« Dieu est plus grand que notre cœur

et il connaît toute chose » (1 Jn 3,20)

Lectio Divina - Saint Jean l'Evangéliste

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : 1ère lettre de saint Jean semaine 6

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen »

 


DIMANCHE 17 MAI     

Lecture suivie: 1 Jn 2, 29 à 3, 2  « dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Rm 8, 14 – 21) 

Frères, tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Aussi bien n'avez-vous pas reçu un esprit d'esclaves pour retomber dans la crainte; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Abba! Père! L'Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui. J'estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu: si elle fut assujettie à la vanité, --  non qu'elle l'eût voulu, mais à cause de celui qui l'y a soumise, --  c'est avec l'espérance d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu.

 


LUNDI 18 MAI

Lecture suivie: : 1 Jn 2, 29 à 3, 2  « dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu » 

Texte de méditation : SAINTE GERTRUDE D’HELFTA (Exercices) – XIIIe siècle

Pour l’immersion dans les fonts baptismaux : Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Jésus, fontaine de vie, à ta source même fais-moi boire la coupe d’eau vive, afin que t’ayant goûté éternellement je n’aie plus d’autre soif que toi ! Immerge-moi tout entière au plus profond de ta miséricorde. Baptise-moi et rends-moi sans tache dans ta mort précieuse. Dans l’eau de ton très saint côté lave toutes les taches dont j’ai pu souiller l’innocence baptismale. Remplis-moi de ton esprit et possède-moi tout entière, en pureté de corps et d’âme (cf Jn 4,10; 19,34). Pour la robe blanche, dis : Jésus, soleil de justice (Ml 3,20), fais que je sois revêtue de toi-même, afin de pouvoir vivre selon toi. Fais que, sous ta conduite, je garde blanche, sainte et immaculée la robe de l’innocence baptismale, et que je la présente sans tache devant ton tribunal, afin de l’avoir pour la vie éternelle. En recevant le cierge, tu demanderas l’illumination intérieure : Jésus, lumière qui ne s’éteint jamais, allume en moi la lampe ardente de ta charité, sans qu’elle puisse s’éteindre, et enseigne-moi à garder mon baptême de façon irréprochable afin que, appelée à venir à tes noces, toute prête, je mérite d’entrer dans les délices de la vie éternelle, pour te voir, toi, la vraie lumière, et la douce face de ta divinité (cf Mt 25,1s). Seigneur Dieu, mon Créateur et mon Réparateur, renouvelle aujourd’hui ton Esprit Saint en mon cœur. Fais-moi grande par la foi, joyeuse par l’espérance, patiente dans la tribulation, prenant mes délices à ta louange, remplie de la ferveur de l’Esprit, fidèlement attachée à ton service, Seigneur Dieu, mon vrai Roi, et jusqu’au dernier jour de ma vie, persévérant avec toi dans la vigilance. Ainsi, ce que maintenant je crois et espère, alors mes yeux le contempleront dans la réalité ; je te verrai tel que tu es, je te verrai face à face (1Jn 3,2; 1Co 13,12). Là, cher Jésus, tu me rassasieras de toi-même ; là, dans la jouissance de ton doux visage, tu seras mon repos éternel. Amen.

 


MARDI 19 MAI

Lecture suivie : 1 Jn 3, 3 – 10  « Celui qui est né de Dieu ne commet pas de péché »

Référence complémentaire : Evangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 3, 5 – 16)

En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous faut naître d'en haut. Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit." Nicodème lui répondit: "Comment cela peut-il se faire?" Jésus lui répondit: "Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas? En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu; mais vous n'accueillez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.

 


MERCREDI 20 MAI

Lecture suivie : 1 Jn 3, 3 – 10  « Celui qui est né de Dieu ne commet pas de péché »

Texte de méditation : SAINT BERNARD (Sur le Cantique) – XIIe siècle

Il nous faut être vigilants et attentifs à l'œuvre du salut qui s'accomplit en nous, car c'est avec une admirable subtilité et la délicatesse d'un art divin que le Saint Esprit accomplit continuellement cette œuvre au plus intime de notre être. Que jamais cette onction, qui nous enseigne tout, ne nous soit enlevée sans que nous en ayons conscience et que jamais sa venue ne nous prenne à l'improviste. Il s'agit au contraire d'avoir le regard toujours aux aguets et le cœur grand ouvert pour recevoir cette bénédiction généreuse du Seigneur. Dans quelles dispositions l'Esprit veut-il nous trouver ? « Soyez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces. » Il ne revient jamais les mains vides de la table céleste et de toutes les joies qu'elle prodigue. Il nous faut donc veiller, et veiller à toute heure, car nous ne savons jamais à quelle heure l'Esprit va venir, ni à quelle heure il s'en ira une nouvelle fois. L'Esprit va et vient (Jn 3,8) ; si grâce à lui on tient debout, lorsqu'il se retire, on tombe inévitablement, mais sans se briser, car le Seigneur nous retient par la main. Et cette alternance de présence et d'absence, l'Esprit ne cesse de la faire vivre à ceux qui sont spirituels, ou plutôt à ceux qu'il a l'intention de rendre spirituels. C'est pourquoi il les visite à l'aube, puis soudain les met à l'épreuve.

 


JEUDI 21 MAI

Lecture suivie: 1Jn 3, 11 – 24 « n’aimons pas en paroles et en discours mais en actes »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 15, 11 – 17)

Au moment de passer de ce monde à son Père, Jésus prit la parole et dit : « Je vous dis tout cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. Voici quel est mon commandement: vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n'a plus grand amour que celui-ci: donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais c'est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. »

 


VENDREDI 22 MAI

Lecture suivie : 1 Jn 3, 11 – 24 « n’aimons pas en paroles et en discours mais en actes »

  Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Comm. 1 Jn) – IVe – Ve siècles

« Mes enfants, nous devons aimer non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité et devant lui nous aurons le cœur en paix. » (1 Jn 3,18-19) Qu'est-ce à dire « devant lui » ? Là où voit Dieu. Voilà pourquoi le Seigneur lui-même dit dans l'Évangile : « Gardez-vous de faire vos bonnes œuvres devant les hommes, pour être vus d'eux ; autrement vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est aux cieux » (Mt 6,1). Te voilà devant Dieu, interroge ton cœur ; vois ce que tu as fait, et ce que tu as désiré en le faisant : ton salut ou une vaine gloire humaine ? Regarde au-dedans, car l'homme ne peut pas juger celui qu'il ne peut pas voir. Si nous apaisons notre cœur, apaisons-le devant Dieu. « Car si notre cœur nous condamne », c'est-à-dire s'il nous accuse intérieurement, parce que nous n'avons pas agi avec l'intention que nous devions avoir, « Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout » (v. 20). Tu caches aux hommes le fond de ton cœur ; cache-le à Dieu, si tu peux ! Comment le lui cacherais-tu, lui à qui un pécheur plein de crainte ou de repentir disait : « Où aller loin de ton esprit ? Où fuir loin de ta face ? » Où Dieu n'est-il pas en effet ? « Si je monte aux cieux, tu y es ; si je descends aux enfers, tu es là » (Ps 138,7-8). Où aller ? Où fuir ? Veux-tu un conseil ? Si tu veux le fuir, fuis vers lui. Fuis vers lui en te confessant à lui, non en te cachant de lui : en effet, tu ne peux pas te cacher de lui, mais tu peux lui confesser tes fautes. Dis lui : « Tu es mon refuge » (Ps 31,7) ; et nourris en toi l'amour, qui seul conduit à la vie.

 


SAMEDI 23 MAI

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).«  celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui » (1 Jn 4,15)