Nous prions avec l'Evangile selon saint Matthieu : 
 
 
du 12 au 18 novembre : semaine 3
 
du 19 au 26 novembre : semaine 4
 
du 27 novembre au 2 décembre : semaine 5
 
 
 
 
 
 

 

Lundi 10 décembre 2012

 

Qu'a donc ton Bien-Aimé de plus que les autres, ô la plus belle des femmes? Qu'a donc ton Bien-Aimé de plus que les autres (Ct 5,9)

 

COMMENTAIRES SUR LES CHAPITRE 5 (suite) et 6 : 

 

Bienheureux Guerric d'Igny – 2ème Sermon pour la Nativité de Marie

 
      L'Évangile nous montre le visage le plus beau du Christ : sa vie et l'enseignement qu'il a donné par sa parole et par son propre exemple. Connaître le Christ sous cette forme constitue, dans la vie présente, la piété des chrétiens. C'est pourquoi Paul, sachant que « la chair ne sert de rien sans l'Esprit qui vivifie » (Jn 6,63s), ne veut plus connaître le Christ selon la chair (2Co 5,16) afin de se tourner tout entier vers celui qui est Esprit vivifiant (1Co 15,45). Or Marie semble partager ce sentiment lorsque, désirant faire pénétrer dans les coeurs de tous le Bien-Aimé né de son sein, le Bien-Aimé de ses désirs, elle le décrit non selon la chair, mais selon l'Esprit. Elle semble dire aussi, avec Paul : « Même si j'ai connu le Christ selon la chair, maintenant je ne le connais plus ainsi » (2Co 5,16). Elle désire en effet, elle aussi, former son Fils unique dans tous ses fils d'adoption. C'est pourquoi, bien qu'ils aient déjà été engendrés par la parole de vérité (Jc 1,18), Marie n'en continue pas moins à les enfanter chaque jour par les désirs et la sollicitude de sa tendresse maternelle, jusqu'à ce qu'ils atteignent « l'état d'homme parfait, la mesure de la plénitude de l'âge » de son Fils (Ep 4,13), lui qu'elle a une fois pour toutes enfanté et mis au monde. Elle nous fait donc ainsi l'éloge de ce fruit de son sein : « Je suis la mère du bel amour, de la crainte et de la connaissance, la mère de la sainte espérance » (Si 24,24). --Est-ce donc là ton fils, ô Vierge des vierges ? Est-ce là ton Bien-Aimé, ô la plus belle des femmes ? (Ct 5,9). --Certainement, tel est mon Bien-Aimé, et il est mon fils, ô filles de Jérusalem (v. 16). En lui-même, mon Bien-Aimé est le bel amour, et en celui qui est né de lui mon Bien-Aimé est le bel amour, la crainte, l'espérance et la connaissance. » 

 
Saint Antoine de Padoue – Sermons pour les fêtes des saints 
 
      Oh, que j'admire cette main ! Cette « main de mon Bien-Aimé, d'or rehaussé de pierreries » (Ct 5,14). Cette main dont le contact délie la langue du muet, ressuscite la fille de Jaïre (Mc 7,33;5,41) et purifie le lépreux. Cette main dont le prophète Isaïe nous dit : « Elle seule a fait tous ces prodiges ! » (66,2) Étendre la main, c'est donner un présent. Ô Seigneur, étends ta main -- cette main que le bourreau étendra sur la croix. Touche le lépreux et fais-lui largesse. Tout ce que ta main touchera sera purifié et guéri. « Il toucha l'oreille de Malchus, dit saint Luc, et le guérit » (22,51). Il étend la main pour accorder au lépreux le don de la santé. Il dit : « Je le veux, sois guéri » et aussitôt la lèpre est guérie ; « tout ce qu'il veut il le fait » (Ps 113B,3). En lui, rien ne sépare vouloir et accomplir. Or, cette guérison instantanée, Dieu l'opère chaque jour dans l'âme du pécheur par le ministère du prêtre. Le prêtre a un triple office : il doit étendre la main, c'est-à-dire prier pour le pécheur et avoir pitié de lui ; il doit le toucher, le consoler, lui promettre le pardon ; il doit vouloir ce pardon et le donner par l'absolution. Tel est le triple ministère pastoral que le Seigneur confie à Pierre quand il lui dit par trois fois : « Sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21,15s). 
 

Saint Grégoire de Nysse – Sur Mt 19 

 

      Mesurez-vous la profondeur de la pensée du Christ ? Si tu répands sur Dieu tout le feu de ton âme, sans te laisser tirailler entre l'amour de ce qui passe et l'amour de ce qui demeure, entre l'amour du visible et celui de l'invisible, alors Dieu lui-même t'a blessée de flèches de choix ; tu connais la beauté de ton Époux et tu peux chanter cet hymne : « Seigneur, tu es ma joie, l'objet de tous mes désirs ! » (Ct 5,16) Tu demeureras toute au Christ, jusqu'à ce que tu contemples le Christ ton Époux. Mais lorsque tu entends le Christ déclarer que « ce n'est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux à qui Dieu l'a révélé », pense que cela est donné à ceux qu'il a choisis et qui ouvrent leur coeur à ces choses. « Il ne s'agit pas de la volonté de l'homme ou de sa course acharnée, mais tout dépend de la miséricorde de Dieu. » (Rm 9,16) 
 
 
Sainte lectio divina en ce Temps de l'Avent
 
Christophe de DREUILLE