Lectio Divina - Saint Marc (par Le Guerchin)
 
 
A partir du dimanche de Pentecôte (27 mai), nous prirons avec l'Evangile de Jésus Christ selon saint Marc (chap. 7 à 10) :
 
 
du 27 mai au 16 juin : Marc 7-10, semaines 1 à 3
 
 
 
 
 

Lectio Divina - Apocalypse de Saint Jean
 
 
Nous finissons de prier avec le Livre de l'Apocalypse de Saint Jean (chap. 1 à 5) :
 
 
 
 
 
 
 
 

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LUNDI 12 DÉCEMBRE 2011

 

Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu (Is 61 – lecture de la messe de ce dimanche)

 

Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur (Lc 1 – Cantique de la messe de ce dimanche)

 

Soyez toujours dans la joie (1 Th 5 – lecture de la messe de ce dimanche)

 

Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. Et c'est pour qu'il soit manifesté que j'ai été envoyé (Jn 1 – Evangile de ce dimanche)

 

Pousse des cris de joie, fille de Sion!

le Seigneur dansera pour toi avec des cris de joie (So 3 – lectio de cette semaine)

 

Cette troisième semaine du Temps de l'Avent marque un tournant dans notre marche vers Noël et dans notre attente vigilante de la venue du Sauveur. 

Les deux premières semaines de l'Avent nous avaient invités à la vigilance et à faire grandir en nos coeur le désir de la venue du Christ jusqu'à nous, grâce en particulier à la parole des prophètes. Cette tonalité de la liturgie avait trouvé un écho dans notre lectio des deux premiers chapitres du Livre de Sophonie. Le prophète, avec des paroles rudes et radicales, avait invité à la conversion, à renoncer à l'orgueil, à découvrir la marche humble des enfants de Dieu. 

Le troisième dimanche de l'Avent nous invite à recevoir le témoignage de Jean-Baptiste, et à nous ouvrir à la joie du Salut.

La parole de Jean-Baptiste. Il est le précurseur. Celui qui ne veut pas prendre la place du Messie, mais qui est envoyé pour témoigner de la lumière (comme le dit le Prologue de Jn), pour manifester celui qui est déjà là, "au milieu de vous", mais que "vous ne connaissez pas encore". Avec saint Jean-Baptiste, l'attente se précise donc. Celui que nous attendons n'est pas absent, il est déjà là. Seulement, nous risquons toujours de passer à côté de sa présence. Il est déjà là, mais il reste à ce qu'il soit manifesté pour nous et en nous. Il est déjà la lumière, il faut que nous acceptions de nous laisser illuminer et transfigurer par cette lumière. 

– C'est la découverte de la présence du Christ au coeur de nos vies, de notre Sauveur, qui peut ouvrir nos coeurs à la vraie joie. Cette joie ne vient pas de notre situation du moment, elle surgit en notre coeur comme fruit de la présence du Seigneur et du Sauveur. C'est la joie de se savoir sauvés, alors même que nous avons pris conscience de la gravité de nos fautes ; la joie de se savoir aimés. Seule la découverte de la présence en nous, au milieu de nous, du Christ Sauveur peut nous ouvrir ainsi à cette joie spirituelle. En témoignent Marie dans son Magnificat, saint Paul dans sa toute première lettre adressée à une communauté chrétienne. 

Le dernier mot de cettte méditation revient au prophète Sophonie. Il révèle en effet le secret de la joie du Salut. Que les hommes sauvés puissent communier, par leur joie, à la joie même du Seigneur. Si notre joie est de vivre de la présence du Seigneur, la joie du Seigneur c'est de contempler ses enfants sauvés : "le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi, héros sauveur! Il exultera pour toi de joie, il tressaillera dans son amour; il dansera pour toi avec des cris de joie" (So 3,17).

 

Sainte lectio divina à tous en ce Temps de l'Avent

 

Christophe de DREUILLE

 

 

DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011

 

Ah! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais! (Is 63,19 – 1ère lecture de la messe de ce dimanche)

 

Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veilez! (Mc 13,37 – Evangile de la messe de ce dimanche)

 

Le Jour du Seigneur est proche ! (So 1,7 – lectio divina de ce jour)

 

Puisque nous entrons aujourd'hui, avec le Temps de l'Avent, dans une nouvelle année liturgique, nous pouvons mettre à profit ce temps de commencement pour nous interroger sur notre accueil quotidien de la Parole de Dieu, pour en approfondir la pédagogie divine, pour renouveler notre pratique de la lectio divina et peut-être pour reprendre avec persévérance le rythme quotidien de cette prière : 

Durant cette nouvelle année, comment la Parole de Dieu nous nourrira-t-elle ?

Comment la Parole de Dieu renouvellera notre coeur, nous fera grandir dans cette intimité avec le Christ, Verbe du Père?

Comment par sa Parole, le Christ nous fera cheminer jour après jour, comment il cheminera avec nous, comme il l'avait fait pour les disciples d'Emmaüs, comment il se fera lui-même pour nous le chemin qui nous conduit jusqu'à la pleine communion d'amour avec le Père?

 

Je demande à l'Esprit Saint de vous guider et de vous donner la grâce de la fidélité, pour que grandisse votre foi, votre confiance en ce Père qui en son Fils s'est approché de nous, pour que se déploie votre espérance en ce Dieu d'amour qui veut nous conduire à la plénitude de la vie. 

 


 

Lectio divina de ce Temps de l'Avent : le livre du prophète Sophonie

 

Le Temps de l'Avent est destiné à faire grandir en nos coeurs le désir de la venue du Christ. C'est pourquoi la liturgie accorde une si grande place, durant ces quatre semaines, aux textes des prophètes. Ceux-ci ont porté l'espérance d'Israël dans le Messie Sauveur, ils ont été envoyés pour préparer le coeur du peuple et pour que grandisse dans les coeurs le désir de la venue du Sauveur, de la venue du Seigneur lui-même portant avec lui le salut. La vigilance dont parle Jésus dans l'Evangile de ce premier dimanche de l'Avent est de cet ordre. Or, pour que notre désir de la venue du Seigneur grandisse en nous, il faut d'abord libérer nos coeurs de tout ce qui l'encombre, de tout ce qui l'entrave, de tout ce qui l'alourdit. C'est pourquoi le Temps de l'Avent qui veut nous ouvrir progressivement à la joie du Salut commence par nous inviter à la conversion. 

 

Tel est bien le message du Livre prophétique que nous vous proposons en ce Temps de l'Avent : Le Livre de Sophonie. Il fait partie de cet ensemble de textes prophétiques de l'Ancien Testament que l'on appelle les "12 petits prophètes". 

Avant de laisser éclater la perspective de la joie du Salut, le prophète commence son livre par une série impressionnante d'oracles de jugement. Certaines des formules, et la tonalité même de ces oracles, peuvent nous déconcerter. Aussi, pour ne pas faire de contresens et pour entrer dans l'intelligence spirituelle du message du prophète, il est important de rappeler quelques principes, quelques clefs, qui commandent la bonne interprétation de cette prédication prophétique :

 

– Tout d'abord, aucun oracle de la Bible n'est donné pour nous condamner. Ils sont au contraire destinés à la conversion. Plus l'oracle de jugement est rude, violent, plus la conversion est urgente. C'est ainsi qu'il faut comprendre tous les oracles de jugement, que l'on appelle parfois "oracles de condamnation". Cette clef de lecture est si importante qu'elle est développée dans le petit livre prophétique de Jonas. En Jérémie, nous trouvons une semblable indication, exprimant le désir du coeur de Dieu quand il envoie le prophète parler sévèrement à son peuple pécheur : "peut-être écouteront-ils et se détourenront-ils chacun de sa voie perverse" (Jr 26,3). Accueillons donc les oracles de jugement comme ces invitations très vives à la conversion, invitation à nous convertir aujourd'hui.

 

– D'autre part, ne perdons pas de vue que chaque passage de la Bible fait partie d'oeuvres entières, de livres qui ont leur cohérence du début jusqu'à la fin. Aussi est-il important de toujours lire un passage à l'intérieur d'un projet global qui est déployé sur plusieurs chapitres. C'est pourquoi, nous devons lire en lecture continue la totalité d'un livre, ou au moins d'une grande section du livre, pour pouvoir situer de manière juste le passage dans l'ensemble du projet divin développé. Dans le cadre de la lectio divina quotidienne, c'est l'une des raisons de cette première lecture de l'ensemble du livre de Sophonie, avant d'avancer davantage dans la méditation de chacun des passages. Ainsi, ce livre s'ouvre par des oracles de jugement sévères qui préparent le peuple à l'accueil de la joie du Salut. Le message de conversion est aussi radical en début de livre, que sera pénière la joie que le prophète annoncera ensuite. 

 

– Comment alors recevoir avec profit les durs oracles de jugement du début du livre de Sophonie.?En comprenant que, ce que le Seigneur veut détruire, ce ne sont pas les hommes, mais le péché qui asservit l'homme. C'est le mal au coeur de l'homme qu'il veut anéantir, dont il veut nous libérer, dont il veut que nous désolidarisions. Cette destruction du mal sera radicale. C'est la seule condition pour que l'homme puisse enfin accueillir la joie du salut. Le Seigneur annonce donc que les deux grands péchés de l'homme seront détruits : l'orgueil et l'idolatrie. 

 

Le thème du Jour du Seigneur, qui apparaît dès le début du Livre (cf. la lectio de ce jour), est un bon exemple de cette invitation à la conversion. La venue du Seigneur sera un jour de joie pour celui qui met en Dieu son espérance. Il se réjouira de la Visite du Seigneur se faisant proche et apportant le Salut. 

Ce jour ne sera un jour terrible que pour l'orgueil et l'idolatrie qui ne pourront plus tenir devant la manifestation de la présence du Seigneur (et pour ceux qui refuseraient jusqu'au bout de se désolidariser de ces fautes). Aussi, sommes-nous invités par le prophète à rompre avec ces péchés. L'orgueil qui prétend que nous pouvons nous passer de Dieu pour ne compter que sur nous-mêmes, qui insinue que le Seigneur ne pourrait "faire ni bien ni mal" (So 1,12) ; l'idolatrie qui nous fait nous tromper de Dieu et nous fait prendre pour des dieux ce qui n'en est pas. C'est bien cela qui est stigmatisé dans les premiers textes de Sophonie. 

 

Accueillons donc cette Parole de Dieu telle qu'elle nous est donnée, acceptons en les exigences, ne soyons pas rebutés par la tonalité de ces textes, mais laissons-nous convertir par cette Parole. Comme nous le recommande l'Epître au Hébreux : "débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et d'abord du péché qui nous entrave si bien ; alors nous courrons avec endurance" (He 12,1). Alors notre coeur laissera toute la place au désir de la Venue du Sauveur et pourra s'écrier avec les mots de la prière des premiers chrétiens "Marana tha", "Viens Seigneur Jésus !"

 

Sainte lectio divina à tous en ce Temps de l'Avent

Christophe de DREUILLE


Pour ceux qui nous rejoignent en ces jours-ci et qui voudraient entrer progressivement dans la démarche, et pour ceux qui voudraient vivre d'une manière particulière ce Temps de l'Avent, nous proposons un parcours alternatif de lectio divina pour les 3 premières semaines de l'Avent ; un parcours appuyé sur les textes reçus le dimanche. Vous en trouverez les fiches sur notre site. 

 

 

 

 

 

 

 

SAMEDI 26 NOVEMBRE 2011

 

Vivez dans l'action de grâce! Que la Parole de Dieu réside chez vous en abondance

 

Au terme d'un parcours de lectio divina, la journée du samedi, plus que jamais, peut être l'occasion de reparcourir l'ensemble du texte biblique que nous avons prié depuis quelques semaines, ou de reprendre les notes qui ont pu accompagner cette lectio divina quotidienne. 

 

En ces derniers jours d'une année liturgique, saint Paul nous laisse dans cette épître deux messages majeurs

 

Tout d'abord, l'Apôtre nous invite à contempler le Christ dans l'oeuvre du salut qu'il a réalisée pour nous. Le contempler, et surtout être enracinés, édifiés en lui (cf. Col 2,7). Toute l'épître rappelle que le Christ est l'unique, suffisant, permanent et nécessaire médiateur. C'est dans le Christ que nous pouvons vivre notre vie chrétienne en communion avec le Père et en communion avec nos frères. L'hymne du chapitre 1 est l'un des plus grands textes sur cette médiation du Christ. C'est dans le Christ que le croyant, encore sur terre, vit déjà (depuis le baptême) de la vie divine. Cette médiation du Christ nous a libérés de toutes les fausses médiations que les hommes peuvent imaginer et qui soumettent à leur loi ceux qui mettent dans ces superstitions leur confiance. Le chrétien n'est plus soumis à toutes ces idoles, à toutes ces forces plus ou moins obscures. Déjà ressuscités avec le Christ (Col 3,1), il nous suffit d'épanouir dans notre existence quotidienne cette vie divine. Si la Parole de Dieu doit "résider chez nous en abondance", c'est précisément parce qu'elle nous permet de vivre en communion avec le Christ, Verbe du Père. 

 

L'autre message est peut-être le plus important pour notre vie chréitenne et nous invite à l'une des plus radicales conversions. C'est ce que saint Paul a découvert sur la route de Damas et dont il ne cesse de témoigner : "vivez dans l'action de grâce". L'enjeu est une conversion du regard : Ne plus s'attacher à ce qui nous manque et que l'on souhaite obtenir, mais désormais découvrir, contempler, et nous attacher à ce que le Christ nous a donnés et que nous devons déployer, épanouir. Ce changement de regard peut transfigurer toute une existence, pacifier les coeurs et réorienter tous nos engagements. Nous cherchons en effet si souvent obtenir ce qui nous manque ; nos efforts pour cela pourrait alors nous conduire à l'orgueil de penser que l'on peut obtenir par soi-même le don de Dieu, par les mérites que nous pourrions accumuler. 

A l'inverse, reconnaître le don que Dieu nous fait, nous a déjà fait, reconnaître que tout ce qui donne sens à notre existence nous est donné, que le salut nous est gratuitement offert par le Christ, que la charité du Père est répandu dans nos coeurs, que nous sommes les enfants bien-aimés de ce Père qui ne cesse de nous dire : "tout ce qui est à moi est à toi", nous invite à l'action de grâce. C'est pourquoi, dans cette épître aux Colossiens, l'action de grâce a une telle importance. L'Esprit Saint nous permmetra alors de faire fructifier tout ce qui nous est donné.

 

Avec la Vierge Marie, contemplons le Christ, Sauveur des hommes, et par le Magnificat, entrons nous aussi dans ce beau mouvement de l'action de grâce. 

 

Sainte lectio divina

 

Christophe de DREUILLE

 

LUNDI 17 OCTOBRE 2011

 

Dieu s'est plu à faire habiter dans le Christ toute la Plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres (Col 1,19-20)

 

Au début de cette semaine où l'Eglise nous invite à méditer sur sa Mission universelle, nous commençons un nouveau parcours de lectio divina quotidienne. Nous retrouvons le message de saint Paul qui, dans l'épître aux Colossiens, médite et contemple l'oeuvre du Salut menée à son plein accomplissemnent par le Christ, unique et suffisant médiateur. 

 

Une épître qui témoigne de la mission chrétienne : Dès le premier chapitre de l'Epître, saint Paul met en valeur la belle figure d'Epaphras, un de ses disciples. En effet, la jeune communauté chrétienne de Colosses a ceci de particulier, au sein des destinataires des épîtres pauliniennes, d’être une Église que Paul n'a ni fondée, ni visitée, et auprès de laquelle il n’envisage même pas de se rendre. Qu’il ne connaisse pas personnellement les destinataires de cette épître, n’empêche cependant pas Apôtre de se révéler particulièrement concerné et préoccupé par la solidité de leur foi. C’est en effet très probablement une mission composée de disciples de Paul qui est à l’origine de la fondation de cette Église ; cette mission serait partie d’Ephèse et aurait eu, à sa tête, un Colossien, Épaphras. Les nombreuses salutations que nous trouvons au terme de cette Épître nous renseignent d’ailleurs sur les relations étroites et suivies que Paul et ses compagnons entretenaient avec les chrétiens de la région de Colosses. L’épître insiste également à plusieurs reprises sur la collégialité de l’activité missionnaire, en évoquant non seulement le fidèle Timothée, co-auteur de la lettre, mais aussi en mentionnant l’importance du rôle d’Épaphras et l’envoi de Tychique à Colosses.

 

Une épître qui proclame l'unique, permanente et suffisante médiation du Christ : C'est le sens de ce que l'on appelle "l'hymne aux Colossiens". C'est bien en Jésus Christ que le croyant met toute sa confiance. Le Christ mène le projet créateur à sa perfection et à son accomplissement dans le don qu'il a fait de lui-même sur la Croix. C'est en lui que nous sommes réconciliés ; c'est unis à lui que par le Baptême nous devenons une Création nouvelle. L'hymne qui constitue la lectio de ce jundi est ce cri d'émérveillement qui commande tout ce qui sera développé dans la suite de l'Epitre aux Colossiens. 

 


 

 

COMMENT VIVRE CETTE PREMIÈRE ÉTAPE : LA LECTURE PRIANTE DU TEXTE

Ceux qui ont commencé il y a peu à vivre la lectio divina quotidienne ont pu être surpris de ne plus voir, pour cette semaine, les références complémentaires. C'est à dessein que nous vous proposons, dans un premier temps, une lecture simple et continue du texte biblique choisi, en l'occurrence l'épître aux Colossiens. Dans quelques jours, vous retrouverez la seconde et la troisième lecture proposée de ce texte accompagnées par des lectures complémentaires.

 

Cette première étape présente deux intérêts, dans le cadre de la pédagogie de la lectio divina : 

 

– tout d'abord, vous donner l'occasion de lire un texte biblique dans sa longueur, dans sa continuité et sa cohérence, sans choisir, sans éviter ce qui est a priori moins facile à comprendre ou à accepter.

 

– ensuite, vous ouvrir à la première étape de la lectio diivna : la LECTURE priante, la "lectio" (cf. notre site : pédagogie de la lectio divina), sans passer trop rapidement à la seconde étape qu'est la méditation. 

 

 

 

Rendez-vous disponibles pour cette lecture priante vécue sous la lumière de l’Esprit-Saint. N’oubliez pas qu’elle est d’abord une nourriture spirituelle, c’est-à-dire qu’il faut le temps de l’assimiler avant de chercher à enrichir notre connaissance intellectuelle.

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

 

DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2011

 

Le message de Benoît XVI, adressé récemment à des pèlerins francophones, nous encourage à vivre fidèlement cet accueil quotidien de la Parole de Dieu dans notre lectio divina :

Je vous invite aujourd'hui à devenir des familiers de la Parole de Dieu! Elle nous appelle à l'amour mutuel.Cet amour se vit de façon très concrète dans le quotidien, c'est-à-dire : prendre avec l'autre le temps d'un vrai dialogue, le respecter, lui pardonner, prier ensemble et les les uns pour les autres. Ainsi  peut naître et grandir la fraternité que Jésus est venu instaurer au sein des familles, des communautés, des pays.


Les lectures de la messe de ce dimanche nous introduisent au thème de notre lectio divina quotidienne de cette semaine. 

Nous poursuivons en effet notre parcours dans les chapitres 8 à 12 de l'Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu. Après les premières guérisons (dans le chapitre 8 de l'Evangile), les lectures que nous méditons cette semaine nous invitent à contempler la libération du mal que Jésus est venu réaliser pour nous. Il y a en effet plus dramatique que les maladies et infirmités corporelles : le péché dans le coeur de l'homme. Contemplons comment Jésus nous libère de ce mal et nous invite à vivre de sa miséricorde. Ayons la même reconnaissance que les foules qui sont témoins de la guérison du paralytique.

Enfin, rendons grâce pour la miséricorde dont nous sommes les bénéficiaires, cette surabondance du pardon que le Père nous offre inlassablement, comme nous le rappelle l'Evangile de ce dimanche. 

Saint Jean, dans sa première épître, nous rappelle que notre force, contre la puissance du mal et ses ravages, ne vient pas de nous, mais de la Parole de Dieu qui demeure en nous. Elle nous permet de "vaincre le Mauvais" (1 Jn 2)


Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

 

DIMANCHE 24 JUILLET

Les lectures de la messe de ce dimanche constituent un bel encouragement à persévérer dans notre lectio divina quotidienne : 

 

"Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai"

"Donne à ton serviteur un coeur capable d'écouter" (1 R 3)

 

"Déchiffrer ta Parole illumine" (Ps 119 (118))

 

Au début de notre temps quotidien d'accueil de la Parole, nous pouvons formuler la même prière que le roi Salomon : "Donne-moi Seigneur un coeur capable d'écouter". Puis nous demandons à l'Esprit Saint de nous illuminer par cette Parole qui vient nous rejoindre aujourd'hui.


Depuis maintenant quelques semaines, nous sommes engagés dans un parcours au sein du psautier. Pour soutenir notre lectio divina, je vous laisse quelques méditations sur cette prière des psaumes : 

Le Psautier
 
Les 150 psaumes ont été rassemblés et organisés en un recueil qui forme le livre biblique du Psautier, structuré en cinq livrets. Ils répondent ainsi à la Révélation développée dans les cinq livres du Pentateuque (les 5 premiers livres de l'Ancien Testament) et chez les prophètes. Les psaumes expriment la méditation et la prière d'Israël. Cette réponse du peuple, nourrie de la Parole de Dieu reçue, devient elle-même, par son insertion dans la Bible, expression de la Parole de Dieu. La Parole de Dieu s'est faite Parole d'homme, pour que la parole de l'homme devienne Parole de Dieu. La présence du Psautier au coeur de l'Ancien Testament est le signe que la Révélation donnée ouvre un dialogue entre Dieu et l'homme et invite à une communion. Dans les psaumes, "Dieu nous apprend à parler à Dieu" (Cardinal MARTINI)

Prier les Psaumes
 
Les psaumes ont été priés par le peuple d'Israël,
ils ont porté le dialogue de Jésus avec son Père,
Ils ont été priés par les premières générations chrétiennes.
Ils sont au coeur de la prière chrétienne qu'ils nourrissent et expriment.

La Présentation Générale de la Liturgie des Heures consacre un chapitre très instructif sur la prière des psaumes. En voici quelques extraits  :

  • De leur origine, ces poèmes tiennent la vertu d'élever à Dieu l'esprit des hommes, d'éveiller en eux des sentiments religieux et saints, de les aider admirablement à rendre grâce dans les circonstances heureuses, et de leur apporter consolation et force d'âme dans l'adversité.
     
  • L'Esprit Saint, sous l'inspiration duquel les psalmistes ont chanté, vient toujours avec sa grâce au secours des croyants qui chantent ces poèmes avec bonne volonté.
     
  • Tous les psaumes possèdent un caractère musical qui détermine la manière dont il convient de les chanter. C'est pourquoi, même si le psaume est dit sans être chanté, et même dans la solitude et en silence, cette récitation doit être commandée par son caractère musical: sans doute il présente un texte à notre esprit, mais il tend davantage à toucher les coeurs de ceux qui psalmodient et de ceux qui écoutent, voire de ceux qui jouent " sur le psaltérion et la cithare ".
     
  • Celui qui psalmodie ouvre son coeur aux sentiments dont les psaumes sont animés.

Lorsque nous méditons les psaumes, selon la pédagogie divine de la lectio divina, nous pouvons nous attacher à plusieurs aspects de ces textes de la Parole de Dieu : 

– les psaumes nous révèlent un Dieu qui est à l'écoute des hommes, de leur prière, de leur louange comme de leurs détresses. Méditer les psaumes, c'est tout d'abord donc découvrir ce Dieu qui écoute et accueille nos prières. Nous pouvons tout lui dire, lui qui est un Père très aimant. L'audace du psalmiste, en particulier dans les supplications, exprime cette confiance infinie en l'amour paternel du Seigneur. 

 

– Les psaumes ont été priés et vécus par Jésus Christ. Comment vraiment comprendre par exemple les psaumes 22 et 23 sans avoir dans le coeur la passion du Christ et le salut qu'il nous a offert. 

 

– Les psaumes mettent des mots sur ce que vivent nos contemporains, pour lesquels nous sommes invités à prier, sur toutes les situations des hommes. Méditer les Psaumes, c'et donc faire de notre prière une prière universelle.

 

– Enfin, les psaumes expriment notre propre prière. Nous pouvons apprendre auprès du psalmiste comment nous adresser à Dieu comme à un Père disponible, à notre écoute.


Sainte lectio divina.

Christophe de DREUILLE

DIMANCHE 12 JUIN 2011

 

 

 

 

 

    

 

    

 

 

 

 

Tous, nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu (Ac 2)

 

Sur toute la terre en paraît le message, et la nouvelle aux limites du monde (Ps 19,5)

 

– En cette solennité de la Pentecôte, où l'Esprit Saint est répandu sur l'Eglise pour qu'elle témoigne de la Bonne Nouvelle du Salut jusqu'à la fin des temps et jusqu'aux extrémités du monde ;

– En ce dimanche où nous commençons un nouveau parcours de lectio divina, dans le Livre Biblique du Psautier (Ps 19 à 32) ;

la communauté de la "Lectio divina quotidienne" est dans la joie et l'action de grâce. En effet, aujourd'hui, Thomas POUSSIER, séminariste du Diocèse d'Aix et Arles sera ordonné diacre en vue du sacerdoce, par Mgr Christophe DUFOUR. Ce sera tout à l'heure à 16h30, à l'église St-Genest de Martigues. 

 

Or, Thomas POUSSIER est le "webmaster" de ce site sur la lectio divina (depuis la Pentecôte 2008). C'est grâce à sa passion pour la Parole de Dieu et sa compétence dans les nouveaux moyens de communication, que cette proposition de lectio divina quotidienne peut rejoindre chacun de vous, partout dans le monde (aujourd'hui, nous envoyons les fiches hebdomadaires dans 98 pays et territoires). Cette communauté spirituelle comporte actuellement environ 4700 membres. 

 

Vous trouverez une brève présentation de Thomas Poussier sur le site du Diocèse d'Aix et Arles ; vous pouvez aussi le retrouver sur le site du Séminaire St-Luc, dont il est également le webmaster.

Nous sommes heureux de vous associer à notre joie et à notre action de grâce. Nous le confions à votre prière. 

C'est d'ailleurs Thomas POUSSIER qui a préparé le nouveau parcours de lectio divina que nous commençons en ce jour de Pentecôte. Nous lui exprimons notre gratitude.

 


PENTECÔTE

 

La solennité de la Pentecôte célèbre le don de l'Esprit Saint. Ce don était promis par le Seigneur, annoncé par les prophètes, pour la Plénitude des temps (cf. Joël 3, cité par saint Pierre en Ac 2,14-21). Or ce don est fait à l'Eglise en son commencement. Pour un chrétien, l'Accomplissement se dit en termes de commencements. C'est le rôle de l'Esprit Saint que de nous permettre de vivre ainsi des commencements, de nous ouvrir des perspectives, de nous renouveler pour accueillir aujourd'hui de manière sans cesse nouvelle la présence de Dieu dans nos vies. La vie mystique, explique saint Grégoire de Nysse, consiste à aller "de commencements en commencements, par des commencements qui n'ont pas de fin".

Cette fête de la Pentecôte qui dans le judaïsme est une fête de clôture, et qui peut sembler telle dans la tradition chrétienne, située au terme du Temps pascal, est en réalité la célébration d'un commencement inouï. En effet, il ne s'agit plus seulement de tendre vers le salut ; celui-ci est en effet pleinement réalisé, accompli, par le Christ (et c'est précisément le sens du Temps pascal que d'en déployer le mystère); mais il s'agit d'apprendre à vivre, dans le temps et dans notre monde, du salut déjà obtenu. Puisque vous êtes sauvés, vivez en sauvés, ne cesse de clamer saint Paul. 

Or au début de l'Eglise, comme à la Création du monde (comme aussi au Sinaï, à l'époque de Moïse), l'Esprit Saint et la Parole de Dieu sont donnés aux croyants pour les faire vivre de la vie divine et leur confier la mission de la proclamation des merveilles de Dieu. 

Pentecôte : fête de commencement.
C'est pourquoi nous vous proposons de commencer la lectio divina d'un nouvel ensemble de textes bibliques le jour de la Pentecôte.
C'est aussi une invitation, pour ceux qui auraient eu du mal à tenir ces derniers temps l'exigence de la prière quotidienne de la Parole de Dieu, à vivre un nouveau commencement, sans se décourager devant les difficultés rencontrées.
Quand à ceux qui découvrent ces jours-ci la proposition exposée dans le site sur la lectio divina quotidienne, qu'ils demandent à l'Esprit Saint la grâce des commencements

"proclamation des merveilles de Dieu"
Tel est bien le sens du Psaume 19, qui commence ce nouveau parcours. Que l'Esprit Saint qui a guidé le coeur du psalmiste éclaire également le nôtre pour que nous fassions nôtre ce psaume, que nous en fassions notre propre prière.
 


Sainte lectio divina sous la conduite de l'Esprit Saint.

Christophe de DREUILLE

 

 

DIMANCHE 15 MAI 2011

En ce dimanche du Bon Pasteur et de Prière pour les vocations presbytérales, la lectio divina quotidienne attire nos regard sur les équipes missionnaires qui se mettent en place, dans les Actes des Apôtres, pour l'annonce de la Bonne Nouvelle à tous : d'un côté Barnabé et Jean-Marc ; d'autre part, Paul et Silas auxquels se joindra Timothée. 


Nous commençons aujourd'hui notre deuxième et troisième lecture des chapitres 15 à 20 des Actes des Apôtres. Cette nouvelle étape donne une plus grande importance à la méditation. Ce qui a déjà été repéré et peut-être noté dans la première lecture (ces dernières semaines) est maintenant éclairé par des textes complémentaires. Cela nous invite à creuser le sens des textes de la Parole de Dieu que nous recevons. 

Nous vous proposons dans ce message quelques notes de lectures (sur Ac 15-16 que nous prions cette semaine) qui peuvent éclairer la compréhension des textes et leur méditation : 

La mention du conflit entre Paul et Barnabé (Ac 15,37-40) : saint Luc ne nous propose pas une vision idéalisée des premières communautés chrétiennes (cf. aussi Ac 5,1-11; 6,1-6) . Le conflit fait partie de toutes relations humaines, il est donc normal qu'il existe aussi dans la communauté chrétienne. Remarquons qu'il ne s'agit pas d'un désaccord de foi, mais de la confrontation de tempéraments, d'orientations pastorales différentes. Or ce qui est important, ce n'est pas l'absence de conflits mais la capacité de résoudre ces conflits au profit de l'annonce de l'Evangile. Il y a un apprentissage de la gestion de ces conflits. D'autre part, nous savons ce que deviendra Jean-Marc que la tradition a coutume d'appeler simplement Marc. Il y aura une réconciliation avec Paul dont témoignent les salutations finales des épîtres pauliniennes (Col 4,10 où nous apprenons qu'il est cousin de Barnabé ; Phm 24; 2 Tm 4,10).

L'Esprit Saint guide la mission chrétienne (Ac 16,6-10) : Nous ne saurons jamais comment l'Esprit Saint s'y est pris pour empêcher Paul et ses compagnons d'entrer en Asie ou d'aller en Bithynie. Mais saint Luc souligne la docilité des missionnaires ces indications de l'Esprit Saint. C'est bien le Christ lui-même, le Bon Pasteur qui reste le maître de la mission. Il sait où il veut conduire ses disciples. Il le fait comprendre par l'Esprit Saint. Les projets de Paul semblaient se limiter à l'Asie Mineure (la province romaine d'Asie correspondait à la région d'Ephèse, à l'ouest de l'Asie Mineure), probablement à ce qui faisait partie de son horizon (lui, le citoyen de Tarse). La mission se révèlera plus audacieuse, l'itinéraire plus ambitieux, l'horizon plus vaste que ne le pensait l'Apôtre des Nations : c'est le songe du Macédonien qui fera comprendre à Paul et à ses compagnons qu'ils sont appelés désormais à annoncer la Bonne Nouvelle jusqu'en Grèce. Cet "appel du Macédonien" est l'une des clefs que saint Luc nous offre pour comprendre ce qu'est la mission chrétienne : non pas un simple prosélytisme, mais la réponse à un appel du coeur, à un désir que Dieu suscite lui-même dans les coeurs de ceux qui ne connaissent pas encore le Christ, qui n'ont pas encore reçu l'annonce de cette espérance nouvelle. Annoncer la Bonne Nouvelle du Salut, c'est donc combler les coeurs en attente, même s'ils ne peuvent dire encore ce qu'ils attendent. 

Annonce de l'Evangile à Philippes (Ac 16) : Nous connaissons bien cette communauté chrétienne de Philippes fondée par Paul et ses compagnons. L'Apôtre a en effet consacré une épître à ces chrétiens. Il y exprime son affection pour les croyants de Philippes et insiste sur le secret de la vraie joie chrétienne, au coeur même des épreuves endurées pour la foi. Par les Actes des Apôtres, comme par les salutations des épîtres paulinienne, nous connaissons le nom d'un grand nombre de ces premiers chrétiens, hommes et femmes. 

– L'exorcisme pratiqué par Paul (Ac 16,16-24) : La formule que prononce la femme possédée par un 'esprit pythonien' est ambigüe : "ces gens-là sont des serviteurs du Dieu Très-Haut; ils vous annoncent une voie de salut". En effet, le "Dieu Très-Haut" était l'un des titres donnés à Zeus ; quant à la formule elle-même elle indique que Paul annoncerait une des voies possibles de salut, parmi d'autres ; or la Bonne Nouvelle du Salut obtenu par le Christ est la seule voie de salut. L'exorcisme pratiqué par Paul montre qu'il n'y a donc, dans l'annonce de l'Evangile, aucune place pour le syncrétisme, la confusion, le relativisme. 

– La mention du statut de Paul, "citoyen romain" (Ac 16,37-39) : C'est la première fois que saint Luc révèle le statut de Paul dans l'Empire Romain. S'il le signale ici, c'est que l'accusation portée contre l'Apôtre cherche à faire croire que la foi chrétienne serait exotique, étrangère, incompatible avec les lois de l'Empire romain. Ainsi est affirmé que si l'Evangile est une radicale nouveauté, il ne présente pas une foi exotique. Il est possible de vivre de cette foi dans n'importe quelle nation. Il n'y a donc plus "ni juif ni grec...", mais une appartenance au Christ qui se vit au coeur des sociétés humaines. C'est tout le défi du christianisme.


Sainte lectio divina en ce Temps de Pâques.

Christophe de DREUILLE

 

 

DIMANCHE 8 MAI 2011

A Corinthe, le Seigneur dit à Paul : "Sois sans crainte. Continue de parler, ne te tais pas. Car je suis avec toi et personne ne mettra sur toi la main pour te faire du mal, parce que j'ai à moi un peuple nombreux dans cette ville" (Ac 18, 9-10)

Ce dimanche, le texte évangélique de la Rencontre de Jésus ressuscité avec les Disciples d'Emmaüs, donne la clef de la mission chrétienne que déploient les chapitres 15 à 20 des Actes que nous prions en ce moment. Le Christ se met en route pour marcher au rythme des hommes, et inscrire en leur coeur la Parole de Dieu; le Christ les rejoint également chez eux pour leur révéler dans le sacrement de l'Eucharistie sa présence, invisible et réelle. 

C'est ce même élan qui a poussé saint Paul et les autres Apôtres sur les routes du monde pour annoncer à temps et à contretemps la Parole de Dieu et pour révéler à tous les hommes la présence du Christ au coeur de leurs cités, de leurs maisons, de leur vie. 

Dans les Actes des Apôtres, les chapitres 15 à 20 sont consacrés à un parcours, une route, qui permet à saint Paul et à ses compagnons d'annoncer la Bonne Nouvelle du Salut au-delà des frontières. Comme le souligne Ac 16,6-10, c'est l'Esprit Saint qui a poussé les apôtres vers l'Europe, au-delà de l'Asie Mineure qui leur était davantage connue. C'est aussi à partir de ce chapitre 16 que nous trouvons un certain nombre de connexions avec les lettres de saint Paul : Philippes, Thessalonique, Corinthe, ces grandes cités commerçantes de la Grèce vont non seulement recevoir la Parole de Dieu, mais seront les lieux de certaines des communautés chrétiennes que nous connaissons par la correspondance épistolaire de l'Apôtre des Nations. 

Corinthe est, aux lieux de saint Luc, la pus emblématique de ces cités. Il s'agit d'une grande ville, cosmopolite, véritable carrefour commercial entre la partie occidentale de l'Empire romain et sa partie orientale. C'est là que nous trouvons la plus émouvante fondation de ces communautés chrétiennes de la première génération : il y a d'abord le voyage de saint Paul qui le conduit jusqu'à cette ville ; il y a ensuite la participation d'un couple chrétien à ce travail d'évangélisation, il y a enfin et surtout le regard du Seigneur qui a discerné dans cette cité un peuple nombreux ; une sollicitude qui n'est pas sans rappeler celle dont faisait état le livre de Jonas à propos de Ninive, appelée déjà à la conversion : "Ne serais-je pas préoccupé pour Ninive, la grande ville, où il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distingnent pas leur droite de leur gauche" (Jon 4,11).

Après les textes très denses que nous avions priés ces derniers mois, les chapitres 15 à 20 des Actes, avec tous ces récits de voyages, peuvent apparaître à certains plus pauvres spirituellement, moins faciles à méditer. Et pourtant ils nous invitent à attarder notre regard sur ces disciples du Christ qui se sont mis en route vers tous pour leur partager ce qui avait rendu leur propre coeur tout brulant.  Ces textes soulignent l'engagement concret des croyants dans le monde, dans tout ce qui fait la société de leur époque, annonçant avec assurance et audace le Christ, et confirmant leur parole par leur témoignage.

Enfin, ces textes nous invitent à porter sur notre propre monde, notre propre société, nos villes, nos villages et nos quartiers, le regard du Seigneur : "j'ai à moi un peuple nombreux en ce lieu"


Sur l'Evangile de ce Dimanche, cf. notre commentaire du 24 avril dernier

 

Sainte lectio divina à tous en ce Temps de Pâques.

 

Christophe de DREUILLE

 

 

DIMANCHE 24 AVRIL – JOUR DE PÂQUES

Voici qu'à présent, dans le Christ Jésus, vous qui jadis étiez loin, vous êtes devenus proches, grâce au sang du Christ. Car c'est lui qui est notre paix, lui qui des deux peuples n'en a fait qu'un, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, cette Loi des préceptes avec ses ordonnances, pour créer en sa personne les deux en un seul Homme Nouveau, faire la paix, et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la Croix: en sa personne il a tué la Haine.  Alors il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient proches: par lui nous avons en effet, tous deux en un seul Esprit, libre accès auprès du Père (Ep 2, 13 - 18)

Nous vous souhaitons de très saintes fêtes de Pâques, avec la prière et la méditation du chapitre 24 de saint Luc. Toute la semaine qui commence aujourd'hui est la grande semaine de Pâques, cette octave pendant laquelle nous célébrons pendant 8 jours l'unique jour de la glorification du Christ, et de notre glorification dans celle du Christ. 

Au coeur de Lc 24 se trouve le grand texte de la rencontre de Jésus avec les disciples d'Emmaüs. 



 

 

Rencontre de Jésus avec les Disciples d’Emmaüs  (Lc 24, 13 – 35)

 

Une synthèse et une charnière

Rédigé avec un soin particulier, ce récit tire son importance de sa double fonction : il récapitule l’ensemble du parcours évangélique en soulignant l’accomplissement des Ecritures dans le mystère pascal du Christ ; il inaugure, avant même que cela ne soit développé dans les Actes des Apôtres, le « temps de l’Eglise ». Une question domine l’ensemble du récit : celle de la présence de Jésus après sa mort et de la qualité du regard qui permet aux disciples de la discerner. Le texte commence à jouer sur l’opposition absence / présence, pour orienter finalement le lecteur vers la forme de présence : visible / invisible. Luc rappelle aux croyants que la présence de Jésus à son Eglise est désormais invisible, mais reconnaissable par la méditation de l’Ecriture et la « fraction du pain », c’est-à-dire l’Eucharistie.

Lorsque Jésus est visible à leurs yeux de chair, les disciples le croient absent, mort. C’est lorsque Jésus disparaîtra à leurs regards, qu’ils le reconnaîtront présent.

En chemin

La construction narrative de ce texte place stratégiquement les lecteurs du côté de Jésus et les invite à scruter, tout au long de l’évolution du récit, à quel moment et de quelle manière les deux disciples parviendront à reconnaître celui qui marche à leur côté et se laisse inviter chez eux.

La rencontre se fait sur la route, et la reconnaissance, à la maison. Le chemin, thème cher à Luc, est le lieu privilégié de la conversion et du « cheminement » intérieur. Le dialogue qui s’instaure alors offre deux regards croisés sur la mission de Jésus. La conception que s’en font les disciples, est conforme à ce que connaît déjà le lecteur de l’Evangile, mais auquel il manque l’essentiel : le témoignage du Christ ressuscité. D’autre part, dans la bouche de Jésus, nous trouvons une relecture des Ecritures qui fournit le critère permettant de révéler la glorification du crucifié.

La reconnaissance

« A qui d’entre nous l’auberge d’Emmaüs n’est-elle pas familière ? ». François Mauriac comme Le Caravage ou Rembrandt ne s’y sont pas trompés qui ont mis en valeur le moment de la reconnaissance lors du don que Jésus fait à ses hôtes à la maison. La tristesse qui voilait le regard des disciples au début du récit se change alors en joie communicative. Le parcours à travers les Ecritures que Jésus avait proposé sur la route s’accomplit dans la « fraction du pain ». Le don usurpé par Adam et Eve (en Gn 3), devient le don de l’Eucharistie offert par Jésus à des disciples qui ne s’en emparent plus mais le reçoivent. Comme à l’origine de l’humanité, ici les yeux s’ouvrent, mais ce n’est plus sur le dénuement et la vanité, mais sur la plénitude d’une présence qui n’a plus besoin du support de la visibilité.

La reconnaissance

Saint Luc a écrit un texte, bâti sur le même schéma, dans les Actes des Apôtres : il s’agit de la rencontre du disciple Philippe avec le haut fonctionnaire éthiopien. Même rencontre sur la route, même importance donnée au témoignage des Ecritures (avec la citation du chant du Serviteur souffrant d’Isaïe), même catéchèse, même conclusion : le sacrement (eucharistie en Lc 24 et baptême en Ac 8). La grande différence entre les deux textes : en Lc 24, c’est Jésus qui conduit les disciples à la foi dans le Ressuscité présent ; dans les Actes, c’est désormais le disciple, le croyant, l’Eglise qui a cette mission d’annoncer la Bonne Nouvelle du Salut et de conduire à la Vie nouvelle dans le Christ ressuscité.

 

Commentaire de Benoît XVI (Verbum Domini, § 54-55)

Le récit de Luc sur les disciples d’Emmaüs nous permet de progresser dans la réflexion sur le lien entre la Parole et la fraction du pain (cf. Lc 24, 13-35). Jésus alla à leur rencontre le jour après le sabbat, écouta l’expression de leur espérance déçue, et, devenant leur compagnon de route, «il leur expliqua, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait» (24, 27). Les deux disciples commencent à scruter d’une manière nouvelle les Écritures en présence de ce voyageur qui, de façon inattendue, se montre si proche de leur vie. Ce qui est arrivé en ces jours-là n’apparaît plus comme un échec, mais comme un accomplissement et un nouveau départ. Toutefois, ces paroles ne semblent pas encore satisfaire les disciples. L’Évangile de Luc nous dit que « leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent » (24, 31), seulement quand Jésus prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna, alors qu’auparavant, «leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas» (24, 16). La présence de Jésus, d’abord à travers ses paroles, puis avec le geste de la fraction du pain, a permis aux disciples de le reconnaître ; ils purent éprouver d’une manière nouvelle ce qu’ils avaient précédemment vécu avec lui: « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? » (24, 32).

Ces récits montrent comment l’Écriture elle-même conduit à appréhender son lien indissoluble avec l’Eucharistie. « C’est pourquoi il faut toujours avoir présent à l’esprit que la Parole de Dieu, lue et annoncée par l’Église dans la liturgie, conduit au sacrifice de l’Alliance et au banquet de la grâce, c’est-à-dire à l’Eucharistie ».193 La Parole et l’Eucharistie sont corrélées intimement au point de ne pouvoir être comprises l’une sans l’autre: la Parole de Dieu se fait chair sacramentelle dans l’événement eucharistique. L’Eucharistie nous ouvre à l’intelligence de la Sainte Écriture, comme la Sainte Écriture illumine et explique à son tour le Mystère eucharistique. En effet, sans la reconnaissance de la présence réelle du Seigneur dans l’Eucharistie, l’intelligence de l’Écriture demeure incomplète. C’est pourquoi, « la Parole de Dieu et le Mystère eucharistique ont toujours et partout reçu de l’Église non pas le même culte mais la même vénération. C’est ce qu’elle a établi, poussée par l’exemple de son Fondateur, en ne cessant jamais de célébrer son Mystère pascal, en se réunissant pour “lire dans toute l’Écriture, ce qui le concernait” (Lc 24, 27), et pour réaliser l’œuvre du salut par le mémorial du Seigneur et les Sacrements ».

 

 

Sainte lectio divina en ce Jour de Pâques.

 

Christophe de DREUILLE