« Je suis El Shaddaï,

marche en ma présence et sois parfait » (Gn 17,1)

Lectio Divina - Abraham et Isaac

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Genèse 12-23, semaine 6

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du Fils Et toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Seigneur notre Dieu, tu as promis à Abraham, en récompense de sa foi, que ton Fils unique prendrait chair de sa descendance ; nous t’en prions : que la foi reçue dans le baptême opère en nous par la charité jusqu’à la mort, et nous obtienne de naître à la vie éternelle. P ar Jésus Christ ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen » 

 

 


DIMANCHE 4 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 16, 1 – 15     « Tu enfanteras un fils, tu l’appelleras Ismaël »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Galates (Ga 4, 22 à 5, 1) 

Il est écrit qu'Abraham eut deux fils, l'un de la servante, l'autre de la femme libre ; mais celui de la servante est né selon la chair, celui de la femme libre en vertu de la promesse. Il y a là une allégorie: ces femmes représentent deux alliances; la première se rattache au Sinaï et enfante pour la servitude: c'est Agar (car le Sinaï est en Arabie) et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui de fait est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d'en haut est libre, et elle est notre mère; car il est écrit : Réjouis-toi, stérile qui n'enfantais pas, éclate en cris de joie, toi qui n'as pas connu les douleurs; car nombreux sont les enfants de l'abandonnée, plus que les fils de l'épouse. Or vous, mes frères, à la manière d'Isaac, vous êtes enfants de la promesse (…) Aussi, mes frères, ne sommes-nous pas enfants d'une servante mais de la femme libre. C'est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l'esclavage.

 


LUNDI 5 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 16, 1 – 15     « Tu enfanteras un fils, tu l’appelleras Ismaël »

Texte de méditation : ORIGÈNE (Homélies sur la Genèse)

Il y a deux fils d’Abraham, « l’un de la servante, l’autre de la femme libre » ; tous deux sont fils d’Abraham, mais tous deux ne sont pas fils de la femme libre. C’est pourquoi celui qui est né de la servante ne peut pas hériter avec le fils de la femme libre ; il reçoit toutefois des biens et n’est pas renvoyé les mains vides. Il reçoit, lui aussi, une bénédiction, mais le fils de la femme libre reçoit la promesse. Il deviendra lui aussi « une grande nation », mais l’autre deviendra le peuple d’adoption. Au sens spirituel, tous ceux que la foi conduit à la connaissance de Dieu peuvent être appelés fils d’Abraham, mais, parmi eux, il en est qui adhèrent à Dieu par amour et d’autres, par crainte et par peur du jugement à venir. Aussi l’Apôtre Jean dit : « Celui qui craint n’est pas parfait en l’amour ; l’amour parfait bannit la crainte » (1Jn 4, 18). Donc « celui qui est parfait en l’amour » est né à la fois d’Abraham et de la femme libre. Mais celui qui garde les commandements par crainte de la peine à venir et par peur des supplices et non par amour parfait, celui-là est bien fils d’Abraham lui aussi, il reçoit aussi des biens, c’est-à-dire la récompense de ses actes (en effet « quiconque aura donné seulement un verre d’eau fraîche au nom de Celui dont il est le disciple sa récompense ne périra pas » Mt 10,42), et cependant il est inférieur au parfait qui sert non pas dans la crainte servile mais dans la liberté de l’amour.

 


MARDI 6 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 17, 1 – 14     « J’établirai mon alliance entre moi et toi »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 4, 16 à 5, 2)

Il dépend de la foi, afin d'être don gracieux, et qu'ainsi la promesse soit assurée à toute la descendance, qui se réclame non de la Loi seulement, mais encore de la foi d'Abraham, notre père à tous, comme il est écrit: Je t'ai établi père d'une multitude de peuples --  notre père devant Celui auquel il a cru, le Dieu qui donne la vie aux morts et appelle le néant à l'existence. Espérant contre toute espérance, il crut et devint ainsi père d'une multitude de peuples, selon qu'il fut dit: Telle sera ta descendance. C'est d'une foi sans défaillance qu'il considéra son corps déjà mort --  il avait quelque cent ans --  et le sein de Sara, mort également; appuyé sur la promesse de Dieu, sans hésitation ni incrédulité, mais avec une foi puissante, il rendit gloire à Dieu, certain que tout ce que Dieu a promis, il est assez puissant ensuite pour l'accomplir. Voilà pourquoi ce lui fut compté comme justice. Or quand l'Ecriture dit que sa foi lui fut comptée, ce n'est point pour lui seul; elle nous visait également, nous à qui la foi doit être comptée, nous qui croyons en celui qui ressuscita d'entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. Ayant donc reçu notre justification de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné d'avoir accès par la foi à cette grâce en laquelle nous sommes établis et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu.

 


MERCREDI 7 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 17, 1 – 14     « J’établirai mon alliance entre moi et toi »

Texte de méditation : BIENHEUREUX JEAN-PAUL II (Homélie du 23.02.2000)

Abraham, appelé par l'Apôtre Paul "notre Père dans la foi" (cf. Rm 4, 11-16), crut à Dieu, se fia à Lui qui l'appelait. La vocation d'Abraham apparaît complètement orientée vers le jour dont parle le Christ. Là, les calculs humains ne sont pas valables ;  il  faut  appliquer  la  mesure  de Dieu. Ce n'est qu'alors que nous pouvons comprendre la juste signification de l'obéissance d'Abraham, qui "en espérant  contre tout espérance, crut" (Rm 4, 18). Il espéra devenir le père de nombreuses nations, et aujourd'hui il se réjouit certainement avec nous, car la promesse de Dieu s'accomplit au cours des siècles, de génération en génération. Avoir cru, en espérant contre toute espérance, "lui fut compté comme justice" (Rm 4, 22), non seulement pour lui, mais également pour nous tous, ses descendants  dans  la  foi.  Nous  "qui croyons en celui qui ressuscita d'entre les morts Jésus notre Seigneur" (Rm 4, 24), mis à mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification (cf. Rm 4, 25). Cela, Abraham ne le savait pas; toutefois grâce à l'obéissance de la foi, Abraham se dirige vers l'accomplissement de toutes les promesses divines, animé par l'espérance qu'elles se seraient réalisées. Et existe-t-il plus grande promesse que celle qui s'est accomplie dans le mystère pascal du Christ? Dans la foi d'Abraham, Dieu tout-puissant a véritablement établi une alliance éternelle avec le genre humain, et l'accomplissement définitif de celle-ci est Jésus-Christ. Le Fils unique du Père, de sa même substance, s'est fait Homme pour nous introduire, à travers l'humiliation de la Croix et la gloire de la résurrection, dans la terre de salut que Dieu, riche de miséricorde, a promis à l'humanité dès le début.

 


JEUDI 8 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 17, 15 – 27    « Ta femme Sara te donnera un fils, tu l’appelleras Isaac »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 51, 1 – 7)

Ecoutez-moi, vous qui êtes en quête de justice, vous qui cherchez le Seigneur. Regardez le rocher d'où l'on vous a taillés et la fosse d'où l'on vous a tirés. Regardez Abraham votre père et Sara qui vous a enfantés. Il était seul quand je l'ai appelé, mais je l'ai béni et multiplié. Oui, le Seigneur a pitié de Sion, il a pitié de toutes ses ruines; il va faire de son désert un Eden et de sa steppe un jardin du Seigneur ; on y trouvera la joie et l'allégresse, l'action de grâces et le son de la musique. Ecoute-moi bien, mon peuple, ô ma nation, tends l'oreille vers moi. Car une loi va sortir de moi, et je ferai de mon droit la lumière des peuples. Soudain ma justice approche, mon salut paraît, mon bras va punir les peuples. Les îles mettront en moi leur espoir et compteront sur mon bras. Levez les yeux vers le ciel, regardez en bas vers la terre; oui, les cieux se dissiperont comme la fumée, la terre s'usera comme un vêtement et ses habitants mourront comme de la vermine. Mais mon salut sera éternel et ma justice demeurera intacte. Ecoutez-moi, vous qui connaissez la justice, peuple qui mets ma loi dans ton cœur.

 


VENDREDI 9 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 17, 15 – 27   « Ta femme Sara te donnera un fils, tu l’appelleras Isaac »

Texte de méditation : RUPERT DE DEUTZ (De Trinitate)

« Qu’Ismaël vive devant toi ! » C’est la réponse d’un esprit plein de respect et de pudeur. Mais le Seigneur dit à Abraham : « Sara ton épouse t’enfantera un fils ». Cette répétition de la Parole de Dieu est un ordre : « Dieu excite la foi d’Abraham, bien qu’il la connaisse déjà. « Tu lui donneras le nom d’Isaac », car vraiment ton grand cœur rira, quand viendra l’accomplissement. L’accomplissement, c’est la nativité du Christ, qui est une cause de rire éternel et de joie sans fin pour la multitude des saints, car il est vraie chair de leur chair et vrai homme. L’un d’eux goûta les prémices de cette joie quand il était encore dans le sein de sa mère et que celle-ci dit à Marie : « Dès que ta voix a frappé mes oreilles, l’enfant a exulté de joie dans mon sein ».

 


SAMEDI 10 NOVEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI :

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).