moi qui les dis; mais mon Père qui demeure en moi fait lui-même ce que je fais (Jn 14,10), c'est la même vérité qui ressort. Et lorsqu'il dit: Je ne suis point venu de moi-même (Jn 7,28), ou encore: Je ne puis rien faire de moi-même (Jn 5,30), il ne veut pas faire entendre qu'il soit privé du pouvoir ou de parler ou d'agir, loin de là, mais il veut montrer combien leurs volontés sont en harmonie, combien dans les paroles, dans les actions, partout enfin, la volonté du Père est la même que celle du Fils. Ces mots: Je ne parle pas de moi-même, montrent non pas l'impuissance, mais le parfait accord. Comme Jésus était venu pour nous apprendre toute vertu, non content de nous dire ce qu'il faut faire, il le fait lui-même. Il pria pour nous apprendre à prier et à demander toujours que les dangers s'éloignent de nous, et, si cela ne nous est pas donné, à nous soumettre avec amour au bon plaisir de Dieu. C'est pour cela qu'il dit: Non ma volonté, mais la tienne, non que sa volonté diffère de celle de son Père, mais pour apprendre aux hommes que, dans leurs appréhensions, leurs craintes, au milieu du danger, et même quand ils se voient arracher à la vie présente, ils doivent toujours préférer à leur propre volonté la volonté de Dieu. Saint Paul, voulant nous apprendre les mêmes choses, nous en donna l'exemple par ses actions; d'abord il demande que les dangers s'éloignent de lui: C'est pour cela, dit-il, que j'ai prié trois fois le Seigneur (2 Co 10,2) ; et comme Dieu ne voulut pas le délivrer, il ajoute: Je me glorifierai encore plus dans mes faiblesses, dans les outrages, dans les persécutions.

 


SAMEDI 15 SEPTEMBRE

 

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).