Méditations de la Parole de Dieu

 


 

Pères de l’Eglise

 

" Certains d’entre vous prétextent qu’ils ne sont pas moine, qu’ils ont femme et enfants… tu estimes la lecture des divines Ecritures réservée aux seuls moines, alors qu’elle te serait bien plu nécessaire qu’à eux " (Sur Mt 2,5).
 
"A la maison, dressez deux tables, l’une avec les plats de la nourriture, l’autre avec les plats de l’Ecriture (Sur Gn 6,2)."
 
Lectio Divina
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" Je pense qu’on peut aussi appeler « Cieux » l’âme dans laquelle le Christ vient. Il frappe à la porte, et si tu ouvres il entre. Il n’entre pas seul, il entre avec le Père : « Moi et le Père, nous viendrons, et nous ferons en lui notre demeure » (Jn 14,23). Le Verbe de Dieu éveille celui qui dort, appelle celui qui prend du loisir. Car Celui qui frappe à la porte veut entrer, toujours. Qu’il entre ou n’entre pas ne dépend que de nous. Ouvre la porte ! Dilate ton cœur : qu’il y voie des richesses de simplicité, des trésors de paix, la douceur de la grâce. Accours vers cette lumière du Soleil qui « illumine tout homme » (Jn 1,9). Cette vraie lumière brille pour tous ; mais si quelqu’un ferme sa fenêtre, il se prive de la lumière. Tu exclus le Christ si tu fermes la porte de ton esprit. Le Christ a toujours pouvoir d’entrer, mais il ne veut pas faire irruption comme un importun, forcer les gens qui ne le désirent pas. Le Verbe veut toujours être cherché et souvent trouvé. Si la porte est fermée, il frappe ; si on le fait attendre, il part. Mais il revient sans tarder et frappe à nouveau. "
Homélie sur le Ps 119
 
Lectio Divina
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" Les saintes Ecritures nous ont été transmises pour ainsi dire comme des lettres venues de notre patrie. Notre patrie, en effet, c'est le paradis ; nos parents, ce sont les patriarches, les prophètes, les apôtres et les martyrs ; nos concitoyens, les anges ; notre roi, le Christ. Quand Adam a péché, nous avons alors été pour ainsi dire jetés, en lui, dans l'exil de ce monde ; mais parce que notre roi est pieux et miséricordieux plus qu'on ne peut le penser ou le dire, il a daigné nous envoyer, par l'intermédiaire des patriarches et des prophètes, les saintes Ecritures, comme des lettres d'invitation, par lesquelles il nous invitait dans notre éternelle et première patrie.
 
Et comme, dans un esprit de rébellion, la faiblesse humaine dédaignait ses écrits, il a daigné descendre en personne pour nous libérer tout à la fois de la tyrannie et de l'orgueil du diable... et il nous a invités, dans sa clémence et sa miséricorde à régner avec lui.
Dans ces conditions, frères très chers, quelle idée se font d'eux-mêmes les serviteurs qui ont ainsi la présomption de mépriser les préceptes de leur Seigneur au point de ne même pas daigner relire les propres lettres d'invitation par lesquelles il les invite à la béatitude de son royaume ? …
 
Les cultivateurs s’efforcent de semer différentes sortes de semences afin de pouvoir se préparer une nourriture suffisante pour eux-mêmes et pour les leurs. Combien plus, lorsqu’il s’agit de bénéfices spirituels, ne devez-vous pas vous contenter d’entendre lire la Parole de Dieu à l’église : vous devez prolonger la lecture sacrée dans vos maisons, au cours de vos repas, et, quand les jours sont courts, y consacrer encore quelques heures de nuit. C’est ainsi que vous amasserez un froment spirituel dans le grenier de votre cœur et rangerez dans le trésor de vos âmes les perles précieuses des Écritures.
 
Je vous prie, frères bien-aimés, de vous appliquer à consacrer à la lecture des textes sacrés autant d'heures que vous le pourrez. Et puisque les lectures... dont nous avons voulu nous munir dans cette vie sont la nourriture de l'âme pour l'éternité, que personne ne cherche d'excuse en disant qu'il n'a pas du tout appris à lire ; car ceux qui ne savent pas lire, s'ils aiment vraiment Dieu, essaient de trouver des gens instruits capables de leur lire les saintes Ecritures...
 
Et comme il arrive souvent qu'un homme instruit manque de nourriture et de vêtement et qu'un autre qui ne sait pas lire possède une plus grande fortune, que celui qui ne sait pas lire et regorge de biens terrestres s'adjoigne ce pauvre instruit et qu'ils se donnent l'un à l'autre ce dont chacun a besoin ; que l'un nourrisse l'autre de la douceur de Dieu en lisant sa Parole, que l'autre fournisse au premier sa subsistance terrestre et ne le laisse pas souffrir dans le besoin; que celui qui est instruit rassasie l'âme du riche ; que le riche réchauffe de vêtements le corps débile du pauvre et le restaure de nourriture terrestre. Si cela est fait avec charité, ce mot de l'Ecriture s'accomplira en eux : « Le riche et le pauvre sont allés au devant l'un de l'autre; le Seigneur les a créés tous deux » (Prov 22, 2)...
 
Quand nous poussons les gens à s'appliquer à la lecture, il y en a qui cherchent à s'excuser en disant que, soit à cause de leurs obligations militaires, soit à cause de l'administration de leur maison, ils ne peuvent avoir le loisir de s'adonner à la lecture des textes sacrés. Mais... quand les jours sont courts, ceux qui ne prolongent pas jusqu'au milieu de la nuit leurs dîners somptueux et raffinés en s'enivrant, peuvent lire suffisamment dès le chant des coqs.... En effet, alors que le genre humain tout entier a en lui un homme intérieur et un homme extérieur, l'homme intérieur fait à l'image de Dieu, l'homme extérieur fait du limon de la terre, est-il juste que l'homme extérieur, fait de terre, se soutienne de quantité de mets raffinés et très souvent se rassasie même deux fois par jour, tandis que l'homme intérieur, fait à l'image de Dieu, n'est pas soutenu par la nourriture de la parole de Dieu dont l'âme se nourrit, parfois pendant plusieurs jours ou, ce qui est pire, même pendant des mois ?
 
D'où il est à craindre que si quelqu'un par négligence ou ignorance en vient à accueillir avec dégoût la lecture des textes sacrés, e'est peut-être que son âme a été tellement affaiblie par la faim de la parole de Dieu que non seulement elle ne veut plus mais ne peut plus prendre sa nourriture... "
Monition sur la méditation de la Parole de Dieu (Sermons 6 à 8) – Cf. Sources Chrétiennes, 175. Cerf
 
Lectio Divina
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" Que personne n'essaye de s'excuser en disant : Je n’ai pas le temps de lire... Qu'aucun de vous n'aille dire non plus : Je ne sais pas lire... Voilà une excuse vaine, frères bien-aimés, et qui ne sert à rien. Tout d'abord, même si un illettré ne peut lire l'Ecriture sainte, rien ne l'empêche d'écouter avec bonne volonté celui qui lit. Quant à celui qui sait lire, ne peut-il se procurer des livres où il puisse lire à loisir la sainte Ecriture ?…
 
Que le Christ vous aide, frères très chers, à toujours accueillir la lecture de la Parole de Dieu avec un cœur avide et assoiffé : ainsi, votre obéissance très fidèle vous remplira de joie spirituelle. Mais si vous voulez que les Saintes Écritures aient pour vous de la douceur et que les préceptes divins vous profitent autant qu’il le faut, soustrayez-vous, pendant quelques heures, à vos préoccupations profanes. Relisez, dans vos maisons, les paroles de Dieu, consacrez-vous entièrement à sa miséricorde. Ainsi vous réussirez à réaliser en vous ce qui est écrit de l’homme bienheureux : « Il méditera jour et nuit la loi du Seigneur ». Et aussi : « Heureux ceux qui scrutent les commandements, ils les rechercheront de tout leur cœur » et enfin : « J’ai mis tes paroles au fond de mon cœur pour ne pas pécher contre toi ». "
Monition sur la méditation de la Parole de Dieu (Sermons 6 à 8) – Cf. Sources Chrétiennes, 175. Cerf
 
Lectio Divina
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" Ta parole en ton Fils ne fut rien d’autre que la mise en lumière, en plein soleil, manifestant combien et comment tu nous aimes, toi qui n’as pas épargné ton Fils, mais l’as livré pour nous tous. Lui aussi nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous. Telle est ta Parole à nous, Seigneur, ta toute-puissante Parole. Oui, alors que l’abîme de l’erreur étouffait toutes choses sous un profond silence, il vint de son trône royal, dur combattant de l’erreur et doux commensal de l’amour. Et tout ce qu’il a fait, tout ce qu’il a dit et souffert sur cette terre, jusqu’aux opprobres, aux crachats et aux soufflets, jusqu’à la croix et au sépulcre, tout de lui ne fut rien d’autre que ta Parole à nous, pour nous, en ton Fils, nous appelant par ton amour et suscitant pour toi notre amour. "
De la Contemplation
Lectio Divina
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" Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d'une seule de tes paroles, Seigneur? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, comme des gens assoiffés qui boivent à une source. Les perspectives de ta parole sont nombreuses, comme sont nombreuses les orientations de ceux qui l'étudient. Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu'il aime. Et dans sa parole il a caché tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'il médite.
 
La parole de Dieu est un arbre de vie qui, de tous côtés, te présente des fruits bénis; elle est comme ce rocher qui s'est ouvert dans le désert pour offrir à tous les hommes une boisson spirituelle. Selon l'Apôtre, ils ont mangé un aliment spirituel, ils ont bu à une source spirituelle. Celui qui obtient en partage une de ces richesses ne doit pas croire qu'il y a seulement, dans la parole de Dieu, ce qu'il y trouve. Il doit comprendre au contraire qu'il a été capable d'y découvrir une seule chose parmi bien d'autres. Enrichi par la parole, il ne doit pas croire que celle-ci est appauvrie ; incapable de l'épuiser, qu'il rende grâce pour sa richesse. Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t'attriste pas de ce qui te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s'attriste pas de ne pouvoir épuiser la source. Que la source apaise ta soif, sans que ta soif épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.
 
Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n'as pas pu recevoir aussitôt, à cause de ta faiblesse, tu le recevras une autre fois, si tu persévères. N'aie donc pas la mauvaise pensée de vouloir prendre d'un seul trait ce qui ne peut être pris en une seule fois; et ne renonce pas, par négligence, à ce que tu es capable d'absorber peu à peu. "
 
Lectio Divina
« J'ai ôté ma tunique, comment la remettrai-je ? J'ai lavé mes pieds, comment les salirai-je ? » (Ct 5,3). L'Épouse (c’est-à-dire, le croyant) a bien écouté le Verbe qui l'invitait à devenir sœur, amie, colombe et parfaite, pour permettre à la Vérité d'entrer dans son âme. Elle a fait ce qu'on lui disait en se dévêtant de la tunique de peau, dont elle avait été enveloppée après le péché (Gn 3,21), et en lavant ses pieds de la poussière dont ils s'étaient couverts, lorsqu'elle avait quitté pour la terre le séjour du paradis, après avoir entendu cette parole : « Tu es terre, et tu retourneras à la terre » (Gn 3,19). Elle a ainsi ouvert au Verbe une entrée dans son âme, car elle a écarté le voile de son cœur, c'est-à-dire la chair. Par chair, j'entends le vieil homme que le divin Apôtre invite ceux qui doivent laver dans le bain du Verbe la boue des pieds de leur âme à dépouiller et à déposer (Col 3,9). Celui donc qui a dépouillé le vieil homme et qui a enlevé le voile du cœur a ouvert une entrée au Verbe. Et celui-ci une fois entré, l'âme s'en fait un vêtement selon l'enseignement de l'Apôtre qui invite celle-ci à dépouiller le vêtement en lambeaux du vieil homme, à revêtir la tunique nouvelle créée selon Dieu dans la sainteté et la justice (Ep 4,24). Et ce vêtement, il nous le dit, est Jésus.
Homélie sur le Cantique des Cantiques
 
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"À propos des textes bibliques médités, ne prenez point prétexte de ce qu'ils vous sont connus, pour faire une moue dédaigneuse ; mais confiez-le à votre cœur avec cette avidité que nous devons toujours avoir, soit à prêter l'oreille aux désirables Paroles du salut, soit à les proférer nous-mêmes. Si fréquemment que les vérités saintes nous soient exposées, jamais une âme qui a soif de la vraie connaissance n'en éprouvera de satiété ni d'aversion. Elles lui seront nouvelles chaque jour, chaque jour également désirées. Plus souvent elle s'en sera nourrie, plus elle se montrera avide de les entendre ou d'en parler.
Leur répétition confirmera la connaissance qu'elle en a, loin que les conférences multipliées lui donnent un soupçon de dégoût. C'est l'indice évident d'une âme tiède et superbe, de recevoir avec ennui et indifférence la Parole du salut, quand même il y aurait de l'excès dans l'assiduité qu'on met à la lui faire entendre : « Celui qui est rassasié foule aux pieds le rayon de miel ; mais à celui qui est dans le besoin, cela même qui est amer parait doux » (Pr 27,7).
Recueillie avec empressement, soigneusement déposée dans les retraites de l'âme, munie du cachet du silence, il en sera de la doctrine comme de vins au parfum suave, qui réjouissent le cœur de l'homme. Ainsi que la vieillesse fait le vin, la sagesse, qui tient lieu à l'homme de cheveux blancs, et la longanimité de la patience la mûriront."
Conférence (14, 13)
 
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Origène

Je crains que les livres divins ne soient voilés pour nous et même scellés, à cause de la négligence et de la dureté de nos cœurs… Il ne nous suffit donc pas d’apporter du zèle à l’étude des lettres sacrées, mais il nous faut supplier le Seigneur et l’implorer jour et nuit pour que vienne l’Agneau de la tribu de Juda qui, prenant ce livre scellé, daignera l’ouvrir. Car c’est Lui qui « ouvrant les Ecritures » enflamme le cœur des disciples, en sorte qu’ils disent : « Notre cœur n’était pas ardent, alors qu’il nous ouvrait les Ecritures ».

Hom. sur l’Exode

Lectio Divina
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" L'Eglise a toujours vénéré les divines Ecritures, comme elle l'a toujours fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l'offrir aux fidèles. Toujours elle eut et elle a pour règle suprême de sa foi les Ecritures, conjointement avec la sainte Tradition, puisque, inspirées par Dieu et consignées une fois pour toutes par écrit, elles communiquent immuablement la parole de Dieu lui-même et font résonner dans les paroles des prophètes et des apôtres la voix de l'Esprit-Saint. Il faut donc que toute la prédication ecclésiastique, comme la religion chrétienne elle-même, soit nourrir et régie par la Sainte Ecriture. Dans les Saints Livres, en effet, le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation avec eux ; or, la force et la puissance que recèle la parole de Dieu sont si grandes qu'elles constituent, pour l'Eglise, son point d'appui et sa vigueur et, pour les enfants de l'Eglise, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle. Dès lors ces mots s'appliquent parfaitement à la Sainte Ecriture : "Elle est vivante donc et efficace la parole de Dieu" (He. 4,12), "qui a le pouvoir d'édifier et de donner l'héritage avec tous les sanctifiés" (Ac.20,32 ; 1 Th.2,13) (DV § 20).
 
Tous les clercs, en premier lieu les prêtres du Christ, et tous ceux qui vaquent normalement, comme diacres ou comme catéchistes, au ministère de la parole, doivent, par une lecture spirituelle assidue et par une étude approfondie, s'attacher aux Ecritures, de peur que l'un d'eux ne devienne "un vain prédicateur de la parole de Dieu au-dehors, lui qui ne l'écouterait pas au-dedans de lui", alors qu'il doit faire part aux fidèles qui lui sont confiés , spécialement au cours de la sainte liturgie, des richesses sans mesure de la parole divine. De même le saint Concile exhorte de façon insistante et spéciale tous les chrétiens, et notamment les membres des ordres religieux, à apprendre, par la lecture fréquente des divines Ecritures, "la science éminente de Jésus-Christ"(Phil. 3,8) (DV § 24). "
 
 
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Papes

39. Il n'y a pas de doute que ce primat de la sainteté et de la prière n'est concevable qu'à partir d'une écoute renouvelée de la parole de Dieu. Depuis que le Concile Vatican II a souligné le rôle prééminent de la parole de Dieu dans la vie de l'Église, il est certain que de grands pas en avant ont été faits dans l'écoute assidue et dans la lecture attentive de l'Écriture Sainte. L'honneur qu'elle mérite lui est reconnu dans la prière publique de l'Église. Les fidèles et les communautés y recourent désormais dans une large mesure, et parmi les laïcs eux-mêmes, nombreux sont ceux qui s'y consacrent avec l'aide précieuse des études théologiques et bibliques. Et surtout il y a l'évangélisation et la catéchèse qui prennent une nouvelle vigueur précisément lorsqu'on est attentif à la parole de Dieu. Chers Frères et Sœurs, il faut consolider et approfondir cette perspective, en diffusant aussi le livre de la Bible dans les familles. Il est nécessaire, en particulier, que l'écoute de la Parole devienne une rencontre vitale, selon l'antique et toujours actuelle tradition de la lectio divinapermettant de puiser dans le texte biblique la parole vivante qui interpelle, qui oriente, qui façonne l'existence.

40. Nous nourrir de la Parole, pour que nous soyons des « serviteurs de la Parole » dans notre mission d'évangélisation, c'est assurément une priorité pour l'Église au début du nouveau millénaire.
Lettre apostolique Novo Millennio Ineunte du 6 janvier 2001
 
Lectio Divina
 
C'est en écoutant la parole du Seigneur que l'homme peut vivre en toute dignité et justice; c'est en observant la Loi de Dieu que l'homme peut porter des fruits de vie et de bonheur: « Quiconque la garde vivra, quiconque l'abandonne mourra » (Ba 4, 1). L'histoire d'Israël montre qu'il est difficile de rester fidèle à la loi de la vie, que Dieu a inscrite au cœur de l'homme et qu'il a donnée sur le Sinaï au peuple de l'Alliance. Face à la recherche de projets de vie autres que le plan de Dieu, les Prophètes, en particulier, rappellent avec force que seul le Seigneur est la source authentique de la vie. Jérémie écrit: « Mon peuple a commis deux crimes: ils m'ont abandonné, moi la source d'eau vive, pour se creuser des citernes, citernes lézardées qui ne tiennent pas l'eau » (2, 13)
L'Evangile de la vie
 
 
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Benoît XVI

"Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route" (Ps 118 [119], 105) 
Chers jeunes ! (…) Le thème que je propose à votre méditation est un verset du Psaume 118 [119] « Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route » (v. 105). Le bien-aimé Jean-Paul II a commenté ainsi ces paroles du Psaume : « Celui qui prie se répand en louanges de la Loi de Dieu, qu'il prend comme une lampe pour ses pas sur le chemin souvent obscur de la vie » (Audience générale du 14 novembre 2001 : La Documentation catholique 98 [2001], p. 1069). Dieu se révèle dans l'histoire, il parle aux hommes, et sa Parole est créatrice. En effet, le concept hébraïque « dabar », traduit habituellement par "parole", signifie à la fois parole et acte. Dieu dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit. Dans l'Ancien Testament, il annonce aux fils d'Israël la venue du Messie et l'établissement d'une « nouvelle » alliance; dans le Verbe fait chair, il accomplit ses promesses. Le Catéchisme de l'Église Catholique met bien cela en évidence : « Le Christ, le Fils de Dieu fait homme, est la Parole unique, parfaite et indépassable du Père. En Lui Il dit tout, et il n'y aura pas d'autre parole que celle-là » (n. 65). L'Esprit Saint, qui a guidé le peuple élu, inspirant les auteurs des Saintes Écritures, ouvre le cœur des croyants à l'intelligence de tout ce qu'elles contiennent. L’Esprit lui-même est activement présent dans la Célébration eucharistique, lorsque le prêtre, prononçant "in persona Christi" les paroles de la consécration, change le pain et le vin en Corps et Sang du Christ, pour qu'ils soient nourriture spirituelle des fidèles. Pour avancer dans notre pèlerinage terrestre vers la Patrie céleste, nous avons tous besoin de nous nourrir de la parole et du pain de Vie éternelle, inséparables l’un de l’autre.

 

 
Les Apôtres ont écouté la parole de salut et l'ont transmise à leurs successeurs comme une perle précieuse conservée, en toute sûreté, dans l'écrin de l'Église: sans l'Église, cette perle risque de se perdre ou de se briser. Chers jeunes, aimez la Parole de Dieu et aimez l'Église, qui, en vous apprenant à en apprécier la richesse, vous permet d'accéder à un trésor d'une si grande valeur. Aimez et suivez l'Église, qui a reçu de son Fondateur la mission d'indiquer aux hommes le chemin du vrai bonheur. Il n'est pas facile de reconnaître et de rencontrer l'authentique bonheur dans le monde où nous vivons, où l'homme est souvent l'otage de courants de pensée qui le conduisent, tout en se croyant « libre », à se fourvoyer dans les erreurs ou les illusions d'idéologies aberrantes. Il est urgent de « libérer la liberté » (cf. Encyclique Veritatis splendor, n. 86), d'éclairer l'obscurité dans laquelle l'humanité avance à tâtons. Jésus a indiqué comment cela peut se faire : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jn 8,31-32). Le Verbe incarné, Parole de Vérité, nous rend libres et oriente notre liberté vers le bien. Chers jeunes, méditez souvent la parole de Dieu et laissez l'Esprit Saint devenir votre maître. Vous découvrirez alors que les pensées de Dieu ne sont pas celles des hommes. Vous serez amenés à contempler le vrai Dieu et à lire les événements de l'histoire avec ses yeux; vous goûterez pleinement la joie qui naît de la vérité. Sur le chemin de la vie, qui n'est ni facile, ni privé d'embûches, vous pourrez rencontrer des difficultés et des souffrances, et vous serez parfois tentés de vous écrier avec le Psalmiste : « J’ai vraiment trop souffert » (Ps 118 [119],107). N'oubliez pas d'ajouter, comme lui : « Seigneur, fais-moi vivre selon ta parole... À tout instant j’expose ma vie : je n’oublie rien de ta loi » (ibid., 107.109). La présence aimante de Dieu, à travers sa Parole, est une lampe qui dissipe les ténèbres de la peur et qui éclaire le chemin, même dans les moments les plus difficiles.
 
L'Auteur de la lettre aux Hébreux écrit : « Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants; elle pénètre au plus profond de l’âme jusqu'aux jointures et jusqu’aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur » (4,12). Il convient de prendre au sérieux l'exhortation à considérer la parole de Dieu comme une « arme » indispensable au combat spirituel; elle agit efficacement et porte du fruit si nous apprenons à l'écouter, pour ensuite lui obéir. LeCatéchisme de l’Église Catholique explique : « Obéir (ob-audire) dans la foi, c'est se soumettre librement à la parole écoutée, parce que sa vérité est garantie par Dieu, la Vérité même » (n. 144). Si Abraham est le modèle de cette écoute qui est obéissance, Salomon se révèle, lui aussi, un chercheur passionné de la sagesse contenue dans la parole. Quand Dieu lui propose : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai », dans sa sagesse le roi répond : « Donne à ton serviteur un cœur attentif » (1 R 3,5.9). Le secret pour avoir « un cœur attentif » est de se former un cœur qui sache écouter. On y parvient en méditant sans cesse la parole de Dieu et en y demeurant enracinés, en prenant l’engagement de la connaître toujours mieux.
 
Chers jeunes, je vous exhorte à devenir des familiers de la Bible, à la garder à portée de la main, pour qu'elle soit pour vous comme une boussole qui indique la route à suivre. En la lisant, vous apprendrez à connaître le Christ. Saint Jérôme observe à ce propos : "L'ignorance des Écritures est l'ignorance du Christ" (PL 24, 17; cf.Dei Verbum, n. 25). Un moyen assuré pour approfondir et goûter la parole de Dieu est la lectio divina, qui constitue un véritable itinéraire spirituel par étapes. De la lectio, qui consiste à lire et relire un passage de l'Écriture Sainte en en recueillant les principaux éléments, on passe à la meditatio, qui est comme un temps d'arrêt intérieur, où l'âme se tourne vers Dieu en cherchant à comprendre ce que sa parole dit aujourd'hui pour la vie concrète. Vient ensuite l'oratio, qui nous permet de nous entretenir avec Dieu dans un dialogue direct, et qui nous conduit enfin à la contemplatio; celle-ci nous aide à maintenir notre cœur attentif à la présence du Christ, dont la parole est une « lampe brillant dans l’obscurité, jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans nos cœurs » (2 P 1, 19). La lecture, l'étude et la méditation de la Parole doivent ensuite déboucher sur l'adhésion d’une vie conforme au Christ et à ses enseignements.

Saint Jacques nous avertit : « Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Car écouter la parole de Dieu sans la mettre en application, c’est ressembler à un homme qui se regarde dans une glace, et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant de quoi il avait l’air. Au contraire, l’homme qui se penche sur la Loi parfaite, celle de la liberté, et s'y tient, celui qui ne l’écoute pas pour l’oublier, mais l’applique dans ses actes, heureux sera-t-il d’agir ainsi » (1,22-25). Celui qui écoute la parole de Dieu et y fait constamment référence, fonde son existence sur des bases solides. « Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique – dit Jésus – est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc » (Mt 7, 24) : il ne cédera pas aux intempéries.

Construire votre vie sur le Christ, en accueillant avec joie sa parole et en mettant en pratique ses enseignements: jeunes du troisième millénaire, tel doit être votre programme ! Il est urgent que se lève une nouvelle génération d'apôtres enracinés dans la parole du Christ, capables de répondre aux défis de notre temps et prêts à répandre partout l'Évangile. C'est ce que le Seigneur vous demande, ce à quoi l'Église vous invite, ce que le monde – même sans le savoir – attend de vous! Et si Jésus vous appelle, n'ayez pas peur de lui répondre avec générosité, spécialement s’il vous propose de le suivre dans la vie consacrée ou dans la vie sacerdotale. N'ayez pas peur; faites-lui confiance, et vous ne serez pas déçus ! (…)
 
Chers jeunes, dès maintenant, dans un climat d'écoute permanente de la parole de Dieu, invoquez l'Esprit Saint, Esprit de force et de témoignage, pour qu'il vous rende capables de proclamer sans peur l'Évangile jusqu'aux extrémités de la terre. Que Marie, présente au Cénacle avec les Apôtres dans l'attente de la Pentecôte, soit votre mère et votre guide. Qu'elle vous apprenne à accueillir la parole de Dieu, à la garder et à la méditer en votre cœur (cf. Lc 2,19), comme elle l'a fait tout au long de sa vie. Qu'elle vous encourage à dire votre « oui » au Seigneur en vivant l’« obéissance de la foi ». Qu'elle vous aide à demeurer fermes dans la foi, constants dans l'espérance, persévérants dans la charité, toujours dociles à la parole de Dieu. Je vous accompagne de ma prière, et je vous bénis de tout cœur.
Message du Pape du 22 Février 2006 à l'occasion de la XXIème Journée Mondiale de la Jeunesse.
 
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" L'Evangile de Jean nous raconte comment, après la Résurrection, le Seigneur vient parmi les disciples, souffle sur eux et dit : "Recevez l'Esprit Saint". Cela est un parallèle avec la Genèse, où Dieu souffle sur le mélange de terre et celui-ci prend forme et devient homme. A présent, l'homme, qui vit intérieurement dans des zones d'ombre et qui est à demi mort, reçoit à nouveau le Souffle du Christ et c'est ce Souffle de Dieu qui lui donne une nouvelle dimension de vie ; il lui donne la vie avec l'Esprit Saint. Nous pouvons donc dire : l'Esprit Saint est le Souffle de Jésus Christ et nous, en un certain sens, nous devons demander au Christ de souffler toujours sur nous afin qu'en nous ce souffle devienne vivant et fort et œuvre dans le monde. Cela signifie donc que nous devons demeurer proches du Christ. Nous le faisons en méditant sa Parole. Nous savons que le premier auteur des Saintes Ecritures est l'Esprit Saint. Lorsqu'à travers celles-ci nous parlons avec Dieu, lorsqu'en celles-ci nous ne cherchons pas seulement le passé mais véritablement le Seigneur présent qui nous parle, alors c'est comme si nous nous trouvions à nous promener dans le jardin de l'Esprit Saint : nous parlons avec lui, il parle avec nous. Apprendre à nous sentir chez nous dans ce contexte, dans le contexte de la Parole de Dieu, est une chose extrêmement importante qui, dans un certain sens, nous introduit dans le Souffle de Dieu. Et puis, naturellement, cette écoute, cette marche dans le domaine de la Parole doit se transformer en une réponse, une réponse dans la prière, dans le contact avec le Christ. Et naturellement, avant tout dans le Saint Sacrement de l'Eucharistie, dans lequel il vient à notre rencontre et entre en nous, se fond presque en nous. Mais ensuite, également dans le Sacrement de la Pénitence, qui nous purifie toujours, qui lave les zones d'ombre que la vie quotidienne dépose en nous ".
Homélie du 6 août 2008
 
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