« De Jérusalem,

le Seigneur donne de la voix » (Am 1,2)

Lectio Divina - Prophète Amos

 

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Amos, semaine 3

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

 

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

DIMANCHE 23 MARS

Lecture suivie: Am 1, 1 à 2, 5       « leurs idoles mensongères les ont égarés »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 44, 8 à 22) 

Vous êtes mes témoins. Y aurait-il un dieu à part moi? Il n'y a pas de Rocher, je n'en connais pas! Néant, tous ceux qui modèlent des idoles, leurs meilleures œuvres ne servent à rien! Elles sont leurs témoins, qui ne voient ni ne savent rien, en sorte qu'ils seront couverts de honte. Qui a façonné un dieu et fondu une idole qui ne peuvent servir à rien? Voici que tous ses fidèles seront couverts de honte, ainsi que ses artisans qui ne sont que des hommes. Qu'ils se rassemblent tous, qu'ils comparaissent; qu'ils soient remplis à la fois d'épouvante et de honte! (...) Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas, car leurs yeux sont incapables de voir, et leur cœur de réfléchir. Pas un ne rentre en lui-même, pas un n'a la connaissance et l'intelligence de se dire: "J'en ai brûlé la moitié au feu et j'ai cuit du pain sur ses braises, je rôtis de la viande et je la mange; avec le reste je ferais une chose abominable, me prosterner devant un bout de bois!" Il est attaché à de la cendre, son cœur abusé l'a égaré, il ne sauvera pas sa vie, il ne dira pas: "Ce que j'ai dans la main, n'est-ce pas un leurre?" Souviens-toi de cela, Jacob, et toi Israël, car tu es mon serviteur. Je t'ai modelé, tu es pour moi un serviteur, Israël, je ne t'oublierai pas. J'ai dissipé tes crimes comme un nuage et tes péchés comme une nuée; reviens à moi, car je t'ai racheté.

 


LUNDI 24 MARS

Lecture suivie : Am 1, 1 à 2, 5       « leurs idoles mensongères les ont égarés » 

Texte de méditation : SAINT JEAN CHRYSOSTOME (homélies) – IVe-Ve siècles

Employons comme remède sauveur la pénitence ou plutôt recevons de la main même de Dieu cette pénitence qui doit nous guérir: ce n'est pas nous en effet qui la lui offrons, c'est lui qui la fait entrer dans notre cœur. Voyez-vous la sévérité de Dieu dans la loi et sa charité dans la grâce. Lorsque je parle de sévérité dans la loi, je ne prétends pas blâmer le législateur; mais je veux publier la douceur de la grâce évangélique. La loi en effet punissait sans rémission les pécheurs, mais la grâce sursoit au châtiment avec une extrême indulgence afin de donner temps à la conversion. Recevons donc, mes frères, la pénitence comme le remède qui nous sauvera, comme le remède qui détruira nos péchés. Or la vraie pénitence n'est pas celle que l'on publie des lèvres, mais celle que l'on pratique par des œuvres solides; la vraie pénitence est celle qui efface jusqu'au fond du cœur la souillure du péché. Lavez-vous, dit la sainte Ecriture; chassez le péché de votre âme, chassez-le bien loin de mes yeux. (Is 1,16) Que signifie cette redondance d'expressions? N'était-ce pas assez de dire: chassez le péché de votre âme, pour indiquer toute la pensée? pourquoi ajouter: chassez-le bien loin de mes yeux? parce que les yeux de l'homme voient d'une manière et les yeux de Dieu voient d'une autre; l'homme n'aperçoit que le visage, Dieu regarde dans le cœur. (1S 16,7) Ne souillez pas la pénitence par de fausses apparences, mais montrez-en de dignes fruits à mes regards qui scrutent les replis les plus cachés.

 


MARDI 25 MARS – ANNONCIATION

Lecture suivie : Am 2, 6 – 16   « ils vendent le juste, et le pauvre pour une paire de sandales »

Référence complémentaire : Epître de saint Jacques (Jc 1, 22 à 2, 8)

Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s'abusent eux-mêmes! Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. Il s'observe, part, et oublie comment il était. Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s'y tient attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant. Si quelqu'un s'imagine être religieux sans mettre un frein à sa langue et trompe son propre cœur, sa religion est vaine. La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père consiste en ceci: visiter les orphelins et les veuves dans leurs épreuves, se garder de toute souillure du monde. Mes frères, ne mêlez pas à des considérations de personnes la foi en notre Seigneur Jésus Christ glorifié. Supposez qu'il entre dans votre assemblée un homme à bague d'or, en habit resplendissant, et qu'il entre aussi un pauvre en habit malpropre. Vous tournez vos regards vers celui qui porte l'habit resplendissant et vous lui dites: "Toi, assieds-toi ici à la place d'honneur." Quant au pauvre, vous lui dites: "Toi, tiens-toi là debout", ou bien: "Assieds-toi au bas de mon escabeau." Ne portez-vous pas en vous-mêmes un jugement, ne devenez-vous pas des juges aux pensées perverses? Ecoutez, mes frères bien-aimés: Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres selon le monde comme riches dans la foi et héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment? Mais vous, vous méprisez le pauvre! (…) Si donc vous accomplissez la Loi royale suivant l'Ecriture: Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien.

 


MERCREDI 26 MARS

Lecture suivie : Am 2, 6 – 16  " ils vendent le juste, et le pauvre pour une paire de sandales "

Texte de méditation : SAINT CÉSAIRE D’ARLES (Sermons) – VIe siècle

Grandes sont les richesses de la charité, très chère ; sans elle, le riche est pauvre et avec elle le pauvre est riche. En effet, si le riche ne possède pas la charité, que possède-t-il ? Une fortune aussi grande qu'on voudra sans la charité est vaine et sans valeur ; la charité, même si elle ne possède aucune ressource terrestre, est opulente. Si la charité est en toi, si grande que soit ta fortune, elle sait ce qu'elle doit en faire : elle sait parfaitement d'elle-même à qui et combien offrir, que distribuer, que mettre de côté ; elle discerne combien elle doit placer en réserve dans le ciel pour l'âme, combien mettre de côté dans le monde pour le corps. C'est une très bonne ménagère, frères ; elle sait amasser durant l'été pour avoir de quoi en hiver ; autrement dit, elle sait être prévoyante en faisant des aumônes dans ce siècle, pour les retrouver dans le monde à venir. Ayez la charité, frères ; car sans elle tout autre bien en l'homme sera sans valeur. Que tout homme qui veut avoir la charité dans le siècle à venir se mette sous son patronage dans ce monde afin de la trouver propice pour l’éternité. Car, de même qu'un arbre aussi beau et chargé de fruits qu'on voudra, ne peut vivre sans racine, de même toute bonne œuvre ne pourra durer sans la charité ; c'est d'elle en effet que l'Apôtre dit : “ Enracinés dans la charité et fondés sur elle ” (Eph 3,17).

 


JEUDI 27 MARS

Lecture suivie : Am 3, 1 – 8  « le Seigneur Dieu a parlé, qui ne prophétiserait ? »

Référence complémentaire : 1ère épître de saint Paul aux Corinthiens (1Co 9,16-25)

Annoncer l'Evangile n'est pas pour moi un titre de gloire; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile! Si j'avais l'initiative de cette tâche, j'aurais droit à une récompense; si je ne l'ai pas, c'est une charge qui m'est confiée. Quelle est donc ma récompense? C'est qu'en annonçant l'Evangile, j'offre gratuitement l'Evangile, sans user du droit que me confère l'Evangile. Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait l'esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre. Je me suis fait Juif avec les Juifs, afin de gagner les Juifs; sujet de la Loi avec les sujets de la Loi - moi, qui ne suis pas sujet de la Loi - afin de gagner les sujets de la Loi. Je me suis fait un sans-loi avec les sans-loi - moi qui ne suis pas sans une loi de Dieu, étant sous la loi du Christ - afin de gagner les sans-loi. Je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l'Evangile, afin d'en avoir ma part. Ne savez-vous pas que, dans les courses du stade, tous courent, mais un seul obtient le prix? Courez donc de manière à le remporter. Tout athlète se prive de tout; mais eux, c'est pour obtenir une couronne périssable, nous une impérissable.

 


VENDREDI 28 MARS

Lecture suivie : Am 3, 1 – 8  « le Seigneur Dieu a parlé, qui ne prophétiserait ? »

Texte de méditation : BENOIT XVI (Audience du 1er juin 2011)

Même quand le peuple, au Sinaï, demande à Aaron de faire le veau d’or, Moïse prie, en accomplissant de manière emblématique sa propre fonction d’intercesseur. Le peuple d’Israël se trouvait au pied du Sinaï tandis que Moïse, sur le mont, attendait le don des tables de la Loi, jeûnant pendant quarante jours et quarante nuits (cf. Ex Ex 24,18 Dt 9,9). Le chiffre quarante possède une valeur symbolique et signifie la totalité de l’expérience, alors qu’avec le jeûne, on indique que la vie vient de Dieu, que c’est Lui qui la soutient. L’acte de manger, en effet, implique de prendre la nourriture qui nous soutient; jeûner, en renonçant à la nourriture, acquiert donc, dans ce cas, une signification religieuse: c’est une manière pour indiquer que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de chaque parole qui sort de la bouche du Seigneur (cf. Dt 8,3). En jeûnant, Moïse montre qu’il attend le don de la Loi divine comme source de vie: celle-ci révèle la volonté de Dieu et nourrit le cœur de l’homme, en le faisant entrer dans une alliance avec le Très-Haut, qui est source de la vie, qui est la vie elle-même. Mais alors que le Seigneur, sur le mont, donne la Loi à Moïse, au pied de la montagne, le peuple la transgresse. Comme avec Abraham à propos de Sodome et de Gomorrhe, à présent aussi, Dieu révèle à Moïse ce qu’il entend faire, comme s’il ne voulait pas agir sans son consentement (cf. Am 3,7). Il dit: «ma colère va s’enflammer». En réalité, ce «Ma colère va s’enflammer» est dit précisément pour que Moïse intervienne et lui demande de ne pas le faire, révélant ainsi que le désir de Dieu est toujours celui du salut. Comme pour les deux villes de l’époque d’Abraham, la punition et la destruction, à travers lesquelles s’exprime la colère de Dieu comme refus du mal, indiquent la gravité du péché commis; dans le même temps, la demande de l’intercesseur entend manifester la volonté de pardon du Seigneur. Tel est le salut de Dieu, qui implique la miséricorde, mais en même temps également la dénonciation de la vérité du péché, du mal qui existe, de sorte que le pécheur, ayant reconnu et refusé son propre mal, puisse se laisser pardonner et transformer par Dieu. La prière d’intercession rend ainsi agissante, au sein de la réalité corrompue de l’homme pécheur, la miséricorde divine, qui trouve voix dans la supplique de l’orant et qui se fait présente à travers lui là où il y a besoin de salut.

 


SAMEDI 29 MARS

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).