« Ne crains pas. Je suis ton bouclier, 

ta récompense sera très grande » (Gn 15,1)

Lectio Divina - Abraham et Isaac

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Genèse 12-23, semaine 5

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du Fils Et toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Seigneur notre Dieu, tu as promis à Abraham, en récompense de sa foi, que ton Fils unique prendrait chair de sa descendance ; nous t’en prions : que la foi reçue dans le baptême opère en nous par la charité jusqu’à la mort, et nous obtienne de naître à la vie éternelle. P ar Jésus Christ ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen » 

 


DIMANCHE 28 OCTOBRE           

Lecture suivie : Gn 14, 1 – 16     « Abraham ramena Lot son frère, avec ses biens »

Référence complémentaire : Livre des Psaumes (Ps 18, 29 – 40) 

C'est toi, Seigneur, ma lampe, mon Dieu éclaire ma ténèbre ;

avec toi je force l'enceinte, avec mon Dieu je saute la muraille.

Dieu, sa voie est sans reproche et la parole du Seigneur sans alliage.

Il est, lui, le bouclier de quiconque s'abrite en lui.

Qui donc est Dieu, hors le Seigneur ? Qui est Rocher, sinon notre Dieu ?

Ce Dieu qui me ceint de force et rend ma voie irréprochable,

qui égale mes pieds à ceux des biches et me tient debout sur les hauteurs,

qui instruit mes mains au combat, mes bras à bander l'arc d'airain.

Tu me donnes ton bouclier de salut

ta droite me soutient, tu ne cesses de m'exaucer,

tu élargis mes pas sous moi et mes chevilles n'ont point fléchi.

Je poursuis mes ennemis et les atteins, je ne reviens pas qu'ils ne soient achevés;

je les frappe, ils ne peuvent se relever, ils tombent, ils sont sous mes pieds.

Tu m'as ceint de force pour le combat, tu fais ployer sous moi mes agresseurs.

 


LUNDI 29 OCTOBRE

Lecture suivie : Gn 14, 1 – 16     « Abraham ramena Lot son frère, avec ses biens »

Texte de méditation : SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE (Sermon 122)

Loin de se reposer sur les largesses de Dieu, Abraham se savait appelé à les répandre : il les employait à défendre les opprimés, à libérer les prisonniers, voire à arracher à leur sort des hommes qui allaient mourir (Gn 14,14). En face de l'étranger qu'il reçoit (Gn 18,1s), Abraham ne s'assied pas, il reste debout. Il n'est pas le convive de son hôte, il se fait son serviteur ; il oublie qu'il est maître chez lui, il apporte lui-même la nourriture et, soucieux d'une préparation soignée, il fait appel à sa femme. Pour son propre compte, il s'en remet entièrement à ses serviteurs, mais pour l'étranger qu'il reçoit, il pense à peine suffisant de le confier au savoir-faire de son épouse. Que dirais-je encore, mes frères ? C'est une délicatesse tellement parfaite qui a attiré chez Abraham Dieu lui-même, qui l'a contraint à être son hôte. Ainsi est venu à Abraham, repos des pauvres, refuge des étrangers, celui-là même qui, plus tard, devait se dire accueilli dans la personne du pauvre et de l'étranger : « J'ai eu faim, dit-il, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'ai été étranger et vous m'avez reçu » (Mt 25,35). Et nous lisons encore dans l'Évangile : « Quand le pauvre Lazare mourut, il fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham. » N'est-il pas naturel, mes frères, qu'Abraham, jusque dans son repos, accueille tous les saints, et qu'il s'acquitte, jusque dans la béatitude céleste, de son service d'hospitalité ? Sans aucun doute, il ne pourrait se croire pleinement heureux si, dans la gloire même, il ne continuait à exercer son ministère de partage.

 


MARDI 30 OCTOBRE

Lecture suivie : Gn 14, 17 – 24     « Melchisédech apporta du pain et du vin »

Référence complémentaire : Epître aux Hébreux (He 5, 1 – 10)

Tout grand prêtre, pris d'entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d'offrir dons et sacrifices pour les péchés. Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés, puisqu'il est lui-même également enveloppé de faiblesse, et qu'à cause d'elle, il doit offrir pour lui-même des sacrifices pour le péché, comme il le fait pour le peuple. Nul ne s'arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron. De même ce n'est pas le Christ qui s'est attribué à soi-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l'a reçue de celui qui lui a dit: Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré; comme il dit encore ailleurs: Tu es prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech. C'est lui qui, aux jours de sa chair, ayant présenté, avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété, tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance; après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel, puisqu'il est salué par Dieu du titre de grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech.

 


MERCREDI 31 OCTOBRE

Lecture suivie : Gn 14, 17 – 24    « Melchisédech apporta du pain et du vin »

Texte de méditation : SAINT CYPRIEN (Lettre)

Que Melchisédech fût une figure du Christ, c'est ce que révèle dans les psaumes l'Esprit-Saint parlant au nom du Père et disant du Fils : Je t'ai engendré avec l'étoile du matin ; tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech. Cet ordre se réfère au sacrifice (l'Eucharistie du Christ) et a son point de départ dans le fait que Melchisédech fut prêtre du Très-Haut, qu'il offrit le pain et le vin, qu'il bénit Abraham. Qui en effet fut plus prêtre du Très-Haut que Notre Seigneur Jésus-Christ qui offrit un sacrifice à Dieu son père, le même que Melchisédech avait offert, à savoir le pain et le vin, c'est-à-dire son corps et son sang ? Ainsi donc pour que le grand prêtre Melchisédech, dans la Genèse, put régulièrement bénir Abraham, il y eut d'abord l'image du sacrifice consistant dans l'oblation du pain et du vin. Et le seigneur, achevant et couronnant le sacrifice symbolique, offrit le pain et le calice avec du vin, et Celui qui est la plénitude de toutes choses a réalisé ce que cette figure annonçait.

 


JEUDI 1er NOVEMBRE – SOLENNITÉ DE LA TOUSSAINT

Lecture suivie : Gn 15, 1 – 21   " Abram crut dans le Seigneur qui le lui compta comme justice "

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Galates (Ga 3, 5 – 16)

Celui qui vous prodigue l'Esprit et opère parmi vous des miracles, le fait-il parce que vous pratiquez la loi ou parce que vous croyez à la prédication? Ainsi Abraham crut-il en Dieu, et ce lui fut compté comme justice. Comprenez-le donc: ceux qui se réclament de la foi, ce sont eux les fils d'Abraham. Et l'Ecriture, prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, annonça d'avance à Abraham cette bonne nouvelle: En toi seront bénies toutes les nations. Si bien que ceux qui se réclament de la foi sont bénis avec Abraham le croyant. Tous ceux en effet qui se réclament de la pratique de la loi encourent une malédiction. Car il est écrit: Maudit soit quiconque ne s'attache pas à tous les préceptes écrits dans le livre de la Loi pour les pratiquer. -- Que d'ailleurs la Loi ne puisse justifier personne devant Dieu, c'est l'évidence, puisque le juste vivra par la foi; or la Loi, elle, ne procède pas de la foi: mais c'est en pratiquant ces préceptes que l'homme vivra par eux. -- Le Christ nous a rachetés de cette malédiction de la Loi, devenu lui-même malédiction pour nous, car il est écrit: Maudit quiconque pend au gibet, afin qu'aux païens passe dans le Christ Jésus la bénédiction d'Abraham et que par la foi nous recevions l'Esprit de la promesse. Frères, partons du plan humain: un testament, dûment ratifié, qui n'est pourtant que de l'homme, ne s'annule pas ni ne reçoit de modifications. Or c'est à Abraham que les promesses furent adressées et à sa descendance. L'Ecriture ne dit pas: "et aux descendants", comme s'il s'agissait de plusieurs; elle n'en désigne qu'un: et à ta descendance, c'est-à-dire le Christ.

 


VENDREDI 2 NOVEMBRE

Lecture suivie : Gn 15, 1 – 21     " Abram crut dans le Seigneur qui le lui compta comme justice "

Texte de méditation : SAINT AMBROISE DE MILAN (Sur Abraham)

Considérons la récompense qu'Abraham réclame au Seigneur. Il ne demande pas des richesses comme un avare, ni une longue vie comme celui qui craint la mort, ni la puissance, mais il demande un digne héritier de son travail : « Que me donneras-tu, dit-il ? Je m'en vais sans enfants » (Gn 15,2). Agar a mis au monde un fils, Ismaël, mais Dieu lui dit : « Ce ne sera pas lui ton héritier, mais un autre issu de toi » (Gn 15,4). De quel autre parle-t-il ? Il ne s'agit pas d’Ismaël mais de saint Isaac. Mais dans le fils légitime Isaac, nous pouvons voir le véritable fils légitime, le Seigneur Jésus Christ qui, au début de l'évangile de saint Matthieu, est appelé fils d'Abraham (Mt 1,1). Il s'est montré vrai fils d'Abraham en faisant resplendir la descendance de son ancêtre ; c'est grâce à lui qu'Abraham a regardé vers le ciel et a pu voir sa postérité briller comme les étoiles (Gn 15,5). L'apôtre Paul dit : « Une étoile diffère en éclat d'une autre étoile ; il en est ainsi pour la résurrection des morts » (1Co 15, 41). En associant à sa résurrection les hommes que la mort gardait en terre, le Christ leur a donné part au royaume du ciel.

 La filiation d’Abraham s'est propagée uniquement par l'héritage de la foi, qui nous prépare au ciel, nous rapproche des anges, nous élève jusqu'aux étoiles. « Dieu dit : ‘ Telle sera ta descendance ’ et Abraham crut en Dieu » (Gn 15,6). Il a cru que le Christ par son incarnation serait son héritier. Pour te le faire savoir, le Seigneur a dit: « Abraham a vu mon jour et s'est réjoui ». Dieu l'a considéré comme juste parce qu'il n'a pas demandé d'explication mais a cru sans la moindre hésitation. Il est bon que la foi devance les explications, sinon nous aurions l'air d'en demander au Seigneur notre Dieu, comme à un homme. Quelle inconvenance de croire des hommes quand ils témoignent au sujet d'un autre, et de ne pas croire Dieu quand il parle de lui ! Imitons donc Abraham pour hériter le monde par la justification de la foi, qui l'a fait hériter de la terre.

 


SAMEDI 3 NOVEMBRE

 

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI :

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).