Nous prions avec l'Evangile selon saint Matthieu : 
 
 
du 15 au 21 octobre : semaine 8
 
du 22 au 28 octobre : semaine 9
 
 
 
 
 

DIMANCHE 19 FÉVRIER 2012

 

Que ces Paroles que je te dicte aujourd'hui restent dans ton coeur (Dt 6,6)

 

Cette semaine, nous terminons la première étape de notre parcours en Dt 1-8, ce temps de la lecture suivie du texte dans sa longueur et sa cohérence, ce temps d'écoute, d'accueil, de disponibilité.

 

Nous pourrons être sensibles durant cette semaine à tout ce que le Deutéronome nous dit sur l'accueil, la mise en pratique, et la transmission de la Parole de Dieu, nourriture essentielle de nos coeurs. Ces chapitres nous plongent en effet au coeur de la pédagogie divine de la lectio divina. Cette écoute et cet accueil sont à vivre "aujourd'hui". La Parole de Dieu reçue pourra alors nous accompagner tout au long de notre journée "aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché, aussi bien que debout". Nous pourrons alors parvenir à la "contemplation" qui nous permet de découvrir l'amour de Dieu pour nous. En effet, si le Seigneur nous a choisis, ce n'est pas en raison de mérites personnels, mais simplement parce qu'il nous aime. 

 


 

Comme toujours, les lectures de la messe de ce dimanche font écho au programme de notre lectio divina quotidienne. Il y est question de la nouveauté qu'introduit la révélation du Seigneur (1ère lecture), de la fidélité de Dieu dans ses promesses, et surtout  d'un homme qui va devenir capable de marcher, et donc de vivre ce cheminement spirituel tracé par la Parole de Dieu révélée dans le Deutéronome.

 

En effet, le récit de la guérison du paralytique de Capharnaüim procède par un triple déplacement

 

- du paralytique, le regard est invité à se déplacer vers les quatre hommes qui ont trouvé une solution ingénieuse pour permettre à l’infirme de franchir l’obstacle le séparant de Jésus, et de la possibilité de sa guérison. L’audace de ces hommes permet en effet à l’exclu d’être placé au cœur de l’assemblée. Celui qui aurait dû rester à la dernière place, à l’extérieur, se retrouve à la première place, à l’intérieur de la maison. C’est ainsi que se manifeste concrètement la foi sur laquelle Jésus s’appuiera pour relever le paralytique.

 

- de la guérison du corps à celle du cœur :C’est le second déplacement auquel nous invite ce récit. La restauration de l’intégrité du corps infirme n’est que le signe de la véritable mission de Jésus : offrir aux hommes un relèvement d’un autre ordre, c’est-à-dire le pardon de leurs fautes. Cette thématique n’occupe pas moins de 6 versets sur les 12 du texte. Ce miracle sera donc l’occasion de révéler le véritable pouvoir de Jésus. S’il peut soulager les détresses physiques, ce qui ne sera pas remis en cause, il est surtout capable de pardonner. La réaction indignée des scribes rappelle qu’il s’agit là d’une prérogative divine. Jésus manifeste alors qu’il est revêtu de cette autorité divine qui lui permet à la fois de connaître les pensées du cœur et surtout de « remettre les péchés ».

 

- du relèvement à la résurrection : Le verbe « se lever » (v. 9.11 et 12) est celui dont se servent les Evangiles pour parler de la résurrection. L’ultime déplacement de ce récit oriente définitivement nos regards vers le mystère pascal du Christ. Dans sa passion et sa mort, il a délivré l’homme de ses fautes. Dans sa résurrection, il a relevé l’homme paralysé par son péché, et lui donne désormais de marcher.

 

Alors le paralytique guéri, portant son brancard comme trophée de son relèvement, pourra "suivre tout le chemin que le Seigneur  a tracé" (Dt 5,33).

 

Sainte lectio divina à tous. 

 

Christophe de DREUILLE