Lectio divina - Saint Pierre
Fête de Pâques, du 16 au 22 avril :  Paques 2017
 
Nous prions avec la 1ère Lettre de saint Pierre : 
 
du 23 avril au 13 mai, semaines 1 à 3
 
du 13 au 20 mai : semaine 4
 
du 21 au 27 mai : semaine 5
 
du 27 mai au 3 juin : semaine 6
 
du 4 au 10 juin : semaine 7
 
du 11 au 17 juin : semaine 8
 
du 18 au 24 juin : semaine 9
 

DIMANCHE 9 MARS 2014

 

L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu" (Dt 8 et Mt 4)

Voici venir des jours  où j'enverrai la faim dans le pays, non pas une faim de pain, non pas une soif d'eau, mais d'entendre la Parole du Seigneur (Am 8,11)

Pour privilégier cet accueil de la Parole de Dieu durant ce grand temps fort de l'année chrétienne qu'est le temps du Carême, nous vous proposons deux possibilités pour la lectio divina quotidienne (au choix) : soit le Livre d'Amos, soit les Lectures de la messe dominicale :

 

PARCOURS 1 : 1er DIMANCHE DE CARÊME (Mt 4) Jésus, au désert, est vainqueur des tentations

Le dimanche est le premier jour d'une nouvelle semaine. Aussi les textes de la Parole de Dieu donnés aux chrétiens rassemblés pour la liturgie dominicale sont-ils destinés à illuminer toute la semaine à venir.
"Jésus fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon" (Mt 4,1)
 
Quelques pistes de méditation pour accompagner la lectio divina de cette semaine, appuyée sur les textes de la messe de ce dimanche : 
 
Le récit évangélique des tentations au désert exprime la compassion de Jésus et comment celui-ci enracine sa fidélité dans la référence à l’Ecriture.

 

Il a pris sur lui nos faiblesses

Le lieu, la durée et la nature des tentations, et jusqu’aux paroles de l’Ecriture dans la bouche de Jésus, tout renvoie au séjour du peuple hébreu au désert, aux épreuves qui avaient mis en évidence leur manque de foi en la présence agissante du Seigneur. L’épreuve du don de la Manne (Ex 16) correspond à la première tentation de Jésus ; l’adoration du veau d’or (Ex 32) à la seconde, et le don de l’eau dans le désert, à la troisième (cf. Ex 15 et 16 qui contiennent la parole citée par Jésus). Une telle caricature du Dieu d’Israël par le cœur de l’homme n’est cependant pas l’apanage de l’exode. Les contemporains de Jésus connaîtront les mêmes tentations : de Pierre qui refuse la passion du Christ jusqu’aux passants qui somment Jésus de descendre de la Croix – « si tu es Fils de Dieu », depuis les foules rassasiées qui le suivent pour qu’il continue à leur donner le pain, jusqu’à celles qui cherchent à le faire roi.

 

L’épreuve de la liberté

Les lieux des trois tentations (désert, hauteur et Temple) sont, dans la Bible, emblématiques de la révélation. Les tentations, sans nier qu’on puisse leur trouver des applications morales, portent donc essentiellement sur la difficulté, pour l’homme, de découvrir qui est vraiment Dieu et d’accepter la relation qu’il lui propose. Jésus, vrai Dieu et vrai homme, est venu pour réconcilier en sa personne l’homme avec  Dieu et rétablir leur communion. Depuis le moment de ces tentations jusqu’à sa passion et sa croix (le moment favorable du diable), d’affrontements en incompréhensions, Jésus n’aura alors de cesse de révéler le vrai visage de Dieu, si défiguré dans le cœur de l’homme : un Dieu qui se donne quand on veut simplement qu’il comble nos manques (cf. Jn 6) ; un Dieu qui est roi, mais qui n’asservit pas et se fait serviteur (Jn 13) ; un Dieu qui ne cherche pas à séduire, mais qui révèle son amour, invitant l’homme à le choisir librement ; un Dieu surtout qui veut rendre à l’homme sa grandeur, faire de lui un être responsable, capable de s’engager, de se donner, de partager sa dignité royale, alors même que les hommes attendent de Dieu qu’il leur donne tout et ne leur demande rien (cf. le commentaire décisif de Dostoïevski). En définitive le drame est toujours le même depuis Adam et Eve. On réclame de Dieu le don, mais on refuse de s’engager dans la relation qu’il propose et que contient le don (Gn 3). Au début de son ministère, Jésus résiste au diable en s’appuyant sur l’Ecriture qui dit la vérité sur Dieu (le diable essaiera de détourner l’Ecriture de sa vraie signification, agissant comme jadis le serpent de la Genèse, mais cette fois-ci en vain). À la Croix, Jésus triomphera en manifestant, par le don qu’il fait de lui-même, le vrai visage d’un Dieu qui ne pourra plus jamais être confondu avec le séducteur ou le dominateur, mais sera désormais identifié à l’Amour en quête de l’homme pour lui rendre l’authentique liberté des enfants du Père.

 

 

PARCOURS 2 : LIVRE D'AMOS

 

Le Seigneur Dieu ne fait rien qu'il n'en ait révélé le secret à ses serviteurs les prophètes.

Le Seigneur Dieu a parlé, qui ne prophétiserait (Am 3,7-8)

 

Les prophètes proclament à temps et à contre temps la Parole du Seigneur. Ils dénoncent le péché et annoncent le salut. Le Livre d'Amos nous place sans concession devant les ravages du péché et ses conséquences dramatiques. Si la Parole de Dieu se fait si dure, ce n'est pas parce que le Seigneur veut détruire son peuple pécheur. C'est au contraire parce qu'il ne peut se résoudre à le voir se perdre. Sans se décourager, le Seigneur espère toujours sa conversion. 

Pour vivre la lectio divina en recevant ces rudes paroles, deux références peuvent nous soutenir :

– le Livre de Jonas déploie le sens des oracles de jugement (que l'on appelle aussi "oracles de condamnation") qui visent à la conversion des ninivites et non leur destruction.

– une réflexion de Benoît XVI sur les conséquences de l'idolatrie :

Il dit: «ma colère va s’enflammer». En réalité, ce «Ma colère va s’enflammer» est dit précisément pour que Moïse intervienne et lui demande de ne pas le faire, révélant ainsi que le désir de Dieu est toujours celui du salut. Comme pour les deux villes de l’époque d’Abraham, la punition et la destruction, à travers lesquelles s’exprime la colère de Dieu comme refus du mal, indiquent la gravité du péché commis; dans le même temps, la demande de l’intercesseur entend manifester la volonté de pardon du Seigneur. Tel est le salut de Dieu, qui implique la miséricorde, mais en même temps également la dénonciation de la vérité du péché, du mal qui existe, de sorte que le pécheur, ayant reconnu et refusé son propre mal, puisse se laisser pardonner et transformer par Dieu. La prière d’intercession rend ainsi agissante, au sein de la réalité corrompue de l’homme pécheur, la miséricorde divine, qui trouve voix dans la supplique de l’orant et qui se fait présente à travers lui là où il y a besoin de salut (Catéchèse)

 

Sainte lectio divina en ce Temps du Carême

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13