« Ne crains pas, car Dieu a entendu

les cris de l’enfant là où il était » (Gn 21,17)

 

Lectio Divina - Abraham et Isaac

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Genèse 12-23, semaine 8

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du Fils Et toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Seigneur notre Dieu, tu as promis à Abraham, en récompense de sa foi, que ton Fils unique prendrait chair de sa descendance ; nous t’en prions : que la foi reçue dans le baptême opère en nous par la charité jusqu’à la mort, et nous obtienne de naître à la vie éternelle. Par Jésus Christ ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen » 

 


 

DIMANCHE 18 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 20, 1 – 18   « Rends-lui sa femme, il est prophète, il intercédera »

Référence complémentaire : Livre du Psautier (Ps 31, 2 – 10)

En toi, Seigneur, j'ai mon abri, Sur moi pas de honte à jamais!

En ta justice affranchis-moi, délivre-moi, tends l'oreille vers moi, hâte-toi!

Sois pour moi un roc de force, une maison fortifiée qui me sauve;

car mon rocher, mon rempart, c'est toi, pour ton nom, guide-moi, conduis-moi!

Tire-moi du filet qu'on m'a tendu, car c'est toi ma force;

en tes mains je remets mon esprit, c'est toi qui me rachètes, Seigneur. Dieu de vérité,

tu détestes les servants de vaines idoles; pour moi, je suis sûr du Seigneur :

que j'exulte et jubile en ton amour!

Toi qui as vu ma misère, connu l'oppression de mon âme,

tu ne m'as point livré aux mains de l'ennemi, tu as mis au large mes pas.

Pitié pour moi, Seigneur, l'oppression est sur moi!

 


LUNDI 19 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 20, 1 – 18   « Rends-lui sa femme, il est prophète, il intercédera »

Texte de méditation : SAINT JEAN CHRYSOSTOME (Homélies sur la Genèse)

Remarquez comment les épreuves mêmes font éclater plus encore la vertu de l'homme juste, Dieu le glorifiant par tous les moyens. De même que, lorsqu'il descendit en Egypte, il était d'abord inconnu, voyageur, sans que personne sût qui il était, et bientôt, voilà que tout à coup il quitte l'Egypte, et il est comblé d'honneurs; ainsi maintenant encore, le voilà voyageur dans le pays de Gérara; il commença d'abord par faire tout ce qui dépendait de lui, et bientôt il reçut de Dieu des secours qui le rendirent si puissant, que le roi du pays et tous les habitants de la contrée rivalisaient d'ardeur pour servir l'homme juste. Or, dit le texte, Abraham dit, parlant de Sara sa femme, qu'elle était sa sœur. Il eut peur en effet de dire que c'était sa femme, de peur que les gens de la ville ne le tuassent à cause d'elle. Voyez la violence des. sentiments qui attaquent l'âme de cet homme juste, la frayeur qu'il éprouve. Et quoique la première appréhension, celle de perdre sa femme, soit une émotion très forte, cependant la crainte de la mort chasse cette première crainte. Car, pour se soustraire à l'horreur de la mort, il a supporté de voir, de ses propres yeux, la compagne de sa vie tomber dans les mains du roi. Cette douleur, insupportable pour tous les hommes, voyez comme ce juste l'a supportée, parce qu'il avait horreur de la mort.

 


MARDI 20 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 21, 1 – 8     « Dieu m’a donné de quoi rire, tous me souriront »

Référence complémentaire : Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 57 – 73)

Le temps fut accompli où Elisabeth devait enfanter, et elle mit au monde un fils. Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde à son égard, et ils s'en réjouissaient avec elle. Et il advint, le huitième jour, qu'ils vinrent pour circoncire l'enfant. On voulait l'appeler Zacharie, du nom de son père; mais, prenant la parole, sa mère dit : "Non, il s'appellera Jean." Et on lui dit : "Il n'y a personne de ta parenté qui porte ce nom !" Et l'on demandait par signes au père comment il voulait qu'on l'appelât. Celui-ci demanda une tablette et écrivit : "Jean est son nom"; et ils en furent tous étonnés. A l'instant même, sa bouche s'ouvrit et sa langue se délia, et il parlait et bénissait Dieu. La crainte s'empara de tous leurs voisins, et dans la montagne de Judée tout entière on racontait toutes ces choses. Tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : "Que sera donc cet enfant ?" Et, de fait, la main du Seigneur était avec lui. Et Zacharie, son père, fut rempli d'Esprit Saint et se mit à prophétiser : "Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et délivré son peuple, et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur, selon qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte, du serment qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder.

 


MERCREDI 21 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 21, 1 – 8     « Dieu m’a donné de quoi rire, tous me souriront »

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Cité de Dieu)

Un fils naquit à Abraham de sa femme Sara, selon la promesse de Dieu, et il le nomma Isaac, nom qui signifie rire, car le père avait ri quand un fils lui fut promis, témoignant par là sa joie et son contentement, et la mère avait ri aussi quand la promesse lui fut réitérée par les trois anges, quoique ce rire fût mêlé de doute, comme l'ange le lui reprocha. Mais ce doute fut ensuite dissipé par l'ange. Voilà d'où Isaac prit son nom. Sara montre bien que ce rire n'était pas un rire de moquerie, mais de joie, lorsqu'elle dit, à la naissance d'Isaac «Dieu m'a fait rire, car quiconque saura ceci se réjouira avec moi ». Peu de temps après, la servante fut chassée de la maison avec son fils; et l'Apôtre voit ici une figure des deux Testaments, où Sara représente la Jérusalem céleste, c'est-à-dire la Cité de Dieu.

 


JEUDI 22 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 21, 9 – 21      « Dieu fut avec Ismaël, il grandit et demeura au désert »

Référence complémentaire : Livre du Psautier (Ps 146, 1 – 10)

Alleluia ! Loue le Seigneur, mon âme ! Je veux louer le Seigneur tant que je vis,

je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.

Ne mettez point votre foi dans les princes, dans un fils de la glaise, il ne peut sauver!

Il rend le souffle, il retourne à sa glaise, en ce jour-là périssent ses pensées.

Heureux qui a l'appui du Dieu de Jacob et son espoir dans le Seigneur son Dieu,

lui qui a fait le ciel et la terre, la mer, et tout ce qu'ils renferment!

Il garde à jamais la vérité, il rend justice aux opprimés, il donne aux affamés du pain,

Le Seigneur délie les enchaînés. Le Seigneur rend la vue aux aveugles,

Le Seigneur redresse les courbés, Le Seigneur aime les justes,

Le Seigneur protège l'étranger, il soutient l'orphelin et la veuve.

Mais détourne la voie des impies,

Le Seigneur règne pour les siècles, ton Dieu, ô Sion, d'âge en âge.

 


VENDREDI 23 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 21, 9 – 21     « Dieu fut avec Ismaël, il grandit et demeura au désert »

Texte de méditation : ORIGÈNE (Homélies sur la Genèse)

Abraham renvoie la servante et son fils, tout en lui donnant une outre d’eau. C’est que la mère ne possède pas de puits d’eau vive et l’enfant ne peut pas tirer l’eau du puits. Ismaël boit l’eau de l’outre et cette outre, comme c’et naturel, s’épuise. Aussi a-t-il soif, sans toutefois trouver de puits. Quant à vous « qui êtes à la manière d’Isaac, fils de la promesse », buvez l’eau de vos sources. Par contre, « celui qui est né selon la chair » boit l’eau de l’outre ; aussi l’eau lui manque et lui manque en grande quantité. L’outre est la lettre de la loi, dont boit ce peuple charnel pour en tirer quelque intelligence. L’Eglise, elle, boit aux sources évangéliques et apostoliques, qui ne tarissent jamais et qui se répandent sur ses places publiques, car elles sont abondantes et coulent toujours dans la larguer de l’interprétation spirituelle. C’est lorsqu’elle puise et scrute quelque sens plus profond dans la loi, qu’elle boit l’eau des puits. C’est en fonction de ce mystère, je pense, que notre Seigneur et Sauveur, comme s’il dialoguait avec Agar elle-même, disait à la Samaritaine : « Quiconque boira de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ». L’interprétation spirituelle et mystique n’est-elle pas plus claire que le jour ? Le peuple selon la chair a été rejeté et il a faim et soif, « non pas faim ni soif d’eau, mais soif de la Parole de Dieu » (Am 8,11), jusqu’à ce que s’ouvrent les yeux de la synagogue. L’Apôtre dit de cela que c’est un « mystère », car, dit-il, « l’aveuglement est survenu à une partie d’Israël jusqu’à ce que la masse des Gentils soit entrée et qu’ainsi tout Israël soit sauvé ». Le voilà donc, chez Agar, l’aveuglement qui lui a fait enfanter selon la chair et qui demeure en elle jusqu’à ce « que le voile de la lettre soit ôté » par l’ange de Dieu et qu’elle voie l’eau vive. Car, à présent, les Juifs sont à côté du puits, mais leurs yeux sont fermés et ils ne peuvent boire au puis de la loi ni des prophètes. Prenons garde, nous aussi, car nous sommes souvent à côté du puis d’eau vive, c’est-à-dire des divines Ecritures, nous trompant sur elles. Nous possédons les livres et les lisons, mais nous n’allons pas jusqu’au sens spirituel. C’est pourquoi, il faut des larmes et des prières incessantes pour que le Seigneur nous ouvre les yeux.

 


SAMEDI 24 NOVEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI :

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).