« J’entends mon Bien-Aimé qui frappe» (Ct 5,2)

 

Lectio Divina - Cantique des Cantiques (P. Baste-Morand)

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Cantique des cantiques, semaine 5

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 30 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 5, 2 – 8   « Je me suis levée pour ouvrir à mon Bien-Aimé »

Référence complémentaire : Livre de l’Apocalypse de saint Jean (Ap 3, 18 – 22) 

Suis donc mon conseil: achète chez moi de l'or purifié au feu pour t'enrichir; des habits blancs pour t'en revêtir et cacher la honte de ta nudité; un collyre enfin pour t'en oindre les yeux et recouvrer la vue. Ceux que j'aime, je les semonce et les corrige. Allons! Un peu d'ardeur, et repens-toi! Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire, j'ai siégé avec mon Père sur son trône. Celui qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Eglises."

 


LUNDI 31 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 5, 2 – 8   «  Je me suis levée pour ouvrir à mon Bien-Aimé »

Texte de méditation : SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE (Sur le Ct)

Lève-toi ma bien-aimée, ma belle, ma colombe. Elle entend l'ordre, elle s'éveille, elle s'avance, s'approche et devient belle. De même que l'Épouse, avait pris l'apparence du serpent après la chute lorsqu'elle gisait à terre et fixait les yeux sur lui, de même, lorsqu'elle s'est levée elle a pris l'apparence de ce vers quoi elle se tournait. Elle se tourne vers la beauté du Dieu principe et s'approchant de la lumière, elle devient lumière. Ainsi au fur et à mesure qu'elle marche, qu'elle progresse vers ce qui est toujours au-devant d'elle, ses désirs augmentent et les biens qui lui apparaissent lui font croire qu'elle est toujours au début de sa route. C'est pourquoi le Verbe, le Christ dit à nouveau "lève-toi", à celle qui est déjà levée et "viens" à celle qui est déjà venue. En effet, à celui qui se lève vraiment, il faudra toujours se lever à nouveau, et à celui qui court vers Dieu, jamais ne manqueront les larges espaces. Celui qui monte ne s'arrête jamais allant de commencement en commencement, par des commencements qui n'ont jamais de fin. L'âme qui a été justement comparée à une cavale (Ct 1,9), pour courir de sa course divine, s'élance vers ce qui est en avant par des bonds rapides et pressés et ne se tourne pas en arrière, quoi qu'elle ait obtenu dans sa progression. Ce qui est chaque fois saisi est certes beaucoup plus grand que ce qui avait été saisi auparavant, mais comme ce qui est cherché ne comporte pas en soi de limite, le terme de ce qui a été découvert devient pour ceux qui montent le point de départ de la découverte de biens plus élevés. Ainsi celui qui monte ne s'arrête jamais d'aller de commencement en commencement par des commencements qui n'ont jamais de fin. Jamais celui qui monte n'arrête son désir à ce qu'il connaît déjà ; mais s'élevant successivement, par un autre désir à nouveau plus grand, à un autre supérieur encore, l'âme poursuit sa route vers l'infini à travers des ascensions toujours plus hautes.

 


MARDI 1er JANVIER 2013 – SAINTE MARIE, MÈRE DE DIEU

Lecture suivie : Ct 5,9 à 6,3   « Je suis à mon Bien-Aimé, et mon Bien-Aimé est à moi ! »

Référence complémentaire : Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 41 – 55)

Dès qu'Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein et Elisabeth fut remplie d'Esprit Saint. Alors elle poussa un grand cri et dit: "Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein! Et comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? Car, vois-tu, dès l'instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein. Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur!" Marie dit alors: "Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur, parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom, et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, -- selon qu'il l'avait annoncé à nos pères - en faveur d'Abraham et de sa postérité à jamais!"

 


MERCREDI 2 JANVIER

Lecture suivie : Ct 5,9 à 6,3   " Je suis à mon Bien-Aimé, et mon Bien-Aimé est à moi ! "

Texte de méditation : GUERRIC D’IGNY (Sermon)

L'Évangile nous montre le visage le plus beau du Christ : sa vie et l'enseignement qu'il a donné par sa parole et par son propre exemple. Connaître le Christ sous cette forme constitue, dans la vie présente, la piété des chrétiens. C'est pourquoi Paul, sachant que « la chair ne sert de rien sans l'Esprit qui vivifie » (Jn 6,63s), ne veut plus connaître le Christ selon la chair (2Co 5,16) afin de se tourner tout entier vers celui qui est Esprit vivifiant (1Co 15,45). Or Marie semble partager ce sentiment lorsque, désirant faire pénétrer dans les cœurs de tous le Bien-Aimé né de son sein, le Bien-Aimé de ses désirs, elle le décrit non selon la chair, mais selon l'Esprit. Elle semble dire aussi, avec Paul : « Même si j'ai connu le Christ selon la chair, maintenant je ne le connais plus ainsi » (2Co 5,16). Elle désire en effet, elle aussi, former son Fils unique dans tous ses fils d'adoption. C'est pourquoi, bien qu'ils aient déjà été engendrés par la parole de vérité (Jc 1,18), Marie n'en continue pas moins à les enfanter chaque jour par les désirs et la sollicitude de sa tendresse maternelle, jusqu'à ce qu'ils atteignent « l'état d'homme parfait, la mesure de la plénitude de l'âge » de son Fils (Ep 4,13), lui qu'elle a une fois pour toutes enfanté et mis au monde. Elle nous fait donc ainsi l'éloge de ce fruit de son sein : « Je suis la mère du bel amour, de la crainte et de la connaissance, la mère de la sainte espérance » (Si 24,24). Est-ce donc là ton fils, ô Vierge des vierges ? Est-ce là ton Bien-Aimé, ô la plus belle des femmes ? (Ct 5,9). --Certainement, tel est mon Bien-Aimé, et il est mon fils, ô filles de Jérusalem (v. 16). En lui-même, mon Bien-Aimé est le bel amour, et en celui qui est né de lui mon Bien-Aimé est le bel amour, la crainte, l'espérance et la connaissance. ».

 


JEUDI 3 JANVIER

Lecture suivie: Ct 6, 4 – 10     « unique est ma colombe, ma parfaite »

Référence complémentaire : Livre du prophète Osée (Os 2, 20 – 25)

Je conclurai pour eux une alliance, en ce jour-là, avec les bêtes des champs, avec les oiseaux du ciel et les reptiles du sol; l'arc, l'épée, la guerre, je les briserai et les bannirai du pays, et eux, je les ferai reposer en sécurité. Je te fiancerai à moi pour toujours; je te fiancerai dans la justice et dans le droit, dans la tendresse et la miséricorde; je te fiancerai à moi dans la fidélité, et tu connaîtras le Seigneur. Il adviendra, en ce jour-là, que je répondrai - oracle du Seigneur - je répondrai aux cieux et eux répondront à la terre; la terre répondra au froment, au vin nouveau et à l'huile fraîche, et eux répondront à Yizréel. Je la sèmerai dans le pays, j'aurai pitié de Celle dont on n’avait pas pitié, je dirai à Celle qui n’était pas mon peuple : "Tu es mon peuple" et lui dira: "Mon Dieu!"

 


VENDREDI 4 JANVIER

Lecture suivie : Ct 6, 4 – 10     « unique est ma colombe, ma parfaite »

Texte de méditation : SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE (Sur le Ct)

Si l'amour chasse parfaitement la crainte et si la crainte se transforme en amour, alors on découvre que l'unité consiste en cet aboutissement du salut : tous sont unis entre eux par l'adhésion à l'unique bien, au moyen de cette perfection que la colombe représente. Car c'est le sens que nous tirons des paroles qui suivent dans le Cantique des cantiques, et que prononce le Bien-Aimé : Unique est ma colombe, unique ma parfaite ; elle est la fille unique de sa mère, la préférée de celle qui l'enfanta. Mais le sens de ces paroles nous apparaît plus clairement dans le discours du Seigneur rapporté par l'Évangile. Par sa bénédiction, il a donné toute puissance à ses disciples ; puis, en priant son Père, il accorde les autres biens à ceux qui en sont dignes. Et il ajoute le principal de tous les biens : que les disciples ne soient plus divisés par la diversité de leurs préférences dans leur jugement sur le bien, mais qu'ils soient tous un par leur union au seul et unique bien. Ainsi, par l'unité du Saint-Esprit, comme dit l'Apôtre, étant attachés par le lien de la paix, ils deviennent tous un seul corps et un seul esprit, par l'unique espérance à laquelle ils ont été appelés. Celui qui, de petit enfant, est parvenu en grandissant à la stature d'homme parfait, qui a rejoint la mesure de l'âge spirituel ~ ; celui qui est devenu capable de recevoir la gloire de l'Esprit par sa maîtrise de soi et sa pureté : il est cette colombe parfaite que regarde l'Époux lorsqu'il dit : Unique est ma colombe, unique ma parfaite.

 


SAMEDI 5 JANVIER

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).

 

Lectio Divina - Cantique des cantiques