« Je ferai naître la louange sur leurs lèvres » (Is 57, 19)

 

Lectio Divina - Isaïe

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : 28-2 (Is 56-66).pdf

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

 


DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 2010

Lecture suivie : Is 56,1 à 57,2 « ma maison sera maison de prière pour les peuples »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Matthieu (Mt 21, 9 – 17)

Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient: "Hosanna au fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna au plus haut des cieux!" Quand il entra dans Jérusalem, toute la ville fut agitée. "Qui est-ce?" Disait-on, et les foules disaient: "C'est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée." Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous les vendeurs et acheteurs qui s'y trouvaient: il culbuta les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes. Et il leur dit: "Il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites un repaire de brigands!" Il y eut aussi des aveugles et des boiteux qui s'approchèrent de lui dans le Temple, et il les guérit. Voyant les prodiges qu'il venait d'accomplir et ces enfants qui criaient dans le Temple: "Hosanna au fils de David" , les grands prêtres et les scribes furent indignés et ils lui dirent: "Tu entends ce qu'ils disent, ceux-là" - "Parfaitement, leur dit Jésus; n'avez-vous jamais lu ce texte: De la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t'es ménagé une louange?" Et les laissant, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit.

 


LUNDI 13 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Is 56,1 à 57,2 « ma maison sera maison de prière pour les peuples »

Texte de méditation : BENOÎT XVI (Homélie)

A l'endroit où doit avoir lieu la rencontre entre Dieu et l'homme, Jésus trouve des marchands d'animaux et des changeurs qui occupent le lieu de prière avec leurs affaires. Mais tout cela pouvait avoir lieu ailleurs: l'espace où cela se déroulait devait être, selon sa destination, l'atrium des païens. En effet, le dieu d'Israël était l'unique Dieu de tous les peuples. Et même si les païens n'entraient pas, si l'on veut, au cœur de la Révélation, ils pouvaient cependant s'associer à la prière au Dieu unique, dans l'atrium de la foi. Le Dieu d'Israël, le Dieu de tous les hommes, attendait également toujours leur prière, leur recherche, leur invocation. Mais à présent, les affaires avaient pris le dessus. Les marchands agissaient correctement selon le règlement en vigueur, mais le règlement lui-même était corrompu. "L'avidité est l'idolâtrie", dit la Lettre aux Colossiens (cf. 3, 5). Tout cela doit nous faire réfléchir, nous aussi comme chrétiens: notre foi est-elle suffisamment pure et ouverte, pour que les "païens", les personnes qui sont aujourd'hui en quête et se posent des questions, puissent, à partir de cette foi, recevoir l'intuition de la lumière du Dieu unique, s'associer à notre prière dans les atrium de la foi et avec leurs interrogations devenir peut-être eux aussi des adorateurs? Sommes-nous conscients que l'avidité et l'idolâtrie atteignent aussi notre cœur et notre mode de vie? Ne laissons-nous pas, de différentes manières, les idoles entrer elles aussi dans le monde de notre foi? Sommes-nous prêts à nous laisser toujours à nouveau purifier par le Seigneur, en lui permettant de chasser en nous et dans l'Eglise tout ce qui lui est contraire?

 

 


MARDI 14 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Is 57, 3 – 13

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Ephésiens (Ep 4, 17 – 27)

Je vous dis et vous adjure dans le Seigneur de ne plus vous conduire comme le font les païens, avec leur vain jugement et leurs pensées enténébrées: ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu à cause de l'ignorance qu'a entraînée chez eux l'endurcissement du coeur, et, leur sens moral une fois émoussé, ils se sont livrés à la débauche au point de perpétrer avec frénésie toute sorte d'impureté. Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris le Christ, si du moins vous l'avez reçu dans une prédication et un enseignement conformes à la vérité qui est en Jésus, à savoir qu'il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement et revêtir l'Homme nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. Dès lors, plus de mensonge: que chacun dise la vérité à son prochain; ne sommes-nous pas membres les uns des autres? Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché: que le soleil ne se couche pas sur votre colère; il ne faut pas donner prise au diable.

 


MERCREDI 15 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Is 57, 3 – 13     « Qui se confie en moi héritera du pays »

Texte de méditation : SAINT CÉSAIRE D’ARLES (Sermons)

Ne tarde pas, dit le Seigneur, convertis-toi à Dieu, et ne diffère pas de jour en jour ». Ce sont les paroles de Dieu et non les miennes ; vous ne les avez pas entendues de moi, mais moi je les entends avec vous : « Ne tarde pas, dit-il, convertis-toi au Seigneur ». Mais toi tu réponds : « Demain ! demain ! » (dans le latin du texte : « Cras, cras »') Quel croassement de corbeau ! Comme le corbeau envoyé de l'arche n'y est pas revenu et, maintenant qu'il est vieux, dit encore : Demain ! demain ! C'est le cri du corbeau : tête blanche et cœur noir. Demain ! demain! c'est le cri du corbeau : le corbeau n'est pas revenu à l'arche, la colombe est revenue. Qu'il se perde donc, le croassement du corbeau, et que se fasse entendre le gémissement de la colombe. Il te crie, celui qui veille sur toi : « Ne tarde pas à te convertir à Dieu et ne diffère pas de jour en jour. Si nous convertissons nos âmes, avec l’aide de Dieu, aux remèdes de la pénitence et aux médicaments des aumônes, nous viendrons avec bonheur devant le tribunal du Christ, non pour y être condamnés mais pour y être couronnés ; notre Seigneur Jésus-Christ s’en portant garant, lui auquel appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.

 

 


JEUDI 16 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Is 57, 14 – 21      « Paix, paix à qui est loin et à qui est proche »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Ephésiens (Ep 2, 11 - 22)

Rappelez-vous qu'autrefois, vous les païens - qui étiez tels dans la chair, vous qui étiez appelés "prépuce" par ceux qui s'appellent "circoncision", ... d'une opération pratiquée dans la chair! -- rappelez-vous qu'en ce temps-là vous étiez sans Christ, exclus de la cité d'Israël, étrangers aux alliances de la Promesse, n'ayant ni espérance ni Dieu en ce monde! Or voici qu'à présent, dans le Christ Jésus, vous qui jadis étiez loin, vous êtes devenus proches, grâce au sang du Christ. Car c'est lui qui est notre paix, lui qui des deux peuples n'en a fait qu'un, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, cette Loi des préceptes avec ses ordonnances, pour créer en sa personne les deux en un seul Homme Nouveau, faire la paix, et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la Croix: en sa personne il a tué la Haine. Alors il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient proches: par lui nous avons en effet, tous deux en un seul Esprit, libre accès auprès du Père. Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des hôtes; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. Car la construction que vous êtes a pour fondations les apôtres et prophètes, et pour pierre d'angle le Christ Jésus lui-même. En lui toute construction s'ajuste et grandit en un temple saint, dans le Seigneur; en lui, vous aussi, vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l'Esprit.

 


VENDREDI 17 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Is 57, 14 – 21     « Paix, paix à qui est loin et à qui est proche »

Texte de méditation : SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE (De la perfection chrétienne)

Puisque nous comprenons à partir d'Ep 2,14 que le Christ est notre paix, nous montrerons quelle est la véritable définition du chrétien si, par cette paix qui est en nous, nous montrons le Christ dans notre vie. « En sa Personne, il a tué la haine », comme dit l'Apôtre. Ne la faisons donc pas revivre en nous, mais montrons par notre vie qu'elle est bien morte. En cédant à la colère et au souvenir des injures, n'ayons pas le tort d'accomplir la résurrection de celle qui a été magnifiquement mise à mort pour notre salut. Mais puisque nous avons le Christ, qui est la paix, à notre tour tuons en nous la haine, afin de réaliser dans notre vie ce que notre foi nous montre réalisé en lui : « il a fait tomber le mur... » ; de même nous, amenons à la réconciliation non seulement ceux qui nous font la guerre à l'extérieur, mais encore ceux qui soulèvent des contestations en nous-mêmes <la chair contre l'Esprit>, et une fois la prudence de la chair soumise à la Loi de Dieu, soyons en paix en nous-mêmes pour édifier, à partir de cette double réalité (la chair et l'Esprit), l'homme nouveau, unifié et pacifié. Telle est en effet la définition de la paix : l'harmonie de ceux qui étaient désunis. Aussi, lorsque s'arrête la guerre civile qui règne dans notre nature et que nous établissons la paix en nous, à notre tour nous devenons en nous-mêmes paix, et nous montrons que cette appellation donnée au Christ s'applique véritablement à nous.

 

 


SAMEDI 18 DÉCEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).