« J’ai trouvé celui que mon cœur aime,

je l’ai saisi et ne le lâcherai pas » (Ct 3,4)

Lectio Divina - Cantique des Cantiques (P. Baste-Morand)

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Cantique des cantiques, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 23 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 3, 1 – 5   « j’ai cherché celui que mon cœur aime »

Référence complémentaire : Livre du Deutéronome (Dt 4, 29 – 36) 

De là-bas, tu rechercheras le Seigneur ton Dieu, et tu le trouveras si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme. Dans ta détresse, toutes ces paroles t'atteindront, mais à la fin des temps tu reviendras au Seigneur ton Dieu et tu écouteras sa voix; car le Seigneur ton Dieu est un Dieu miséricordieux qui ne t'abandonnera ni ne te détruira, et qui n'oubliera pas l'alliance qu'il a conclue par serment avec tes pères. Interroge donc les anciens âges, qui t'ont précédé depuis le jour où Dieu créa l'homme sur la terre: d'un bout du ciel à l'autre y eut-il jamais si auguste parole? En entendit-on de semblable? Est-il un peuple qui ait entendu la voix du Dieu vivant parlant du milieu du feu, comme tu l'as entendue, et soit demeuré en vie? Est-il un dieu qui soit venu se chercher une nation au milieu d'une autre, par des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, à main forte et à bras étendu, et par de grandes terreurs --  toutes choses que pour vous, sous tes yeux, le Seigneur votre Dieu a faites en Egypte? C'est à toi qu'il a donné de voir tout cela, pour que tu saches que le Seigneur est le vrai Dieu et qu'il n'y en a pas d'autre. Du ciel il t'a fait entendre sa voix pour t'instruire, et sur la terre il t'a fait voir son grand feu, et du milieu du feu tu as entendu ses paroles.

 


LUNDI 24 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 3, 1 – 5   « j’ai cherché celui que mon cœur aime »

Texte de méditation : SAINT BERNARD (Sermon sur le Cantique des cantiques)

Que chaque âme qui cherche Dieu sache qu'elle a été devancée par lui, qu'il l'a cherchée le premier. « Durant les nuits, j'ai cherché celui que mon cœur aime » (Ct 3,1). L'âme cherche le Verbe mais c'est le Verbe qui d'abord l'a cherchée. Laissée à elle-même, notre âme ne serait plus qu'un souffle qui s'en va au hasard et ne revient plus. Écoutez les plaintes et les supplications de celle qui erre et qui a perdu sa route : « J'ai erré comme une brebis perdue ; cherche ton serviteur » (Ps 118,176). Ô homme, tu veux revenir, mais si cela dépendait de ta seule volonté, pourquoi demanderais-tu le secours ? Il est évident que notre âme veut revenir mais ne peut pas ; elle n'est qu'un souffle errant et qui d'elle-même ne reviendra jamais... Mais d'où lui vient cette volonté ? De ce que déjà le Verbe l'a visitée et cherchée. Cette recherche n'a pas été vaine, puisqu'elle a suscité la volonté sans laquelle il n'y a pas de retour possible. Mais il ne suffit pas d'être ainsi cherchée une fois ; l'âme est trop alanguie, et la difficulté du retour est trop grande. « La volonté est en moi, dit saint Paul, mais je ne parviens pas à faire le bien » (Rm 8,18). Que demande donc l'âme, dans le psaume que je citais ? Rien que d'être cherchée ; car elle ne chercherait pas si elle n'était pas cherchée, et elle ne recommencerait pas à chercher, si on l'avait assez cherchée.

 


MARDI 25 DÉCEMBRE – NATIVITÉ DU SEIGNEUR

Lecture suivie : Ct 3, 6 – 11  «  venez contempler le roi au jour de ses épousailles »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 61,10 à 62,5)

Je suis plein d'allégresse dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu, car il m'a revêtu de vêtements de salut, il m'a drapé dans un manteau de justice, comme l'époux qui se coiffe d'un diadème, comme la fiancée qui se pare de ses bijoux. Car de même que la terre fait éclore ses germes et qu'un jardin fait germer sa semence, ainsi le Seigneur Dieu fait germer la justice et la louange devant toutes les nations. A cause de Sion je ne me tairai pas, à cause de Jérusalem je ne me tiendrai pas en repos, jusqu'à ce que sa justice jaillisse comme une clarté, et son salut comme une torche allumée. Alors les nations verront ta justice, et tous les rois ta gloire. Alors on t'appellera d'un nom nouveau que la bouche du Seigneur désignera. Tu seras une couronne de splendeur dans la main du Seigneur, un turban royal dans la main de ton Dieu. On ne te dira plus: "Délaissée" et de ta terre on ne dira plus: "Désolation." Mais on t'appellera: "Mon plaisir est en elle" et ta terre: "Epousée." Car le Seigneur trouvera en toi son plaisir, et ta terre sera épousée. Comme un jeune homme épouse une vierge, ton bâtisseur t'épousera. Et c'est la joie de l'époux au sujet de l'épouse que ton Dieu éprouvera à ton sujet.

 


MERCREDI 26 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 3, 6 – 11  «  venez contempler le roi au jour de ses épousailles »

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Sur l’Evangile selon saint Jean)

Le Seigneur Jésus affirme qu'il donne à ses disciples un commandement nouveau, celui de l'amour mutuel, lorsqu'il dit : Je vous donne un commandement nouveau, c'est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. C'est cet amour-là qui nous renouvelle, pour que nous soyons des hommes nouveaux, les héritiers du testament nouveau, les chantres du cantique nouveau. Cet amour-là, frères très chers, a renouvelé même les justes d'autrefois, les patriarches et les prophètes, comme il a renouvelé plus tard les saints Apôtres ; c'est lui qui renouvelle maintenant les nations païennes et qui, de tout le genre humain, dispersé sur toute la surface de la terre, suscite et rassemble le peuple nouveau, le corps de la nouvelle épousée du Fils de Dieu, celle dont il est dit dans le Cantique des cantiques : Quelle est celle-ci qui s'élève, toute blanche ? Toute blanche, parce que renouvelée. Par quoi, sinon par le commandement nouveau ? C'est pourquoi, en elle, ses membres doivent se soucier les uns des autres. Ceux-là s'aiment les uns les autres parce que lui-même les a aimés, pour les conduire à la fin qui les comblera, là où leur désir pourra se rassasier de tous les biens. En effet, aucun désir ne restera insatisfait lorsque Dieu sera tout en tous. Celui qui nous donne cet amour est celui qui dit : Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.

 


JEUDI 27 DÉCEMBRE

Lecture suivie: Ct 4,1 à 5,1   « tu es toute belle, ma bien-aimée, et sans tache aucune »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Ephésiens (Ep 5, 25 – 32)

Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Eglise: il s'est livré pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d'eau qu'une parole accompagne; car il voulait se la présenter à lui-même toute resplendissante, sans tache ni ride ni rien de tel, mais sainte et immaculée. De la même façon les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Aimer sa femme, c'est s'aimer soi-même. Car nul n'a jamais haï sa propre chair; on la nourrit au contraire et on en prend bien soin. C'est justement ce que le Christ fait pour l'Eglise: ne sommes-nous pas les membres de son Corps? Voici donc que l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair: ce mystère est de grande portée; je veux dire qu'il s'applique au Christ et à l'Eglise.

 


VENDREDI 28 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 4,1 à 5,1   « tu es toute belle, ma bien-aimée, et sans tache aucune »

Texte de méditation : EPIPHANE DE SALAMINE (Homélie)

Comment parler ? Quel éloge pourrais-je faire de la Vierge glorieuse et sainte ? Elle surpasse tous les êtres, Dieu seul excepté ; par nature, elle est plus belle que les chérubins, les séraphins et toute l'armée des anges. Ni la langue du ciel, ni celle de la terre, ni même celle des anges ne suffiraient à la louer. Bienheureuse Vierge, colombe pure, épouse céleste, temple et trône de la divinité ! Le Christ, soleil resplendissant au ciel et sur terre est à toi. Tu es la nuée lumineuse qui a fait descendre le Christ, lui l'éclair étincelant qui illumine le monde. Réjouis-toi, comblée de grâce, porte des cieux ; c'est de toi que parle l'auteur du Cantique des Cantiques quand il s'exclame : « Tu es un jardin clos, ma sœur, mon épouse, un jardin fermé, une source scellée » (4,12). Sainte Mère de Dieu, brebis immaculée, tu as mis au monde l'Agneau, le Christ, le Verbe incarné en toi. Quelle merveille étonnante dans les cieux : une femme, revêtue du soleil (Ap 12,1), portant en ses bras la lumière ! Quelle merveille étonnante dans les cieux : le Seigneur des anges, devenu petit enfant de la Vierge. Les anges accusaient Ève ; maintenant ils comblent Marie de gloire car elle a relevé Ève de sa chute et fait entrer aux cieux Adam chassé du Paradis.      Immense est la grâce donnée à cette Vierge sainte. C'est pourquoi Gabriel lui adresse d'abord ce salut : « Réjouis-toi, comblée de grâce », resplendissante comme le ciel. « Réjouis-toi, comblée de grâce », Vierge ornée de vertus sans nombre. « Réjouis-toi, comblée de grâce », tu désaltères les assoiffés à la douceur de la source éternelle. Réjouis-toi, sainte Mère immaculée ; tu as engendré le Christ qui te précède. Réjouis-toi, pourpre royale ; tu as revêtu le roi du ciel et de la terre. Réjouis-toi, livre scellé ; tu as donné au monde de lire le Verbe, le Fils du Père.

 


SAMEDI 29 DÉCEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).

 

Lectio Divina - Cantique des cantiques