« Abram partit sur la Parole du Seigneur » (Gn 12,4)

 

Lectio Divina - Abraham et Isaac

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Genèse 12-23, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du Fils Et toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Seigneur notre Dieu, tu as promis à Abraham, en récompense de sa foi, que ton Fils unique prendrait chair de sa descendance ; nous t’en prions : que la foi reçue dans le baptême opère en nous par la charité jusqu’à la mort, et nous obtienne de naître à la vie éternelle. P ar Jésus Christ ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen » 

 


DIMANCHE 21 OCTOBRE

Lecture suivie : Gn 12, 1 – 9    " Va, quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père "

Référence complémentaire : Epître aux Hébreux (He 11, 8 – 16) 

Par la foi, Abraham obéit à l'appel de partir vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. C'est qu'il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l'architecte et le constructeur. Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu'elle estima fidèle celui qui avait promis. C'est bien pour cela que d'un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables... C'est dans la foi qu'ils moururent tous sans avoir reçu l'objet des promesses, mais ils l'ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu'ils sont à la recherche d'une patrie. Et s'ils avaient pensé à celle d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner. Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste. C'est pourquoi, Dieu n'a pas honte de s'appeler leur Dieu; il leur a préparé, en effet, une ville.

 


LUNDI 22 OCTOBRE

Lecture suivie : Gn 12, 1 – 9   « Va, quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père »

Texte de méditation : GRÉGOIRE DE NYSSE (C. Eunome)

Abraham sort, par commandement divin, de sa terre et de sa parenté. Cette « sortie » est glorieuse, pour un homme qui est prophète et qui se hâte vers la connaissance de Dieu. Car autrement, je ne crois pas qu'un changement de lieu permette de saisir ces choses que l'on trouve par l'intelligence. Mais Abraham est sorti de lui-même et de sa terre, c'est-à-dire de sa pensée terrestre et basse, pour élever son intelligence au-dessus des limites de la nature, et laisser derrière lui, autant que possible, la parenté de son âme avec ses sens. Il ne veut pas qu'aucun objet sensible l'aveugle ou l'enténèbre, l’empêchant d'accéder à la connaissance de ces réalités qui échappent aux yeux des sens, ni que les bruits qui résonnent autour de lui, ou la vision des apparences, séduisent son intelligence. S'avançant, comme le dit l'Apôtre, par la foi et non par l'apparence, il s'éleva, dans la grandeur et l'excellence de sa connaissance, au point d'être tenu pour le sommet de la perfection humaine ; il parvint à la plus haute connaissance de Dieu qui soit permise à l'homme limité et mortel. C'est pourquoi le Seigneur de toute créature se nomme lui-même « le Dieu d’Abraham », comme s'il était une trouvaille du Patriarche. Mais que dit encore l'Écriture ? Qu'il sortit, ne sachant où il irait ; et il ne lui fut même pas permis d'apprendre le Nom de Celui qu'il aimait : Or il ne conçut ni rancœur, ni honte de cette ignorance. Pour ce qu'il cherchait, c'était précisément une conduite certaine et sûre, que d'être mené comme par la main à la science de Dieu, sans passer par aucun de ces objets qui tombent les premiers sous la connaissance, et sans que nul de ces objets saisissables n'émût son intelligence, arrêtant sa marche vers ce qui surpasse tous les objets connus.

 


MARDI 23 OCTOBRE

Lecture suivie : Gn 12, 10 – 20  «  il y eut une famine et Abram descendit en Egypte  »

Référence complémentaire : Livre des Psaumes (Ps 105, 1 – 15)

Alleluia! Rendez grâce au Seigneur, criez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ; chantez-le, jouez pour lui, récitez toutes ses merveilles; tirez gloire de son nom de sainteté, joie pour les cœurs qui cherchent le Seigneur! Recherchez le Seigneur et sa force, sans relâche poursuivez sa face; rappelez-vous quelles merveilles il a faites, ses miracles et les jugements de sa bouche. Lignée d'Abraham son serviteur, enfants de Jacob son élu, c'est lui le Seigneur notre Dieu: sur toute la terre ses jugements. Il se rappelle à jamais son alliance, parole promulguée pour mille générations, pacte conclu avec Abraham, serment qu'il fit à Isaac. Il l'érigea en loi pour Jacob, pour Israël en alliance à jamais, disant: "Je te donne une terre, Canaan, votre part d'héritage." Tant qu'on put les compter, peu nombreux, étrangers au pays, tant qu'ils allaient de nation en nation, d'un royaume à un peuple différent, il ne laissa personne les opprimer, à cause d'eux il châtia des rois: "Ne touchez pas à qui m'est consacré; à mes prophètes ne faites pas de mal."

 


MERCREDI 24 OCTOBRE

Lecture suivie : Gn 12, 10 – 20  « il y eut une famine et Abram descendit en Egypte »

Texte de méditation : JEAN CHRYSOSTOME (Homélies sur la Genèse)

Vous voyez, mes bien-aimés, tout le prix de la patience et de la persévérance. Considérez ce qui s'est passé et admirez la patience du juste et la force du Dieu de miséricorde, qui prépare au juste un départ si glorieux, après une arrivée pleine de tant de frayeurs et d'angoisses. Pharaon ordonna à ses gens d'accompagner Abram pour le conduire avec son épouse et tout ce qui leur appartenait, et Loth avec lui. Le juste revint avec beaucoup d'honneurs et de richesses, et tous ces événements servirent de leçons non seulement aux Egyptiens, mais à ceux qui se trouvaient sur la route et aux habitants de la Palestine. Car, voyant cet homme, qui était parti sous la contrainte de la famine, saisi de frayeur et de tremblement, revenir maintenant avec tant d'éclat, d'abondance et d'opulence, ils apprenaient avec quelle force Dieu le protégeait. Qui a jamais vu et entendu de telles choses? Il est parti pour se soustraire aux rigueurs de la famine, et il revient comblé de richesses et de gloire. Ne vous étonnez pas trop, mes bien-aimés, ne soyez pas si surpris du fait en lui-même, réservez votre stupéfaction, votre admiration, pour notre commun Maître; c'est lui qu'il faut glorifier. Voyez que les descendants du patriarche, étant encore venus en Egypte pour fuir la famine, y supportèrent aussi la servitude et les persécutions, mais en revinrent glorieux et prospères. Telle est la sagesse de notre Seigneur ! quand il a permis aux malheurs de s'accumuler, il dissipe de nouveau les nuages et ramène un calme subit et inattendu, pour nous montrer la grandeur de sa puissance.

 


JEUDI 25 OCTOBRE

Lecture suivie : Gn 13, 1 – 18  " Qu’il n’y ait pas de discorde entre nous, nous sommes frères "

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 12, 2 à 18)

Ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. Au nom de la grâce qui m'a été donnée, je le dis à tous et à chacun: ne vous surestimez pas plus qu'il ne faut vous estimer, mais gardez de vous une sage estime, chacun selon le degré de foi que Dieu lui a départi (…) Que celui qui donne le fasse sans calcul; celui qui préside, avec diligence; celui qui exerce la miséricorde, en rayonnant de joie. Que votre charité soit sans feinte, détestant le mal, solidement attachés au bien; que l'amour fraternel vous lie d'affection entre vous, chacun regardant les autres comme plus méritants, d'un zèle sans nonchalance, dans la ferveur de l'esprit, au service du Seigneur, avec la joie de l'espérance, constants dans la tribulation, assidus à la prière, prenant part aux besoins des saints, avides de donner l'hospitalité. Bénissez ceux qui vous persécutent; bénissez, ne maudissez pas. Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure. Pleins d'une égale complaisance pour tous, sans vous complaire dans l'orgueil, attirés plutôt par ce qui est humble, ne vous complaisez pas dans votre propre sagesse. Sans rendre à personne le mal pour le mal, ayant à cœur ce qui est bien devant tous les hommes, en paix avec tous si possible, autant qu'il dépend de vous.

 


VENDREDI 26 OCTOBRE

Lect. suivie : Gn 13, 1 – 18     « Qu’il n’y ait pas de discorde, nous sommes frères »

Texte de méditation : JEAN CHRYSOSTOME (Homélies sur la Genèse)

Nous voyons comment ce pieux patriarche éteint par sa douceur l'incendie prêt à s'allumer. Abram dit à Loth : Qu'il n'y ait pas de dispute entre toi et moi, ni entre les bergers et les miens, car nous sommes frères. Voyez quel excès de modestie, quelle conduite sublime ! Lui, le plus âgé, le plus respectable, appelle frère le fils de son frère, il l'élève à sa hauteur et en fait son égal, en disant : Qu'il n'y ait pas de dispute entre toi et moi, ni entre tes bergers et les miens. Cela serait indigne de nous, dit-il, puisque nous sommes frères. Vous voyez qu'il accomplit cette loi de l'Apôtre : C'est déjà un tort de votre part d'avoir des procès. Pourquoi n'endurez-vous pas plutôt quelque injustice, quelque dommage? Mais vous-mêmes causez des injustices et des dommages, et cela à vos frères. (1Co 6,7). Est-il une âme plus pacifique? Il devait, lui qui avait été choisi pour être un exemple de sagesse aux peuples de la Palestine, ne donner prise sur lui dans aucune occasion, mais se faire entendre à tous d'une manière plus éclatante que le son de la trompette, au moyen de sa douceur, et les forcer tous à imiter sa vertu. Jamais un frère a-t-il agi avec son frère jumeau comme le patriarche avec le fils de son frère? S'il avait commencé par choisir pour lui, et qu'ensuite il eût abandonné le reste à son neveu, n'aurait-ce pas été déjà un grand bienfait? Mais il voulait donner un grand exemple de vertu et satisfaire les désirs du jeune homme, pour ne lui laisser aucun regret de cette séparation ; aussi en lui donnant toute facilité, il lui dit : Toute la terre est devant toi, sépare-toi de moi, et choisis la terre que tu voudras.

 


SAMEDI 27 OCTOBRE

 

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI :

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).