« J’entends mon Bien-Aimé, voici qu’il arrive » (Ct 2,8)

Lectio Divina - Cantique des Cantiques (P. Baste-Morand)

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Cantique des cantiques, semaine 3

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 16 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 1, 1 – 4   « tu seras notre joie et notre allégresse »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 35, 2 – 10) 

Ils verront la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains affaiblies, affermissez les genoux qui chancellent. Dites aux cœurs défaillants: "Soyez forts, ne craignez pas; voici votre Dieu. C'est la vengeance qui vient, la rétribution divine. C'est lui qui vient vous sauver." Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds s'ouvriront. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la langue du muet criera sa joie. Parce qu'auront jailli les eaux dans le désert et les torrents dans la steppe. La terre brûlée deviendra un marécage, et le pays de la soif, des eaux jaillissantes; dans les repaires où gîtaient les chacals on verra des enclos de roseaux et de papyrus. Il y aura là une chaussée et un chemin, on l'appellera la voie sacrée; l'impur n'y passera pas; c'est Lui qui pour eux ira par ce chemin, et les insensés ne s'y égareront pas. Il n'y aura pas de lion et la plus féroce des bêtes n'y montera pas, on ne l'y rencontrera pas, mais les rachetés y marcheront. Ceux qu'a libérés le Seigneur reviendront, ils arriveront à Sion criant de joie, portant avec eux une joie éternelle. La joie et l'allégresse les accompagneront, la douleur et les plaintes cesseront.

 


LUNDI 17 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 1, 1 – 4   « qu’il me baise des baisers de sa bouche »

Texte de méditation : SAINT BERNARD (Sermon sur le Cantique des cantiques)

Le désir ardent des patriarches appelant la présence corporelle de Jésus Christ est pour moi le sujet de méditations fréquentes. Je ne peux pas y penser sans que des larmes de honte me viennent aux yeux. Car je mesure alors la tiédeur et la somnolence de notre époque misérable. Nous avons reçu cette grâce, le corps du Christ nous est montré à l'autel, mais personne d'entre nous n'en éprouve une joie aussi intense qu'était le désir inspiré à nos ancêtres par la simple promesse de l'Incarnation. Noël est proche et bien des gens s'apprêtent à le célébrer ; puissent-ils se réjouir vraiment de la Nativité, et non pas des vanités ! L'attente des anciens, leur impatience fébrile me paraissent exprimées à merveille par les premiers mots du Cantique des Cantiques : « Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche ! » (1,2). En ces temps-là, quiconque était doué du sens spirituel devinait la grâce immense répandue sur ces lèvres (Ps 44,3), et par ces paroles lourdes de tous les désirs, souhaitait passionnément ne pas être privée d'une si grande douceur. Toute âme parfaite disait en effet : « A quoi me servent désormais les textes obscures des prophètes ? J'attends que vienne ‘ le plus beau des enfants des hommes ’ (Ps 44,3), qu'il vienne me baiser du baiser de sa bouche. La langue de Moïse est confuse (Ex 4,10), les lèvres d'Isaïe sont impures (6,5), Jérémie est un enfant qui ne sait pas parler (1,6) ; tous les prophètes sont privés du don des langues. C'est lui-même, c'est celui dont ils parlent, qui doit parler maintenant et me baiser du baiser de sa bouche ; je ne souhaite plus qu'il s'exprime en eux et par eux, car l'eau reste opaque tant qu’elle est retenue par les nuages. J'attends la présence divine, les eaux ruisselantes de la doctrine admirable, qui deviendront en moi une source jaillissant jusqu'en la vie éternelle » (Jn 4,14).

 


MARDI 18 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 1,5 à 2,7  «  toi que mon cœur aime, où mèneras-tu paître le troupeau »

Référence complémentaire : Livre du prophète Ezéchiel (Ez 34, 22 – 31)

Je vais venir sauver mes brebis pour qu'elles ne soient plus au pillage, je vais juger entre brebis et brebis. Je susciterai pour le mettre à leur tête un pasteur qui les fera paître, mon serviteur David: c'est lui qui les fera paître et sera pour eux un pasteur. Moi, le Seigneur, je serai pour eux un Dieu, et mon serviteur David sera prince au milieu d'eux. Moi, le Seigneur, j'ai parlé. Je conclurai avec eux une alliance de paix, je ferai disparaître du pays les bêtes féroces. Ils habiteront en sécurité dans le désert, ils dormiront dans les bois. Je les mettrai aux alentours de ma colline, je ferai tomber la pluie en son temps et ce sera une pluie de bénédictions. L'arbre des champs donnera son fruit et la terre donnera ses produits; ils seront en sécurité sur leur sol. Et l'on saura que je suis le Seigneur quand je briserai les barres de leur joug et que je les délivrerai de la main de ceux qui les asservissent. Ils ne seront plus un butin pour les nations, et les bêtes du pays ne les dévoreront plus. Ils habiteront en sécurité, sans qu'on les trouble. Je ferai pousser pour eux une plantation célèbre; il n'y aura plus de victimes de la famine dans le pays, et ils n'auront plus à subir l'insulte des nations. Alors on saura que c'est moi leur Dieu, qui suis avec eux, et qu'eux, la maison d'Israël, ils sont mon peuple, oracle du Seigneur Dieu. Et vous, mes brebis, vous êtes le troupeau humain que je fais paître, et moi, je suis votre Dieu, oracle du Seigneur Dieu.

 


MERCREDI 19 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 1,5 à 2,7  « toi que mon cœur aime, où mèneras-tu paître le troupeau ? »

Texte de méditation : ODES DE SALOMON

[Par le baptême] je revêts l'amour du Seigneur (Ga 3,27), il m'étreint.

Je n'aurais pas su aimer le Seigneur, si lui-même ne m'avait aimé le premier.

Qui peut comprendre l'amour, si ce n'est celui qui est aimé ?

J'étreins l'Aimé et mon âme l'aime.

 

Où est son repos, là je me trouve (cf Ct 1,7).

Je ne serai plus un étranger ; le Très-Haut est miséricordieux.

Je suis uni à lui, car l'Époux a trouvé celui qu'il aime.

 

Parce que j'aime le Fils, je deviens fils.

Oui, qui adhère à Celui qui ne meurt pas sera lui-même immortel.

Celui qui se complaît en la Vie sera vivant à son tour.

 

Tel est l'esprit du Seigneur sans mensonge,

qui apprend aux hommes à connaître ses voies.

Soyez sages, comprenez et soyez vigilants. Alléluia !

 


JEUDI 20 DÉCEMBRE

Lecture suivie: Ct 2, 8 – 17     « Voici mon Bien-Aimé qui arrive »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Matthieu (Mt 25, 1 – 13)

"Il en sera du Royaume des Cieux comme de dix vierges qui s'en allèrent, munies de leurs lampes, à la rencontre de l'époux. Or cinq d'entre elles étaient sottes et cinq étaient sensées. Les sottes, en effet, prirent leurs lampes, mais sans se munir d'huile; tandis que les sensées, en même temps que leurs lampes, prirent de l'huile dans les fioles. Comme l'époux se faisait attendre, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. Mais à minuit un cri retentit: Voici l'époux! sortez à sa rencontre! Alors toutes ces vierges se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. Et les sottes de dire aux sensées: Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. Mais celles-ci leur répondirent: Il n'y en aurait sans doute pas assez pour nous et pour vous; allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous. Elles étaient parties en acheter quand arriva l'époux: celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte se referma. Finalement les autres vierges arrivèrent aussi et dirent: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous! Mais il répondit: En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas! Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.

 


VENDREDI 21 DÉCEMBRE

Lecture suivie : Ct 2, 8 – 17     « Voici mon Bien-Aimé qui arrive »

Texte de méditation : ORIGÈNE (Commentaire sur le Cantique des cantiques)

« Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes » (Ct 2,8). Le Christ ne s'est fait d'abord connaître à l'Eglise que par sa voix. Il a commencé par lancer sa voix devant lui par l'intermédiaire des prophètes ; sans se laisser voir, il se faisait entendre. Sa voix portait dans les messages que l'on annonçait de lui, et pendant tout ce temps l'Eglise-Epouse rassemblée depuis l'origine du monde, l'entendait seulement. Mais un jour elle l'a vu de ses yeux et a dit : « Le voici qui vient, bondissant sur les montagnes ! ». Et chaque âme, si du moins l'amour du Verbe de Dieu l'étreint, est heureuse et consolée quand elle sent la présence de l'Epoux, alors qu'elle se trouvait devant des paroles difficiles de la Loi et des prophètes. A mesure qu'il s'approche de ses pensées pour l'éclairer en sa foi, elle le voit bondir sur montagnes et collines, et elle peut bien dire : « Le voici qui vient ! ». Certes l'Epoux a promis à son Epouse, c'est-à-dire à ses disciples : « Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20). Mais cela ne l'empêche pas de dire aussi qu'il part prendre possession de son Royaume (Lc 19,12); alors, de nouveau en pleine nuit, s'élève le cri : « Voici l'Epoux qui vient » (Mt 25,6). Tantôt donc l'Epoux est présent et il enseigne ; tantôt il est dit absent et on le désire. Ainsi, quand l'âme cherche à comprendre et n'arrive pas, pour elle le Verbe de Dieu est absent. Mais quand elle trouve ce qu'elle cherche, il est présent sans aucun doute et l'illumine de sa lumière... Si donc nous aussi nous voulons voir le Verbe de Dieu, l'Epoux de l'âme, « bondissant sur les collines », écoutons d'abord sa voix, et nous aussi nous pourrons le voir

 


SAMEDI 22 DÉCEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).

 

Lectio Divina - Cantique des cantiques