Lectio Divina - 2nde lettre de saint Paul à Timothée
 
 
Nous prions avec les Lettres de saint Paul :
 
Lettre à Timothée : 
 
 
 
 
du 5 au 11 février : semaine 5
 
du 12 au 18 février : semaine 6
 
 
Lettre à Tite :
 
du 19 au 25 février : semaine 1
 
du 26 février au 4 mars : semaine 2
 
du 5 au 11 mars :  semaine 3

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MARDI 26 NOVEMBRE 2013

 

Nous vous proposons un premier extrait de l'exhortation apostolique du Pape François, "La joie de l'Evangile", "Evangelii Gaudium", comme un encouragement à vivre fidèlement l'accueil priant de la Parole de Dieu et pour faire le lien avec l'annonce de l'Evangile : 

 

La personnalisation de la Parole

149. Le prédicateur « doit tout d’abord acquérir une grande familiarité personnelle avec la Parole de Dieu. Il ne lui suffit pas d’en connaître l’aspect linguistique ou exégétique, ce qui est cependant nécessaire. Il lui faut accueillir la Parole avec un cœur docile et priant, pour qu’elle pénètre à fond dans ses pensées et ses sentiments et engendre en lui un esprit nouveau »[115]. Cela nous fait du bien de renouveler chaque jour, chaque dimanche, notre ferveur en préparant l’homélie, et en vérifiant si grandit en nous l’amour de la Parole que nous prêchons. Il ne faut pas oublier qu’« en particulier, la sainteté plus ou moins réelle du ministre a une véritable influence sur sa façon d’annoncer la Parole ». Comme l’affirme saint Paul, « nous prêchons, cherchant à plaire non pas aux hommes mais à Dieu qui éprouve nos cœurs » (1 Th 2, 4). Si nous avons les premiers ce vif désir d’écouter la Parole que nous devons prêcher, elle se transmettra d’une façon ou d’une autre au Peuple de Dieu : « C’est du trop-plein du cœur que la bouche parle » (Mt 12, 34). Les lectures du dimanche résonneront dans toute leur splendeur dans le cœur du peuple, si elles ont ainsi résonné en premier lieu dans le cœur du pasteur.

150. Jésus s’irritait devant ces supposés maîtres, très exigeants pour les autres, qui enseignaient la Parole de Dieu, mais ne se laissaient pas éclairer par elle : « Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt » (Mt 23, 4). L’Apôtre Jacques exhortait : « Ne soyez pas nombreux, mes frères, à devenir docteurs. Vous le savez, nous n’en recevrons qu’un jugement plus sévère » (Jc 3, 1). Quiconque veut prêcher, doit d’abord être disposé à se laisser toucher par la Parole et à la faire devenir chair dans son existence concrète. De cette façon, la prédication consistera dans cette activité si intense et féconde qui est de « transmettre aux autres ce qu’on a contemplé ». Pour tout cela, avant de préparer concrètement ce que l’on dira dans la prédication, on doit accepter d’être blessé d’abord par cette Parole qui blessera les autres, parce que c’est une Parole vivante et efficace, qui, comme un glaive « pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles, et peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12). Cela revêt une importance pastorale. À notre époque aussi, les gens préfèrent écouter les témoins : « ils ont soif d’authenticité […] Le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qu’ils connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible ».

151. Il ne nous est pas demandé d’être immaculés, mais plutôt que nous soyons toujours en croissance, que nous vivions le désir profond de progresser sur la voie de l’Évangile, et que nous ne baissions pas les bras. Il est indispensable que le prédicateur ait la certitude que Dieu l’aime, que Jésus Christ l’a sauvé, que son amour a toujours le dernier mot. Devant tant de beauté, il sentira de nombreuses fois que sa vie ne lui rend pas pleinement gloire et il désirera sincèrement mieux répondre à un amour si grand. Mais s’il ne s’arrête pas pour écouter la Parole avec une ouverture sincère, s’il ne fait pas en sorte qu’elle touche sa vie, qu’elle le remette en question, qu’elle l’exhorte, qu’elle le secoue, s’il ne consacre pas du temps pour prier avec la Parole, alors, il sera un faux prophète, un escroc ou un charlatan sans consistance. En tous cas, à partir de la reconnaissance de sa pauvreté et avec le désir de s’engager davantage, il pourra toujours donner Jésus Christ, disant comme Pierre : « De l’argent ou de l’or, je n’en ai pas, mais ce que j’ai, je te le donne » (Ac 3, 6). Le Seigneur veut nous utiliser comme des êtres vivants, libres et créatifs, qui se laissent pénétrer par sa Parole avant de la transmettre ; son message doit passer vraiment à travers le prédicateur, non seulement à travers la raison, mais en prenant possession de tout son être. L’Esprit Saint, qui a inspiré la Parole, est celui qui « aujourd’hui comme aux débuts de l’Église, agit en chaque évangélisateur qui se laisse posséder et conduire par lui, et met dans sa bouche les mots que seul il ne pourrait trouver».

La lecture spirituelle

152. Il existe une modalité concrète pour écouter ce que le Seigneur veut nous dire dans sa Parole et pour nous laisser transformer par son Esprit. Et c’est ce que nous appelons ‘lectio divina’. Elle consiste dans la lecture de la Parole de Dieu à l’intérieur d’un moment de prière pour lui permettre de nous illuminer et de nous renouveler. Cette lecture orante de la Bible n’est pas séparée de l’étude que le prédicateur accomplit pour identifier le message central du texte ; au contraire, il doit partir de là, pour chercher à découvrir ce que dit ce message lui-même à sa vie. La lecture spirituelle d’un texte doit partir de sa signification littérale. Autrement, on fera facilement dire au texte ce qui convient, ce qui sert pour confirmer ses propres décisions, ce qui s’adapte à ses propres schémas mentaux. Cela serait, en définitive, utiliser quelque chose de sacré à son propre avantage et transférer cette confusion au peuple de Dieu. Il ne faut jamais oublier que parfois, « Satan lui-même se déguise bien en ange de lumière » (2 Co 11, 14).

153. En présence de Dieu, dans une lecture calme du texte, il est bien de se demander par exemple : « Seigneur, qu’est-ce que ce texte me dit à moi ? Qu’est-ce que tu veux changer dans ma vie avec ce message ? Qu’est-ce qui m’ennuie dans ce texte ? Pourquoi cela ne m’intéresse-t-il pas ? » ou : « Qu’est-ce qui me plaît, qu’est-ce qui me stimule dans cette Parole ? Qu’est-ce qui m’attire ? Pourquoi est-ce que cela m’attire ? ». Quand on cherche à écouter le Seigneur, il est normal d’avoir des tentations. Une d’elles est simplement de se sentir gêné ou oppressé, et de se fermer sur soi-même ; une autre tentation très commune est de commencer à penser à ce que le texte dit aux autres, pour éviter de l’appliquer à sa propre vie. Il arrive aussi qu’on commence à chercher des excuses qui permettent d’affaiblir le message spécifique d’un texte. D’autres fois, on retient que Dieu exige de nous une décision trop importante, que nous ne sommes pas encore en mesure de prendre. Cela porte beaucoup de personnes à perdre la joie de la rencontre avec la Parole, mais cela voudrait dire oublier que personne n’est plus patient que Dieu le Père, que personne ne comprend et ne sait attendre comme lui. Il invite toujours à faire un pas de plus, mais il n’exige pas une réponse complète si nous n’avons pas encore parcouru le chemin qui la rend possible. Il désire simplement que nous regardions avec sincérité notre existence et que nous la présentions sans feinte à ses yeux, que nous soyons disposés à continuer de grandir, et que nous lui demandions ce que nous ne réussissons pas encore à obtenir.

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

DIMANCHE 24 NOVEMBRE

En cette fête du Christ Roi, nous commençons un nouveau parcours de lectio divina. Nous vous proposons de retrouver le psautier (nous avons déjà prié les 32 premiers psaumes). Les Psaumes sont tout à la fois Parole de Dieu, au même titre que tous les autres textes de l'Ecriture, et en même temps la réponse de l'homme à la Parole de Dieu reçue. 

 

L'Année de la foi se termine. Elle nous a permis de reprendre toute la révélation de l'amour de Dieu et de son dessein de salut. Avec les Psaumes, nous joignons notre prière de réponse à celle de tous les croyants de la Première comme de la Nouvelle Alliance. La Révélation reçue, méditée et vécue, retourne au Père dans le Christ par l'Esprit lorsque nous formulons notre prière de réponse. 

 

Durant ces trois premières semaines, nous privilégions l'accueil de la Parole de Dieu que contiennent ces psaumes. Au début de notre temps quotidien d'accueil de la Parole, nous pouvons formuler la même prière que le roi Salomon : "Donne-moi Seigneur un coeur capable d'écouter". Puis nous demandons à l'Esprit Saint de nous illuminer par cette Parole qui vient nous rejoindre aujourd'hui.


Le Psautier

 
Les 150 psaumes ont été rassemblés et organisés en un recueil qui forme le livre biblique du Psautier, structuré en cinq livrets. Ils répondent ainsi à la Révélation développée dans les cinq livres du Pentateuque (les 5 premiers livres de l'Ancien Testament) et chez les prophètes. Les psaumes expriment la méditation et la prière d'Israël. Cette réponse du peuple, nourrie de la Parole de Dieu reçue, devient elle-même, par son insertion dans la Bible, expression de la Parole de Dieu. La Parole de Dieu s'est faite Parole d'homme, pour que la parole de l'homme devienne Parole de Dieu. La présence du Psautier au coeur de l'Ancien Testament est le signe que la Révélation donnée ouvre un dialogue entre Dieu et l'homme et invite à une communion. Dans les psaumes, "Dieu nous apprend à parler à Dieu" (Cardinal MARTINI)

Prier les Psaumes
 
Les psaumes ont été priés par le peuple d'Israël,
ils ont porté le dialogue de Jésus avec son Père,
Ils ont été priés par les premières générations chrétiennes.
Ils sont au coeur de la prière chrétienne qu'ils nourrissent et expriment.

La Présentation Générale de la Liturgie des Heures consacre un chapitre très instructif sur la prière des psaumes. En voici quelques extraits  :

  • De leur origine, ces poèmes tiennent la vertu d'élever à Dieu l'esprit des hommes, d'éveiller en eux des sentiments religieux et saints, de les aider admirablement à rendre grâce dans les circonstances heureuses, et de leur apporter consolation et force d'âme dans l'adversité.
     
  • L'Esprit Saint, sous l'inspiration duquel les psalmistes ont chanté, vient toujours avec sa grâce au secours des croyants qui chantent ces poèmes avec bonne volonté.
     
  • Tous les psaumes possèdent un caractère musical qui détermine la manière dont il convient de les chanter. C'est pourquoi, même si le psaume est dit sans être chanté, et même dans la solitude et en silence, cette récitation doit être commandée par son caractère musical: sans doute il présente un texte à notre esprit, mais il tend davantage à toucher les coeurs de ceux qui psalmodient et de ceux qui écoutent, voire de ceux qui jouent " sur le psaltérion et la cithare ".
     
  • Celui qui psalmodie ouvre son coeur aux sentiments dont les psaumes sont animés.

Lorsque nous méditons les psaumes, selon la pédagogie divine de la lectio divina, nous pouvons nous attacher à plusieurs aspects de ces textes de la Parole de Dieu : 

– les psaumes nous révèlent un Dieu qui est à l'écoute des hommes, de leur prière, de leur louange comme de leurs détresses. Méditer les psaumes, c'est tout d'abord donc découvrir ce Dieu qui écoute et accueille nos prières. Nous pouvons tout lui dire, lui qui est un Père très aimant. L'audace du psalmiste, en particulier dans les supplications, exprime cette confiance infinie en l'amour paternel du Seigneur. 

 

– Les psaumes ont été priés et vécus par Jésus Christ

 

– Les psaumes mettent des mots sur ce que vivent nos contemporains, pour lesquels nous sommes invités à prier, sur toutes les situations des hommes. Méditer les Psaumes, c'et donc faire de notre prière une prière universelle.

 

– Enfin, les psaumes expriment notre propre prière. Nous pouvons apprendre auprès du psalmiste comment nous adresser à Dieu comme à un Père disponible, à notre écoute.


Sainte lectio divina, en cette fin de l'Année de la foi.

Christophe de DREUILLE

JEUDI 17 OCTOBRE 2013

 

La Foi est la garantie des biens que l'on espère, la preuve des réalités qu'on ne voit pas (He 11,1)

 

Nous recevons ces jours-ci cette belle litanie des justes de l'Ancien Testament. Ceux-ci nous laissent un émouvant et fort témoignage de foi. Ils soutiennent notre propre fidélité, nous qui avons l'avantage sur eux de pouvoir vivre du Christ et de recevoir l'accomplissement des promesses. Benoît XVI pour l'ouverture de l'Année de la Foi avait rappelé cette litanie et l'avait prolongée pour la conduire jusqu'à chacun de nous : 

 

 

En ce temps, nous tiendrons le regard fixé sur Jésus Christ « à l’origine et au terme de la foi » (He 12, 2) : en lui trouve son achèvement tout tourment et toute aspiration du cœur humain. La joie de l’amour, la réponse au drame de la souffrance et de la douleur, la force du pardon devant l’offense reçue et la victoire de la vie face au vide de la mort, tout trouve son achèvement dans le mystère de son Incarnation, du fait qu’il s’est fait homme, qu’il a partagé avec nous la faiblesse humaine pour la transformer par la puissance de sa résurrection. En lui, mort et ressuscité pour notre salut, trouvent pleine lumière les exemples de foi qui ont marqué ces deux mille ans de notre histoire de salut.

Par la foi, Marie a accueilli la parole de l’Ange et elle a cru à l’annonce qu’elle deviendrait Mère de Dieu dans l’obéissance de son dévouement. Visitant Elisabeth, elle éleva son cantique de louange vers le Très-Haut pour les merveilles qu’il accomplissait en tous ceux qui s’en remettent à lui. Avec joie et anxiété elle met au jour son fils unique, maintenant intacte sa virginité. Comptant sur Joseph son époux, elle porta Jésus en Égypte pour le sauver de la persécution d’Hérode. Avec la même foi, elle suivit le Seigneur dans sa prédication et demeura avec lui jusque sur le Golgotha. Avec foi Marie goûta les fruits de la résurrection de Jésus et, conservant chaque souvenir dans son cœur, elle les transmit aux Douze réunis avec elle au Cénacle pour recevoir l’Esprit Saint.

Par la foi, les Apôtres laissèrent tout pour suivre le Maître. Ils crurent aux paroles par lesquelles il annonçait le Royaume de Dieu présent et réalisé dans sa personne. Ils vécurent en communion de vie avec Jésus qui les instruisait par son enseignement, leur laissant une nouvelle règle de vie par laquelle ils seraient reconnus comme ses disciples après sa mort. Par la foi, ils allèrent dans le monde entier, suivant le mandat de porter l’Évangile à toute créature et, sans aucune crainte, ils annoncèrent à tous la joie de la résurrection dont ils furent de fidèles témoins. Par la foi, les disciples formèrent la première communauté regroupée autour de l’enseignement des Apôtres, dans la prière, dans la célébration de l’Eucharistie, mettant en commun tout ce qu’ils possédaient pour subvenir aux besoins des frères. Par la foi, les martyrs donnèrent leur vie, pour témoigner de la vérité de l’Évangile qui les avait transformés et rendus capables de parvenir au don le plus grand de l’amour avec le pardon de leurs propres persécuteurs. Par la foi, des hommes et des femmes ont consacré leur vie au Christ, laissant tout pour vivre dans la simplicité évangélique l’obéissance, la pauvreté et la chasteté, signes concrets de l’attente du Seigneur qui ne tarde pas à venir. Par la foi, de nombreux chrétiens ont promu une action en faveur de la justice pour rendre concrète la parole du Seigneur venu annoncer la libération de l’oppression et une année de grâce pour tous. Par la foi, au cours des siècles, des hommes et des femmes de tous les âges, dont le nom est inscrit au Livre de vie, ont confessé la beauté de suivre le Seigneur Jésus là où ils étaient appelés à donner le témoignage de leur être chrétiens: dans la famille, dans la profession, dans la vie publique, dans l’exercice des charismes et des ministères auxquels ils furent appelés.

Par la foi, nous vivons nous aussi : par la reconnaissance vivante du Seigneur Jésus, présent dans notre existence et dans l’histoire.

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

DIMANCHE 11 AOÛT 2013

 

Après avoir à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé dans le Fils (He 1, 1-2).

 

Cette Epître aux Hébreux s'ouvre de manière abrupte en orientant nos regards et notre écoute vers le Fils unique du Père, celui en qui le Père a tout dit. Pour ce nouveau parcours de lectio divina, nous sommes invités à nous attacher au Christ, unique médiateur de notre salut et de notre glorification, le grand prêtre de notre profession de foi. 

 

C'est ce thème de la foi (que nous retrouvons d'ailleurs dans la deuxième lecture de la messe de ce dimanche) qui a guidé notre choix vers ce texte biblique. Sa lecture priante accompagnera la dernière étape de l'Année de la Foi commencée il y a presqu'un an. La foi au Christ est la vraie et seule source de la vraie joie chrétienne dont il est question dans les lectures de la messe de ce dimanche. 

 


 

Un nouveau parcours de lectio divina est l'occasion de vérifier notre fidélité dans l'accueil de la Parole de Dieu et notre disponibilité pour la laisser nous rejoindre selon ce que l'Esprit Saint voudra pour nous. Cette première étape qui consiste à prendre le temps d'une lecture savoureuse et cordiale nous fera découvrir la richesse de ce texte biblique parfois moins connu que les Evangiles.

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

 

LUNDI 22 JUILLET 2013

 

L'Evangile de la messe de ce dimanche (cf. Lc 10,38-42) nous a permis de méditer sur l'accueil du Seigneur dans ses deux composantes complémentaires, celle représentée par Marthe (accueillir Jésus dans sa maison, chez soi et se mettre à son service), et celle représentée par Marie (se tenir tout près de Jésus pour écouter sa Parole).

 

De l'accueil de la Parole à la prière de réponse : 

 

Dieu ne ferait-il pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit (Lc 18,7)

 

le publicain se frappait la poitrine en disant : "Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! (Lc 18,13)

 

quiconque n'accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas (Lc 18,17)

 

La lectio divina quotidienne de cette semaine, dans le chapitre 18 de l'Evangile selon saint Luc, met en valeur quant à elle cette autre dimension de la vie spirituelle qui est la prière de réponse. Dans la pédagogie de la lectio divina (cf. présentation sur notre site), cette prière est la troisième étape du parcours de l'accueil de la Parole. Elle nous invite, après avoir accueilli Jésus chez nous et s'être mis à l'écoute de sa Parole, à répondre à celui qui nous a parlé. Cette "oratio" nous donne donc la parole pour déployer le dialogue auquel le Christ nous invite. Le secret de ce "troisième échelon" de la lectio divina consiste à se découvrir comme un enfant en relation avec un Dieu qui est notre Père, un Père plein de tendresse qui ne cesse de se mettre à notre écoute et à qui nous pouvons tout dire, tout confier.

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

DIMANCHE 30 JUIN 2013

 

Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem (Lc 9 – Evangile de la messe de ce dimanche).

 

Les lectures de ce dimanche nous présentent Jésus invitant ses disciples à le suivre sur la route qui le conduira à Jérusalem. Lui-même se met en route vers le lieu de l'accomplissement du Salut qu'il est venu apporter à l'humanité perdue et asservie. Le but de cette marche correspond exactement à ce qui est présenté dans la parabole de la brebis perdue et retrouvée (Lc 15 – lectio divina de ce jour).

Comme nous le constatons souvent, les lectures de la messe dominicale et celles de la lectio de la semaine qui s'ouvre se complètent, s'éclairent mutuellement et nous permettent de cheminer à notre tour à la suite du Christ. 

 

En ce jour où tant de prêtres sont ordonnés dans différents diocèses (dont ceux d'Aix et de Gap, issus de notre séminaire d'Aix), nous pouvons méditer sur la préoccupation pastorale de Jésus, annoncée par le prophète Ezéchiel. Nous pouvons prier pour les prêtres et pour les jeunes qui entendent un appel du Seigneur à consacrer leur vie à cette mission pastorale. 

 

Nous pouvons aussi méditer sur l'amour miséricordieux de Jésus qui le conduit à faire tout le chemin pour venir nous rechercher, nous retrouver, nous ramener sur le chemin de vie et de joie.

 

Nosu pouvons enfin demander au Christ de nous aider à le suivre en véritables disciples.

 


Cette nouvelle étape de notre parcours de lectio divina en Lc 15 à 19, privilégie la méditation, nourrie par un texte complémentaire de l'Ecriture et un texte de la tradition chrétienne (en restant deux journées sur le même texte évangélique). Le moment est venu de reprendre les fruits de la première lecture que nous avons effectuée depuis plusieurs semaines du texte de l'Evangile, de les confronter avec cette nouvelle lecture du même texte. C'est cela qui constituera la base de notre méditation. Pour progresser dans cette méditation, deux questions pourront nous aider : qu'est-ce que ce texte biblique nous révèle du Christ qui nous parle et nous conduit à sa suite? puis, nous pouvons nous demander : comment ce texte biblique vient éclairer notre existence, enraciner nos choix, assurer nos engagements?

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

DIMANCHE 23 JUIN 2013

 

L'Evangile de la messe de ce dimanche et la lectio divina quotidienne de ces semaines insistent sur la marche à la suite du Christ. Jésus lui-même est en route vers Jérusalem et il invite ses disciples à se mettre aussi en marche, non seulement physiquement, mais bien intérieurement : il les fait cheminer. 

 

Le Pape François a médité aujourd'hui sur le sens de la marche. Cela peut s'appliquer à notre marche à la suite du Christ, à notre cheminement dans la lectio divina quotidienne : 

 

Marcher est un art, parce que si nous marchons toujours vite, nous nous fatiguons et nous ne pouvons pas arriver à la fin, à la fin du chemin. En revanche, si nous nous arrêtons et que nous ne marchons pas, nous n’arriverons pas non plus au bout. Marcher est précisément l’art de regarder l’horizon, de penser où je veux aller, mais également de supporter la fatigue du chemin. Et souvent, le chemin est difficile, il n’est pas facile. « Je veux rester fidèle à ce chemin, mais ce n’est pas facile, écoute : il y a l’obscurité, il y a des journées sombres, également des journées d’échec, et des journées où l’on tombe… on tombe, on tombe ». Mais pensez toujours à cela : n’ayez pas peur des échecs, n’ayez pas peur des chutes. Dans l’art de marcher, ce qui est important, ce n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas « rester par terre ». Se relever immédiatement, et continuer à marcher. Et cela est beau : c’est cela, travailler tous les jours, c’est cela, marcher de façon humaine. Mais aussi : il n’est pas bon de marcher seul, cela n’est pas bon et c’est ennuyeux. Marcher en communauté, avec les amis, avec ceux qui nous aiment : cela nous aide, nous aide à arriver précisément à l’objectif que nous devons atteindre.

 

Sainte lectio divina

 Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

DIMANCHE 23 JUIN 2013

 

Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi" (Lc 18,22)

 

C'est par cette célèbre rencontre de Jésus avec un "notable" écrit saint Luc (le "jeune homme riche" selon saint Marc) que commence cette troisième semaine de la première partie de notre parcours en Lc 15-19. 

 

Rappelons que nous sommes toujours dans cette partie de l'Evangile selon saint Luc qui se passe durant la route vers Jérusalem. Jésus fait cheminer ses disciples, leur enseigne comment le suivre. Nous prierons également sur d'autres rencontres durant cette semaine : l'aveugle de Jéricho et Zachée. Notre accueil de la Parole du Christ nous apprend comment nous adresser à Jésus, que lui demander, comment faire pour se mettre en route à sa suite.

 

Comme nous le constatons souvent, les textes de la messe de ce dimanche font écho à la lectio divina quotidienne de la semaine qui commence. L'Evangile nous invite en effet à choisir de suivre le Christ :

 

"Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-meme, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive" (Lc 9 – Evangile de la messe de ce dimanche).

Pour suivre le Christ, il faut accepter de tout donner, de tout livrer, de tout perdre, comme Jésus lui-même l'a fait pour nous sur la croix. Le Livre de Zacharie l'annonce. Quant à l'épître aux Galates, elle souligne notre appartenance au Christ.

 


 

Chaque jour, nous publions sur Twitter un court message d'une ou deux phrases pour accompagner la lectio divina quotidienne. Si vous n'êtes pas présents sur ce réseau social mais souhaitez recevoir les courts messages nous pouvons vous les envoyer par email.

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

SAMEDI 8 JUIN 2013

Un grand prophète s'est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple (Lc 7 – Evangile de dimanche)

 

En ce samedi, notre parcours de lectio divina en Rm 1-8 s'achève, et nous pouvons prendre le temps, avec Marie de ressaisir ce qui nous a nourris durant ces dernières semaines. Peut-être pouvous-nous tout simplement reprendre la finale de Rm 8 sur l'amour de Dieu pour nous, manifesté en Jésus Christ.

 

Demain, dimanche, nous commencerons un nouveau parcours de lectio divina quotidienne dans les chapitres 15 à 19 de l'Evangile de Jésus Christ selon saint Luc. Selon notre habitude, nous commençons (durant trois semaines) par prendre le temps de la lecture, avant celui de la méditation. Il nous faut en effet apprendre à lire avec patience, dans une grande disponibilité, avec une qualité d'écoute qui permettra à la Parole de Dieu de venir nous rejoindre. Demandons à l'Esprit Saint de nous donner "un coeur capable d'écouter". Durant ce mois de juin, nous  recevrons donc l'enseignement de Jésus qui nous invite à nous convertir pour le suivre. 

 

Comment lire la Parole de Dieu ? Cf. le paragraphe sur cet échelon de la pédagogie de la lectio divina. Après avoir invoqué l'Esprit Saint, nous lisons une première fois le texte biblique proposé pour le découvrir (si nous ne le connaissons pas) ou pour le redécouvrir (si nous le connaissons déjà). Puis après un moment de silence, nous le relisons une ou plusieurs fois encore en étant attentifs à ce qui attire notre attention, ce qui s'impose en nous. Ce pourra être un mot, un thème, une phrase, un verset, une attitude, un détail du texte, un aspect de l'enseignement donné... Ce pourra être soit une découverte, soit un étonnement, soit un questionnement, soit même un point que nous avons du mal à accepter. Il est alors possible de noter ce qui a ainsi retenu notre attention, de le mémoriser, d'y repenser dans sa journée. Durant cette lectio, nous ne développons pas encore la méditation ; cela viendra plus tard. 

Après avoir recueilli dans notre coeur ce qui est notre nourriture spirituelle du jour, nous pouvons exprimer notre prière de réponse et rendre grâce à ce Dieu qui nous parle, peut-être le supplier pour ce que nous avons du mal à vivre.

Lorsque la lectio est plus rude, plus aride, que nous avons du mal à fixer notre attention sur le texte, invoquons avec plus de force l'Esprit Saint et renouvelons notre acte de foi en la puissance de la Parole de Dieu qui est capable de nous nourrir même lorsque nous n'en avons pas conscience.

 

Nous nous mettons à l'écoute de celui qui s'est manifesté comme "le grand prophète" et comme celui en qui "Dieu vient visiter son peuple", en qui Dieu vient à notre rencontre. 

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

 

MARDI 4 JUIN 2013

 

Dieu n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ? (Rm 8,32)

 

Nous vous proposons quelques textes pour accompagner la méditation de ces jours, dans ce grand chapitre 8 de l'Epître aux Romains. Nous pourrons alors dans la prière nous acheminer vers l'action de grâce, la contemplation, et la mise en oeuvre de la Parole dans nos vies : 

 

Jean Chrysostome – Homélie sur l'Epître aux Romains :

 

Le Père n'a pas épargné son propre Fils (Rm 8,32) ; toi, tu ne donnes même pas un morceau de pain à celui qui a été livré et immolé pour toi. Le Père, pour toi, ne l'a pas épargné ; toi tu passes, méprisant, à côté du Christ qui a faim, alors que tu ne vis que de ses bienfaits… Il a été livré pour toi, immolé pour toi, il vit dans le besoin pour toi, il veut que la générosité te soit avantageuse et, même ainsi, tu ne donnes pas. Y a t-il des pierres aussi dures que vos coeurs alors que tant de raisons les interpellent ? Il n'a pas suffi au Christ d'endurer la mort et la croix ; il a voulu devenir pauvre, mendiant et nu, être jeté en prison (Mt 25,36) afin que cela au moins te touche. « Si tu ne me rends rien pour mes douleurs, dit-il, aie pitié de moi à cause de ma pauvreté. Si tu ne veux pas me prendre en pitié pour ma pauvreté, que mes maladies te fléchissent, que mes chaînes t'attendrissent. Si tout cela ne te touche pas, consens du moins à cause de la petitesse de la demande. Je ne te demande rien de coûteux, mais du pain, un toit et des paroles d'amitié. J'ai été enchaîné pour toi et je le suis encore pour toi, afin qu'ému par mes liens passés ou par ceux d'aujourd'hui, tu veuilles bien m'être miséricordieux. J'ai souffert la faim pour toi, et je la souffre encore pour toi. J'ai eu soif lorsque j'étais pendu à la croix et j'ai encore soif par les pauvres afin de t'attirer par cela vers moi et de te rendre bon pour ton salut ». Il dit en effet : « Quiconque reçoit ces petits, me reçoit (Mc 9,37). Je pourrais te couronner sans cela, mais je veux devenir ton débiteur afin que tu portes la couronne avec assurance. C'est pourquoi, alors que je pourrais me nourrir moi-même, je vais mendiant çà et là, je me tiens debout à ta porte et je tends la main. C'est par toi que je veux être nourri, car je t'aime ardemment. Mon bonheur c'est d'être à ta table. » 
 

Jean-Paul II – Homélie :

Dieu, "n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute sa faveur?" (Rm 8, 32). C'est l'Apôtre Paul, dans l'Epître aux Romains, qui pose cette question, de laquelle ressort avec clarté le thème central de la liturgie d'aujourd'hui:  le mystère de la paternité de Dieu. Ensuite, dans le passage évangélique, c'est le Père éternel lui-même qui se présente à nous lorsque, du nuage lumineux qui entoure Jésus et les Apôtres sur le Mont de la Transfiguration, il fait entendre sa voix en admonition:  "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le!" (Mc 9, 7). Pierre, Jacques et Jean ont l'intuition - ils comprendront mieux par la suite - que Dieu leur a parlé en se révélant lui-même, ainsi que le mystère de sa réalité la plus intime. Après la résurrection, ils apporteront dans le monde avec les autres Apôtres l'annonce bouleversante:  dans son Fils qui s'est incarné, Dieu s'est fait proche de chaque homme comme Père miséricordieux. En Lui, chaque être humain est enveloppé par l'étreinte tendre et forte d'un Père.

Dieu le Père "n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous" (Rm 8, 32). Abraham, en acceptant d'immoler Isaac, préannonce le sacrifice du Christ pour le salut du monde. L'exécution effective du sacrifice, qui fut épargnée à Abraham, aura lieu avec Jésus-Christ. C'est lui-même qui en informe les Apôtres:  en descendant du mont de la Transfiguration, Il leur ordonne de ne pas raconter ce qu'ils ont vu, avant que le Fils de l'homme ne soit ressuscité d'entre les morts. L'évangéliste ajoute:  "Ils gardèrent la recommandation, tout en se demandant entre eux ce que signifiait "ressusciter d'entre les morts"" (Mc 9, 10). Les disciples ont eu l'intuition que Jésus est le Messie et qu'en Lui s'accomplit le salut. Mais ils ne réussissent pas à comprendre pourquoi il parle de passion et de mort:  ils n'acceptent pas que l'amour de Dieu puisse se cacher derrière la Croix. Et pourtant, là où les hommes verront seulement une mort, Dieu manifestera sa gloire en ressuscitant son Fils; là où les hommes prononceront des paroles de condamnation, Dieu accomplira son mystère de salut et d'amour envers le genre humain. Telle est la leçon que chaque génération chrétienne doit recommencer à apprendre. Chaque génération:  la nôtre également! C'est là que se trouve la raison de notre chemin de conversion en ce temps singulier de grâce. Le Jubilé illumine toute la vie et l'expérience des hommes. Même la difficulté et la lourdeur du travail quotidien reçoivent dans la foi dans le Christ mort et ressuscité une nouvelle lumière d'espérance. Elles se révèlent comme des éléments significatifs du dessein de salut que le Père céleste est en train d'accomplir à travers la Croix du Fils.

 

Salvien de Marseille – Du gouvernement de Dieu :

L'amour de Dieu pour nous est bien plus grand celui d'un père. C'est ce que prouvent ces paroles du Sauveur dans l'Évangile : « Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique pour la vie du monde » (Jn 3,16). Et l'apôtre Paul dit aussi : « Dieu n'a pas épargné son Fils, mais l'a livré pour nous tous. Comment ne nous a-t-il pas donné, avec lui, toutes choses ? » (Rm 8,32) C'est pourquoi Dieu nous aime plus qu'un père n'aime son fils. C'est une chose évidente que Dieu nous chérit au-delà de l'affection paternelle, lui qui, pour nous, n'a pas épargné son Fils –- et quel Fils ! Ce Fils juste, ce Fils unique, ce Fils qui est Dieu. Peut-on dire davantage ? Oui ! C'est pour nous, c'est-à-dire pour des méchants, pour des coupables, qu'il ne l'a pas épargné. C'est pourquoi l'apôtre Paul, pour nous signifier, dans une certaine mesure, l'immensité de la miséricorde de Dieu, s'exprime ainsi : « Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables -- à peine accepterions-nous de mourir pour un homme juste » (Rm 5,6-7). A coup sûr, par ce seul passage il nous montre l'amour de Dieu. Car si c'est à peine que l'on mourrait pour quelqu'un de très juste, le Christ nous a prouvé comme il était meilleur, en mourant pour les coupables que nous sommes. Mais pourquoi le Seigneur a-t-il agi ainsi ? L'apôtre Paul nous l'enseigne aussitôt par ce qui suit : « Dieu nous prouve son amour à notre égard : car si le Christ est mort pour nous quand nous étions pécheurs, combien plus maintenant, justifiés dans son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère ? » (v. 8-9). La preuve qu'il en donne, c'est qu'il est mort pour les coupables : un bienfait a plus de prix quand on l'accorde à des indignes... Car s'il l'avait accordé à des saints et à des hommes de mérite, il n'aurait pas montré qu'il est celui qui donne ce qu'on ne devrait pas donner, mais il se serait montré comme celui qui ne fait que rendre ce qui est dû. Que lui rendrons-nous donc pour tout cela ?

 

Sainte lectio divina
Christophe de DREUILLE
@lectiodivina13