« Je leur donnerai un cœur et des oreilles qui entendent » (Ba 2,31)

Lectio Divina - Le prophète Baruch

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COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

DIMANCHE 27 MARS 2011

Lecture suivie : Ba 2, 19 – 35  « Pour eux, j’établirai une alliance éternelle »

Référence complémentaire : Livre du prophète Jérémie (Jr 31, 31 – 34) 

Voici venir des jours -  oracle de Yahvé -  où je conclurai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle. Non pas comme l'alliance que j'ai conclue avec leurs pères, le jour où je les pris par la main pour les faire sortir du pays d'Egypte -  mon alliance qu'eux-mêmes ont rompue bien que je fusse leur Maître, oracle de Yahvé ! Mais voici l'alliance que je conclurai avec la maison d'Israël après ces jours-là, oracle de Yahvé. Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l'écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. Ils n'auront plus à instruire chacun son prochain, chacun son frère, en disant : "Ayez la connaissance de Yahvé !" Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu'aux plus grands -  oracle de Yahvé -  parce que je vais pardonner leur crime et ne plus me souvenir de leur péché.

 


LUNDI 28 MARS

Lecture suivie : Ba 2, 19 – 35  « Pour eux, j’établirai une alliance éternelle »

Texte de méditation : CARDINAL MARTINI (Paul et son ministère)

L’Alliance Nouvelle est alliance de réconciliation. Non seulement Dieu veut sceller une relation la plus intime possible, sponsale, définitive et éternelle avec l’homme, en vertu de laquelle Dieu et l’humanité ne deviennent qu’un, un peu comme l’humanité du Christ est une avec le Verbe. Mais en plus, l’Alliance Nouvelle rétablit une relation rompue. Voilà ce qui la caractérise, et ce qui nous fait comprendre pourquoi le mystère de la croix se trouve à son centre. Il ne s’agit pas simplement d’une activité de Dieu qui exhausse l’homme, mais d’une activité qui recrée, qui remet, restaure un monde cassé, qui doit rétablir un lien déchiré, une relation presque totalement disparue.

L’Alliance Nouvelle est une nouvelle création, elle inaugure un commencement à partir de la Résurrection du Crucifié, et de notre incorporation dans la mort et la résurrection de Jésus. Voilà pourquoi se dresse au centre d’elle-même, figure essentielle, le Crucifié, qui manifeste l’amour de Dieu en se donnant jusqu’à l’extrême, pardonnant sans mesure ; grâce à ce pardon et à cet amour infini il recrée une humanité nouvelle dans sa résurrection.

 


MARDI 29 MARS

Lecture suivie : Ba 3, 1 – 8    « Ecoute Seigneur, aie pitié, car nous avons péché devant toi »

Référence complémentaire : Livre du Prophète Ezéchiel (Ez 36, 20 – 28)

Parmi les nations où ils sont venus, ils ont profané mon saint nom, faisant dire à leur sujet: "C'est le peuple du Seigneur, ils sont sortis de son pays." Mais j'ai eu égard à mon saint nom que la maison d'Israël a profané parmi les nations où elle est venue. Eh bien! dis à la maison d'Israël: Ainsi parle le Seigneur Dieu. Ce n'est pas à cause de vous que j'agis de la sorte, maison d'Israël, mais c'est pour mon saint nom, que vous avez profané parmi les nations où vous êtes venus. Je sanctifierai mon grand nom qui a été profané parmi les nations au milieu desquelles vous l'avez profané. Et les nations sauront que je suis le Seigneur - oracle du Seigneur Dieu - quand je ferai éclater ma sainteté, à votre sujet, sous leurs yeux. Alors je vous prendrai parmi les nations, je vous rassemblerai de tous les pays étrangers et je vous ramènerai vers votre sol. Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés; de toutes vos souillures et de toutes vos ordures je vous purifierai. Et je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j'ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes. Vous habiterez le pays que j'ai donné à vos pères. Vous serez mon peuple et moi je serai votre Dieu.

 


MERCREDI 30 MARS

Lecture suivie : Ba 3, 1 – 8    «  Seigneur, aie pitié, car nous avons péché devant toi »

Texte de méditation : SAINT CÉSAIRE D’ARLES (Sermon sur l’Ecriture)

Frères très chers, dans l’esprit de piété et de foi dont vous avez l’habitude, si vous scrutez les mystères de la sainte Ecriture, vous en saisirez plus pleinement, avec la grâce de Dieu, le véritable sens. Quant à nous, nous savons en toute vérité que le désespoir naît de la multitude des péchés et que ce désespoir engendre l’endurcissement. « Lorsque le pécheur a atteint les profondeurs du mal, il s’en moque » (Pr 18,3). Chaque fois donc que quelques péchés se seront glissés en nous, dépêchons-nous sans aucun retard de donner aux blessures de nos âmes le remède de l’aumône ou de la pénitence. C’est en effet avec profit que l’on applique un onguent ou une agrafe sur des blessures encore fraiches, et elle est vite guérie la blessure qu’on ne laisse pas se corrompre par une longue inflammation. Et c’est pourquoi, toutes les fois que nous commettons une faute, que nos péchés trouvent en nous des juges, non des avocats ; qu’ils reconnaissent en nous leurs accusateurs, non leurs défenseurs, selon ce qui est écrit : « mon iniquité, moi, je la connais et mon péché est toujours en face de moi » (Ps 51,5). Toi, reconnais, et Dieu pardonne. Car comment Dieu daignerait-il pardonner ce que l’homme dédaigne reconnaître en lui ? Si une plaie ou une blessure ont atteint notre corps, nous nous dépêchons d’y appliquer des remèdes ; de la même façon nous devons agir pour les blessures de l’âme ; sinon, s’il nous arrive d’être plus préoccupé du salut de notre corps que de celui de notre âme, nous mériterons d’entendre ce reproche prophétique : « L’homme lorsqu’il était à l’honneur n’a pas compris : il s’est égalé aux bêtes sans raison et leur est devenu semblable » (Ps 48,13). Car il est de notre intérêt de nous préoccuper davantage ce la santé de l’âme que de celle du corps et de nous efforcer d’embellir en nous l’image de Dieu.

 


JEUDI 31 MARS

Lecture suivie : Ba 3, 9 – 31     « tu avais abandonné la source de la Sagesse »

Référence complémentaire : Livre de la Sagesse (Sg 8, 17 à 9, 6)

Ayant médité cela en moi-même, et considéré en mon cœur que l'immortalité se trouve dans la parenté avec la Sagesse, dans son amitié une noble jouissance, dans les travaux de ses mains une richesse inépuisable, dans sa fréquentation assidue l'intelligence, et la renommée à s'entretenir avec elle, j'allais de tous côtés, cherchant comment l'obtenir pour moi. J'étais un enfant d'un heureux naturel, et j'avais reçu en partage une âme bonne, ou plutôt, étant bon, j'étais venu dans un corps sans souillure; mais, comprenant que je ne pourrais devenir possesseur de la Sagesse que si Dieu me la donnait, --  et c'était déjà de l'intelligence que de savoir de qui vient cette faveur --  je m'adressai au Seigneur et le priai, et je dis de tout mon coeur: "Dieu des Pères et Seigneur de miséricorde, toi qui, par ta parole, as fait l'univers, toi qui, par ta Sagesse, as formé l'homme pour dominer sur les créatures que tu as faites, pour régir le monde en sainteté et justice et exercer le jugement en droiture d'âme, donne-moi celle qui partage ton trône, la Sagesse, et ne me rejette pas du nombre de tes enfants. Car je suis ton serviteur et le fils de ta servante, un homme faible et de vie éphémère, peu apte à comprendre la justice et les lois. Quelqu'un, en effet, serait-il parfait parmi les fils des hommes, s'il lui manque la sagesse qui vient de toi, on le comptera pour rien.

 


VENDREDI 1er AVRIL

Lecture suivie : Ba 3, 9 – 31     « tu avais abandonné la source de la Sagesse »

Texte de méditation : SAINT BERNARD (Sermon divers)

«Tu m’as fait connaître les voies de la vie, tu me combleras de joie par la vue de ton visage, et je goûterai éternellement les délices de ta droite (Ps 15,10).» Nous nous présentons volontiers à toi, Seigneur Jésus, tu es notre maître et nous sommes tes disciples; tu es le médecin et nous sommes infirmes; tu es le Seigneur et nous sommes tes serviteurs. Oui, tu es maître et Seigneur, et si ton école est sur la terre, ta chaire est dans les cieux. Tu es ce médecin célèbre qui d'un mot guérit toutes les maladies. Seigneur, montre-nous tes voies et enseigne-nous tes sentiers (Ps 24,4); «car tes voies sont belles, et tes sentiers sont pacifiques (Pr 3,17).» Heureux ceux qui marchent dans tes voies, Seigneur des vertus: plus heureux ceux qui courent dans les sentiers de tes commandements, dans l'odeur de tes parfums. Tu t’élances, en effet, comme un géant, pour parcourir sa carrière, et non seulement tu coures, mais tu bondis dans les montagnes, tu franchis les collines (Ps 18,6). Les géants qu'on nomme philosophes se sont élancés aussi, mais ce ne fut pas pour parcourir la carrière, ce fut pour chercher une vaine gloire; ils se perdaient, dans le vague de leurs pensées, dans une humilité et dans des vertus à eux, non à toi, car ils ne connaissaient point les voies de la sagesse, et n'avaient aucun souvenir de ses sentiers (Ba 3,14). Elle n'a point été entendue dans Chaman, ni vue dans Theman (Jb 21,14). Maudits ceux qui ont dit au Seigneur Jésus: Eloigne-toi de nous, nous ne voulons point connaître tes voies. Pour nous, Seigneur, c'est toi que nous cherchons tous les jours et nous voulons connaître tes voies.

 


SAMEDI 2 AVRIL

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).