« Courage mes enfants, criez vers Dieu » (Ba 4, 27)

Lectio Divina - Le prophète Baruch

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COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-Haut. Et révèle-nous celui du Fils; Et toi l'Esprit commun qui les rassemble; Viens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi ».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 3 AVRIL 2011

Lecture suivie : Ba 3, 32 à 4, 4  « la Sagesse a vécu parmi les hommes »

Référence complémentaire : Livre de l’Ecclésiastique (Si 24, 1 – 12) 

La Sagesse fait son propre éloge, au milieu de son peuple elle montre sa fierté. Dans l'assemblée du Très-Haut elle ouvre la bouche, devant la Puissance elle montre sa fierté. "Je suis issue de la bouche du Très-Haut et comme une vapeur j'ai couvert la terre. J'ai habité dans les cieux et mon trône était une colonne de nuée. Seule j'ai fait le tour du cercle des cieux, j'ai parcouru la profondeur des abîmes. Dans les flots de la mer, sur toute la terre, chez tous les peuples et toutes les nations, j'ai régné. Parmi eux tous j'ai cherché le repos, j'ai cherché en quel patrimoine m'installer. Alors le créateur de l'univers m'a donné un ordre, celui qui m'a créée m'a fait dresser ma tente, Il m'a dit: Installe-toi en Jacob, entre dans l'héritage d'Israël. Avant les siècles, dès le commencement il m'a créée, éternellement je subsisterai. Dans la Tente sainte, en sa présence, j'ai officié; c'est ainsi qu'en Sion je me suis établie, et que dans la cité bien-aimée j'ai trouvé mon repos, qu'en Jérusalem j'exerce mon pouvoir. Je me suis enracinée chez un peuple plein de gloire, dans le domaine du Seigneur, en son patrimoine.

 


LUNDI 4 AVRIL

Lecture suivie : Ba 3, 32 à 4, 4  « la Sagesse a vécu parmi les hommes »

Texte de méditation : SAINT IRÉNÉE DE LYON (Contre les hérésies)

Il n'y a qu'un seul Dieu, qui, par le Verbe et la Sagesse, a fait et organisé toutes choses. C'est lui le Créateur, et c'est lui qui a assigné ce monde au genre humain. Selon sa grandeur, il est inconnu de tous les êtres faits par lui: car personne n'a scruté son élévation, ni parmi les anciens ni parmi les contemporains. Cependant, selon son amour, il est connu en tout temps grâce à Celui par qui il a créé toutes choses: celui-ci n'est autre que son Verbe, notre Seigneur Jésus-Christ, qui, dans les derniers temps, s'est fait homme parmi les hommes afin de rattacher la fin au commencement, c'est-à-dire l'homme à Dieu. Voilà pourquoi les prophètes, après avoir reçu de ce même Verbe le charisme prophétique, ont prêché à l'avance sa venue selon la chair, par laquelle le mélange et la communion de Dieu et de l'homme ont été réalisés selon le bon plaisir du Père. Dès le commencement, en effet, le Verbe a annoncé que Dieu serait vu des hommes, qu'il vivrait et converserait avec eux sur la terre (Ba 3,38) et qu'il se rendrait présent à l'ouvrage par lui modelé, pour le sauver et se laisser saisir par lui, pour "nous délivrer des mains de tous ceux qui nous haïssent", c'est-à-dire de tout esprit de transgression, et pour faire en sorte que "nous le servions avec sainteté et justice tous les jours de notre vie (Lc 1,74-75)", afin que, enlacé à l'Esprit de Dieu, l'homme accède à la gloire du Père. Dès le commencement, le Fils est le Révélateur du Père, puisqu'il est dès le commencement avec le Père: les visions prophétiques, la diversité des grâces, ses propres ministères, la manifestation de la gloire du Père, tout cela, à la façon d'une mélodie harmonieusement composée, il l'a déroulé devant les hommes, en temps opportun, pour leur profit. Car la gloire de Dieu c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme c'est la vision de Dieu: si déjà la révélation de Dieu par la création procure la vie à tous les êtres qui vivent sur la terre, combien plus la manifestation du Père par le Verbe procure-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu !

 


MARDI 5 AVRIL

Lecture suivie : Ba 4, 5 – 27    « la miséricorde bientôt vous arrivera »

Référence complémentaire : Livre du Prophète Jérémie (Jr 31, 2 – 13)

Ainsi parle le Seigneur : Criez de joie pour Jacob, acclamez la première des nations! Faites-vous entendre! louez! Proclamez: "le Seigneur a sauvé son peuple, le reste d'Israël!" Voici que moi je les ramène du pays du Nord, je les rassemble des extrémités du monde. Parmi eux l'aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la femme qui enfante, tous ensemble: c'est une grande assemblée qui revient ici! En larmes ils reviennent, dans les supplications je les ramène. Je vais les conduire aux cours d'eau, par un chemin tout droit où ils ne trébucheront pas. Car je suis un père pour Israël et Ephraïm est mon premier-né. Nations, écoutez la parole du Seigneur ! Annoncez-la dans les îles lointaines; dites: "Celui qui dispersa Israël le rassemble, il le garde comme un pasteur son troupeau." Car le Seigneur a racheté Jacob, il l'a délivré de la main d'un plus fort. Ils viendront, criant de joie, sur la hauteur de Sion, ils afflueront vers les biens du Seigneur: le blé, le vin et l'huile, les brebis et les bœufs; ils seront comme un jardin bien arrosé, ils ne languiront plus. Alors la vierge prendra joie à la danse, et, ensemble, les jeunes et les vieux; je changerai leur deuil en allégresse, je les consolerai, je les réjouirai après leurs peines.

 


MERCREDI 6 AVRIL

Lecture suivie : Ba 4, 5 – 27    « la miséricorde bientôt vous arrivera »

Texte de méditation : JEAN-PAUL II  (Dives in Misericordia)

Dans l'Ancien Testament, le concept de "miséricorde" a une longue et riche histoire. Israël en effet fut le peuple de l'alliance avec Dieu, alliance qu'il brisa de nombreuses fois. Quand il prenait conscience de sa propre infidélité - et, tout au long de l'histoire d'Israël, il ne manqua pas d'hommes et de prophètes pour réveiller cette conscience -, il faisait appel à la miséricorde. Les Livres de l'Ancien Testament nous rapportent de nombreux témoignages à ce sujet. Parmi les faits et les textes les plus importants, on peut rappeler: le commencement de l'histoire des Juges, la prière de Salomon lors de l'inauguration du Temple, la finale du prophète Michée, les assurances consolantes prodiguées par Isaïe, la supplication des Hébreux exilés (Ba 2,11-3,8), le renouvellement de l'alliance après le retour d'exil. Il est significatif que les prophètes, dans leur prédication, relient la miséricorde, dont ils parlent souvent à cause des péchés du peuple, à l'image de l'amour ardent que Dieu lui porte. Le Seigneur aime Israël d'un amour d'élection particulier, semblable à l'amour d'un époux ; c'est pourquoi il lui pardonne ses fautes, et jusqu'à ses infidélités et ses trahisons. S'il se trouve en face de la pénitence, de la conversion authentique, il rétablit de nouveau son peuple dans sa grâce. Dans la prédication des prophètes, la miséricorde signifie une puissance particulière de l'amour, qui est plus fort que le péché et l'infidélité du peuple élu.

 


JEUDI 7 AVRIL

Lecture suivie : Ba 4, 27 à 5, 9     « Jérusalem, lève-toi, tiens-toi sur la hauteur »

Référence complémentaire : Livre du Prophète Isaïe (Is 54, 1 – 14)

Crie de joie, stérile, toi qui n'as pas enfanté; pousse des cris de joie, des clameurs, toi qui n'as pas mis au monde, car plus nombreux sont les fils de la délaissée que les fils de l'épouse, dit le Seigneur. Elargis l'espace de ta tente, déploie sans lésiner les toiles qui t'abritent, allonge tes cordages, renforce tes piquets, car à droite et à gauche tu vas éclater, ta race va déposséder des nations et repeupler les villes abandonnées. N'aie pas peur, tu n'éprouveras plus de honte, ne sois pas confondue, tu n'auras plus à rougir; car tu vas oublier la honte de ta jeunesse, tu ne te souviendras plus de l'infamie de ton veuvage. Ton créateur est ton époux, le Seigneur Sabaot est son nom, le Saint d'Israël est ton rédempteur, on l'appelle le Dieu de toute la terre. Oui, comme une femme délaissée et accablée, le Seigneur t'a appelée, comme la femme de sa jeunesse qui aurait été répudiée, dit ton Dieu. Un court instant je t'avais délaissée, ému d'une immense pitié, je vais t'unir à moi. Débordant de fureur, un instant, je t'avais caché ma face. Dans un amour éternel, j'ai eu pitié de toi, dit le Seigneur, ton rédempteur. Ce sera pour moi comme au temps de Noé, quand j'ai juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre. Je jure de même de ne plus m'irriter contre toi, de ne plus te menacer. Car les montagnes peuvent s'écarter et les collines chanceler, mon amour ne s'écartera pas de toi, mon alliance de paix ne chancellera pas, dit le Seigneur qui te console. Malheureuse, battue par les vents, inconsolée, voici que je vais poser tes pierres sur des escarboucles, et tes fondations sur des saphirs; je ferai tes créneaux de rubis, tes portes d'escarboucle et toute ton enceinte de pierres précieuses. Tous tes enfants seront disciples du Seigneur, et grand sera le bonheur de tes enfants. Tu seras fondée dans la justice, libre de l'oppression: tu n'auras rien à craindre, libre de la frayeur: elle n'aura plus prise sur toi.

 


VENDREDI 8 AVRIL

Lecture suivie : Ba 4, 27 à 5, 9     « Jérusalem, lève-toi, tiens-toi sur la hauteur »

Texte de méditation : SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE (Sur le Ct)

Lève-toi ma bien-aimée, ma belle, ma colombe. Elle entend l'ordre, elle s'éveille, elle s'avance, s'approche et devient belle. De même que l'Épouse, avait pris l'apparence du serpent après la chute lorsqu'elle gisait à terre et fixait les yeux sur lui, de même, lorsqu'elle s'est levée elle a pris l'apparence de ce vers quoi elle se tournait. Elle se tourne vers la beauté du Dieu principe et s'approchant de la lumière, elle devient lumière. Ainsi au fur et à mesure qu'elle marche, qu'elle progresse vers ce qui est toujours au-devant d'elle, ses désirs augmentent et les biens qui lui apparaissent lui font croire qu'elle est toujours au début de sa route. C'est pourquoi le Verbe, le Christ dit à nouveau "lève-toi", à celle qui est déjà levée et "viens" à celle qui est déjà venue. En effet, à celui qui se lève vraiment, il faudra toujours se lever à nouveau, et à celui qui court vers Dieu, jamais ne manqueront les larges espaces. Celui qui monte ne s'arrête jamais allant de commencement en commencement, par des commencements qui n'ont jamais de fin. L'âme qui a été justement comparée à une cavale (Ct 1,9), pour courir de sa course divine, s'élance vers ce qui est en avant par des bonds rapides et pressés et ne se tourne pas en arrière, quoi qu'elle ait obtenu dans sa progression. Ce qui est chaque fois saisi est certes beaucoup plus grand que ce qui avait été saisi auparavant, mais comme ce qui est cherché ne comporte pas en soi de limite, le terme de ce qui a été découvert devient pour ceux qui montent le point de départ de la découverte de biens plus élevés. Ainsi celui qui monte ne s'arrête jamais d'aller de commencement en commencement par des commencements qui n'ont jamais de fin. Jamais celui qui monte n'arrête son désir à ce qu'il connaît déjà ; mais s'élevant successivement, par un autre désir à nouveau plus grand, à un autre supérieur encore, l'âme poursuit sa route vers l'infini à travers des ascensions toujours plus hautes.

 


SAMEDI 9 AVRIL

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).