« j’enverrai la faim et la soif

d’entendre la Parole du Seigneur » (Am 8,11)

Lectio Divina - Prophète Amos

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Amos, semaine 6

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

DIMANCHE 13 AVRIL 2014 – RAMEAUX

Lecture suivie : Am 8, 1–14 « j’enverrai la faim et la soif d’entendre les Paroles de Dieu »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 58, 3 – 11) 

"Pourquoi avons-nous jeûné sans que tu le voies, nous sommes-nous mortifiés sans que tu le saches?" C'est qu'au jour où vous jeûnez, vous traitez des affaires, et vous opprimez tous vos ouvriers. C’est que vous jeûnez pour vous livrer aux querelles et aux disputes, pour frapper du poing méchamment. Vous ne jeûnerez pas comme aujourd'hui, si vous voulez faire entendre votre voix là-haut! Est-ce là le jeûne qui me plaît, le jour où l'homme se mortifie?  (…) N'est-ce pas plutôt ceci, le jeûne que je préfère: défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug; renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs? N'est-ce pas partager ton pain avec l'affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri, si tu vois un homme nu, le vêtir, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair? Alors ta lumière éclatera comme l'aurore, ta blessure se guérira rapidement, ta justice marchera devant toi et la gloire du Seigneur te suivra. Alors tu crieras et le Seigneur répondra, tu appelleras, il dira: Me voici! Si tu bannis de chez toi le joug, le geste menaçant et les paroles méchantes, si tu te prives pour l'affamé et si tu rassasies l'opprimé, ta lumière se lèvera dans les ténèbres, et l'obscurité sera pour toi comme le milieu du jour. Le Seigneur sans cesse te conduira, il te rassasiera dans les lieux arides, il donnera la vigueur à tes os, et tu seras comme un jardin arrosé, comme une source jaillissante dont les eaux ne tarissent pas.

 


LUNDI 14 AVRIL – LUNDI SAINT

Lecture suivie : Am 8, 1–14 « j’enverrai la faim et la soif d’entendre les Paroles de Dieu » 

Texte de méditation : BENOIT XVI (Verbum Domini)

Le Verbe de Dieu nous a communiqué la vie divine qui transfigure la face de la terre, en faisant toutes choses nouvelles (cf. Ap 21,5). Sa Parole fait de nous non seulement les destinataires de la Révélation divine, mais aussi ses messagers. Lui, l’envoyé du Père pour faire sa volonté (Jn 5,36-38 ; 6,38-40 ; 7,16-18), nous attire à lui-même par sa vie et par sa mission. L’Esprit du Ressuscité habilite ainsi notre vie à l’annonce efficace de la Parole dans le monde entier. C’est l’expérience de la première communauté chrétienne qui voyait la Parole se répandre grâce à la prédication et au témoignage (cf. Ac 6,7). Je voudrais ici me référer particulièrement à la vie de l’Apôtre Paul, un homme totalement saisi par le Seigneur (cf. Ph 3,12) – « je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20) – et par sa mission : « malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile » (1 Co 9,16), conscient que tout ce qui est révélé dans le Christ, est réellement le salut de tous les Gentils, la libération de l’esclavage du péché pour entrer dans la liberté des fils de Dieu. En effet, ce que l’Église annonce au monde est le Logos de l’Espérance (cf. 1 P 3,15) ; l’homme a besoin de la ‘grande Espérance’ pour vivre son présent, la grande Espérance qui est « Dieu qui possède un visage humain et qui nous ‘aima jusqu’à la fin’ (Jn 13,1) ». Pour cette raison, l’Église est missionnaire dans son essence. Nous ne pouvons pas garder pour nous-mêmes les paroles de la vie éternelle, qui nous ont été données dans la rencontre avec Jésus Christ : elles sont destinées à tous, à tout homme. Toute personne de notre temps, qu’elle le sache ou non, a besoin de cette annonce. Puisse le Seigneur lui-même, comme au temps du prophète Amos, susciter dans les hommes une faim et une soif nouvelles des paroles du Seigneur (cf. Am 8,11). La responsabilité nous incombe de transmettre à notre tour ce que nous avons reçu par grâce.

 


MARDI 15 AVRIL

Lecture suivie : Am 9, 1 – 10  « Je vis le Seigneur debout près de l’autel »

Référence complémentaire : Livre du prophète Osée (Os 5,14 à 6,6)

Moi, je suis comme un lion pour Ephraïm, comme un lionceau pour la maison de Juda; moi, moi, je déchirerai et je m'en irai, j'emporterai ma proie, et personne pour délivrer. Oui, je vais regagner ma demeure, jusqu'à ce qu'ils s'avouent coupables et cherchent ma face; dans leur détresse, ils me rechercheront. "Venez, retournons vers le Seigneur. Il a déchiré, il nous guérira; il a frappé, il pansera nos plaies; après deux jours il nous fera revivre, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence. Connaissons, appliquons-nous à connaître le Seigneur; sa venue est certaine comme l'aurore; il viendra pour nous comme l'ondée, comme la pluie de printemps qui arrose la terre"  -- Que te ferai-je, Ephraïm? Que te ferai-je, Juda? Car votre amour est comme la nuée du matin, comme la rosée qui tôt se dissipe. C'est pourquoi je les ai taillés en pièces par les prophètes, je les ai tués par les paroles de ma bouche; et mon jugement surgira comme la lumière. Car c'est l'amour qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes.

 


MERCREDI 16 AVRIL

Lecture suivie : Am 9, 1 – 10   « Je vis le Seigneur debout près de l’autel »

Texte de méditation : COMM. BIBL PONTIF (Le peuple juif et ses Stes Ecritures)

Dans sa doctrine de l'élection d'Israël, le Deutéronome met l'accent sur l'initiative divine, mais aussi sur l'aspect exigeant de la relation entre Dieu et son peuple. La foi en l'élection pouvait, néanmoins, se durcir en orgueilleux sentiment de supériorité. Les prophètes se sont préoccupés de lutter contre cette déviation. Un oracle d'Amos relativise l'élection et attribue à d'autres nations le privilège d'un exode comparable à celui dont Israël a été le bénéficiaire (Am 9,7). Un autre oracle déclare que l'élection a comme conséquence, de la part de Dieu, une plus stricte sévérité: « Vous seuls, je vous ai connus entre toutes les familles de la terre; c'est pourquoi je vais venir sanctionner toutes vos iniquités » (Am 3,2). Amos maintient que le Seigneur a choisi Israël d'une manière spéciale et unique. Dans ce contexte, le verbe « connaître » a un sens plus profond et plus intime que celui d'une prise de conscience de l'existence. Il exprime une relation personnelle intime plutôt qu'une simple opération intellectuelle. Mais cette relation porte avec elle des exigences morales spécifiques. Étant peuple de Dieu, Israël doit vivre en peuple de Dieu. S'il manque à ce devoir, il recevra la « visite » d'une justice divine plus stricte que pour les autres nations. Pour Amos, il était clair qu'élection signifie responsabilité plutôt que privilège. Évidemment, le choix vient en premier lieu et l'exigence en second. Il n'en est pas moins vrai que l'élection d'Israël par Dieu implique un niveau plus haut de responsabilité. En le rappelant, le prophète éliminait l'illusion qui faisait croire que le peuple élu avait prise sur Dieu.

 


JEUDI 17 AVRIL – JEUDI SAINT

Lecture suivie : Am 9, 11 – 17 « Je les planterai et jamais plus ils ne seront arrachés »

Référence complémentaire : Livre du prophète Jérémie (Jr 31, 2 – 12)

Israël marche vers son repos. De loin le Seigneur m'est apparu: D'un amour éternel je t'ai aimée, aussi t'ai-je maintenu ma faveur. De nouveau je te bâtirai et tu seras rebâtie, vierge d'Israël. De nouveau tu te feras belle, avec tes tambourins, tu sortiras au milieu des danses joyeuses. De nouveau tu seras plantée de vignes sur les montagnes de Samarie ; ils planteront, les planteurs, et ils cueilleront. Oui, ce sera le jour où les veilleurs crieront sur la montagne d'Ephraïm: "Debout! Montons à Sion, vers le Seigneur notre Dieu!" Car ainsi parle Yahvé: Criez de joie pour Jacob, acclamez la première des nations! Faites-vous entendre! louez! Proclamez: "le Seigneur a sauvé son peuple, le reste d'Israël!" (…) c'est une grande assemblée qui revient ici! En larmes ils reviennent, dans les supplications je les ramène. Je vais les conduire aux cours d'eau, par un chemin tout droit où ils ne trébucheront pas. Car je suis un père pour Israël et Ephraïm est mon premier-né. Nations, écoutez la parole du Seigneur! Annoncez-la dans les îles lointaines; dites: "Celui qui dispersa Israël le rassemble, il le garde comme un pasteur son troupeau." Car le Seigneur a racheté Jacob, il l'a délivré de la main d'un plus fort. Ils viendront, criant de joie, sur la hauteur de Sion, ils afflueront vers les biens du Seigneur.

 


VENDREDI 18 AVRIL – VENDREDI SAINT

Lecture suivie : Am 9, 11 – 17 « Je les planterai et jamais plus ils ne seront arrachés »

Texte de méditation : SAINT THÉODORE LE STUDITE  (La Croix, arbre de la Vie)

Quel don infiniment précieux que la Croix ! Oui, comme sa vue est belle ! La beauté qu'elle nous présente n'est pas mêlée de mal et de bien, comme jadis l'arbre du jardin d'Eden. Elle est tout entière admirable et belle à voir et à partager. En effet, c'est un arbre qui donne la vie et non la mort ; la lumière et non l'aveuglement. Elle fait entrer dans l'Eden, elle n'en fait pas sortir. Cet arbre sur lequel le Christ est monté, comme un roi sur son char de triomphe, a perdu le diable, qui avait le pouvoir de la mort, en délivrant le genre humain de l'esclavage du tyran. C'est sur cet arbre que le Seigneur, comme un combattant d'élite, blessé aux mains, aux pieds et à son côté divin, a guéri les cicatrices du péché, c'est-à-dire notre nature blessée par le dragon mauvais. Après avoir été mis à mort par le bois, nous avons trouvé la vie par le bois ; après avoir été trompés par le bois, c'est par le bois que nous avons repoussé le serpent trompeur. Quels échanges surprenants! La vie au lieu de la mort, l'immortalité au lieu de la corruption, la gloire au lieu de la honte ! C'est avec à-propos que l'Apôtre s'est écrié : Je ne veux trouver ma gloire que dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ par qui le monde a été crucifié pour moi et moi pour le monde ! Car cette sagesse au-dessus de toute sagesse, qui a fleuri sur la croix, a rendu stupides les prétentions de la sagesse du monde. La connaissance de tout bien qui a fructifié sur la croix a retranché les bourgeons du mal.

 


SAMEDI 19 AVRIL – SAMEDI SAINT

Texte de méditation : HOMÉLIE ANCIENNE

Un grand silence règne sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Christ notre Roi dort. La terre a tremblé et s'est calmée parce que Dieu s'est endormi dans la chair et qu'il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. C'est le Premier homme, Adam, qu'il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l'ombre de la mort. Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Eve, captive avec lui, Lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils. Au milieu des ténèbres de ce lieu des morts, un pas se fait entendre ; Adam y reconnaît les pas de Celui qui se promenait à la brise du soir, au jardin du Paradis ; il se redresse, et à ses compagnons de captivité, il dit : Reprenez courage, j'entends le bruit des pas du Bien-Aimé, il vient; il est tout proche celui qui vient nous sauver. "Viens, Seigneur Jésus, viens nous relever". Au milieu de la nuit, un cri s'est fait entendre : "Voici l'Époux qui vient ; venez à sa rencontre". Le Seigneur est descendu aux enfers, il s'est avancé vers tous ceux qui étaient plongés dans les ténèbres de la mort ; il s'est avancé vers eux muni de sa croix, l'arme de sa victoire. Adam, le premier homme se frappant la poitrine dans sa stupeur, s'écria vers tous les autres : "Mon Seigneur avec nous tous !" Et le Christ répondit à Adam : "Et avec ton esprit". Jésus le prend par la main et le relève en disant : Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera. "Je suis ton Dieu, et à cause de toi, je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, relève-toi, œuvre de mes mains ».