Lectio divina - Saint Pierre
Fête de Pâques, du 16 au 22 avril :  Paques 2017
 
Nous prions avec la 1ère Lettre de saint Pierre : 
 
du 23 avril au 13 mai, semaines 1 à 3
 
du 13 au 20 mai : semaine 4
 
du 21 au 27 mai : semaine 5
 
du 27 mai au 3 juin : semaine 6
 
du 4 au 10 juin : semaine 7
 
du 11 au 17 juin : semaine 8
 
du 18 au 24 juin : semaine 9
 

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MERCREDI 27 FÉVRIER 2013

 

En cette année de la foi, je vous invite à prendre en main la Bible pour la lire et la méditer. Prêtez aussi une plus grande attention aux lectures du dimanche, pour nourrir votre foi et rester fidèle à l’Alliance que Dieu scelle avec chaque baptisé ! Bon pèlerinage ! (Benoit XVI - catéchèse)

 

Alors que Benoît XVI s'apprête à remettre sa charge, nous voulons simplement lui exprimer, sur ce site, notre reconnaissance pour son engagement sans précédent envers la lectio divina. Le Concile Vatican II avait déjà souligné l'intérêt de cette pédagogie divine, et Jean-Paul II en avait rappelé l'actualité. Vous trouverez les références à ces prises de parole dans les méditations proposées sur le site

Mais c'est incontestablement Benoît XVI qui le premier a autant développé la lectio divina, rappelant sans cesse l'importance de cette fréquentation quotidienne de la Parole de Dieu et déployant la progression de cette pédagogie spirituelle. Il disait, le 16 septembre 2005 : 

la pratique de la lectio divina, si elle est promue de façon efficace, apportera à l'Eglise, j'en suis convaincu, un nouveau printemps spirituel.

 

Nous vous proposons quelques liens vers ces enseignements féquents du Saint-Père sur la lectio divina : 

 

– Sur notre site vous pouvez trouver en particulier la lettre qu'il avait adressée aux jeunes sur ce sujet

 

– vous pouvez aussi lire ou relire le très beau texte Verbum domini, qui est le fruit du synode romain qu'il avait convoqué sur le thème de la Parole de Dieu.

 

– Voici un extrait d'une homélie prononcée à l'occasion de ce Synode : 

 

La Parole de Dieu est le fondement de tout, elle est la véritable réalité. Et pour être réalistes, nous devons justement compter sur cette réalité. Nous devons changer notre idée que la matière, les choses solides, qu'on peut toucher, seraient la réalité la plus solide, la plus sûre. À la fin du Sermon sur la Montagne, le Seigneur nous parle des deux possibilités de bâtir la maison de sa vie: sur le sable et sur la roche. Sur le sable ne bâtit que celui qui bâtit sur les choses visibles, tangibles, sur le succès, sur la carrière, sur l'argent. Telles sont apparemment les vraies réalités. Mais tout cela, un jour, disparaîtra. Nous le voyons aujourd'hui dans la faillite des grandes banques: cet argent disparaît, il n'est rien. Aussi toutes ces choses, qui semblent être la véritable réalité sur laquelle compter, ne sont qu'une réalité de deuxième ordre. Celui qui bâtit sa vie sur ces réalités, sur la matière, sur le succès, sur tout ce qui apparaît, bâtit sur du sable. Seule la Parole de Dieu est le fondement de toute la réalité, elle est aussi stable que le ciel, plus stable que le ciel, elle est la réalité. Nous devons donc changer notre concept de réalisme. La personne réaliste est celle qui reconnaît dans la Parole de Dieu, dans cette réalité apparemment si faible, le fondement de tout. La personne réaliste est celle qui bâtit sa vie sur ce fondement qui reste en permanence. C'est ainsi que ces premiers versets du Psaume nous invitent à découvrir ce qu'est la réalité et à trouver de cette manière le fondement de notre vie, et comment construire la vie. 

En entrant dans la Parole de Dieu, nous entrons réellement dans l'univers divin. Nous sortons de l'étroitesse de nos expériences et entrons dans la réalité qui est vraiment universelle. En entrant dans la communion avec la Parole de Dieu, nous entrons dans la communion de l'Eglise qui vit la Parole de Dieu. Nous n'entrons pas dans un petit groupe, dans la règle d'un petit groupe, mais nous sortons de nos limites. Nous sortons vers le large, dans la vraie largeur de l'unique vérité, la grande vérité de Dieu. Nous sommes réellement dans l'universel. Et nous sortons ainsi dans la communion de tous nos frères et sœurs, de toute l'humanité, parce que dans notre cœur se cache le désir de la Parole de Dieu qui est une. Aussi l'évangélisation, l'annonce de l'Evangile, la mission ne sont-elles pas une espèce de colonialisme ecclésial, par lequel nous voulons insérer les autres dans notre groupe. C'est sortir des limites de chaque culture dans l'universalité qui nous relie tous, nous unit tous, nous fait tous frères. Prions de nouveau afin que le Seigneur nous aide à entrer réellement dans la "largeur" de sa Parole et nous ouvre ainsi à l'horizon universel de l'humanité qui nous unit avec toutes les différences (6 octobre 2008).

 

– avec un grand profit, vous pouvez aussi reprendre les homélies du Saint-Père sur les textes bibliques de la liturgie (nous vous en proposons souvent des extraits dans les médiations qui accompagnent les textes proposés en lectio divina). Elles témoignent de sa propre lectio divina.

 

Christophe de DREUILLE

DIMANCHE 24 FÉVRIER 2013

 

Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le (Lc 9 – Evangile de ce dimanche)

 

Alors que nous entamons la seconde partie de notre parcours de lectio divna quotidienne dans le Livre du Prophète Michée, résonne aujourd'hui et pour toute cette semaine de Carême la voix du Père nous invitant à nous mettre à l'écoute de son Fils. Lorsque saint Pierre évoquera la mémoire de cet événement de la Transfiguration, il le fera en référence aux prophètes : 

Ce n'est pas en suivant des fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la puissance et l'Avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais après avoir été témoins oculaires de sa majesté. Il reçut en effet de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque la Gloire pleine de majesté lui transmit une telle parole: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur." Cette voix, nous, nous l'avons entendue; elle venait du Ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte. Ainsi nous tenons plus ferme la parole prophétique: vous faites bien de la regarder, comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à poindre et que l'astre du matin se lève dans vos coeurs. Avant tout, sachez-le: aucune prophétie d'Ecriture n'est objet d'explication personnelle; ce n'est pas d'une volonté humaine qu'est jamais venue une prophétie, c'est poussés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu (2 P 1, 16 - 21).

 

Accueillons ce témoignage comme un encouragement à recevoir cette rude parole du prophète Michée, surtout dans les trois premiers chapitres de son livre. Il s'agit d'une Parole de conversion destinée non à nous condamner ni à nous juger, mais à nous secouer pour que nous quittions toutes les formes d'idolatrie et que nous choisissions de nous appuyer sur celui qui a les Paroles de la vie éternelle. 


 

Aujourd'hui, nous commençons la deuxième étape de notre parcours de lectio divina dans le Livre de Michée. Désormais, pour chaque journée, le texte biblique est accompagné soit par un autre texte de l'Ecriture (pour déployer la "symphonie de la Parole de Dieu"), soit par un commentaire de la Tradition chrétienne (pour appuyer notre propre méditation sur celle des différentes générations de chrétiens qui ont prié ces textes).

Dans cette étape de notre parcours tout est fait pour accompagner la méditation de la Parole de Dieu. Nous vous proposons quelques remarques sur cet 'échelon' de la pédagogie de la lectio divina : 

 

1 – Cette méditation peut s'appuyer soit sur ce que vous aviez découvert, il y a quelques jours, lors de la première lecture de ce passage biblique (et qui aura peut-être été noté), soit sur ce qui a retenu votre attention en relisant pour la deuxième ou la troisième fois le même texte. La méditation trouve en effet sa source dans cette lecture attentive de la Parole de Dieu qui constitue le premier 'échelon' de la pédagogie de la lectio divina. 

 

2. Cette méditation peut se développer en deux temps :

  • – Tout d'abord, méditer sur ce que Dieu révèle de lui-même dans ce texte. Si le texte biblique est une Parole de Dieu, cela signifie que Dieu livre son coeur dans cette parole offerte. Il nous dit qui il est, comment il se rend présent, comment il agit au bénéfice des hommes, quelle est la qualité de relation qu'il veut entretenir avec son peuple... A ce point de la méditation, nous pouvons alors voir comment ce qui est annoncé et révélé dans ces textes s'accomplit dans la personne de Jésus Christ, Parole du Père en plénitude, et dans son oeuvre de salut. 
  • – Dans un second temps, la méditation nous permet de voir comment cette Parole de Dieu s'actualise dans la vie des croyants, dans notre existence. C'est-à-dire que nous pouvons nous demander comment cette Parole de Dieu produit du fruit en notre coeur, dans notre vie, dans nos choix, comment cette Parole nous fait progresser, encourage notre conversion.

 

3. Ensuite, appuyés sur les fruits de cette méditation, nous pourrons arriver à notre prière de réponse. Il s'agit de la troisième étape de la pédagogie de la Lectio Divina. Cette prière de réponse peut prendre la forme suivante : « Seigneur, toi qui as manifesté ta présence auprès de ton peuple éprouvé, apprends-moi à découvrir comment tu es présent également dans mon existence» ; ou encore : « Seigneur toi qui as révélé la merveille de ta victoire à tous ceux que tu as rencontrés, à ceux qui t'ont suivis, fais-nous la grâce de vivre également de ce salut et de participer à ta victoire ».

 

4. Enfin, le quatrième 'échelon', celui de la contemplation, peut alors découler de ces 'échelons' précédents que sont la méditation et la prière. Sous la lumière de l'Esprit Saint, nous pouvons alors goûter la présence du Seigneur auprès de nous, en nous, nous laisser toucher intérieurement par cette présence, pour en vivre et mettre en oeuvre cette Parole de Celui qui est présent "tous les jours jusqu'à la fin des temps". 

 

 

 

Sainte lectio divina en ce Temps du Carême

Christophe de DREUILLE

DIMANCHE 17 FÉVRIER 2013

 

LECTIO SUR LES LECTURES DU 1er DIMANCHE DE CARÊME

LECTIO SUR LES LECTURES DU 2e DIMANCHE DE CARÊME

 

L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole venant de la bouche de Dieu (Antienne de l'Evangile de la messe de ce dimanche)

 

La Parole est près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton coeur (Rm 10 – 2e lecture de la messe de ce dimanche)

 

Père, apprends-nous à toujours avoir faim du Christ, seul pain vivant et vrai, et à vivre de toute parole qui sort de ta bouche (oraison de post communion de la messe de ce dimanche)

 

La lectio divina de ce jour, dans le livre de Michée, consonne avec l'Evangile de la messe de ce dimanche. Jésus, en résistant aux tentations par rapport auxquelles nous sommes si faibles, vient retrancher du monde et de notre coeur tout le mal qui y tient une trop grande place. Le Seigneur ne vient pas détruire le pécheur, mais le péché. Et c'est ainsi qu'il faut comprendre le chapitre 5 de Michée. 

 

Ceux qui le souhaitent peuvent vivre cette semaine en vivant la lectio divina à partir des lectures de ce jour. Vous en trouverez les références en allant à cette page

 

Sainte lectio divina en ce temps du Carême

 

Christophe de DREUILLE

DIMANCHE 10 FÉVRIER 2013

Ce que le Seigneur réclame de toi : rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la bonté et de t’appliquer à marcher avec ton Dieu » (Mi 6,8)

 

Nous commençons aujourd'hui un nouveau parcours de lectio divina qui nous accompagnera durant tout le temps du Carême.  Même si ce Temps de conversion ne commencera que mercredi prochain, ce début de la lecture priante du Livre de Michée nous invite à préparer le Carême pour être prêt à le vivre, sans retard. 

 

Le Livre de Michée alterne les deux dimensions du message prophétique : il dénonce et annonce. Il dévoile tout d'abord notre péché, avec de rudes paroles qui ne visent pas à condamner, mais à conduire au repentir. Nous savons par Jr 23 que ce fut la fécondité du message de ce prophète du 8e siècle. En effet, le roi Ezéchias avait entendu cette prédication, il avait acceuilli ce message de conversion que le Seigneur lui adressait par le ministère du prophète et il a sauvé son peuple de la destruction. Demandons à l'Esprit-Saint de nous donner la même disponibilité de coeur qu'avait eue le roi de Jérusalem. Puissions-nous, à notre tour, entendre cette dénonciation des fautes, accueillir cette Parole de Dieu dans toute sa force, et la mettre en pratique par notre conversion. 

 

Le prophète annonce également le Salut. Si le Seigneur vient dans ce monde qu'il a créé, ce n'est pas pour le détruire, mais pour détruire le mal qui y règne pour que la création parvienne à son plein accomplissement : en étant sauvée, elle pourra resplendir de la lumière de la gloire divine, vivre de son amour.

 

Pour ce Carême, nous vous proposons donc ce parcours dans le Livre de ce prophète. Vous pourrez lire avec profit le beau message de Carême de Benoît XVI que vous trouverez en suivant ce lien.

 

D'autre part, comme chaque année, nous proposons également à ceux qui le souhaitent un parcours alternatif de lectio divina appuyé sur les textes de la liturgie dominicale des semaines de Carême. Ces documents seront prochainement accessibles au format pdf sur notre site.

 

Sainte lectio divina, à l'approche du Temps du Carême

 

Christophe de DREUILLE

DIMANCHE 13 JANVIER 2013

 

Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au coeur de Jérusalem (Is 40 – 1ère lecture de la messe de ce dimanche).

 

"C'est toi mon Fils : moi, aujourd'hui, je t'ai engendré" (Lc 3 – Evangile de la messe de ce dimanche)

 

Celui qui a été semé dans la bonne terre, c'est celui qui entend la Parole et la comprend: celui-là porte du fruit, tantôt cent, tantôt 60, tantôt 30 (Mt 13,23 – Lectio divina de cette semaine)

 

Avec la fête du Baptême du Seigneur, nous célébrons en ce dimanche le commencement du ministère de Jésus, ce ministère de consolation et de conversion. Ce ministère consiste à révéler la Bonne Nouvelle du Salut et la proximité du Royaume des Cieux qui n'est rien d'autre que la communion des hommes avec le Père dans le Fils unique, le Christ.

 

Au coeur de cette proclamation de la Bonne Nouvelle se trouve l'enseignement en paraboles. C'est l'objet de ce nouveau parcours de lectio divina qui nous conduira jour après jour jusqu'au début du temps du Carême. 

 

Ce sera l'occasion pour nous de mettre en oeuvre ce que Jésus y explique de la Parole de Dieu elle-même. Or la pédagogie divine de la lectio divina consiste justement à nous apprendre à recevoir cette Parole dans un coeur disponible pour qu'elle puisse déployer sa fécondité dans nos existences. 

 

PREMIÈRE ETAPE DE NOTRE PARCOURS :

Durant quelques jours, nous commençons par accueillir la Parole de Dieu telle qu'elle nous est donnée dans le chapitre 13 de l'Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu. Nous l'écoutons, nous nous rendons disponibles pour que rien, ni ronces, ni caillou ne l'empêchent de nous toucher et de venir s'enfouir en nous. Nous pourrons ensuite, dans une deuxième et troisième lecture de ces textes, prolonger la méditation sur ce message.

 

L'Esprit Saint qui s'est manifesté au moment du baptême de Jésus nous permettra de découvrir dans cet enseignement du Christ la voix même du Père qui nous invite à vivre dès maintenant en enfants bien-aimés, en fils du Royaume. Par la lecture attentive des versets de l'Evangile, nous prenons le temps de cet accueil, nous laissons le Père nous parler en son Fils, nous laissons la Parole s'insinuer au plus profond de notre intelligence et de notre coeur. 

 


 

L'ENSEIGNEMENT DES PARABOLES : 

 

A propos du message des paraboles, en particulier de celles de Mt 13, nous vous proposons ces réflexions de Benoît XVI dans son livre sur Jésus de Nazareth (premier volume) : 

 

Il est frappant de voir l'importance que prend l'image de la semence dans l'ensemble du message de Jésus. Le temps de Jésus, le temps des disciples, est le temps des semailles et de la semence. Le "Royaume de Dieu" est présent comme une semence. Vue de l'extérieur, la semence est une chose insignifiante que l'on peut ignorer. La graine de moutarde, qui est une image du Royaume de Dieu, est la plus petite de toutes les graines, et pourtant elle porte en elle un arbre tout entier. La semence est la présence de la réalité future. Dans la semence, ce qui est à venir est déjà présent de manière cachée. Elle est le présent de la promesse. Lors du dimanche des Rameaux, le Seigneur a résumé les multiples paraboles de semence en dévoilant pleinement leur sens : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Jésus lui-même est la semence. Son « échec » sur la croix est précisément le chemin qui mène du cercle restreint vers le grand nombre, vers tous : «Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes »(Jn 12, 32).

L'échec des prophètes, son propre échec, apparaissent maintenant sous un autre éclairage. Ils sont précisément le chemin qui aboutit à ce que les hommes « se convertissent et que Dieu leur pardonne ». C'est cet échec qui va faire que s'ouvrent les yeux et les oreilles de tous. La croix est la clé permettant de déchiffrer les paraboles. Dans son discours d'adieu à ses disciples, le Seigneur dit à ce propos : « J'ai employé des paraboles (un discours voilé) pour vous parler de tout cela. L'heure vient où, sans employer de paraboles, je vous annoncerai ouvertement tout ce qui concerne le Père » (Jn 16, 25). Ainsi les paraboles parlent de façon cachée du mystère de la croix ; mieux, elles en font intrinsèquement partie. Car, parce qu'elles laissent entrevoir le mystère divin de Jésus, elles aboutissent à une contradiction. C'est précisément là où elles atteignent le plus haut degré de clarté, comme dans la parabole des vignerons homicides (cf. Mc 12, 1-12), qu'elles marquent des étapes sur le chemin qui mène à la croix. Dans les paraboles, Jésus n'est pas seulement le semeur qui répand la semence de la parole de Dieu, il est lui-même la semence qui tombe en terre pour mourir et qui peut donner ainsi beaucoup de fruit.

Dans ces conditions, l'explication inquiétante que Jésus donne du sens de ses paraboles nous conduit à la compréhension de leur signification la plus profonde, pour peu que nous lisions la Bible et tout particulièrement les Évangiles comme unité et totalité - comme cela est requis de par la nature même de la parole écrite de Dieu -, qui, dans toutes ses strates historiques, est l'expression d'un message intrinsèquement cohérent.

 


 

BIBLIOGRAPHIE : 

 

Pour ceux qui souhaitent prolonger la prière et la méditation de Mt 13, nous donnons quelques indications bibliographiques

– Joseph Ratzinger (Benoît XVI) : Jésus de Nazareth, pages 207-243.

– Cahiers Evangile n° 75 : Parabole

– Cahiers Evangile n° 129 : Evangile de JC selon saint Matthieu

– Cardinal Bernard Panafieu : Avec saint Matthieu, accueillir la miséricorde

– Claude Tassin : l'Evangile selon Matthieu (Centurion)

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

 

MARDI 1er JANVIER 2013

 

Chers amis, 

 

en cette nouvelle année, c'est avec les formules de la Parole de Dieu elle-même que nous venons vous présenter tous nos voeux à vous tous qui persévérez dans la lectio divina quotidienne ou qui souhaitez découvrir cette belle aventure spirituelle de l'accueil quotidien de la Parole de Dieu : 

 

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde !

Que le Seigneur fasse briller sur vous son visage, qu'il se penche vers vous !

Que le Seigneur tourne vers vous son visage, qu'il vous apporte la paix 

(Nb 6 – 1ère lecture de la messe de ce jour)

 

En ce premier jour de l'année civile, nous célébrons Marie, Mère de Dieu. Elle est la plus parfaite image de la Bien-Aimée du Cantique comme l'ont souvent médité les Pères de l'Eglise. Qu'elle nous aide en ce début d'année à découvrir le message du Cantique des cantiques que nous méditons en ce moment, et à vivre de cet amour de Dieu que le Christ est venu nous révéler et nous offrir.

Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur (Lc 2 – Evangile de la messe de ce jour).

 

Avec Marie, demandons à l'Esprit Saint de nous guider tout au long de cette année pour que nous gardions et méditions chaque jours la Parole du Seigneur, pour que nous découvrions les signes que le Seigneur nous donne de sa présence et de son action pour nous. 

 

Sainte lectio divina en cette nouvelle année.

Christophe de DREUILLE

 

30 décembre 2012

 

Nous sommmes toujours dans l'octave de Nativité du Seigneur et nous célébrons aujourd'hui le dimanche de la Sainte Famille. L'alliance que le Seigneur est venu établir sur la terre a commencé dans sa propre cellule familiale. Cette alliance que chante le Cantique des cantiques doit s'épanouir dans toutes nos communautés, dans toutes nos familles. 

 

En une belle réflexion, le Saint-Père, dans son Exhortation apostolique sur la Parole de Dieu, avait souligné l'importance pour les familles d'accueillir la Parole de Dieu et d'en vivre (Verbum Domini, 85) : 

Le Synode a éprouvé la nécessité de souligner aussi le rapport entre la Parole de Dieu, le mariage et la famille chrétienne. En effet, « en annonçant la Parole de Dieu, l’Église révèle à la famille chrétienne sa véritable identité, autrement dit ce qu’elle est et ce qu’elle doit être selon le dessein du Seigneur ». Il faut donc ne jamais perdre de vue que la Parole de Dieu est à l’origine du mariage (cf. Gn 2, 24) et que Jésus lui-même a voulu inclure le mariage parmi les institutions de son Royaume (cf. Mt 19, 4-8), faisant un Sacrement de ce qui était inscrit à l’origine dans la nature humaine. « Dans la célébration sacramentelle, l’homme et la femme prononcent une parole prophétique de don mutuel, d’être « une seule chair », signe du mystère de l’union du Christ et de l’Église (cf. Ep 5, 31-32) ». La fidélité à la Parole de Dieu amène également à constater qu’aujourd’hui cette institution est attaquée sous de nombreux aspects par la mentalité ambiante. Face au désordre général des sentiments et à l’apparition de modes de pensée qui banalisent le corps humain et la différence sexuelle, la Parole de Dieu réaffirme la bonté originelle de l’être humain, créé homme et femme, et appelé à l’amour fidèle, réciproque et fécond.

Du grand mystère nuptial, provient une incontournable responsabilité des parents à l’égard de leurs enfants. En effet, c’est à la paternité et à la maternité vécus de façon authentique qu’il revient de communiquer et de témoigner du sens de la vie dans le Christ : à travers leur fidélité et l’unité de la vie de famille, les époux sont pour leurs enfants les premiers messagers de la Parole de Dieu. La communauté ecclésiale doit les soutenir et les aider à développer la prière en famille, l’écoute de la Parole et la connaissance de la Bible. C’est pourquoi le Synode souhaite quechaque foyer ait sa Bible et la conserve dignement, afin de pouvoir la lire et l’utiliser dans la prière. L’aide nécessaire peut être fournie par les prêtres, les diacres ou les laïcs bien préparés. Le Synode a recommandé aussi la création de petites communautés composées de familles, où l’on pratique la prière et la méditation commune de passages choisis des Écritures. Que les époux se rappellent, en outre, « que la Parole de Dieu est aussi un précieux soutien dans les difficultés de la vie conjugale et familiale ».

Dans ce contexte, je désire souligner encore ce que le Synode a recommandé au sujet de la tâchedes femmes à l’égard de la Parole de Dieu. La contribution du « génie féminin » - comme l’appelait le Pape Jean-Paul II -, à la connaissance de l’Écriture et à la vie entière de l’Église, est plus grande aujourd’hui que par le passé et touche aussi désormais le domaine des études bibliques elles-mêmes. Le Synode s’est arrêté en particulier sur le rôle indispensable des femmes dans la famille et dans l’éducation, dans la catéchèse, dans la transmission des valeurs. En effet, elles « savent susciter l’écoute de la Parole, la relation personnelle avec Dieu et transmettre le sens du pardon et du partage évangélique », comme elles savent aussi être porteuses d’amour, modèles de miséricorde et artisans de paix, communicatrices de chaleur et d’humanité dans un monde qui, trop souvent, juge les personnes selon les critères froids de l’exploitation et du profit.

Que la Vierge Marie et saint Joseph veillent sur nos communautés et sur nos familles.
 
Sainte lectio divina, en ces jours de Noël.
 
Christophe de DREUILLE

 

 

25 décembre 2012 – Noël
 
Joyeux et Saint Noël à vous tous !

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(Le Caravage. Adoration des bergers – 1609 Messine)

 
C'est à partir de l'Evangile de la Messe de l'Aurore, au petit matin de ce grand jour de la Célébration de la Nativité du Seigneur, que nous vous souhaitons de saintes et heureuses fêtes de Noël.
 
L'Evangile de cette messe (Lc 2,15-20) souligne l'attitude , la réaction, des premiers témoins de la naissance de Jésus : Marie bien sûr, mais aussi les bergers des environs de Bethléem. En ce grand jour de Noël, nous vous invitons à accueillir chaque jour la Parole de Dieu avec l'attitude de Marie et avec l'attitude des bergers : 
 
– Marie "gardait tous ces événements et les méditait dans son coeur" (Lc 2,19). Elle est le modèle de la lectio divina.
– Les bergers, "après avoir vu, racontèrent ce qui leur avait été annoncé... ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu" (Lc 2,17-20). Ces bergers témoignent des fruits de cette lectio divina : annoncer la Bonne Nouvelle, glorifier et louer Dieu.

Nous vous offrons, en guise de cadeau de Noël, ces quelques mots du Saint Père, dans une homélie de la Messe de la Nuit de Noël :  
 

Les bergers se dirent l'un à l'autre la raison pour laquelle ils se mettent en chemin : « Voyons ce qui est arrivé ». Littéralement, le texte grec dit : « Voyons cette Parole, qui, là, est advenue ». Oui, telle est la nouveauté de cette nuit : la Parole peut être contemplée. Puisqu'elle s'est faite chair. Ce Dieu dont on ne doit faire aucune image, parce que toute image ne pourrait que l'amoindrir, et même le déformer, ce Dieu s'est rendu, Lui-même, visible en Celui qui est sa véritable image, comme dit Paul (cf. 2 Co 4, 4 ; Col 1, 15). Dans la figure de Jésus Christ, dans toute sa vie et son agir, dans sa mort et dans sa résurrection, nous pouvons regarder la Parole de Dieu et donc le mystère du Dieu vivant Lui-même. Dieu est ainsi. L'ange avait dit aux bergers : « Voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12 ; cf. 16). Le signe de Dieu, le signe qui est donné aux bergers et à nous, n'est pas un miracle bouleversant. Le signe de Dieu est son humilité. Le signe de Dieu est qu'Il se fait petit ; devient enfant ; se laisse toucher et sollicite notre amour (...)

Le Christ veut nous donner un cœur de chair. Quand nous le voyons Lui, le Dieu qui est devenu enfant, notre cœur s'ouvre. Dans la Liturgie de la Sainte Nuit, Dieu vient à nous en tant qu'homme, afin que nous devenions vraiment humains. Écoutons encore Origène : « En effet, à quoi bon pour toi que le Christ soit venu une fois dans la chair, s'Il ne venait pas jusqu'en ton âme ? Prions pour qu'il vienne quotidiennement à nous et que nous puissions dire : je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi (
Ga 2, 20) » (in Lc 22,3).

Oui, nous voulons prier pour cela au cours de cette Sainte Nuit. Seigneur Jésus Christ, toi qui es né à Bethléem, viens à nous ! Entre en moi, dans mon âme. Transforme-moi. Renouvelle-moi. Fais que moi et nous tous, de pierre et de bois, devenions des personnes vivantes, dans lesquelles ton amour se rende présent et le monde soit transformé.


Benoît XVI
 

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Très saintes fêtes de Noël.

Père Christophe de DREUILLE 
 

 

 

Dimanche 23 décembre 2012

 

J'ai cherché celui que mon coeur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé! Je me lèverai donc et parcourrai la ville... j'ai trouvé celui que mon coeur aime. Je l'ai saisi et ne le lâcherai point (Ct 3,1 à 4).

 

Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi? Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des Paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur (Lc 1 – Evangile de la messe de ce dimanche).

 

A quelques heures de la célébration de la Nativité du Sauveur, c'est avec la Vierge Marie que nous sommes invités à vivre cette dernière étape de notre attente vigilante. Le texte du Cantique des cantiques nous y convie. Ces premiers versets du chapitre 3, que nous prions aujourd'hui et demain, peuvent être lus comme l'expression de l'attente de tout Israël. Le peuple de Dieu avait déjà été comparé par les prophètes à une épouse, et le Seigneur à son époux, désirant établir une alliance d'amour. Cette quête de tout un peuple se concentre en la Vierge Marie et en Elisabeth (dans ce beau texte de la Visitation que nous avons reçu durant la messe de ce 4e dimanche de l'Avent). 

 

A notre tour, faisons grandir en nos coeurs le désir de vivre de la rencontre avec le Bien-Aimé. La joie de Noël, chantée par les anges de Bethléem, est celle de cette rencontre, de la présence en notre humanité de celui que tous cherchaient et attendaient, de celui qui est le terme de l'espérance d'Israël. Jean-Baptiste rendra témoignage de cette rencontre de l'Epoux et de l'Epouse, lui qui se qualifie d' "ami de l'époux" et qui proclame sa joie parfaite. 

 

Je vous rappelle que vous avez aussi sur le site d'autres commentaires que ceux qui sont sur les feuilles hebdomadaires pour le chapitre 3 du Cantique des cantiques que nous prions ces jours-ci.

 

Sainte lectio divina en ces dernières heures du Temps de l'Avent.

 

Christophe de DREUILLE

Lundi 17 décembre 2012

entraîne-moi sur tes pas, courons! (Ct 1,4)

 

Nous entrons aujourd'hui dans la dernière semaine préparatoire à la célébration de Noël, au moment où nous commençons la deuxième et la troisième lecture du Cantique des cantiques. 

 

Nous vous signalons la possibilité, pour cette semaine, de vivre la lectio divina quotidienne à partir des grandes antiennes "O" qui, jour après jour, disposent nos coeurs à accueillir la venue du Sauveur. 

Vous trouverez cette lectio à partir des antiennes O à la page suivante

 

Je vous rappelle que vous avez aussi sur le site d'autres commentaires que ceux qui sont sur les feuilles hebdomadaires pour le texte du Ct 1, 1 - 4 que nous prions aujourd'hui.

 

Pour soutenir votre lectio divina, nous vous proposons un extrait d'une catéchèse récente de Benoît XVI :

 

Chers frères et sœurs, les Saintes Écritures sont le lieu privilégié pour découvrir les grandes étapes de la Révélation de Dieu. Dans l’Ancien Testament, le Peuple de l’Alliance célèbre les interventions de Dieu comme des événements salvifiques. Sa foi est alimentée par la découverte et par la vive mémoire de Dieu, toujours fidèle et miséricordieux. Israël se distingue des autres peuples en servant Dieu par le culte et la vie, en témoignant de lui comme celui qui se révèle dans son histoire. Cette révélation culmine dans l’incarnation de la Parole créatrice qui est à l’origine du monde : Jésus Christ, le sommet du dessein de bienveillance de Dieu. Sa personne illumine l’Ancien Testament et toute l’histoire du salut. L’histoire est désormais le temps de la présence de Dieu qui manifeste son visage en Jésus et demande à l’homme de le reconnaître et de le suivre. En lui, se réalise la nouvelle Alliance destinée à tous les hommes, le grand dessein d’amour témoigné dans l’Ancien et le Nouveau Testament. L’Avent nous invite à parcourir de nouveau l’itinéraire de la présence de Dieu dans l’histoire de l’humanité. Il nous rappelle que Dieu n’est pas absent du monde et ne nous abandonne pas à nous-mêmes. Du ciel, il s’est penché sur nous. Il vient nous rencontrer. Témoignons de sa présence et faisons resplendir dans notre vie la lumière qui a illuminé la grotte de Bethleem. Je salue avec joie les pèlerins francophones ! En cette année de la foi, je vous invite à prendre en main la Bible pour la lire et la méditer. Prêtez aussi une plus grande attention aux lectures du dimanche, pour nourrir votre foi et rester fidèle à l’Alliance que Dieu scelle avec chaque baptisé ! Bon pèlerinage !

 

Sainte lectio divina en ces derniers jours du Temps de l'Avent

 

Christophe de DREUILLE