« Des compagnons écoutent ta voix :

daigne me la faire entendre » (Ct 8,13)

 

Lectio Divina - Cantique des Cantiques (P. Baste-Morand)

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Cantique des cantiques, semaine 6

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


 

 

DIMANCHE 6 JANVIER – EPIPHANIE DU SEIGNEUR

Lecture suivie : Ct 6,11 à 7,11   " Je suis à mon Bien-Aimé, vers moi se porte son désir "

Référence complémentaire : Livre du prophète Jérémie (Jr 31, 1 – 9) 

En ce temps-là -  oracle du Seigneur -  je serai le Dieu de toutes les familles d'Israël, et elles seront mon peuple. Ainsi parle le Seigneur: Il a trouvé grâce au désert, le peuple échappé à l'épée. Israël marche vers son repos. De loin le Seigneur m'est apparu: D'un amour éternel je t'ai aimée, aussi t'ai-je maintenu ma faveur. De nouveau je te bâtirai et tu seras rebâtie, vierge d'Israël. De nouveau tu te feras belle, avec tes tambourins, tu sortiras au milieu des danses joyeuses. De nouveau tu seras plantée de vignes sur les montagnes de Samarie ; ils planteront, les planteurs, et ils cueilleront. Oui, ce sera le jour où les veilleurs crieront sur la montagne d'Ephraïm: "Debout! Montons à Sion, vers le Seigneur notre Dieu!" Car ainsi parle le Seigneur : Criez de joie pour Jacob, acclamez la première des nations! Faites-vous entendre! louez! Proclamez: "le Seigneur a sauvé son peuple, le reste d'Israël!" Voici que moi je les ramène du pays du Nord, je les rassemble des extrémités du monde. Parmi eux l'aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la femme qui enfante, tous ensemble: c'est une grande assemblée qui revient ici! En larmes ils reviennent, dans les supplications je les ramène. Je vais les conduire aux cours d'eau, par un chemin tout droit où ils ne trébucheront pas. Car je suis un père pour Israël et Ephraïm est mon premier-né.



 

LUNDI 7 JANVIER

Lecture suivie : Ct 6,11 à 7,11    « Je suis à mon Bien-Aimé, et vers moi se porte son désir »

Texte de méditation : SAINTE THÉRÈSE D’AVILA (Exclamations)

Ô vrai Dieu et mon Seigneur ! Pour l'âme affligée de la solitude où elle vit en ton absence, c'est une grande consolation que de savoir que tu es partout. Mais à quoi bon, Seigneur, quand la force de l'amour et l'impétuosité de cette peine augmentent, et le cœur se trouble, si bien que nous ne pouvons plus comprendre ni connaître cette vérité ? L'âme sait seulement qu'elle est séparée de toi, et elle n'admet aucun remède. En effet, le cœur qui aime beaucoup ne supporte pas d'autres conseils ni consolations que Celui-là même qui l'a blessé ; c'est de lui seul qu'il attend la guérison de sa peine. Quand tu le veux, Seigneur, tu guéris à l'instant la blessure que tu as faite. Ô Bien-Aimé véritable, avec quelle compassion, quelle douceur, quelles bonté et tendresse, avec quelles marques d'amour, tu guéris les plaies des flèches de ton amour ! Ô mon Dieu, tu es le repos de toute peine. Quelle folie que de chercher des moyens humains pour guérir ceux qui sont malades du feu divin ? Qui peut savoir jusqu'où va cette blessure, d'où elle vient, et comment apaiser un tel tourment ? Comme l'épouse du Cantique des cantiques a raison de dire : « Mon Bien-Aimé est à moi, et je suis à lui ! » (7,11) En effet, l'amour que je ressens ne peut pas avoir son origine dans la bassesse de mon amour. Et pourtant, ô mon Époux, si bas que soit mon amour, comment se fait-il qu'il dépasse toute chose créée pour atteindre son créateur ?

 



 

MARDI 8 JANVIER

Lecture suivie : Ct 7,12 à 8,4   « son bras est sous ma tête et sa droite m’étreint »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 54, 5 – 10)

Ton créateur est ton époux, Seigneur Sabaot est son nom, le Saint d'Israël est ton rédempteur, on l'appelle le Dieu de toute la terre. Oui, comme une femme délaissée et accablée, le Seigneur t'a appelée, comme la femme de sa jeunesse qui aurait été répudiée, dit ton Dieu. Un court instant je t'avais délaissée, ému d'une immense pitié, je vais t'unir à moi. Débordant de fureur, un instant, je t'avais caché ma face. Dans un amour éternel, j'ai eu pitié de toi, dit le Seigneur, ton rédempteur. Ce sera pour moi comme au temps de Noé, quand j'ai juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre. Je jure de même de ne plus m'irriter contre toi, de ne plus te menacer. Car les montagnes peuvent s'écarter et les collines chanceler, mon amour ne s'écartera pas de toi, mon alliance de paix ne chancellera pas, dit le Seigneur qui te console.



 

MERCREDI 9 JANVIER

Lecture suivie : Ct 7,12 à 8,4   « son bras est sous ma tête et sa droite m’étreint »

Texte de méditation : SAINT BERNARD (Sermons sur le Cantique)

L'époux retourne à son épouse avec des grâces plus abondantes que les autres fois. Car d'un bras il soutient sa tête languissante, et de l'autre, il se prépare à l'embrasser pour la réchauffer sur son sein. O heureuse l'âme qui est couchée sur le sein du Seigneur, et qui repose entre les bras du Verbe. «Il met sa main gauche sous ma tète, et il m'embrassera de sa main droite.» Apprenez de là à n'être point lent et paresseux à rendre grâce à Dieu; apprenez à le remercier de chacun de ses dons. «Considérez avec soin, dit le Sage, ce qui vous est présenté (Pr 236,1),» afin que vous ne laissiez passer aucun don de Dieu, ni grand, ni médiocre, ni petit, sans lui en rendre grâce. C'est pourquoi quand l'Épouse sent la grâce que son Époux lui fait en mettant sa main gauche sous sa tête, elle l'en remercie à l'heure même, et n'attend pas pour le faire, la plénitude de la grâce qui se trouve dans sa main droite. Lorsque l’âme fait quelque progrès et passe de l’esprit de servitude dans le sentiment plus noble d'un service volontaire, elle s’approche alors de la main droite, où sont toutes les promesses, suivant cette parole de Prophète à Dieu: «Des délices éternelles sont dans votre droite (Ps 16,40).» Voilà pourquoi dans la certitude de son espérance, elle dit avec confiance: «et sa droite m'embrassera.»

 


 

JEUDI 10 JANVIER

Lecture suivie: Ct 8, 5 – 14     « Mets-moi comme un sceau sur ton cœur »

Référence complémentaire : Livre du Deutéronome (Dt 6, 3 – 13)

Puisses-tu écouter, Israël, garder et pratiquer ce qui te rendra heureux et te multipliera, ainsi que te l'a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères, en te donnant une terre qui ruisselle de lait et de miel! Ecoute, Israël: le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Que ces paroles que je te dicte aujourd'hui restent dans ton cœur! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout; tu les attacheras à ta main comme un signe, sur ton front comme un bandeau; tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. Lorsque le Seigneur ton Dieu t'aura conduit au pays qu'il a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de te donner, aux villes grandes et prospères que tu n'as pas bâties, aux maisons pleines de toutes sortes de biens, maisons que tu n'as pas remplies, aux puits que tu n'as pas creusés, aux vignes et aux oliviers que tu n'as pas plantés, lors donc que tu auras mangé et que tu te seras rassasié, garde-toi d'oublier le Seigneur qui t'a fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude. C'est le Seigneur ton Dieu que tu craindras, lui que tu serviras, c'est par son nom que tu jureras.

 


 

VENDREDI 11 JANVIER

Lecture suivie : Ct 8, 5 – 14     « Mets-moi comme un sceau sur ton cœur »

Texte de méditation : BAUDOUIN DE FORD (Homélie sur le Cantique)

"L'amour est fort comme la mort". Forte est la mort, puisqu'elle peut nous enlever le don de la vie. Fort est l'amour, puisqu'il peut nous ramener à un meilleur usage de la vie. Forte est la mort, puisqu'elle a le pouvoir de nous dépouiller de notre corps. Fort est l'amour, puisqu'il a le pouvoir d'arracher à la mort ce qu'elle nous a pris, et de nous le restituer. Forte est la mort: aucun homme ne peut lui résister. Fort est l'amour, au point de pouvoir triompher d'elle, de briser son aiguillon, de mater ses efforts, de changer sa victoire en défaite. L’amour que nous avons pour le Christ représente une certaine réciprocité; même s'il est loin d'égaler celui du Christ pour nous, il est à l'image et à la ressemblance du sien. Le Christ en effet nous a aimés le premier, et par l'exemple d'amour qu'il nous a proposé, il s'est fait pour nous un sceau afin que nous devenions conformes à son image, en nous débarrassant de l'image de l'homme terrestre, et en prenant sur nous l'image de l'homme céleste. Comme il nous a aimés, aimons-le, nous aussi. En ceci, en effet, il nous a laissé un modèle pour que nous suivions ses traces. C'est pourquoi il nous dit: Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme s'il disait: «Aime-moi à la manière dont je t'aime : Garde-moi dans ton esprit, dans ta mémoire, dans ton désir, ton soupir, ton gémissement, tes sanglots. Souviens-toi, homme, avec quelle qualité je t'ai créé: de combien je t'ai préféré aux autres créatures, de quelle dignité je t'ai ennobli, de quelle gloire et de quel honneur je t'ai couronné et comment je t'ai fait de peu inférieur aux anges, comment j'ai tout placé sous tes pieds. Souviens-toi non seulement de tout ce que j'ai fait pour toi, mais encore de ce que j'ai supporté de ta part, en fait de peine et de mépris. Et vois si tu n'es pas injuste à mon égard en ne m'aimant pas. Qui en effet t'a aimé comme moi? Qui t'a créé, sinon moi? Qui t'a racheté, sinon moi?» Seigneur, enlève de moi ce cœur de pierre, ce cœur figé, ce cœur incirconcis. Et donne-moi un cœur nouveau, un cœur de chair, un cœur pur. Toi qui purifies le cœur et qui aimes le cœur pur, possède mon cœur et habite en lui; contiens-le et remplis-le, toi qui dépasses tout ce que je suis et qui m'es plus intérieur et intime que moi-même. Toi, le modèle de la beauté et le sceau de la sainteté, scelle mon cœur dans ton image, scelle mon cœur sous ta miséricorde, Dieu de mon cœur, Dieu, ma part à jamais.

 


 

SAMEDI 12 JANVIER

 

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).

 

Lectio Divina - Cantique des cantiques