« Vais-je cacher à Abraham

ce que je vais faire ? » (Gn 18,17)

Lectio Divina - Abraham et Isaac

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Genèse 12-23, semaine 7

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du Fils Et toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Seigneur notre Dieu, tu as promis à Abraham, en récompense de sa foi, que ton Fils unique prendrait chair de sa descendance ; nous t’en prions : que la foi reçue dans le baptême opère en nous par la charité jusqu’à la mort, et nous obtienne de naître à la vie éternelle. P ar Jésus Christ ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen » 

 


DIMANCHE 11 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 18, 1 – 16   « Y a-t-il rien de trop merveilleux pour le Seigneur ? »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 14, 21 – 27)

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime ; or celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; et je l'aimerai et je me manifesterai à lui." Judas - pas l'Iscariote - lui dit : "Seigneur, et qu'est-il advenu, que tu doives te manifester à nous et non pas au monde?" Jésus lui répondit : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles ; et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous. Mais le Paraclet, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix ; c'est ma paix que je vous donne.

 


LUNDI 12 NO VEMBRE

Lecture suivie : Gn 18, 1 – 16   « Y a-t-il rien de trop merveilleux pour le Seigneur ? »

Texte de méditation : SAINT CÉSAIRE D’ARLES (Homélies sur l’Ecriture)

Ce sont trois hommes qu’Abraham reçut. Il y en a trois lorsque Abraham va au-devant d’eux, il y en a un seul lorsqu’il adore. Ainsi du fait qu’il en ait vu trois, il a perçu le mystère de al Trinité ; du fait qu’il les adora comme ne faisant qu’un, il a reconnu dans ces trois personnes l’existence d’un seul Dieu. Où donc a eu lieu cette rencontre ? « Au chêne de Mambré », ce qui signifie « vision » ou encore « perspicacité ». Voyez-vous en quel endroit le Seigneur peut organiser une rencontre ?  Il est vrai que les qualités de clairvoyance et de perspicacité d'Abraham plaisaient au Seigneur ; il avait le cœur pur, de sorte qu'il lui était possible de voir Dieu (cf Mt 5,8). En un tel lieu, en un tel cœur, le Seigneur pouvait donc réunir des convives. Dans l'Évangile, le Seigneur a parlé aux juifs de cette rencontre ; il leur dit : « Abraham, votre père, a exulté à la pensée qu'il verrait mon jour. Il l'a vu et a été dans la joie ». « Il a vu mon jour », dit-il, parce qu'il a reconnu le mystère de la Trinité. Il a vu en son jour le Père, le Fils et le Saint Esprit, et les trois personnes réunies en un seul jour, tout comme Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit ne sont tous trois qu'un seul Dieu. En effet, chaque personne divine en particulier est un Dieu à part entière, et simultanément toutes trois ensemble sont Dieu. Il n'est donc pas incongru de discerner le Père, le Fils et le Saint Esprit dans les trois mesures de farine qu'apporte Sarah, puisqu'il y a unité de substance.

 


MARDI 13 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 18, 17 – 33     « Si je trouve 50 justes, je pardonnerai à toute la cité »

Référence complémentaire : Livre de l’Exode (Ex 32, 9 – 14)

Le Seigneur dit à Moïse : "J'ai vu ce peuple: c'est un peuple à la nuque raide. Maintenant laisse-moi, ma colère va s'enflammer contre eux et je les exterminerai ; mais de toi je ferai une grande nation." Moïse s'efforça d'apaiser le Seigneur son Dieu et dit : "Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple que tu as fait sortir d'Egypte par ta grande force et ta main puissante ? Pourquoi les Egyptiens diraient-ils : C'est par méchanceté qu'il les a fait sortir, pour les faire périr dans les montagnes et les exterminer de la face de la terre ? Reviens de ta colère ardente et renonce au mal que tu voulais faire à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs Abraham, Isaac et Israël, à qui tu as juré par toi-même et à qui tu as dit : Je multiplierai votre postérité comme les étoiles du ciel, et tout ce pays dont je vous ai parlé, je le donnerai à vos descendants et il sera leur héritage à jamais." Et le Seigneur renonça à faire le mal dont il avait menacé son peuple.

 


MERCREDI 14 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 18, 17 – 33   « Si je trouve 50 justes, je pardonnerai à toute la cité »

Texte de méditation : BENOIT XVI (Audience du 18.05.2011)

Dieu décide de révéler à Abraham ce qui est sur le point de se produire et lui fait connaître la gravité du mal et ses terribles conséquences, car Abraham est son élu, choisi pour devenir un grand peuple et faire parvenir la bénédiction divine à tout le monde. Sa mission est une mission de salut, qui doit répondre au péché qui a envahi la réalité de l’homme: à travers lui, le Seigneur veut ramener l’humanité à la foi, à l’obéissance, à la justice. Et à présent, cet ami de Dieu s’ouvre à la réalité et au besoin du monde, prie pour ceux qui s’apprêtent à être punis et demande qu’ils soient sauvés. La requête d’Abraham ne se limite pas à demander le salut pour les innocents. Abraham demande le salut pour toute la ville et il le fait en en appelant à la justice de Dieu.  Telle est la requête de justice qu’Abraham exprime dans son intercession, une requête qui se fonde sur la certitude que le Seigneur est miséricordieux. Abraham ne demande pas à Dieu une chose contraire à son essence. Il frappe à la porte du cœur de Dieu en connaissant sa véritable volonté. La destruction de Sodome devait arrêter le mal présent dans la ville, mais Abraham sait que Dieu a d’autres manières et moyens pour mettre un frein à la diffusion du mal. C’est le pardon qui interrompt la spirale du péché, et c’est exactement ce à quoi Abraham fait appel, dans son dialogue avec Dieu. Et lorsque le Seigneur accepte de pardonner à la ville s’il y trouve cinquante justes, sa prière d’intercession commence à descendre vers les abîmes de la miséricorde divine.

 


JEUDI 15 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 19, 1 – 38   « En souvenir d’Abraham, Dieu a retiré Lot du désastre »

Référence complémentaire : Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 10, 8 – 16)

En toute ville où vous entrez et où l'on vous accueille, mangez ce qu'on vous sert ; guérissez ses malades et dites aux gens: Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. Mais en quelque ville que vous entriez, si l'on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites: Même la poussière de votre ville qui s'est collée à nos pieds, nous l'essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche. Je vous dis que pour Sodome, en ce Jour-là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville-là. "Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties. Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel ? Jusqu'à l'Hadès tu descendras ! "Qui vous écoute m'écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m'a envoyé."

 


VENDREDI 16 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 19, 1 – 38   « En souvenir d’Abraham, Dieu a retiré Lot du désastre »

Texte de méditation : SAINT ATHANASE (Vie de saint Antoine)

Nous voilà commencés, nous nous sommes engagés sur la route de la vertu. Maintenant marchons toujours en avant afin d'atteindre le but (Ph 3,14). Que personne ne regarde en arrière comme la femme de Lot (Gn 19,26), car le Seigneur a dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est inapte au Royaume des cieux ». Regarder en arrière n'est rien d'autre que changer son propos et reprendre goût aux choses de ce monde-ci. Ne craignez pas quand vous entendez parler de vertu et ne vous étonnez pas de ce mot. Car la vertu n'est pas loin de nous : elle ne prend pas naissance hors de nous ; c'est notre affaire à nous, et la chose est simple pourvu que nous le voulions. Les païens quittent leur pays et traversent la mer pour étudier les lettres. Nous, nous n'avons pas besoin de quitter notre pays pour aller au Royaume des cieux, ni de passer la mer pour acquérir la vertu. Car le Seigneur a dit : « Le Royaume des cieux est au-dedans de vous » (Lc 17,21). La vertu n'a donc besoin que de notre vouloir, puisqu'elle est en nous et prend naissance de nous. Si l'âme conserve sa partie intelligente conforme à sa nature, la vertu prend naissance. L’âme est dans son état naturel quand elle demeure comme elle a été faite ; elle a été faite très belle et très droite. C'est pourquoi Josué, fils de Noun, disait au peuple en l'exhortant : « Rendez droit votre cœur devant le Seigneur, le Dieu d'Israël » (Jos 24,23). Et Jean Baptiste : « Rendez droits vos chemins » (Mt 3,3). Être droite, pour l'âme, c'est garder son intelligence, comme elle a été créée. Au contraire, quand elle dévie et se détourne de son état naturel, alors on parle de vice de l'âme. La chose n'est donc pas difficile... Si nous devions chercher la chose au dehors, ce serait vraiment difficile, mais puisqu'elle est en nous, gardons-nous des pensées impures et conservons notre âme pour le Seigneur, comme si nous avions reçu un dépôt, afin qu'il reconnaisse son œuvre, trouvant notre âme telle qu'il l'a faite.

 


SAMEDI 17 NOVEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI :

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).