Nous prions avec l'Evangile selon saint Matthieu : 
 
 
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DIMANCHE 30 AOÛT 2015

 

LES ÉPÎTRES PASTORALES

 

Sous ce titre générique, employé à partir du 18e siècle, la tradition chrétienne regroupe trois épîtres adressées non pas à des communautés, mais à deux très proches collaborateurs de Paul : Timothée et Tite. Les affinités mutuelles de ces épîtres et les précieuses indications qu’elles fournissent sur l’organisation des ministères dans l’Église et sur la mission pastorale de leurs destinataires justifient pleinement leur titre commun d’épîtres Pastorales.

 

Les questions évoquées dans ces trois épîtres apparaissent, par bien des aspects, proches des préoccupations pastorales d’aujourd’hui ; et en même temps, sur d’autres points, elles semblent, sur ce même point, être quelque peu lointaines : proches, parce que l’on ne peut que se sentir profondément concerné par cette recherche de l’application, la meilleure et la plus fidèle, de la révélation divine aux situations concrètes que nous rencontrons et aux nécessités de nos communautés; lointaines aussi parfois, car les situations d’une époque particulière transparaissent davantage dans ce type de recommandations pastorales, et les applications concrètes évoquées par saint Paul ne sont pas toujours transposables telles quelles aujourd’hui.

 

Le grand élan missionnaire des autres épîtres pauliniennes n’est pas abandonné, mais il cède ici la première place à d’autres préoccupations tout aussi essentielles pour l’annonce de l’Évangile : celles de l’organisation des communautés chrétiennes et de leur insertion concrète dans la société de leur temps. Accueillons ainsi ces épîtres qui nous fournissent des clefs pastorales dont la fécondité a été grande tout au long de l’histoire de l’Église et dont nous pouvons encore nous inspirer avec profit. Dans ces épîtres, se met en effet en place un vocabulaire qui connaîtra une grande postérité et des formules qui seront abondamment reprises et commentées. Les Pastorales nous invitent enfin à prendre au sérieux les institutions ecclésiales qui garantissent la véritable et concrète incarnation de l’Évangile dans le monde. Elles nous fournissent la charte de l’office pastoral, que l’on peut résumer dans ces trois formules : combattre le bon combat de la foi, s’adonner aux belles œuvres, participer à la vie qui ne finira pas (C. SPICQ).

 

Saint Paul s’adresse ici à Timothée, juif d’origine, qui évolue dans un milieu grec et qui est placé à la tête d’une communauté éphésienne composée en grande partie, semble-t-il, de chrétiens d’origine païenne. Il est alors intéressant de repérer que les Pastoralesreprésentent une mise au point de la confrontation du christianisme avec l’esprit grec, et une réaction de l’orthodoxie chrétienne contre l’éclectisme de la pensée hellénistique, juive, orientale et romaine.

 

LA PREMIÈRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE

 

Timothée : Son nom signifie « celui qui honore Dieu ». De tous les collaborateurs de Paul, il est celui que nous connaissons le mieux. Il apparaît fréquemment dans les adresses des épîtres comme co-auteur, aux côtés de l’Apôtre (cf. 2 Co, Ph, Col, 1 et 2 Th, et Phm) ; il est mentionné en Rm, 1 et 2 Co, 1 Th ; et Ph 2,19-24 en trace même un éloge émouvant (cf. aussi He 13,23). Enfin Ac 16-20 contient de nombreux et précieux renseignements sur sa présence aux côtés de Paul. En rassemblant toutes ces données et en les joignant à celles des Pastorales, nous pouvons dégager les grandes lignes de son parcours : Timothée était originaire de Lystres, né d’un père païen et d’une mère juive. C’est probablement lors du premier voyage missionnaire de Paul (cf. Ac 14,8-23), que sa maman Eunice et sa grand-mère Loïs sont devenues chrétiennes (2 Tm 1,5) et que Timothée lui aussi a reçu le baptême des mains de l’Apôtre. Lors de son second voyage en Lycaonie, Paul décida de l’emmener avec lui. Timothée était encore jeune, mais il bénéficiait du bon témoignage des croyants de la région. Dès lors, il sera un des plus proches compagnons de l’Apôtre, d’une fidélité sans faille, l’accompagnant d’abord à Antioche et Iconium, puis dans ses voyages missionnaires en Grèce et en Asie. Mais Timothée ne se contente pas de suivre Paul, il le représentera également lors de plusieurs missions dont font état les Actes (Ac 19,22) et surtout les épîtres (1 Co 4,17 ; 16,10 ; Ph 2,19 ; 1 Th 3,2.6). C’est à propos de ces missions qu’il donnera sa pleine mesure. Timothée est considéré par la tradition comme le premier évêque d’Éphèse ; il y aurait été martyrisé en 97, sous l’empereur Nerva.

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13